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A little Prayer (Pv Tim)

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Les bizutages ? C'est moi qui les fait maintenant !

★ NOM DE L'AVATAR : Rachel McAdams
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MessageSujet: A little Prayer (Pv Tim) Mar 7 Juin - 6:52



Timothy Goodwin && Prudence Ledwhyn


Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle était là. Elle avait une sensation étrange, comme si elle devait s'arrêter. Alors que les jours d'avant, elle était passée dans cette rue, sans s'arrêter. A vrai dire, elle n'avait jamais prêter la moindre importance à ce bâtiment qui lui faisait face. Pour elle, c'était juste un tas de pierres, rien d'autres. Un bâtiment parmi tant d'autres, qui avait supporté plus ou moins l'empreinte du temps. D'ailleurs, de la végétation avait poussé à quelques endroits dans la pierre. Cela lui donnait un petit air champêtre. Maintenant qu'elle l'observait un peu mieux, elle n'avait pas l'impression de voir un lieu sacré. Il ressemblait à n'importe quel bâtiment, sauf que l'énorme croix en son sommet, prouvait le contraire. Elle avait toujours détesté ce genre d'endroit. Petite, elle croyait que c'était des lieux d'où on ne ressortait jamais. Elle était certaine de disparaître si elle y mettait les pieds. Cela lui avait toujours donné une sensation de malaise, avec une peur sous-jacente. Et puis, elle n'avait pas non plus été élevé dans la religion. Ses parents étaient des artistes, ils n'étaient pas croyants. Ils croyaient juste en eux et en personne d'autres. Elle n'a jamais entendu des histoires sur Dieux, ses apôtres et tout le reste. Pour elle, et encore aujourd'hui, cela lui était complètement inconnu. Et d'ailleurs, elle ne s'y était jamais attardée. Prudence Ledwhyn, était ce genre de femme qui croyait en elle, à sa bonne étoile. Elle n'avait pas besoin d'entité, de puissance « supérieure » pour avancer ou pour se sentir mieux. C'était bien tout le contraire. Elle puisait à chaque fois, l'énergie nécessaire en elle pour avancer. Seulement ces derniers temps, ce petit truc lui manquait. Elle resta assise, son regard bleu devant elle. Cela faisait une bonne demi heure qu'elle se trouvait au même endroit. Elle ferma un instant les yeux. Elle ne savait pas pourquoi elle s'était arrêtée ici. Enfin si, à cause de ce malaise, qui d'ailleurs était encore présent. Elle s'était sentie mal et s'était garée sur le côté, le temps que cela passe. Et elle n'avait remarqué que quelques minutes plus tard, qu'elle se trouvait devant la chapelle Sainte Madelaine. Est-ce que c'était un signe? Cela l'aurait presque sourire si elle ne se sentait pas aussi mal. S'il y avait un Dieu, à cet instant précis, il devait bien s'amuser. Jamais elle n'aurait crû que Dieu pouvait avoir le sens de l'humour. Elle retira finalement les clefs qui étaient dans le démarreur de la voiture. Elle les rangea dans son sac. Elle tenait dans ses mains, un mouchoir taché de sang. La jeune femme jeta un regard à son reflet dans le rétroviseur. Elle était un peu pâle encore une fois. Elle tenait la poignet de la porte dans la main... Elle hésitait un instant avant de sortir du véhicule, mettant son sac sur son épaule. L'air frais lui fit du bien. Elle ferma les yeux, inspirant un coup avant de verrouiller son véhicule et de traverser la rue. Elle était folle pour faire cela, ou peut-être qu'elle était entrain de le devenir, ou est-ce qu'elle était juste désespérée? Il était certain que dans d'autres circonstances, elle serait restée dans sa voiture.

Elle était vêtue d'une robe d'été à fleurs. Ses cheveux blonds étaient détