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L'ami du petit déjeuner } Candace

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MessageSujet: L'ami du petit déjeuner } Candace Sam 1 Aoû - 22:26


    Lance Ainsworth avait en horreur les clichés, oui pour un professeur de théâtre et un ancien « brûleur de planche » cela pouvait sembler un brin, même plus qu’un brin étonnant, voir complètement absurde. Mais tel était Lance Ainsworth, toujours là où on ne l’attendait pas. Son succès sur les planches d’un théâtre il le devait à ce constant paradoxe, enchaînant les rôles déroutants souvent hors de son répertoire. Son succès en tant qu’enseignant résidait dans sa diversité d’interprétation, sa diversité d’enseignement, bien que son charme et son charisme naturels aidaient aussi. Comme je le disais Lance Ainsworth avait horreur des clichés, surtout ceux qui cantonnaient les gens dans un rôle, mais les « clichés », les « rumeurs », les « ragots » étaient choses courantes dans une petite ville comme New Heaven. Lance savait par expérience qu’à New Heaven tout finissait toujours par se savoir, et que quitte à faire jaser les mauvaises langues autant ne pas se cacher. Tout les lundis Lance commençait sa journée de la même façon, un moyen sur et efficace pour les commères de la ville de l’observer suivre tranquillement le cours de sa journée. Je vous parlais des « clichés », et bien la journée du lundi de Lancelot Ainsworth permettait à toutes les commères de la ville à la langue bien pendue de l’affublé de tous les clichés possibles et imaginables. Le lundi Lancelot se levait tôt, bien avant Sidney afin de préparé le petit déjeuner à sa femme et le lui apporté au lit, car il savait à quel point elle haïssait les lundis matins, surtout puisque le week-end pour le couple n’était jamais de tout repos : il fallait occuper les petits enfants, s’occuper des tâches importantes de la maison, faire les courses pour la semaine suivante, retrouvé Ellie parfois tard dans la nuit en ville…. Bref le week-end chez les Ainsworth étaient rarement synonyme de repos en journée, et leur soirées de détente avaient rarement lieux « à la maison ». Galas de charité, soirées chez des amis, repas avec le conseil municipal ou celui de l’administration du lycée… Non, les week-ends chez les Ainsworth étaient tous sauf calme aussi afin que Sidney attaque la semaine du bon pied il se faisait un devoir depuis leur rencontre à lui préparer une fois par semaine le cliché. « L’homme idéal » jasaient ses dames lorsqu’il passait par l’épicerie et la boulangerie chaque lundi au alentour de six heures et demie. Une fois sa petite tribu en route pour leurs diverses activités: Sidney et Lawrence à la mairie, Liberty sur le chantier de rénovation au Baltimore Inn, Ellie au lycée… Lance se préparait pour son jogging du lundi matin. Tous les lundis Lance courrait un circuit de 10 Km autour de la ville, une manière de se maintenir en forme tout en évacuant sainement le stress accumulé tout au long de la semaine. Il commençait par un léger footing de Barron’s Field au centre ville avant d’accélérer ses foulées pour se perdre dans la « campagne » environnante. Dix kilomètres pour se retrouver, dix kilomètres où il se retrouvait seul avec la nature, dix kilomètres qui permettaient aux commères de New Heaven de faire des gorges chaudes : « athlétique avec ça… Tu crois qu’il court pour entretenir son physique de peur que la maire prenne la poudre d’escampette s’il s’empâtait ? ». Faire des gorges chaudes était dans l’habitude des femmes au foyer des petites villes, aussi la troisième partie de sa journée était-elle au centre racontars en ville. Lance courait sur 10 kilomètres avant d’enfin s’accorder une pose. Et s’était cette « pose » qui offrait a nos chères femmes au foyer désespérées de la matière à leurs ragots. Tous les lundis matins après avoir courut sur dix kilomètres Lancelot Ainsworth allait se passé la tête sous les jets d’eau de la fontaine d’une parc avant de rejoindre, en s’étirant, le restaurant préférée des amoureux et des cadres en quêtes d’une pose devant un café et un muffin, le « Little Peace Of Heaven ». Le petit coin de Paradis que dirigeait Candace Ingahm. Mais Lance ne s’y dirigeait pas seulement pour prendre un petit déjeuner un brin calorique après dix kilomètres d’efforts intenses. Non, parce que le Lundi matin était le seul moment de fermeture du café/restaurant. Le seul moment de tranquillité dans la semaine intense de sa gérante Candace Ingrahm. Un moment de « détente » qu’elle passait en compagnie de Lancelot Derek Ainsworth, héritier de Beth Ainsworth, professeur de théâtre, membre aimé et connu de la communauté, mari du Maire de la ville et père de quatre enfants, dont l’un était décédé récemment. Candace et Lancelot avaient de nombreuses choses en commun, mais c’était le décès de l’un des enfants de Lance qui les avaient rapprochés. A la mort de London, Lancelot avait été obligé de s’occuper des affaires en cours de son fils, de prendre en charge sa petite fille… C’était ce qui avait amené Lancelot à faire la connaissance de Candace, il devait lui revendre les parts de Lon’, seulement au bout d’un an, et ce malgré leur « rencontre » tout les lundis les parts lui appartenaient toujours, parce que lorsqu’ils se voyaient ils parlaient de nombreuses choses mais pas de cela, jamais, même quand le sujet roulait sur le tapis, ils finissaient par l’oublier. C’était le souvenir de son fils qui les avait rapprochés l’un de l’autre, ils s’étaient lentement apprivoisés et ce grâce à London, parler de lui avec elle n’était pas aussi douloureux que de le faire avec sa famille, peut être parce qu’avec elle il n’éprouvait pas le besoin de masqué sa peine, parce qu’il savait que dans son deuil elle se sentait seule et que masqué sa peine, la blessure à vif de son cœur et de son âme n’aurait fait que lui faire plus de mal encore.

    Comme tous les lundis Lancelot Ainsworth poussa la porte de service du restaurant ses cheveux mouillés goutant lentement le long de sa nuque rafraichissant sa nuque et trempant son tee-shirt, accroché au parterre de tablier il trouva comme toujours une serviette de toilette. Attrapant le tissu il tomba le tee-shirt pour essuyer eau et transpiration énergiquement, du pied il referma la porte de derrière. Dans la rue passante une femme saisissait le bras de son amie pour murmurée « je me doutais bien que la Ingahm ne pouvait pas se contenter d’un petit jeune… Il faut en plus qu’elle vole l’homme d’une autre ! Et Lancelot Ainsworth franchement qu’elle honte ! Si ca se trouve c’est de son môme qu’elle est enceinte ». Lance se moquant des racontars enfila un tee-shirt propre lui aussi posé sur le parterre avant de quitter la cuisine pour la salle principale où chantonnait Candace en mettant en vitrine sur le comptoir des Muffins, cookies et autres gâteries.

    « Salut Belle étrangère ! Comment se porte ma petite boule de Bowling ce matin ? » Plaisanta t-il en s’accoudant au comptoir tout en se frottant les cheveux énergiquement. « Pas trop exténuée par tes 10m de marche hebdomadaire sur claquette bichette ? » Ajouta t-il en la décoiffant en ôtant la pince qui maintenait ses cheveux attaché en s’étendant au dessus du comptoir de chêne. Lance d’humeur joueuse ce matin ? Peut être bien oui. « Quoi ?! » Demanda t-il en la voyant le foudroyer faussement méchamment du regard. Elle le regardait avec une pointe de suspicion. Il s’était promit et avait promis à Graham de ne rien lui dire mais le faite de voir de ses propres yeux que le jeune homme avait de sérieux projets le rendait joyeux. Le soulagement était intense et se reflétait, il savait que si Graham quittait Candace elle ne le supporterait pas. Afin de noyer le poisson il lança. « Et alors femme où se trouve mon Cappuccino et mon muffin triple chocolat ? Il faut me nourrir sinon je risque de faillir à mon devoir conjugal envers ma petite femme, tu ne voudrais pas être responsable de ça. »
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MessageSujet: Re: L'ami du petit déjeuner } Candace Mer 26 Aoû - 13:39

    « There's something I want you to know, Lance;
    whenever you need me, you want to talk or simply have a nice little cappuccino,come to my place. There's so much we have to talk about anyway; plus... I couldn't resist your smile any longer, otherwise I wouldn't be a real woman, would I ? »

    Candace to Lance

    Candace Aline Ingham; un nom qu'à peu près tous les habitants de New Heaven, charmante petite bourgade à quelques kilomètres de New York, connaissaient. D'une manière ou d'une autre, celle que beaucoup appelaient sans gêne tout simplement par son prénom, « Candace », avait pris une part plus ou moins importante dans leur vie. Il y avait l'homme d'affaire qui prenait tous les jours le train pour la Grosse Pomme qui s'arrêtait chaque matin à son café-restaurant pour un traditionnel café noir, sans sucre, accompagné d'un muffin aux mûres. I y avait la responsable de l'épicerie artisanale quelques rues plus loin qui voyait chez cette femme de quarante-deux ans sa plus assidue cliente. Il y avait le petit garçon qui allait dans la même classe que son fils aîné, Bryan Ingham. Et il y avait la jolie adolescente en passe d'avoir son bac qui dirigeait le petit club de dessin où elle avait inscrite sa cadette, Natascha Ingham. Mais il y avait aussi sa voisine, Michelle Perkins, qui chaque fois qu'elle voyait « cette femme » traverser la rue à travers la baie vitrée de sa grande et claire maison, avait envie de cracher par terre de dégoût et ou rêvait de pouvoir claquer des doigts simplement pour la faire disparaître. Dans la même veine, il y avait les anciens amis de son petit-ami et père de son futur enfant, Graham Perkins, qui lui jetaient des regards pleins de sous-entendus, tout en ce demandant ce qui avait bien pu pousser le plus beau et séduisant d'entre eux à tout abandonner pour une femme comme elle. Et puis il y avait tout simplement ceux qui la voyaient de loin, la saluait par politesse ou encore l'aider à transporter ses courses jusqu'à chez elle. Un quotidien, un environnement, un décors de vie dans lequel elle avait trouvé un équilibre. Même si parfois, sourires ou regards haineux, paroles de courtoisie ou pleines de moquerie, et autres choses de la vie lui passaient royalement au dessus de la tête, Candace Ingham devait faire avec. On ne s'improvisait pas gérante du café-restaurant le plus connu d'une petite ville où chacun connaissait à peu près tout de la vie de l'autre, et il était normal qu'on soit amené à parler d'elle. D'autant plus que ces quatre dernières années, sa vie avait été pas mal chamboulée : la perte successive de son mari Peter Ingham, qui les avait quitté elle et les enfants aussi subitement que la crise cardiaque avait frappé; puis celle de son meilleur ami et associé London Ainsworth, tué lors de la mémorable fusillade qui avait plongé New Heaven dans l'effroi le plus total et sur laquelle elle cauchemardait encore; le début de sa relation avec le jeune Graham, depuis peu père d'un troisième enfant qu'elle mettrait au monde et qui avait fait pas mal jaser, notamment à cause de leur trop grande différence d'âge; les crises de Bryan, son fils qui n'aimait pas l'intrusion de ce « grand-frère » dans la vie de sa mère; la récente pneumonie de Naty. Des coups durs, des épreuves à surmonter, des chemins tumultueux. Pourtant, jamais elle n'avait l'impression d'avoir fait les mauvais choix; la seule chose dont elle avait vraiment peur, c'était de couler. De ne plus montrer sa force et de se laisser progressivement happer par la douleur et le gouffre, toujours présent en elle et qui refaisait surface lors de nuit sans sommeil. Et cette peur, déjà par le passé, lui avait fait faire des choses dont elle n'aimait pas se souvenir...

    Cette nuit, elle n'avait pas cauchemardé. La première fois depuis des semaines, et en se réveillant doucement ce matin-là, Candace se demandait, priant inconsciemment le ciel que ce fut le cas, si ses démons avaient fini par arrêter de la hanter. Peut-être le temps des souvenirs trop durs, des moments de doute et de perte de soit étaient enfin derrière elle ? Après toutes ces nuits à se réveiller en sueur, la respiration haletante et tremblante comme une feuille, Candace avait du mal à croire qu'elle s'était enfin délivré de ces visions d'horreur. A chaque fois le même scénario : au mariage, les trois terribles coups de feu venaient d'éclater et elle découvrait le corps de London baignant dans son sang. Et c'est là qu'elle était prise de panique, engloutie par une terreur qui lui glaçait le cœur cependant qu'elle se mettait à hurler, à crier après ses enfants qu'elle ne voyait pas. Le brouhaha des invités sous le choc, les costumes noirs des costards lui broyaient la vue et l'esprit, et c'était tel un somnambule qu'elle allait à tâtons à la recherche désespérée de Bryan et Naty, criant, criant tellement à s'en faire éclater le cœur... et puis elle se réveillait. Même si cette nuit, elle n'avait pas succombé à cette scène, elle l'avait tellement vécue dans ses rêves que la simple pensée aux sensations, à la peur ressentie dans ces moments que son corps fut parcouru d'un épouvantable frisson. Un filet de sueur froide glissait de sa nuque jusqu'au bas des reins et Candace serra un peu plus les couverture contre elle. Pourtant, elle ne pouvait pas rester au lit. Le réveil indiquait qu'elle ne pouvait plus trainer; si elle voulait avoir le temps de prendre une douche rapide et de préparer la table du petit déjeuner pour ses trois « marmottes », elle avait intérêt à se lever maintenant. Tout en essayant de ne pas faire de bruit afin de ne pas éveiller Graham toujours profondément endormi, Candace s'extirpa du lit d'un mouvement souple. Un grognement du fond des coussins et pour un court instant, elle craignait avoir rompu le sommeil de son bien aimé. Mais ce dernier s'était contenter d'attraper le coussin de la jeune femme et de le serre contre lui. Il était sans doute sur le point de se réveiller; mais si elle mourrait d'envie de lui glisser un baiser léger sur la joue, Candace devait se rendre à l'évidence: même si le restaurant était fermé le lundi, il fallait veiller à ce que la nouvelle semaine débute bien. Aussi, se lever plus tôt que d'habitude était primordial. Après une douche rapide à l'eau tiède, presque froide, elle parcouru son dressing et attrapa un T-Shirt vert pomme et un ample jean délavé. Depuis que son ventre prenait de belles formes, ses tenues vestimentaires devaient disgracieuses mais quel mot avait encore à dire la mode quand un heureux évènement se préparait. Et Candace aimait ce petit être qui prenait forme en elle; une marque d'amour permanent dans ses chaires, comment ne pas lui vouer une adoration sans bornes ? Elle s'habilla tout en sourire et, claquettes à la main pour ne pas faire de bruit dans l'escalier, descendit à la cuisine.

    Elle enclencha le minutage de la machine à café, sorti le couvert et plaça la table pour sa petite famille qui, comme chaque lundi, devrait se passer de sa présence. En femme d'affaires, elle savait rester professionnelle. Même si cela impliquait des sacrifices, Candace acceptait de devoir travailler, même un joue de fermeture. Et puis les enfants et Graham savaient qu'ils pouvaient venir la voir quand il le voulait, elle était toujours contente quand ils pénétraient dans « son monde ». Car c'était ce que, dans le fond, le « Little Peace of Heaven » était. Un bazar de souvenir de sa vie à New York avec Peter et de sa passion. Mais aussi de son métier d'origine avant d'être restauratrice, Candace était spécialiste d'antiquités rares des arts d'Orient. L'Inde, les pays arabes ou autres contrées du Soleil Levant n'avaient pour elle aucun secret. Mais sa rencontre avec Peter lui avait donné envie de mettre son savoir et son expertise au service de l'homme qu'elle aimait. Et cela lui avait plutôt bien réussit, puisque tous ses clients la félicitaient de l'originalité de son établissement ! Nombreux étaient les assidus, mais seuls quelques irréductibles avaient leurs véritables habitudes. Et parmi eux, Lance Ainsworth.
    Ce fut lui qui ce matin-là, alors qu'elle était occupée à arranger sa vitrine, faisait une entrée triomphante par la porte de service; vu son état, il venait d'effectuer son jogging matinal et s'il profitait pleinement de la situation - trempé, un instant torse nu devant une femme qui était presque fiancée et ce devant une fenêtre prise d'asseau par les irréductibles commères qui faisaient jouer leurs langues de vipères - un sourire moqueur jouant sur ses lèvres. D'humeur joueuse elle aussi, Candace arrêta un instant ce qu'elle était en train de faire pour offrir à son ami un radieux sourire, non sans une pointe d'espièglerie dans le regard.


    « Professeur Glamour, quelle bonne surprise ! Toujours aussi élégant à ce que je vois, laisse moi t'admirer comme il se doit ! » Joignant le geste à la parole, elle lui prit la main et le fit tourner, tel l'homme guidant sa partenaire en danse, Lance tournoyant lentement sur lui-même. Dehors, les vipères et autres grâces du genre faisaient des yeux ronds. Bingo ! C'était vraiment trop simple de joueur à ce jeu. Et le pire ? C'était que ça ne devenait jamais lassant ! « Ma tou é dé toute beauté, Don Juan ! » fit-elle, théâtralement extasiée par la perfection physique de son hôte, ue grossière imitation d'accent espagnol dans la voix. « Bon, maintenant que ton public est comblé, je vais le nourrir moi, le gros nounours affamé. Mais... tu sais que tu es un grand garçon maintenant, et que tu peux te servir chez moi sans le demander ? Oui, le privilège d'être un ami de la maison, c'est ça... entre autre ! » ajouta-t-elle en pointant en direction de la fenêtre qui se vidait de ses spectatrices. Tant mieux ! Candace n'aurait pas supporté toute une matinée à être espionnée! Et puis pour dire vrai, Lance n'était pas seulement un ami de la maison. C'était un ami tout court, le seul en qui elle avait réellement confiance; en partie parce qu'ils se ressemblaient assez tous les deux. Mais surtout parce que la même douleur les avait rapproché: London avait été son fils. Et la perte de ce dernier avait fait saigner une plaie semblable en Lance à celle que portait Candace. Se retrouver tous les lundis, c'était une façon comme une autre d'évoquer le temps où London partageait leur vie... et de se tenir mutuellement les coudes maintenant qu'il n'y était plus. Passant derrière le comptoir, Candace se servait un verre de jus d'orange et poussa l'assiette de muffins encore fumant de chaleur en direction de son hôte. « Je ne te dis pas où se trouvent les ingrédients à ton bonheur, tu connais la maison par cœur maintenant, non ? Mais pendant que tu travailles - merci au passage de me faire remarquer que je ne bouge pas beaucoup mais vu les circonstances... donc je disais ! Pendant que tu travailles, raconte moi un peu ta semaine... Tu as fait fondre combien de cœur en l'espace de sept jours ? » Avec un sourire faussement innocent, Candace sirotait son jus de fruit en observant Lance d'un regard moqueur. C'était donnant donnant entre eux; et puis le moqueur finit toujours par se faire moquer, alors pourquoi se priver ?
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MessageSujet: Re: L'ami du petit déjeuner } Candace Jeu 27 Aoû - 7:43


    Ce qu’il y avait de bien chez Lance Ainsworth c’était qu’on pouvait lui dire n’importe quoi qu’il trouverait toujours le moyen d’en rire. Il fallait tout de même admettre que ses derniers mois le sens de l’humour mais également son tact et son calme avaient baissés de quelques degrés. Il restait cet homme charmant, plein d’humour et de douceur mais parfois une simple phrase, un simple mot, l’évocation d’un prénom, d’un souvenir lui rappelant London faisait naître dans ses yeux cet éclat de douleur qui le faisait se refermer comme un coffre fort. Rare étaient ceux avec qui Lance parlait de ce qu’il éprouvait, à vrai dire on pouvait compter sur les doigts d’une main les personnes avec lesquelles Lance était suffisamment en confiance pour se laisser aller à une avalanche d’émotion. Parmi cette poignée de privilégiés on trouvait : sa femme, ses deux enfants survivants, son fils décédé (car Lance se rendait presque tout les jours sur la tombe de son fils afin de lui parler) et enfin sa meilleure et peut être même unique véritable amie, Candace Ingahms. Lance et Candace dans un autre contexte, une autre ville auraient pu être bien plus que des amis, s’ils s’étaient rencontrés plus tôt, à New York ville où ils avaient tout les deux un temps travailler, ils auraient pu tomber amoureux. Mais voila Candace c’était marié à Peter, quant à Lance s’était ses enfants et son travail qu’il avait épousé en seconde noce après le départ de la mère de ses trois premiers enfants Liberty, et les deux jumeaux London et Lawrence. Lily Rose avait été le premier amour de Lance, son coup de cœur d’adolescent, une idylle qui n’avait pas survécut au passage de la trentaine de la jeune femme. A vingt ans Lance s’était retrouvé seul avec trois enfants dans une ville Européenne avec juste assez d’argent pour offrir à sa petite famille un rapatriement d’urgence aux Etats-Unis. Ils avaient tout les deux cohabités à New Heaven quelques années sans jamais s’adresser la parole, a vrai dire même si sur bien des points ils étaient fait pour être ami aucun d’eux n’avait jamais émit le souhait de se rapprocher de l’autre. Chacun avait sa vie, ses enfants, sa famille, son boulot et les contacts qu’entretenaient les deux adultes avant « le drame » se limitaient à un « bonjour Candace un grand Latte avec deux sucres et un muffin au trois chocolat » pour Lance lorsqu’il s’offrait un petit déjeuner sur le pouce (avant qu’il rencontre Sidney Lance n’avait jamais le temps de petit déjeuner avec ses trois enfants, pourtant il leur faisait la cuisine chaque matin) sur le chemin de la prestigieuse école privé du coin, et d’un « votre commande Mr Ainsworth, bonne journée et à bientôt » de la part de Candace. Lance avait été heureux d’apprendre à connaître Candace, elle était une de ses rares personnes dont on pouvait dire qu’elle avait marqué votre vie sur cette terre cependant, l’un comme l’autre aurait préféré ne jamais s’être véritablement rencontré si cela avait pu leur ramené celui qui comptait tant à leur yeux et qui malgré sa mort les avaient rapproché et fait d’eux des amis très particuliers, London Ainsworth. Le fils de Lance décédé tragiquement plus tôt avait réunit ses deux êtres déjà bien amochés par la vie. Elle par la mort de son mari bien trop tôt la laissant seule avec deux enfants à élevé, lui par les viols de son père le départ de Lily Rose quelques années plus tard le laissant seul avec trois enfants à charge. La mort de London n’avait aidé en rien l’un et l’autre à croire de nouveau en la vie. On ne devrait jamais survivre à l’un de ses enfants, c’était Lance qui aurait du partir le premier, London aurait du enterré son père et non pas l’inverse. Lance s’était retrouvé privé de son fils avec une petite fille de quatre ans à élever avec le soutient de ses enfants. Il avait rencontré Candace peu de temps après l’enterrement de London, lorsqu’il mettait de l’ordre dans les affaires de son fils, tâchant de gérer la fortune qui revenait à présent a Autumn. Liberty et Lance avaient convenus qu’ils revendraient les parts de London dans le « Little piece of Heaven » à son actuelle propriétaire non pas par insensibilité mais parce que le risque financier était important, si Candace accumulait des dettes ce serait à Autumn de « payé » et ce n’était pas envisageable. Mais jamais Lance n’avait revendu ses parts, parce qu’il voyait son fils dans ce lieu, il se rappelait comment London avait plaidé auprès de lui pour obtenir l’autorisation de son père de débloqué des fonds hérités de leur grand mères afin de sauvé le petit commerce du naufrage après la mort du gérant d’une crise cardiaque. Et lorsqu’il avait jeté un coup d’œil nouveau sur l’affaire il n’avait eut le courage de revendre ses parts que son fils avaient achetées afin d’aider la mère de famille. Il lui semblait qu’une part de London perdurait entre ses murs, et les souvenirs, les anecdotes que Candace lui narraient lors de leur rencontre chaque lundi ne l’aidait en rien à se détacher de cet endroit. Ses « actions » non revendues étaient d’ailleurs un fréquent sujet de friction entre le père et la fille, cependant Lance ne cédait pas. Pourquoi, il n’aurait su le dire, peut être était-il trop sentimental, ou bien peut être pensait-il faire ce que London aurait voulu qu’il fasse.

    Il avait « rencontré » pour la première fois Candace un sombre lundi matin du mois de juin un an plus tôt, il avait été touché par ce petit bout de femme effondrer tout comme lui, il avait été sensible à sa douceur, sa sollicitude et il s’était sentit le besoin de la protégée de l’aider à surmonter sa peine. Avec elle il avait, pour la première fois depuis la mort de London, évoqué le souvenir de son fils, il avait partagé avec elle des rires mêlés de larmes, d’imposant meug de café leur avait permis de noyer leur chagrin dans les aromes subtiles de grain torréfiés venant d’Amérique Latine. Leur amitié était ainsi née, et petit à petit leur conversation s’étaient diversifiés, puis Lance au bout de quelques mois avait cessé de toujours se rendre à leur rendez vous du Lundi avec sous le bras les papiers de cession des parts du commerce. Un an s’était écoulé depuis ce premier petit déjeuner d’affaire qu’ils avaient programmés, un an qui avait vu leur amitié se renforcer, des liens se tissés entre eux. En un an beaucoup de choses avaient survenues dans leur vie, Candace était tombé enceinte, Lance et Sidney cherchaient eux aussi à concevoir, Ellie fille illégitime de Lance avait également débarqué, Candace était la proie des commères de la ville qui jasait sur sa grossesse et sa relation avec un jeune adulte de 20 ans son cadet… Bref New Heaven avait une fois encore abrité son lot de scandales, de surprises en tout genre. Et pour tout vous dire si Lance n’avait pas eut quelqu’un auprès de qui évacuer la pression, la tension accumulé il aurait surement explosé en pleines réunion de « famille » Ainsworthienne. Et il fallait dire que Lance prenait un certain plaisir avec Candace à se moqué des langues de vipères qui peuplaient la ville, ils s’amusaient de la relation complètement farfelue que l’on leur attribuait. Ils étaient amants, le père de l’enfant que Candace portait était en fait Lance, Lance avait songé à quitté Sidney pour cette « garce » de Ingahms, Graham et Lance en seraient venus aux mains… Enfin si on écoutait les commères de la ville Lance aurait été fiancé ou l’amant de toutes les femmes un peu sexy avec qui il parlait. Quant à Candace il suffisait à présent pour qu’elle tienne une conversation de plus de trois secondes avec un adolescent pour qu’on l’accuse de détournement de mineurs. New Heaven avait le charme des petites villes, tout le monde connaissait tout le monde et c’était un havre de paix en temps calme, cependant le désavantage d’habité dans une petite ville était le même, tout le monde connaissait tout le monde, et c’était bien le problème. Tous aimaient inventer à leur voisin une vie secrète et fantasmé. Lance et Candace faute d’avoir pu faire taire les rumeurs s’en amusaient à présent, donnant un sacré spectacle lors de leur rencontre, donnant de la matière aux commères pour le simple plaisir de voir leur tête de « sainte nitouche ». Il tourna sur lui-même en se retenant de rire lorsque Candace le fit tournoyer


    « Comme tout grand artiste je prône le minimalisme » Plaisanta t-il en désignant sa tenue après un petit tour sur lui-même. Avec Candace toute situation était prise en dérision, avec elle il retrouvait sa joie de vivre sans avoir à craindre la mention du prénom de son fils perdu. « Ma jé zui à la hauteur de mon hôtesse » continua t-il avec le même accent espagnol à coupé au couteau. Elle le charia ensuite sur son public, une bande de femmes au foyer trainant faussement innocentes devant la vitrine, elle lui proposa de se servir puisqu’il était un « ami » de la maison plutôt que de l’exploiter. « Oh c’est vrai ma petite BB préférée, ta condition de femme en sucre menaçant de se casser en milles morceaux à la moindre brise te donne des avantages. Alors va femme, assit toi, Dieu daigne te préparer un café. » Lance prétentieux ? Mais non voyons, simplement réaliste. Mais elle devança se servant un jus de fruit et poussant vers lui l’assiette de muffin. « Tu sais que si tu n’aimais pas le petit Perkins je t’enlèverais, t’épouserais en seconde noce et t’enchainerais à la cuisinière ! » Plaisanta t-il en prenant la direction du « stock » que logeait Candace sous sa rutillante machine à café. Lance traficota un moment dans les placards sortit SON (oui il avait un meug attitré) Meug du placard, meug de 1L (il en fallait pour survivre à une journée au manoir Ainsworth) et commença à jacasser. « Combien de cœur ? Oh je dirais que trois sixièmes et quatre premières ont succombés lorsque je leur aie lue la scène du balcon de Roméo et Juliette… Trois de moins que la semaine dernière mais je te jure que je fais des efforts pour que le nombre augmente. Je devrais tenter d’arriver tout ruisselant de sueur et m’asperger d’une bonne bouteille d’eau devant elles, ca marcherait peut être mieux non ? » Il rit mit en marche la machine et se tourna vers elle tandis que son meug se remplissait doucement. « Plus sérieusement les flics ont encore ramenés Ellie à la maison. Prise en train de boire quelques bières dans notre petite Appel Street, le principal m’a convoqué parce qu’on avait surprit Ellie en train de réceptionner un colis de dope de la part de Wayne Colleton près du grillage… Ah et j’oubliais j’ai giflé Liberty… Super semaine comme tu le vois. » Et oui car la bonne humeur de Lance était une fois de plus de façade cependant il sourit avant d’ajouter. « J’ai vu ton Graham également. Je l’aime bien. »
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MessageSujet: Re: L'ami du petit déjeuner } Candace Mer 2 Sep - 5:30


•• Flashback


    Candace pris une profonde inspiration. Les deux mains plaquées sur sa tasse de café, elle regardait par la fenêtre. En ce lundi matin, une légère pluie s'attardait sur la ville et couvrait d'une belle rosée argentée les fenêtres du restaurant. Chaque jour de fermeture, les deux propriétaires s'installaient face à face et dressaient toute sorte de listes: celle des courses, des salaires de leurs employés, des arrangements floraux. Le tout parsemé de miettes de muffins confectionnés par les soins de la belle et de conversations sur la vie de chacun. Il arrivait que dans cette conversation, les sujets devenaient intimes, le genre de sujet qu'on n'abordait qu'avec ses plus proches amis. Et ce que Candace avait à dire à London était plus intime que jamais... Elle avait longtemps réfléchi. Était-elle sûre ? N'était-ce pas précipité ? « Tu sais... Il faut que je te dise quelque chose... Je crois que je suis en train de tomber amoureuse d’un homme qui pourrait très bien passer pour mon fils. D’ailleurs, c’est... c'est celui de ma voisine ! » Voilà, le mot était lâché, à présent hors de question de se défiler. D’ailleurs pourquoi l'aurait-elle fait ? Elle ne lui avait jamais rien caché depuis qu’ils se connaissaient. Et si elle se permettait de parler à cœur ouvert à l'homme qu'elle considérait comme son meilleur ami, il ne restait pas que la chose était délicate. Veuve depuis presque un an, Candace Ingham avait laissé le temps des frivolités bohèmes à New York, ville qu'elle avait quitté avec son mari Peter pour s'installer à New Heaven afin d'y élever l'enfant qu'elle portait. Depuis, elle passait pour la mère de famille sereine et souriante, douce et avenante comme le lui demandait sa profession mais aussi son amour pour la petite ville. La mort de Peter Ingham avait été un choc pour elle, et elle avait encore du mal à s'en relever, tout le monde le savait, London mieux que quiconque. Ne l'avait-il pas sauvée d'une terrible dépression ? Non, elle pouvait lui faire confiance. Mais comme elle s'était enfin décidée de lui confier ce qui la rongeait depuis des mois, voilà qu'elle se sentait soudain devenir toute petite. Pour une raison inexplicable, Candace se contentait de regarder son ami droit dans les yeux. Elle ne se cachait pas, pourquoi le devrait-elle ? Candace n’avait pas honte, elle assumait ses sentiments, d’autant plus qu’ils la font la sentir plus femme et plus vivante que jamais. Alors si les gens commençaient à parler - parce que c’est bien entendu ce qui allait se passer - elle s’en fichait. Elle n’avait pas besoin de demander la permission comme une gamine de six ans. Elle ne voulait pas demander la permission ! Tout ce qui comptait, c’est que les gens qu’elle aime accepte son choix. Et London faisait partie de ces gens-là...« Amoureuse ? De Graham Perkins ? Alors qu'il te fait la cour depuis belle lurettes mais que tu te refusais toujours à lui ? » Un temps de pause et London compris: la réticente de Candace avait fini par céder au beau jeune fils du sénateur. Un sourire s'étirait sur ses lèvres cependant qu'il prenait dans ses mains celles de son amie, qui étaient glacées même si elle les avait pressées contre un bol de café chaud.« Tu veux que je te dise ? C'est formidable... » Et tous deux éclatèrent de rire. C'était si facile de rire avec London, Candace le sentait, même si elle ne savait pas pourquoi. Mais pour être franche avec elle-même, elle s'en fichait complètement !


•• Fin du Flashback

    London et Lancelot Ainsworth. Deux hommes qui avait ou continuaient d'apporter des sourires et de francs rires du côté de Candace. Peut-être cette famille avait-elle était très proche de la sienne dans une autre vie ? A cette pensée, elle en riait à nouveau cependant que Lance lui racontait sa semaine. Elle le regardait se servir dans ses placards, l’écoutait le menton dans la main, un sourire compatissant sur les lèvres. Elle l’avait arrêtée de la main quand il lui avait proposé un café, roulant des yeux et pointant du doigt sur son ventre. Même si ce n’était pas totalement dangereux pour le bébé, Candace préférait s’abstenir. Le thé remplacerait pour cinq mois encore sa boisson fétiche, et elle avait décidé de se tenir, même si Lance lui donnait diablement envie avec son énorme mug dont le dessus mousseux dégageait une irrésistible odeur de cannelle et de chocolat fondu. Depuis quelques temps, elle avait essayé une nouvelle recette et pouvait s’en féliciter. Les clients adoraient... et Lance aussi apparemment ! Mais sortant de sa joyeuse torpeur, elle se glissa entre Lance et le comptoir et sorti une imposante boîte en fer. L’ouvrant, elle découvrit une rangée de thés différents. Dans une petite bourse quelques feuilles de thé de Chine, qu’elle affectionnait tout particulièrement. Faisant bouillir de l’eau, le sifflement de la bouilloire accompagnaient les rires des deux amis. D’un geste soudain, Candace se hissa sur son comptoir, ses claquettes tombant au sol. Voyant que Lance regardait tour à tour ses chaussures puis l’expression faussement innocente de son amie, elle éclata de rire. « Ben quoi ? Je suis chez moi, je fais ce que je veux, non ? Et puis c'est pas comme si montrer mes pieds nus à mon meilleur ami pouvait se comparer à un geste particulièrement érotique... A moins évidemment, que le mot englobe une nouvelle liste de sujets et de comportements ! Et concernant ma main qui t'aurait bien plu si elle n'était pas déjà prise... Mais dis-moi, maintenant que nous sommes seules, tu peux me le dire. Avoue que tu m'as toujours secrètement aimé, ô mon Romé caché, moi belle Juliette qui t'attendait patiemment sur mon balcon new yorkais ! » Le sifflement final de bouilloire annonçait son agonie et la fin de leur fou rire et du même mouvement souple qu'elle était montée, Candace descendait du comptoir et munie de la bouilloire, se versa de l'eau chaude dans sa tasse et sur les feuilles de thé. Par contre, elle ne se gênerait pas pour manger. Avant même qu'il ait pu s'en saisir, elle attrapa le plateau et, tasse dans une main, plateau dans l'autre, balança le tout vers la petite table du fond près de la fenêtre. Là où tout avait commencé... avec London... et avec Lance.
    Ils s'étaient rencontrés sur un instant tragique. Après la mort de London, Candace n'avait pas seulement perdu un ami, mais un associé. Il lui avait racheter certaines parts du restaurant qu'elle gérait autrefois avec Peter. Au départ, Candace craignait que les Ainsworth lui fassent la vie dure. Après tout, n'était-elle pas cette veuve scandaleuse qui avait en pus de cela soutenu London à travers sa sexualité on ne pouvait plus controversée en ville ? Oh ! Cette histoire avait fait des ravages. On ne parlait plus que des deux "dévergondés" qu'étaient la Ingham et Ainsworth fils. Face à cette réputation plus qu'houleuse, Candace avait appréhendé le jour où Lancelot Ainsworth avait foulé la porte de son restaurant pour quelque chose qui était bien plus qu'une visite de courte durée. Mais que ne fut pas surprise en cédant la porte à un homme qui, sous ses airs d'ancien playboy et charmant professeur d'arts dramatiques du très prestigieux - et très privée lycée de New Heaven- Lance était un homme tout aussi meurtri par la morte de son fils qu'elle l'était pas la mort de son meilleur ami. Alors, un seul regard avait suffit pour que ces deux être, plutôt séparés dans leur quotidien, se retrouvent ainsi dans le chagrin. En une après-midi, Candace avait eut l'impression de redécouvrir "Monsieur Madame le Maire". Après tout, elle n'avait fait que l'apercevoir lors de leur tragique mariage. Il y avait tant de London en lui, et si peu à la fois, immédiatement, la jolie veuve s'était prise d'affection pour lui. Il était venu pour régler leurs affaires respectives; ils s'étaient ouvert mutuellement leur cœur, laissant pour la première fois depuis longtemps ouvertement et sans retenue libre cours au chagrin qui les unissait et les déchirait en même temps. Depuis, c'était un rituel. Se retrouver tous les lundis matins. Une tasse chacun et une montagne de muffins qui faisaient entre autre la réputation de l'établissement.


    Candace prit place; jambes relevées en tailleur sur le fauteuil Louis XVI qui aurait pu faire tâche à côté de l'énorme boudah qui trônait juste derrière, elle leva sa tasse et "trinqua" avec son ami. « Allez ! Je bois à ta semaine hautement chargée en émotions, ô Tombeur de tes élèves. Mais aussi... qu'est-ce que tu avais à leur déclamer l'acte II ? Je sais que c'est plus réjouissant que l'acte V mais tout de même. Comment veux-tu que Bryan ait une chance après ton passage ? Si tu ne penses pas à ta réputation - déjà compromise par ailleurs puisque tu me fréquentes - songe un peu à mon fils...» Elle prit une gorgée de thé qui lui brûlait délicieusement la langue, elle buvait toujours trop chaud mais c'est ainsi qu'elle le préférait, Candace attrapa un muffin aux myrtilles et mordit dedans à belles dents. Quelques miettes séjournaient malicieusement au coin de sa bouche alors qu'elle poursuivait sur un ton joyeux. « De mon côté, inutile de préciser que je suis débordée ! Même avec Ginger à présent à temps plein, j'ai du mal à m'en sortir. On fait beaucoup plus de couverts que d'habitude le midi et parfois, ça devient vraiment limite question rapport qualité/prix. L'autre jour, il y en a un qui a attendu quinze minutes pour son amuse bouche ! J'ai cru que ma tête allait exploser, heureusement que ce n'était pas un type du guide... J'aurai été dans de beaux draps. Ton argent aussi d'ailleurs, puisque tu es toujours actionnaire égalitaire. » Elle lui adressa un clin d'œil avant de poursuivre. « Il faut vraiment que je me trouve quelqu'un... Même si Graham a pris des cours d'hôtellerie pour m'aider... » En pensant à son amoureux, Candace eut un sourire plein de douceur sur les lèvres. Il faisait tant pour elle ! Alors bien sûr, elle allait lui donner un enfant, mais parfois, elle avait du mal à se dire qu'elle le méritait complètement ! Candace leva soudain la tête vers Lance; c'était peut-être le moment de lui demander. Après tout, c'était lui qui avait lancé le sujet Graham et donc sur sa relation avec lui. C'était sans doute le bon moment; depuis déjà quelques semaines, à mesure qu'approchait l'échographie qui permettrait de savoir si Candace donnerait le jour à une fille ou à un garçon, la future maman pour la troisième fois s'était demandée si Lance accepterait. Elle ne lui avait jamais posé de questions traitant de loin ou de près à ce sujet plus ou moins taboo, mais elle sentait qu'elle ne risquait rien à lui demander.

    « A propos, Lance, ça fait un moment que j'aimerai te demander quelque chose. C'est un peu difficile pour moi, mais tu sais, je me suis dit que si ça se faisait, je ne voyais personne d'autre que toi pour ça... Voilà. Tu sais que Bryan et Naty ont été baptisés parce que je le voulais. Je ne suis pas spécialement pratiquante, mais croyante et je pense que c'est une étape de leur éducation. Je n'ai pas encore parlé de ça à Graham, mais si nous tombions d'accord... accepterais-tu de devenir le parrain de mon enfant ?»
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MessageSujet: Re: L'ami du petit déjeuner } Candace Lun 7 Sep - 7:53



    •• Flashback


    « Je peux te parler une minute papa ? » Une phrase somme toute très banale avait amorcé ce que Lance désignerait plus tard comme la réaction la plus stupide de sa longue vie. Et pourtant dieu seul sait à quel point Lancelot avait déjà pu merder de façon magistrale mais jamais autant que ce qui suivit. Il avait sourit à son fils London âge de 21 ans tout juste, avait avalé d’un trait le fond de son verre de whisky avant de se lever, abandonnant le reste de ses enfants à leur activité tandis que London l’entraînait au dehors. Lance enfila la veste de cuir datant d’une époque révolue de sa vie frissonnant dans l’air frais de cette délicieuse soirée d’été, ils contournèrent la maison pour s’enfoncer dans le petit bois qui bordait la propriété la lune baignait de ses doux rayons le chemin entre les arbres leur permettant ainsi de s’enfoncer dans l’obscurité sans crainte de se perdre. Ils ne parlaient pas, mais marchaient côte à côte dans le silence ouaté de la nuit, Lance attendait que son fils se décide à lui parler, sachant qu’il ne servait à rien de brusquer London, il en avait toujours été ainsi avec son fils, il parlait lorsqu’il se sentait prêt à le faire et pas avant. London se stoppa soudainement au milieu du chemin et contempla l’homme qui avait aidé à sa venu au monde en silence. Lance lui sourit doucement en détaillant à son tour son fils des yeux. Il était si fier des jumeaux, et jamais encore l’un d’eux ne l’avait déçu. Ils poursuivaient leur carrière chacun de leur côté, London en étudiant à l’université la littérature, Law en continuant des études tout en cumulant des petits boulots pour subvenir à ses envies. Ses fils étaient, il le sentait, de futurs gagnants. Ils réussiraient et par l’éducation qu’ils avaient reçue et leur nature profonde seraient des adultes responsables et appréciés pour leur savoir vivre et leur altruisme. « Papa ? » Lance sans se départir de son sourire lui fit signe qu’il écoutait, qu’il pouvait continuer. « Il y a quelque chose dont j’aurais aimé te parler il y a longtemps déjà… » Lance fronça les sourcils soudainement inquiet du ton légèrement tremblant de son garçon. Que se passait-il. « Ecoute papa à New York j’ai… J’ai rencontré quelqu’un. » Soulagé Lancelot se mit à rire nerveusement, mais sa réaction loin de détendre son fils sembla prendre encore plus de distance.

    « Lon’ qu’est ce qu’il y a ? Tu sais que tu peux tout me dire fils… Que se passe t-il ? » Demanda finalement Lancelot face au silence de l’ainé des jumeaux. Mais London ne le regardait plus, il s’était détourné et contemplait le chemin à leurs pieds. Lance s’approcha de son fils et posa sa main sur son épaule pour le faire se retourner. « London, qu’est ce qu’il y a ? Je suis ton père si je peux t’aider je… » Lancelot ne pu jamais finir sa phrase car London murmura presque trop bas pour qu’il entende.

    « Il s’appelle Nathan Papa… » L’éclat de douleur, de déception qui passa dans les yeux de Lance alors qu’il faisait un pas en arrière blessa plus que tout autre chose London. Lance secouait la tête de droite à gauche en signe d’incompréhension, trop choqué par la révélation de son fils il était incapable de parler. Aussi préféra t-il tourner les talons et s’éloigner. Parfois il suffit d’un geste pour briser une relation profonde et fusionnelle. Ce soir là il avait perdu une partie de son fils pour toujours. Par bêtise et par égo, parce qu’il avait été incapable de se réjouir de la différence de son fils et parce qu’a l’époque il ne se doutait pas que six ans plus tard il perdrait son fils.

    •• Fin du Flashback


    Lance avait fait beaucoup d’erreur avec son fils quand celui-ci était encore vivant, il avait déçu London et même si Lance avait réussit à regagné sa place dans la vie de son fils il savait que Lon’ ne lui faisait plus confiance comme avant. Il avait blessé sa propre chaire et son propre sang. Et pendant près de deux ans il n’avait plus été là pour épauler, aider son fils, de l’expérience de solitude, de rejet de London par son père, certains de ses amis, de ses professeurs, London avait tiré un Best Seller. Durant cette période où Lance lui avait tourné le dos, London avait fait une rencontre, une rencontre qui changea sa vie, et révolutionna sa conception de l’amitié, cette personne qui enchanta sa vie portait le doux nom de Candace. Pour tout ce qu’elle avait fait pour son fils durant cette période Lance lui serait éternellement reconnaissant, elle l’avait soutenu dans son choix comme Lance aurait du le faire dès le début, elle l’avait défendu en ville, n’avait pas eut honte de le fréquenté au grand jour. Elle avait été une amie fidèle, présente, une femme comme on en faisait plus. Candace avait énormément compté dans la vie de son fils et à présent elle comptait énormément dans sa propre vie. C’était drôle de penser aux nombres de fois où les deux amis avaient du se croiser à New York lorsque Lance travaillait encore dans la grosse pomme comme acteur ou metteur en scène. Lui qui adorait chiner dans les antiquaires, se promener dans Central Park, emmener ses enfants à Broadway. Ils avaient fréquentés les mêmes cercles, les mêmes lieux sans jamais se rencontrer. Tout comme cela avait été le cas à New Heaven. Il avait fallut que son fils les « quittent » pour que ses deux êtres si semblables par leurs passés, leurs passions, leurs caractères se rencontrent. En plaisantant Lance disait souvent que s’ils s’étaient rencontrés plus tôt il aurait été le père de Naty et de Bryan, vu que Candace n’aurait pu résister ni à son humour ni à son charme ravageur dont il usait et abusait à l’époque. Peut être était ce d’ailleurs cette réputation de Don Juan qu’il avait entretenu à New Heaven et également à New York qui favorisait les rumeurs concernant le couple d’ami.

    « Loin de moi l’idée de te dire que je suis un obsédé des pieds, et que la vue de ce membre dénudé me donne des envies peu catholique de corps à corps dans une piscine de chocolat fondue. Mais il n’empêche que vu de l’extérieur tu commences ni plus ni moins un streap-tease pour notre public préférée ! » Constata t-il en saluant d’un petit signe de la main les deux téméraires qui avaient pris place sur le banc du trottoir d’en face. « Bien sur que j’ai toujours été fou de toi, cela fait trop longtemps que je t’attends Candace Ingahms, d’ailleurs c’est pour cela que chaque lundi je viens ici dans l’espoir qu’un jour tu me remarques et que je suis puisse te jouer la scène du balcon. »

    Il fallait dire que leur comportement en public avait de quoi affolé les folles commères de New Heaven. Lance se baladait torse nu le lundi dans le café le temps de se sécher à coup de serviette pendant que Candace le faisait rire en agissant comme si elle n’était pas encombré par un jolie petit ventre. Ils buvaient un café pour lui et un verre de jus de fruit pour elle devant la vitrine et partageait souvent le dernier muffin en mordant l’un après l’autre dans la pâtisserie. Ils avaient l’air d’un couple pourtant aucune de leur moitié ne s’inquiétait de la relation qu’entretenait son ou sa promise avec son ami ou amie, il y avait beaucoup de tendresse entre eux, mais aucune passion. Jamais Lance ne tromperait Sidney, ce n’était pas dans sa nature de blessé volontairement la personne qui comptait dans sa vie, quand à Candace elle était la douceur et l’amour incarné. Installé l’un en face de l’autre devant un café et une tasse de thé ils partageaient cette assiette de muffins auxquelles Lance avait pensé durant les kilomètres qu’il avait franchit. Après l’effort le réconfort comme on dit. Ce qui était drôle concernant Lance c’était qu’en ville tout le monde pensait le connaître, pensait être capable de le cataloguer à une certaine étiquette, pourtant rare étaient ceux qui le connaissaient vraiment. Candace en moins d’un an avait su le percé à jour et le connaître. Pour elle il n’était pas seulement le « professeur glamour » ou bien « l’héritier des Ainsworth » ou même encore « Monsieur Madame le Maire ». Il était Lance à ses yeux et c’était le plus important. Lui avait encore du mal à totalement la cernée, il fallait dire que Candace avait beaucoup de mal à se confier et Lance savait que quelque chose tracassait au plus au point son amie et qu’elle se rongeait de l’intérieur avec ce secret. Alors chaque lundi il venait ici et tâchait de créer une petite parenthèse de sourire. Ils trinquèrent ensemble et lance ne pu s’empêcher de rire à nouveau.

    « Je ne t’ai pas dis qu’on montait Grease au Lycée ? J’ai de plus en plus de mal a tenir mes apprenties acteurs, la dernière Sandy a castré son Danny, résultat je l’ai plutôt mise dans le rôle de Rose. Je me disais que la scène du Balcon mettrait peut être tout ce beau monde d’accord… Résultat maintenant elles essayent toute d’être ma Juliette ! Pauvre Bryan si j’avais su que tu tenais à ce que ton fils accroche toutes les belles filles du lycée je lui aurais demandé d’être le costumier, je n’ai jamais vu autant de string apparent sous des pantalons de cuir… Je te le dis ma chérie, avant que tu ne t’en rendes compte Naty portera la ficelle entre les fesses ! » Il sourit, prit une gorgée de café et un morceau de muffins au trois chocolats avant de poursuivre. « La jeunesse se perds ma pauvre Lucette, maintenant un homme qu’il soit jeune ou vieux n’a même plus besoin de se perché sur un tabouret pour regardé par la lucarne dans le vestiaire des filles il suffit qu’elle porte un pantalon pour qu’il s’en mette plein les yeux… Mon dieu je me fais vieux pour ce boulot, je parle comme ma mère… Abrège mes souffrances Candace, tranche moi la gorge a coup de pelle à tarte avant que je ne prône la chasteté avant le mariage. Remarque si Ellie et Naty attendaient le mariage j’en serrais le premier heureux… Mais je crains que pour ma fille ce ne soit déjà trop tard ! »

    D’un ton joyeux Candace lui parla de sa propre semaine le faisant sourire, le café tournait à plein régime et ce serait pour plaire à Bert, sa fille ne comprenait pas l’incapacité de Lance à revendre les parts de London dans cette affaire.

    « En parlant de ça je me demandais si en vertu de ma fonction d’actionnaire je ne pourrais pas avoir le droit à d’autres extras en nature que notre petite réunion du Lundi… Du genre emprunté la gérante pour qu’elle me prépare le petit dej’ le matin ! » Plaisanta t-il. « Plus sérieusement tu devrais songé à embauché une paire de bras supplémentaire, je sais que tu n’es pas en sucre mais quand tu serras obligé de te mettre en congé maternité tu vas avoir du mal a trouvé tout de suite quelqu’un, tu devrais vraiment prendre un employé de plus maintenant. » Lorsqu’elle parla de Graham Lancelot ne pu s’empêcher de la taquiner. « Mon dieu ma chérie tu as ce sourire niait que je vois sur le visage de mes élèves lorsque je tombe le blouson de cuir pour dévoilée le tee-shirt blanc… Ah tu l’aimes ton Graham… » Il se moquait mais lorsque Sidney se trouvait dans son périmètre visuel il était de loin aussi niait.

    C’est alors qu’elle lui posa la question à laquelle il ne s’était pas du tout attendu. Non elle ne lui demanda pas de couché avec elle, non elle ne lui demanda pas de quitter Sidney, elle ne lui demanda même pas comment allait son épaule. Non, elle lui demanda d’être le parrain de son enfant. Sur le cul, oui c’était ainsi que l’on pouvait à cet instant décrire l’expression de Lance. Il mit quelques secondes à reprendre ses esprits

    « Dit moi ma petite Boule de Bowling… Tu comptes à ce que je corrompe à nouveau l’un de tes enfants ? Mais cette fois avec un titre officiel ? Wahooouuu je pense que j’ai vraiment déteints sur toi, tu as perdu toutes objectivités sur moi apparemment… Alors je vais m’empresser de te répondre que je serais très honorer d’être la personne qui s’occuperait de votre enfant s’ils vous arrivaient quoi que se soit… Que je serais le meilleur parrain qui soit ! »

    Il prit une gorgée de café tout sourire et ajouta. « Tu te rends compte qu’en me demandant ça tu perds toutes tes chances en ce qui concerne une relation physique entre nous… Tu me brises le cœur Candy ! »
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MessageSujet: Re: L'ami du petit déjeuner } Candace Jeu 17 Sep - 0:57



    Candace éclata éclata de rire, elle avait même l’impression qu’elle en pleurait alors qu’elle se passait la main dans ses longues boucles brunes. Du revers de la main, elle s’essuya les yeux dont s’échappaient effectivement quelques larmes cependant qu’elle reprenait sa respiration, saccadée par le fou rire qui l’avait prise. Elle secoua la tête et avala une gorgée de thé avant de regarder son meilleur ami, toujours le rire peint sur son visage. « Ah toi alors ! Franchement, si tu n’existais pas, il faudrait vraiment t’inventer ! Je te pose une question sérieuse et tu trouves le moyen de tout tourner en dérision. Ne le prends pas mal, mon Chou; c’est juste que ça fait tellement de bien de rire qu’à force, quand ça te prend de plein fouet, tu racontes n’importes quoi ! » Elle se leva alors, contourna la table et vint poser un léger baiser sur la joue barbue de son compagnon; d’un air rassurant, elle s’agenouilla près de lui et lui prit la main. « Merci Lance, d’avoir accepté. Ça représente beaucoup pour moi. Certes, cela signifie que rien ne sera jamais possible entre nous, et tu sais combien je regrette de ne pas pouvoir savourer tout ce que, j'imagine, tu sais très bien faire à une femme. Mais ne t’inquiète pas : nous nous retrouverons dans nos fantasmes respectifs ! » Avec un clin d’œil malicieux, Candace se releva et emporta sa tasse vide au comptoir pour se resservir. Parfois, elle se demandait si tous leurs délires allaient vraiment quelque part; ce n'était pas comme si Lance lui faisait des avances dans le sens où il essayait de la draguer. Malgré les turbulences qu'elle lui connaissait par rapport à son mariage, Candace savait l'amour incommensurable qu'il portait à sa femme. Elle savait aussi qu'elle aimait beaucoup Sidney même si les deux femmes ne se voyaient guère, les seules fois où elles échangeaient plus que de simples paroles de politesse se présentaient lorsque le couple Ainsworth s'accordait un dîner en amoureux dans son restaurant. Candace souriait; pourquoi se justifiait-elle ainsi mentalement ? Pourquoi éprouver le besoin de se répéter qu'entre elle et Lance, c'était de l'humour et beaucoup, beaucoup de tendresse, mais jamais plus ? Parce que je suis amoureuse d'un homme merveilleux et que chaque seconde que je passe loin de lui, m'est insupportable... Alors qu’elle s’apprêtait à reprendre place auprès de son ami qui grignotait négligemment son petite péché - des muffins maison, recette double chocolat - le téléphone se mit à sonner. Candace fronça les sourcils; elle avait pourtant signaler que le lundi était son jour de repos et que le restaurant serait fermé. Mais peut-être était-il arrivé quelque chose à la maison ? Elle extirpa son portable de sa poche. Pas d’appel manqué. Pas de SMS non lu. L’hypothèse de la catastrophe familiale était donc à exclure; Graham, Bryan ou Naty ne l’auraient pas laissée dans le noir comme ça. Alors qui pouvait-il bien y avoir à l’autre bout du fil. « Tu m’excuses deux minutes ? Faut que je réponde, c’est pas normal qu’on m’appelle le lundi... » En deux sauts, elle fut près du téléphone accroché à une des quatre poutres qui dominaient la salle de service. Au bout du troisième buzz infernal, Candace décrocha. « Little Peace of Heaven, Candace Ingham à l’appareil. » Elle n’eut aucun mal à reconnaître son appelant, une voix qui lui criait qu’elle allait trop loin, et qu’ils les lui fallait vraiment tous ! « Bonjour à toi aussi, Michelle.... Que me vaut le plaisir d'entendre ta voix de si bon matin ? »

    Peter et Candace avait emménagé à New Heaven peu avant la naissance de leur premier enfant, Bryan. Ils avaient décidé de quitter New York et leur vie de bohème de deux actifs passionnés autant professionnellement qu’intimement pour un cadre plus posé afin d’élever leur enfant. Cette décision n’avait pas été facile, d’autant plus qu’il y avait eu plusieurs choix à faire: la profession de Peter avait toujours été qualifié de TRAVNI - Travail Non Identifiable; libraire et antiquaire, passionné de cuisine et de sa femme elle-même spécialisée dans les antiquités d’Orient. Une combinaison pas toujours facile à comprendre, même pour des habitués de la ville qui ne dort jamais. Mais c’était de cette chaotique combinaison doublée d’un charme et d’un sourire dont Candace était tombée amoureuse dès sa première expertise chez lui. C’était un Rembrandt; à l’époque elle n’était qu’une étudiante qui finissait sa licence. Il l’avait trouvé très beau et l’avait acheté comme pièce de décoration sur son stand. Candace l’avait vu le moment où elle était entrée et était restée plantée devant la tableau sans se soucier de quoi pourrait bien arriver en dehors de la bulle qu’elle s’était créée entre l’Art et son cœur qui battait la chamade. C’est alors que quelqu’un avait toussoté dans son dos, tapotant doucement son épaule. La jeune femme avait sursauté et s’était retrouvé en face de l’homme de sa vie. Ca n’avait pas été le coup de foudre; mais une connexion immédiate. Commencée par le fait qu’il lui avait donné le Rembrandt. Ce tableau avait été le début de leur relation; il s’était de ce fait toujours retrouvé chez eux, dans leurs deux appartements de New York et finalement dans leur maison. Chaque fois, il avait attiré l’attention. A New Heaven, il avait tapé dans l’œil a une femme de goût qui deviendrait par la suite la meilleure amie de Candace : Michelle Perkins, femme du futur sénateur Finn Perkins et voisine des Ingham depuis leur emménagement. Leur amour pour l'art avait été une des premières choses qui les avait liées. Le fait q'elles étaient jeunes mamans également. Parfois, elles faisaient un brun de shopping ensemble et Michelle avait été une des premières à s'installer à la table où Lance et Candace prenaient leur rituel petit déjeuner du lundi. Curieusement, elle et Graham ne s'étaient jamais vraiment rencontrés; peut-être avait-ce été mieux comme ça puisque qui sait ? Eurk. La pensée d'être accusée de détournement de mineur alors que Graham avait à peine dix ans... Graham. Pourquoi était-elle tombée amoureuse de lui ? Avec Graham, le coup de foudre avait été immédiat. Le vrai, celui qu'elle n'avait pas eu avec son mari bien qu'elle l'aimait de toutes les forces de son cœur. Mais Graham le faisait battre plus vite, le faisait chavirer, le lui arrachait parfois quand il lui parlait de son amie Ellie ou d'une autre jeune fille rencontrée à l'hôtel ou sur le chemin du restaurant. Avec le jeune homme, Candace vivait sa vie de femme et sa vie de mère sans se poser de questions. Leur amour était naturel. Une expérience unique qu'elle avait eu peur de vivre pourtant, en partie aussi à cause de Michelle. Mais quand elle avait décidé avec Graham d'annoncer leur relation à Michelle et Finn, Candace n'aurait jamais cru que la réaction de la part de son amie soit si cruelle. Par la suite, le lien qui les unissait se détruisait du jour au lendemain et la cruauté et la haine pour le plaisir de faire du mal à l'autre avaient fait leur apparition.

    « Écoute Michelle; ce que je fais chez moi ne te regarde pas. Je n'ai aucun compte à te rendre, c'est clair ? ... Parce que tu crois qu'on prendra ta plainte au sérieux ? Si seulement tu pouvais porter plainte ! Tu n'es pas concernée il me semble ! ... Arrête ! Arrête de croire que ton fils ne peut pas prendre ses décisions lui-même ! C'est un homme, que tu le veuille ou non, il faut que tu l'acceptes ! Un homme que j'aime ! ... Tu sais quoi ? Je vais raccrocher mais avant, réfléchis avant de me coller un procès au cul : si j'étais à ta place et que je ne voudrais pas risquer ma réputation de bonne femme au foyer accomplie aux yeux de tous, je ne m'attaquerais pas à une femme enceinte de son gosse et protégée par les Ainsworth ! Alors si maintenant tu veux faire mumuse ma belle, vas-y. Je t'attends avec plaisir au tournant ! » Candace écrasa le combiné sur le téléphone et poussa un véritable hurlement de colère, bientôt rejoint par un cri de douleur. Mains sur le ventre, son corps se plia en deux comme une frêle feuille de bambou. Elle se sentait tomber, des larmes de douleur et de malheur mêlée troublaient sa vue et ce fut avec peine qu'elle se cramponna au comptoir. Tant bien que mal, Candace ne se laissa pas aller mais parla d'une voix de sourd, comme si elle avait du coton dans la bouche. « Excuse-moi Lance pour t'avoir utilisé, toi et ta famille dans cette conversation qui ne regarde que moi et elle... mais je n'en pouvais plus. Ses menaces, ses atrocités, sa griffe sur Graham. J'étouffe... et j'ai peur de m'énerver pour le bébé. Mais c'était au dessus de ms forces ! Chaque fois que je fais quelque chose d'anodin, c'est épié et réinterprété. Qu'est-ce que j'ai fait, tu peux me le dire ? J'ai mal... tellement mal... »


    Spoiler:
     

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MessageSujet: Re: L'ami du petit déjeuner } Candace Mar 22 Sep - 2:02


- Tell me Candace
« I don't read minds »





    Il était bon de la faire rire, son visage ses derniers temps s’éclairait moins, Lancelot l’avait remarqué mais n’avait jamais osé sa brusquer pour savoir ce qui avait attaqué la bonne humeur coutumière de la jeune femme. Candace tout comme lui vivaient dans une sorte d’euphorie permanente ils souriaient toujours, étaient toujours agréable, doux, charmant. Les voisins et notables parfais. Pourtant derrière cette façade se cachait des secrets, des doutes, des peurs. « Tu sais quoi c’est justement ce que je pensais, en fait j’envisage même de me commercialisé à grande échelle, de me cloner. Histoire que chaque femme de cette planète ait la chance de m’avoir à ses côtés pour la faire rire, pleurer… Enfin de joie einh… Sèche tes larmes ma grande ca ride prématurément, t’aimerais pas que mon ou ma future filleul ait une maman ridée comme un pruneau non ? » Toujours le mot pour rire le petit Lancelot Ainsworth non ? Elle déposa un baiser sur sa joue après un clin d’œil malicieux faisant rire un peu plus le quadragénaire. Elle le fit rire un peu plus par sa tirade faussement sincère pour ce qui concernait une partie de ses dires. Le rire franc et massif de Lance résonna dans la pièce. « Et encore ce que tu imagines est bien loin du compte, il faudrait vraiment que Sid’ devienne ta meilleure amie tu apprendrais alors tous les petits détails croustillants qui alimenteraient tes fantasmes ! » Ce petit jeu entre eux se poursuivait à chacune de leur conversation, l’un comme l’autre se prêtait avec plaisir à cette petite joute verbale aux teneurs prétendument grivoises. Où les menaient ses petites allusions ? Ce festival de propositions plus scrabbleuses les unes que les autres ? Nulle part. C’était un petit jeu entre eux, un jeu qui avait commencé lorsqu’ils s’étaient parlé de leur passés respectif et qu’avec surprise ils s’étaient rendus compte qu’ils avaient vécut à New York dans les mêmes périodes, et que Lance avait loué un petit appartement non loin de celui de la jeune femme et de la boutique qu’elle tenait avec Peter. Ce petit jeu était partit de là et tout était entre eux totalement innocent. Ils étaient l’un comme l’autre « engagé » auprès d’un ou d’une partenaire. Lancelot aimait Sid comme Roméo aimait Juliette ou comme Edward aimait Bella dans la saga de Stephenie Meyers (quand je vous dis que Lance ferrait un grand père et un « tonton » voir même un papa hyper cool). Quant à Candace elle était éprise de Graham comme… a vrai dire il lui aurait fallut quelques minutes de plus pour trouver une référence là… umh… Comme euh… Comme Julien et Madame de Rénal dans le Rouge et le Noir de Stendhal par exemple sauf que Candace n’était pas marié ! Mais ce n’était qu’un détail. Bref si on voulait comparer ces deux « relations » à celle qu’entretenaient Candace et Lancelot on aurait dit un remix de la relation Bella/Jacob dans la saga cité précédemment. Si on enlevait tous sentiments du côté de Lancelot bien entendu. Sidney l’aurait étripé vif s’il flirtait avec une autre femme qu’elle, s’il avait fait la cours à une autre femme qu’elle. Candace et Sidney se connaissaient peu, la faute à Lancelot qui voyait bien souvent Candace seule car il passait la voir en semaine et non lorsque Sidney ne travaillait pas. Elles se connaissaient peu, se voyant que lors des rares « repas » intimes du couple au Little Piece of New Heaven le restaurant de Candace. Sidney et son amie s’appréciaient beaucoup. Mais la glace n’était pas brisé entre elles, peut être cela arriverait-il lors de la Garden Party que la tante Ermitrude insistait pour organiser à Barron’s Field dans le Manoir Ainsworth afin d’introduire la petite dernière dans la bonne société. En la regardant s’afférer au tour du comptoir il ne pouvait que sourire amusé de la voir trainée, la perturbait-il ? Ca aurait bien été une première. Et cela redoubla son sourire, les hormones des femmes enceintes travaillaient-elles la belle brunette aux courbes de plus en plus arrondies ? Il croqua avec gourmandise dans son deuxième muffin triple chocolats (et oui on se refait pas ^^) il but une gorgée de café pour révélé les aromes des dis trois chocolats lorsque soudainement le téléphone sonna. « Hey l’incubateur ! Le téléphone t’appel » Plaisanta Lance en avalant une nouvelle bouchée de son dessert. Il vit à la réaction de Candace que la sonnerie un lundi matin était plutôt inhabituel ! Il fronça lui aussi les sourcils, qui osait déranger leur petit moment du lundi ? Etait-il arrivé quelque chose aux enfants ? Les siens ou à ceux de Candace ? C’était le téléphone portable de son hôtesse qui sonnait et non pas le téléphone mural comme il l’avait cru. « Bien sur ma petite Boule de Bowling décroche donc ! Si c’est Naty embrasse là pour moi, et si c’est Bryan dit lui que la petite de Première s’est mort. » Lance petit plaisantin. Elle le fusilla du regard en roulant des yeux, exercice périlleux d’ailleurs, avant de décrocher. Son visage se décomposa et il comprit qu’il y avait un problème et que ce n’était absolument pas un coup de fil de courtoisie. Lorsqu’elle prononça le prénom « Michelle » Lance grinça des dents et fut sur ses pieds en moins de deux. Il fut près de Candace avant même que la quadragénaire n’eut finit sa première phrase.

    Lancelot faisait partit de l’une des plus vieilles familles de New Heaven. Une famille respectée, riche et influente. A l’instar de ses parents Lance était un personnage publique monsieur madame le maire était un généreux donateur, un mécène et un hôte charmant et il avait un humour et un charme fou. Aussi Lance connaissait et était « ami » ou proche de la plus part des membres des familles toutes aussi influentes que la sienne en ville. La famille Perkins faisait partit de celles-ci. Lance avait côtoyé Michelle et Finn lorsqu’il était enfant, une très faible différence d’âge les séparait et pourtant ils étaient amis d’enfance. Lorsque Lance avait « quitté » New Heaven à 17 ans avec sa petite amie de dix ans son ainée, Michelle et Finn s’étaient fiancés à la grande joie de leur famille, eux rentraient dans le moule. Lorsque Lancelot était rentré d’exil avec trois jeunes enfants dans les bras, entre les trois jeunes adultes il n’avait plus été question d’amitié. Pour Michelle, Lance était devenu de la racaille, il avait mal tourné et revenait seul la queue entre les jambes après s’être fait pompé jusqu’à la moelle son maigre pécule par une roturière trentenaire. Durant une quinzaine d’année le couple n’avait plus fréquenté le comédien et sa « marmaille ». A la mort de la mère, Lance qui gérait l’héritage de la famille avait à nouveau du se mêler et frayer avec la bourgeoisie locale. Il était devenu professeur depuis sept ans quand Finn, devenu maire de la ville avait été accusé de corruption. Michelle à l’époque élevait leur unique enfant. Les anciens amis s’étaient côtoyés des années dans les soirées, les galas, Lance était alors le « paria » et puis quand Finn avait brusquement démissionné et que tous les notables de la ville avaient apprit au gré des rumeurs ses liens avec les Bouwmeester c’était les Perkins qui étaient devenus indésirable. Et puis Sidney avait gagné les élections et Lance avait fait sa rencontre. Le fait qu’il devienne Monsieur « madame le maire » avait fortement vexé Michelle qui ne s’était pas gêné de le faire savoir en lançant certaines rumeurs sur lui, sa famille, sa femme. Mais tout ce que pouvait dire Michelle Perkins coulait sur le dos de lance comme l’eau sur les plumes d’un canard. Michelle Perkins était une femme froide, aigrie par l’infidélité de son mari, une mère possessive et castratrice qui avait faillit à dominer son fils, elle n’avait rien dans la vie, ni amour, ni enfant à présent. Alors quand elle avait apprit l’amitié entre Lance et Candace… « Un seul ne lui suffit pas il faut qu’elle les ait tous » avait-elle lancé à une voisine en voyant Lance entré dans la boutique de Candace par l’arrière.

    Il fut près d’elle dès que la douleur la plia en deux posa une main inquiète sur son avant bras il se pencha vers elle, ce cris de douleur, ce n’était décidément pas normal. Il avait vécut deux grossesse, il savait que de telle douleur n’était absolument pas normale. Il la rattrapa alors qu’elle basculait en arrière, la serrant contre lui son dos contre son torse il la laissa s’appuyé de tout son poids.

    « Candy qu’est ce qu’il y a ? Où as-tu mal ? » Il posa ses grandes mains par-dessus les plus petite de la jeune quadragénaire inquiet. La voix de son amie était sourde comme étouffée. « Ecoute je vais t’emmener à l’hôpital. Ne proteste pas ! » Marmonna t-il. « Ce n’est pas NORMAL » il appuya sur ses mots. « Et cesse de t’inquiété à propos des ragots, des rumeurs, de ce que l’on dit sur toi ma belle, ce ne sont jamais que calembredaines, jalousie et envie. Elles n’ont que ce a faire pour combler le vide de leur vie terne et sans joies. Pourrir la vie des autres. Mais tu vas être maman Candy, ne te laisse pas avoir. Tout ce qu’elles veulent s’est t’atteindre pour que tu en souffres. Moi je ne les laisserais pas faire. » Annonça t-il en composant le numéro de téléphone de sa belle fille. « Shelby ? C’est Lance. Tu pourrais appeler le service obstétrique. J’emmène Candace, il faut que quelqu’un a voit d’urgence. Oui des douleurs au ventre. Non… Pas d’ambulance s’il te plait. Evitons de rameuter le voisinage. Je vais l’emmener. Merci Shelby. Je t’appelle quand nous arrivons. » Il raccrocha et composa un autre numéro. « Bonjour j’aimerais un taxi au… »

    […]

    Son bras passé autour de la taille de Candace il se glissa avec elle part l’entrée des médecins de l’hôpital de New Heaven. Il l’aida a monté les marches menant au hall d’accueil et a l’ascenseur avant de la conduire au troisième étage, dans le service du docteur Leenhardt, une gynécologue reconnue venu terminé sa carrière dans une petite ville tranquille et bourgeoise. Ils prirent place dans la salle d’attente après que Lance eut informé l’infirmière de garde de leur présence, elle leur annonça que le médecin allait bientôt les recevoir. Lance aida Candace a s’asseoir avec une précaution évidente, évitant tout mouvement brusque et y allant doucement. Il avait peur.

    « Ca va ? » Demanda t-il à voix basse. « Candace depuis combien de temps tu as mal ainsi ? Depuis combien de temps tu me caches que ca ne va pas ? » Questionna t-il ensuite en posant une de ses grandes mains calleuses sur la peau fraiche et pale de sa joue afin qu’elle le regarde dans les yeux. « Tu sais que tu peux tout me dire. » Ajouta t-il avant de se taire.

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MessageSujet: Re: L'ami du petit déjeuner } Candace Ven 25 Sep - 9:23


- I'm scared Lance
« This is my darkest secret »

    De tout ce qu'elle avait pu s'imaginer, ce qui était un exploit si l'on considérait sa présente difficulté à former de cohérentes pensées, la réaction de Lance était la dernière à laquelle elle s'était attendue. Non content qu'il ne fasse aucune allusion au chantage qu'elle avait joué à Michelle en utilisant les Ainsworth pour donner du poids à sa menace, il s'était précipité à ses côtés, la soutenant en passant un bras autours de sa taille et en s'inquiétant de ses douleurs. Ce ne fut qu'à cet instant seulement que Candace réalisa la double signification de ses paroles. J'ai mal, tellement mal ! Elle pensait que la douleur ressentie physiquement n'était que le contre-coup, la réponse de son corps au mal intérieur qui la rongeait depuis son désaccord frontale avec Michelle, accentué par la soudaine méchanceté qui s'était emparée d'elle lors du coup de téléphone. Mais à mesure qu'elle retrouvait son calme sous les paroles apaisantes de son meilleur ami, la douleur physique ne tarissait pas; elle tenta tant bien que mal de rassurer Lance, après tout elle en était à presque cinq mois maintenant, il était normal que le bébé se fasse de plus en plus présent en donnant de sacrés coups de pieds. Seulement, Candace ne tombait pas de la dernière pluie. Elle avait l'expérience de deux grossesses, et autant que ses souvenirs le lui permettaient, jamais elle n'avait ressentit de telles douleurs. Alors quoi ? La fatigue peut-être. Lance le lui avait encore répété ce matin, elle travaillait trop, se surmenait parfois ce qui n'était ni bon pour elle, ni pour l'enfant. Quoi d'autre ? L'énervement des dernières minutes y était sûrement pour quelques chose, il ne lui était plus permis de se mettre dans de tels état, surtout pour ce que Lance qualifiait à juste titre de calembredaines nées de jalousie et envie. Son bonheur, aussi peu conventionnel soit-il, se lisait bien sur son visage, même si il n'était pas facile à vivre au quotidien. Mais heureuse elle l'était vraiment, savourant le sentiment de plénitude et les pépites de joie qu'il lui procurait. Oui, elle avait tout pour elle : elle vivait avec l'homme qu'elle aimait sous un même toit, élevait deux enfants formidables avec son aide, était entourée d'amis de confiance comme Lance ou Matt et de collègues délicieux - elle ne remercierait jamais assez Ginger et Alfonso ! Mais encore ? Un caprice de grossesse, comme ses soudaines envies de fraises ou d’escapades en amoureux, loin des enfants, loin de leur quartier et loin des comérages ? Candace réfuta cette troisième hypothèse comme. Et plus elle se cherchait des excuses, plus la vérité se frayait un chemin entre ses veines tentatives à effacer ce qui depuis le début, se passait en elle. Combien de temps encore allait-elle se mentir ? Combien de temps encore lui faudrait-il pour accepter ce qu’elle avait fait ? Et surtout, combien de temps encore arriverait-elle à cacher son plus grand secret ? Candace n’osait pas croiser le regard de Lance qui, elle en était certaine, lirait dans ses yeux la peur d’être jugée, la peur tout court. Il poserait des questions, et elle savait qu’elle n’aurait pas le courage de lui mentir, pas plus qu’elle ne l’aurait eu devant Graham ou ses enfants si ils avaient été à la place de son meilleur ami. D’ailleurs, elle se demandait comment elle avait bien pu tenir jusqu’ici. On dit que le mensonge a de courtes jambes. Le sien avait vécu presque cinq mois, c’était déjà beaucoup trop. Mais tu n’es pas obligée de lui dire quoi que ce soit... Un autre mensonge ? Impossible, un seul lui suffisait amplement. Peut-être le jour de la révélation avait sonné ? Non, non, non et non ! Il ne fallait pas, il ne faudrait pas. Personne n’avait le droit de savoir, personne. Personne à part Sam, son docteur et psychiatre qui lui avait appris sa grossesse et ses conditions. Et surtout pas Lance. Il ne comprendrait pas, elle-même avait du mal à comprendre, refusait d’admettre qu’elle avait pu faire ça à son enfant. Candace nourrissait une haine profonde envers cet être monstrueux qui avait pris le dessus sur elle par deux fois. L’avouer, c’était trop. Trop tôt, trop cruel, et surtout, trop dangereux. Et si le souvenir de son existence réveillait la bête ? La seule pensée de cette hypothèse la fit trembler... Candace posa sa main sur le bras de son compagnon, tentant de l'apaiser. « Lance, s’il te plait... » Mais elle ne pouvait pas se défiler comme elle en avait pris l’habitude; il la maintenait doucement mais fermement contre lui, secouant la tête et lui intimant le silence tandis qu’il appelait à la suite l’hôpital, puis le service de taxi de la ville. Et elle se crispa d’avantage. Pas l’hôpital, le médecin lui ferait passer des examens et là... Alors que Lance l'entraînait déjà dehors, Candace tenta tant bien que mal de le faire revenir sur sa décision mais... Rien à faire, il était décidé à s’occuper d’elle. Comme Graham. Comme Bryan. Comme autrefois Peter. Et comme London. Comme tous les hommes qui avaient une place importante dans sa vie. Comme toujours elle était vulnérable et la réalité la frappa plus fortement qu’une giffle : elle était fragile, même si elle essayait de se montrer forte. Mensonge. Toujours et encore. Quand arrêterait-elle d’avoir peur ? Cette peur qui la faisait se détourner, cacher des choses à son meilleur meilleur, reculer devant le sacrement du mariage avec celui qu’elle aimait. Et qui était le père de son enfant, cet enfant auquel elle avait fait tant de mal alors qu’il n’était même pas né.

    […]

    Elle avait envie de crier et de fuir. Se défaire des bras de Lance qui n'avaient pas quitté sa taille, quitte à lui faire mal physiquement. Mieux valait qu'il ait mal de cette manière que de l'autre. Elle avait déjà perdu le fils, elle ne voulait en aucun cas que le père en fasse de même, disparaisse brutalement de sa vie, ne la laissant qu'avec les souvenirs des jours heureux. Elle ne voulait pas ça. C'était trop dur. Égoïstement, elle préférait continuer à lui mentir plutôt que de... Il lui demandait si ça allait. Lance s'inquiétait. Douceur, attention mais surtout peur, encore et toujours elle, le poussaient à poser les premières questions. Elle essaya de se débattre mais son corps était paralysé, sa bouche refusait le sourire et elle sentait les prémices de larmes perler dans ses yeux. Il ne devait pas la voir comme ça; Lance n'avait pas le droit, c'était pour lui qu'elle se le refusait. Non ! Non Lance, je t'en supplie ne me le demande pas... Pas comme ça, pas maintenant, je ne peux pas... Candace sursauté alors qu'elle sentit sa main sur sa joue pâle et presque froide, la forçant progressivement, avec toujours cette même douceur et la même intention de la soulager, mais tout de même fermement, de le regarder. S'il lisait dans ses yeux comme tant de fois déjà, elle était perdue et elle le perdait. Non ! Non pas ça, Lance... NON ! Ses pensées criaient, pleuraient et elle sentit son cœur trembler. Mais en apparence, Candace donnait l'impression d'une statue muette, tournant la tête vers un homme où l'inquiétude se lisait sur tous ses traits. Elle pouvait tout lui dire, disait-il. Non, elle ne pouvait pas ! Elle ne devait pas, elle refusait... Mais trop tard. Peut-être n'avait-elle tout simplement plus l'envie, ou la force de lutter contre ce secret qui l'étouffait et qui, elle le craignait maintenant plus que jamais, tuerait peut-être son enfant. Alors, Candace plongea son regard noyé de larmes dont une et une seule s'échoua sur sa joue dans celui de Lance. Je suis un monstre, Lance... « Madame Ingham ? » La voix de l'infirmière les tira tous deux de son aveux muet et par réflexe, Candace agrippa la main de son meilleur ami, la griffant au passage. « Je... Je suis désolée... ! Je ne voulais pas, je... » Les larmes tombaient une à une à présent et de plus en plus vite, son corps tout entier trembla et ses jambes se dérobèrent de nouveau. Et cette fois-ci, Candace cessa de lutter. Il fallait qu'elle se repose... Dormir... Juste dormir...

    […]

    Elle se réveilla dans un lit d'hôpital. Une perfusion dans le bras gauche, le bipper de son rythme cardiaque dans l'oreille. C'était ça qui l'avait réveillée, il était anormalement calme. Que s'était-il passé ? Candace ouvrit péniblement les yeux et trouva son meilleur ami assis près d'elle, tenant sa main gauche dans les siennes, la pressant fort contre ses paumes. Chaleur ! « Tu es là... »murmura-t-elle. Elle se surpris une nouvelle fois, la voix ne tremblait plus, elle avait retrouvé sa mélodie de douceur et de sourire. Les pleurs avaient cessé, ainsi que ses douleurs. Pour vérifier, Candace porta tant bien que mal sa main droite sur son ventre et ferma les yeux. Elle ne le sentait peut-être pas physiquement, mais il était bien là. Ce petit être qu'elle aimait plus que sa propre vie. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire apaisé et bienheureux. Ils ne l'avaient pas abandonnée. Elle avait craqué et s'était une nouvelle fois laissée aller mais ils étaient toujours à ses côtés. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, l'infirmière lui souriait elle aussi.« Alors ? Vous allez mieux ? » Candace acquiesça, et comme elle savait que Lance à ses côtés se faisaient encore beaucoup de soucis, elle serra sa main contre les siennes, tournant son visage apaisé vers lui et fermant un court instant les yeux. « Beaucoup mieux, merci. Que s'est-il passé exactement ? »Elle posait la question, mais ne voulait pas de réponse. En fait, elle voulait juste être laissée seule avec Lance. Car elle avait pris sa décision... Je dois le lui dire, tout lui dire, comme il me l'a demandé. Je ne peux pas garder ça pour moi indéfiniment. Il m'aidera. Je sais qu'il ne me quittera pas. Je le sais. Je le sens maintenant. « Vous avez subit une importante chute de tension, très certainement due à un trop grand surmenage. Ce n'est pas bon, surtout dans votre état. Mais rassurez-vous, d'après les premières analyses, vous et le bébé vous portez comme un charme. Par contre... le Dr. Leenhardt souhaiterait s'entretenir avec vous et votre... euh... petit-ami ? » ajouta-t-elle d'un air gêné et interrogateur à la fois, ce qui fit rire la maman. Bien sûr ! Oh... Oh non... Vite ! Ne pas perdre son calme mais trop tard. Le bipper annonçait une reprise active et pressée du rythme cardiaque. Quel redoutable détecteur de mensonge...« Mon meilleur ami et surtout, ma présence. Mais en parlant de petit-ami, pourriez-vous ne pas le prévenir. Il se ferait beaucoup trop de soucis et il n'a pas besoin de ça en ce moment. Je suis prête à voir le Dr... mais laissez-moi quelques instants avec Mr. Ainsworth s'il vous plait. Dites au Dr. que je suis par ailleurs suivie par le Dr. Galloway. Sam Galloway. » En prononçant le nom, Candace tourna la tête vers Lance qui, elle l'avait senti, s'était crispé. La spécialité de Sam était connu, c'était le meilleur et surtout le plus humain dans le domaine et comme Lance avait Shelby... Oui, il pensait juste. Mais ne connaissait pas toute l'histoire. Mais cette histoire, elle allait la lui raconter. Maintenant. Il allait de nouveau l'aider. La libérer. L'infirmière acquiesça et après un dernier sourire, tourna des talons et quitta la chambre. Quelques minutes s'écoulèrent ainsi dans le silence le plus total. Puis, doucement, après une dernière inspiration, Candace se redressa et, sa main dans celles de Lance qui la serraient toujours aussi fort, elle plongea son regard dans le sien.

    « Nous avons toujours été honnêtes l'un envers l'autre, toi et moi. On s'est toujours tout dit aussi. Enfin... presque. Il me reste une confidence, un secret. Une erreur, une terrible erreur dont je ne t'ai pas parlé. J'avais peur. Trop peur. Peur qu'en te le confiant, je savais que j'allais te perde. Comme j'aurai sans doute perdu Graham si je le lui avais dit. Ou si je vais lui dire parce que... je suis lasse. Je n'ai pas d'excuse, je suis responsable. J'ai... Je ne sais pas comment te le dire... J'ai... J'ai... J'ai... »Candace marqua une pause, elle sentait de nouveau les larmes couler. Je vais craquer, j ne peux pas, je ne peux pas pensa-t-elle. Mais en même temps, Lance avait parcouru pas mal de chemins avec elle. Et s'il ne la jugeait pas ? S'il arrivait à garder leur amitié intacte après sa révélation ? Cela valait-il le coup ? « Je veux te le dire, Lance, mais c'est tellement monstrueux ! Je me hais, je hais la personne fragile en moi, je ne suis pas fragile ! La vraie Candace est forte. Ou plutôt elle l'était... avant la mort de Peter, avant... avant celle de London. London qui m'a aidé comme tu m'aides, comme je t'aide, comme nous nous aidons mutuellement. Comme nous partageons aussi le chagrin. Tu le sais, tu le comprends mais... mais il y a une chose que tu ne sais pas. Ton fils ne m'a pas seulement aidé à accepter mon veuvage, il m'a aussi... il m'avait aussi sauvé d'une grave dépression. » Ce n'était pas elle qui racontait, mais l'autre. La faible qui refaisait surface et qui prenait de nouveau forme, celle qui étouffait le bébé et sa mère avec. L'autre... Non, c'est moi. Assume ! Justement, si tu n'assumes pas tu es la faible. Sois forte et dis-le. C'est toi ! Ce ne sont ni les docteurs, ni tes amis, ni tes enfants ni l'homme que tu aimes qui te sauveront mais toi et toi seule. Assume et tu te guériras. « J'étais dépressive et je prenais des médicaments. Beaucoup de médicaments, trop de médicaments. London m'a poussé à ne plus être dépendante. En m'aidant à garder ce que moi et Peter avions construit, il m'a permis de me retrouver et de continuer à vivre. Pour mes enfants. Pour moi. Pour retrouver goût à la vie. Il a été merveilleux... Mais... Mais quand il a... il a été... » et elle fondit en larmes. A chaque fois qu'elle parlait de lui, Candace craquait. Ses cauchemars, la fusillade, tout revint, tout, tout, tout... Non ! Il faut aller jusqu'au bout ! Il le faut, il le faut, il le faut... ! « J'ai fait une rechute. Une grave rechute, et si je ne m'étais pas prise à temps, je crois que j'aurai tout détruit. Et il y avait Graham, je ne voulais pas qu'il me voit comme ça.... Un jour... Un jour j'ai voulu prendre mes... cachets. Et ils n'étaient plus là. Je ne sais pas qui ou comment mais il n'y avait plus de boîte. Même où je stockais toujours une réserve, il n'y avait rien. Et comme j'avais entamé une cure chez Sam, j'y suis allée. C'est... c'est lui qui m'a apprit que j'étais enceinte de deux semaines. Mais tu te doutes bien que si j'étais allée le voir, c'est parce que j'étais encore sous traitement... J'étais gravement malade, atteinte d'une dépendance rare parce que cette fois-ci, je n'en avais parlé à personne. C'est peut-être ça ma grande erreur parce que... parce que le bébé est atteint. Par ma faute, l'organisme de mon bébé a mal évolué. Je ne sais pas en quoi, comment... ni même s'il naîtra vivant. Et tout ça parce que je n'ai pas parlé... Je... Je suis tellement désolée... ! Je suis un monstre... Un monstre... Un monstre... » Candace laissa libre cours à ses pleurs. Vidée, fatiguée, elle se laissa retomber dans les coussins, enlevant sa main de celles de Lance et cachant son visage. Elle ne voulait pas le voir partir, elle n'avait plus assez de courage pour ça. Une fois encore elle se cachait, elle était faible. Pitoyable et faible, vidée de force et de volonté. Et elle savait que chacun avait le droit d'en être dégoûté...

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MessageSujet: Re: L'ami du petit déjeuner } Candace Lun 28 Sep - 7:36


    Lance Ainsworth avait en horreur les hôpitaux pourquoi, pour une raison en somme tout simple, à chaque fois qu’il mettait les pieds dans l’un d’eux sa vie basculait inexorablement. C’était comme un cercle vicieux, il était prit dans une sorte de spirale infernale, une spirale de chaos, a peine posait-il un orteil dans l’enceinte d’un établissement médical. Il fallait dire que qu’il avait eut son lot de passage à l’hôpital toute sa vie était jalonnée de moment d’atterrissage, de point de chute dans un dispensaire ou autre structure de soins. Les grand moments de sa vie, les intersections de son existence, de cette dernière année avait prit corps ici. Il y avait eut le test médical pré nuptial, la fusillade, la mort de London, les rééducations, la naissance de Joshua… Le Presbytérian Hospital de New Heaven était devenu le lieu « plaque tournante » de sa vie d’aujourd’hui. Il avait passé trop de temps ici, entre ses murs, il y avait trop de douleurs, de peine, de souvenir en ce lieu. Et à cet instant il était ici, avec sa meilleure amie, il tenait et serrait une de ses mains dans les siennes en tentant de faire refluer la vague de souvenirs qui affluait dans son esprit. Il venait de lui parler, de l’interroger, il l’avait forcé à le regarder dans les yeux, il avait remarqué qu’elle évitait son regard depuis qu’il l’avait prit dans ses bras au café. En voyant la peur dans ses yeux lorsqu’elle cessa de lutter contre lui, sa mémoire s’emballa.


    Flashback Lance’s past



    Il marchait épaules voutées, yeux braqués en direction du sol qu’il foulait, il avait quinze ans, il était seul, isolé, lycéen mais solitaire, un marginal malgré son physique avenant et attirant et malgré tout l’argent de sa famille. Il fit passer la anse de son sac à dos sur son autre épaule et tourna au coin de la rue sans cesser de fixer le sol. Il ne vit pas venir le coup de poing et sonner recula de plusieurs pas heurtant une poitrine ferme et musclée deux bras le ceinturèrent l’empêchant de se défendre, de reculer, de répliquer, de fuir…. Il releva les yeux et alors qu’il prenait conscience de la douleur dans sa mâchoire un deuxième coup l’atteignit cette fois ci à la pommette. Il vrilla son regard dans celui de son agresseur et ruant en prenant appuie contre le jeune adolescent qui le ceinturait il rua de toute ses forces expédiant ses pieds joints dans la poitrine de son attaquant le jetant à terre. Son acolyte le relâcha et Lance se dégagea d’un coup d’épaule, la colère le faisait frémir, ses mains tremblaient de rage. En garde il attendait la suite. Le jeune homme a terre de se releva et fit signe à son compagnon de contourner Lance pour l’attaqué par derrière tandis qu’il le prendrait de face. Lance était prêt à en découdre, il expédia son poing dans la mâchoire de celui qui lui faisait face. Lance n’était pas un boxer, il n’utilisait pas la colère qui couvait en lui depuis l’âge de dix ans pour cogner, non il avait trouvé un palliatif au combat pour évacuer ses émotions, le théâtre, et c’était surement a cause de cette passion qu’il avait été aujourd’hui prit pour cible. On le pensait faible, il se faisait traité de « pédale » dans les couloirs du lycée, de chochotte, mais il s’en moquait lui connaissait la vérité. Mais si on venait a levé la main sur lui, a le touché, lui qui avait passé ses cinq dernières années a évités qu’on ne l’effleure de peur de voir ressurgir de douloureux souvenirs, il s’était promit de réagir. Et c’était ce qu’il allait faire aujourd’hui.

    « Adrian Galeys ! Anthony Morreau ! Lancelot Ainsworth ! Ca suffit ! » La voix qui cria leur nom les arrêta nette. Une tornade blonde/rousse venait de surgir de la maison attenante et se planta face à eux poings sur les hanches. « Dégager » lança t-elle aux deux agresseurs. « J’ai appelé les flics. » La menace était inutile, ils avaient déjà décampés en promettant à Lance qu’ils se reverraient bientôt. La jeune femme aux cheveux de feu s’approcha de lui d’une démarche gracieuse et dansante, une façon de se déplacé qui chatouilla sa mémoire sans qu’il ne comprenne pourquoi. [/i]« Lancelot c’est ça n’est ce pas ? Ca va ? Tu as le visage couvert de sang » [i]Marmonna t-elle face à son mutisme, elle l’examina de près et ses sourcils se froncèrent pleins de mécontentement. « Viens avec moi, je vais t’arranger ça. » Elle lui tendit la main, fasciné par son visage, ses yeux, il ne la vit pas. « T’as pris un sérieux coup sur la tête dit donc ! » Constata t-elle en voyant ses yeux fixés sur son visage, elle lui attrapa la main d’autorité et l’entraîna vers la maison, il se laissa faire ne se dégagea pas pour la première fois en cinq ans. Arrivé sur le perron elle se tourna vers lui et lança. « Je suis Lily Rose. » Ce prénom déclencha alors une vague de souvenir, il se rappelait de la fillette qui accompagnait la femme de ménage du manoir, une petite fille blonde ou rousse il n’aurait su le dire qui tournoyait devant lui lorsqu’il jouait dans le salon étant enfant. Elle ne l’avait pas oublié, elle savait qui il était avant même de sortir de la maison. Il la fixait, surpris, fasciné, sous le charme, amoureux. Lorsqu’elle ouvrit la porte d’entrée il perçut la lueur de peur qui traversa ses yeux lorsqu’elle appela « Maman ? »

    [ …]


    « Lancelot ! » La voix cristalline, paniquée, haut perchée de sa mère, se brisa sur la dernière syllabe de son prénom lorsqu’elle aperçu le visage tuméfier de son fils derrière le coude du médecin.
    « C’est rien maman » Marmonna t-il alors que le médecin terminait la suture de sa joue avec une moue de contentement.
    « Ce ne sont que quelques contusions madame Ainsworth, la portière a encaissé la totalité du choc, heureusement pour votre fils ce ne sont que les éclats de verre de la portière passager qui ont fait ses coupures, aucuns traumatismes, le scan est négatif. Il se remettra vite, et n’aura aucune cicatrice au visage. » L’informa le médecin avec un sourire rassurant, sourire qu’il avait du s’entrainer a grimacé dans un miroir durant ses années d’internat.
    « C’est elle qui conduisait ! » Accusa sa mère en pointant un doigt en direction de son fils ignorant le médecin qui ne s’en vexa pas, professionnel jusqu’au bout des ongles.
    « Oui. Ne commence pas Maman » Protesta Lance d’une voix agressive. Le médecin fronça les sourcils.
    « Où est-elle je veux lui parler ! » Sa mère remuait les bras avec ferveur excédée, et cette fois prêtait enfin attention à l’urgentiste. « Mon fils n’a que seize ans, il est mineur, cette femme… Je refuse qu’elle le voie ! Personne ne doit lui rendre visite ! Où est-elle !!! ? » Elle sortit et se dirigea vers le rideau d’à côté le médecin sur ses talons tentaient de l’en empêcher. Il essayait de la résonner lorsqu’à bout de patience il laissa échapper l’information.
    « Notre obstétricienne est avec elle. » Lance de son « box » attendit, ferma les yeux, lorsqu’il les rouvrit les yeux sombres de sa mère, apeurés, vrillaient les siens.

    […]


    « Mr Ainsworth ? » Lancelot cessa immédiatement de faire les cent pas dans la salle d’attente de la petite maternité dans laquelle avait conduit Lily Rose, enceinte de huit mois et en plein travail.
    « C’est moi » Confirma t-il en s’approchant de l’infirmière encore en tenue stérile lui souriait son calot à la main.
    « Votre sœur vous réclame ! Félicitation vos neveux sont magnifiques ! Venez ! Je vais vous conduire auprès d’eux ! »

    Il cacha le dégoût que lui inspirait la désignation de « sœur » et « neveux », il savait que c’était nécessaire, elle l’introduisit auprès de Lily et des enfants avant de les laissés en « famille ». Lily reposait entre les draps de coton blanc, ses cheveux humides encadraient son visage, les infirmières avaient du l’aidés à se laver, elle portait le pyjama rose pale de la maternité. Au pied du lit un petit berceau de plexiglas lui tendait les bras mais une boule de frayeur lui obstrua la gorge. Il s’approcha sur la pointe des pieds, son cœur se serra. Il s’assit doucement sur le lit auprès d’elle, il l’embrassa sur le front ne posant pas le regard sur ses fils. Elle rit doucement et lança dans un chuchotis.

    « Je ne suis pas en sucre Lance, donne moi un vrai baisé, j’ai le droit a une récompense après ça non ? » Il s’exécuta caressant doucement sa joue de son pouce en déposant ses lèvres sur les siennes.

    « Vous allez bien ? » Questionna t-il à voix basse. Elle caressa sa joue, il n’avait que 17 ans, elle 21, leur relation était illégale, mais il était si mature, si spéciale, mais parfois elle le voyait comme un enfant craintif, apeuré face à quelque chose d’élémentaire, elle comprenait. Lui n’on plus n’avait pas eut d’enfance, elle l’avait deviné, personne pour le rassuré, l’aimé. Mais avec elle cela changerait. Elle lu prit la main et se dégagea des couvertures, il voulut la faire se rallongé mais elle le rassura, il l’aida à se lever et a soutint. Elle le conduisit jusqu'à berceau, il y avait tant de peur dans les yeux de Lance. Peur de ne pas être a la hauteur, peur de mal faire, peur qu’ils ne soient pas en bonne santé.

    « Nous allons bien » Murmura t-elle en se blottissant entre ses bras. Mais Lance n’avait soudainement dieu que pour ses adorables êtres qui dormaient serrés l’un contre l’autre dans le berceau, comme inconscient qu’ils avaient quittés leur mère, encore seul au monde. Ses fils. Soudainement sa vie bascula, lui qui avait longtemps cherché le sens de sa présence sur terre comprit. Sa vie c’était eux… Ses enfants.

    [...]


    « Mr Ainsworth s’il vous plait resté coucher ! » Sawyer Daniels le plaqua fermement sur le lit. « Je vous tiendrais informer, mais rester coucher ou vous allez réenclenchez l’hémorragie ! Le médecin vous a retirez une balle ce n’est pas rien ! » Mais il ne l’écoutait pas, la repoussant il se leva, vacilla, manqua de tomber mais elle le rattrapa avant que ses jambes flanches. « Bon très bien ça suffi ! Je vais vous cherchez un fauteuil ! Restez là ! » Capitula t-elle finalement. Lorsqu’elle revint il avait enfilé son pantalon sous sa blouse d’hôpital, elle se demanda un instant comment il avait fait avec une seule main pour accomplir cette tache, et l’attendait. Lorsqu’il fut installé elle poussa le fauteuil jusqu’au bloc deux. Arriver devant la porte elle se stoppa et s’accroupit près de lui. « Vos fils sont là Mr Ainsworth mais… » Il posa sa main valide sur l’épaule de la jeune femme et murmura.

    « Je sais, je veux juste voir mes fils. » ils passèrent les portes, deux lits reposaient au centre de la pièce, l’occupant de celui de droite était relié à des machines qui émettaient des bis réguliers, les appareils entourant le lit de gauche étaient silencieux. Elle les laissa seuls, en « famille ». Une larme roula sur sa joue, émue par le chagrin silencieux du quadragénaire qui avait soudain tout du vieil homme. Comme au premier jour il prit dans chacune de ses mains celle de l’un de ses fils et pleura. Comme au premier jour.


    Flashback Lance’s past END



    « Mr & Mme Ingahms ? » Lancelot releva la tête et sourit à la chargée des admissions, se leva. Il s’empara de la taille de Candace et la soutint pendant qu’elle se relevait. Elle était si petite, si frêle, si pâle, il ne savait s’il ne la serrait pas trop fort, il avait peur de lui faire mal. Elle semblait si désorientée, elle serait convulsivement sa main griffant de ses ongles sa peau. Lily Rose avait eut le même geste lors de la naissance de Liberty c’était la douleur qui avait déclenché ce spasme. Il pressa sa main alors qu’elle ne cessait de s’excuser, elle pleurait, il caressa doucement son dos massant le bas de ses reins pour l’apaiser murmurant que ce n’était rien, que tout allait bien se passer. L’infirmière quitta son poste alerté, et soudainement tout s’accéléra. Elle lui échappa, l’espace d’un instant, Candace glissa entre ses bras, s’écroula, il la rattrapa de justesse, l’infirmière se précipita. Entre ses bras la future maman tremblait, Lance n’avait pas crié, ni dit un mot, ses yeux suppliants étaient ancrés dans ceux de son amie, et semblait hurlés « sil te plait bat toi, ne me laisse pas ! ».

    […]


    « Monsieur ? » Lance ne sembla pas réagir, ses yeux restaient fixés sur le visage de son amie tandis que son pouce dessinait de petit cercle sur le dos de sa main.

    « Non Merci » Soupira t-il finalement sans se retourné. Ses membres le lançait douloureusement lui rappelant qu’il n’avait plus vingt ans mais il ignora l’appel de son corps. Il ne voulait rien, ne désirait pas que l’on prévienne quelqu’un. Il avait promit de veiller sur elle et inquiété sa famille n’aiderait en rien, les avoir auprès d’elle en cet instant l’empêcherait de se livrer. Il était fatiguer, las, de ne pas avoir assez insisté pour connaître ce qui rongeait Candace. A présent il attendait son réveil, le médecin n’ayant diagnostiqué qu’une chute de tension et une légère déshydratation. Lance ayant été incapable de répondre à une foule de questions sur la grossesse de son amie (jour estimé de la naissance, dernière visite gynécologique, taux de toxoplasmose …) elle avait décidé d’attendre le réveil de sa patiente. Et ce deux heures plus tôt. Il n’arrivait pas a détacher ses yeux de son visage, ronger par l’angoisse, la culpabilité.il savait qu’elle allait mal mais ignorait que c’était à ce point. Seul, les yeux fixés sur elle, Lance fit une chose qu’il n’avait plus fait depuis le coma de son fils. Il pria pour elle, pour que le bébé n’ait rien.

    […]


    « Tu es là » Demanda t-elle d’une voix légèrement enrouée, il lui sourit continuant de caresser sa main de son pouce. Elle était réveillée.
    « Bien sur que je suis là, je veille sur la femme qui me nourrie, appelle ca l’instinct de survie » Plaisanta t-il rassuré que toutes traces de douleurs aient désertées ses traits, ses joues avaient également repris des couleurs. Il pressa tendrement sa main.« Comment tu te sens Candy ? » Murmura t-il en effleurant sa joue du bout de ses doigts, il avait encore peur de la blesser. Il était inquiète, passerait-il aussi à coté de ce mal si cela se produisait pour Sidney ? Après tout les deux femmes de sa vie avaient à peu prêt le même âge et le même rêve de maternité. Avait qu’elle n’ait pu lui répondre le médecin apparu. Les informations se succédèrent et s’il avait sourit durant l’hésitation sur son statut et avait lancé à Candace. « Pourquoi tout le monde veut il que nous couchions ensemble ? » Il finit par perdre son sourire. Sam Galloway. Il connaissait ce prénom pour une très bonne raison. C’était lui qui avait suivit, traité, Lawrence puis Sidney suite à la fusillade. Sam Galloway était spécialisés dans le traitement de la dépression mais pas uniquement, c’était aussi une pointure pour tout ce qui touchait à la dépendance, ses cures étaient drastiques, mais efficaces et obtenaient de très bons résultats. Lance pâlit, comment avait-il pu ignorer cela ? Comment avait-il pu passer à côté du problème de son amie ?

    Alors la confession douloureuse commença. La confession d’une mère inquiète, brisée. Elle pleurait et le cœur de Lance saignait. Il ne l’interrompit pas, il ne lâcha pas sa main, dans les yeux de Candace il ne lisait qu’un seul et même message, qu’une seule et même réalité « Je suis un monstre. ». Son cœur se révolta mais il ne dit rien, il savait que si elle l’interrompait elle ne guérirait pas. Il lui était difficile, voir même impossible de se tenir coint, et pourtant, il ne supportait de la voir s’auto flageller de la sorte, comme si elle avait décidé de blesser son bébé, cette vie qui grandissait en elle, volontairement, de son plein gré. Elle se détestait cela se voyait, se sentait dans le ton de sa voix. Il ne pouvant, en tant qu’ami, la laisser se blesser ainsi, mais il la laissa terminé, les mots on se pouvoir libérateur parfois. Elle attendait qu’il fuie face à l’horreur qu’elle vienne de lui confesser. Mais il ne fuirait pas. Elle avait besoin de lui, elle détourna les yeux. Il lâcha sa main, elle trembla. Attendant qu’il s’en aille mais il n’en fit rien, il s’assit auprès d’elle sur le lit, reprit sa main. Et à nouveau il la « força » à croiser son regard, doucement.

    « Tu es vraiment la pire des idiotes qu’il m’est été donné de rencontrer. » Asséna t-il avec la tendresse dans la voix, il effaça une larme du bout de son pouce, geste dérisoire quand on voyait les torrents de détresse qui s’échappaient des yeux de la maman. « Candace, tu as traversé tellement d’épreuves, la mort de Peter, tu as élevés deux enfants seules, tu avais une affaire à faire tournée, tu as subies les ragots sur ta relation avec Graham, tu as perdu London. » Il prit une grande inspiration, évoquer son fils était encore trop douloureux. « Tu ne peux pas te blâme d’avoir été sensible, accablé, tu as fais preuve de temps de courage Candy, tu ne peux pas te blâmer d’avoir cherché à fuir ton mal être pour être suffisamment forte pour supporter ton deuil, aidé ta famille, tes amis. Tu étais à terre, tu as cherchés une béquille sur laquelle t’appuyés, c’est humain. Tu es humaine on a tous nos faiblesses, mais peu de gens ont ta volonté, ton courage. Tu es humaine la dépression est une fracture du psychisme quand la douleur se fait trop vive, mais tu as su te sortir de là, arrêter ton traitement, faire la démarche seule, tu as su te battre, survivre à la mort de Peter, garder ta famille unie. Tu as su épaulé Lon’ lorsque je lui avais tourné le dos, tu as fait taire les langues de vipères, tu l’as encouragé à publier son livre. Personne Candace ne peut te reproché d’avoir cherché à être forte, encore moins de replonger. Ce n’est pas a moi de te juger, parce que tu ne le mérites pas, tu as fais une bêtise certes, mais tu l’as fais pour survivre au choc, a la douleur. Quand Il a été tué, quand le médecin l’a emmené je n’a plus dit un mot jusqu’aux obsèques. J’ai pensé que mourir serait moins dur, j’avais besoin d’aide, et je l’ai pourtant refusé, mais toi, à nouveau tu as cherché de l’aide, deux fois. » Il serra la main libre de la jeune maman dans ses mains et murmura. « Tu ne peux pas te considérer comme un monstre Candy, tu ne savais pas que tu étais enceinte, tu n’as pas volontairement cherché à lui faire du mal, et tu le sais. » Il mêla ses doigts aux siens. « Tu portes la vie, un petit être qui s’est accroché, qui a survécut au stress, au médicament. » Il posa sa main sur le ventre arrondie de la jeune quadragénaire. « Tu veilles sur lui, tu cherches a te racheté d’un mal que tu ne lui as pas fais volontairement, il sait que tu l’aime, il le sens, tu n’es même pas certaine de l’avoir… blessé Candace. Ta grossesse est difficile je le sais, tu t’inquiète pour Graham, le restaurant, les enfants, moi, Matt… Mais tout va bien se passer Candy ! Je serrais ta béquille maintenant. Tu verras tout ira bien. » Il lui sourit, l’embrassa sur le front. « Tu n’es pas un monstre Candace Ingahms, tu n’en as jamais été un, tu es une mère géniale, douce, compréhensive, aimante, sensible, une compagne attentive, fidele, et une amie présente, a l’écoute, idéale. Il faut que tu apprennes à te voir avec mes yeux. Crois moi j’ai côtoyé des monstres, je sais ce qu’il en est de ce coté là. »

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L'ami du petit déjeuner } Candace

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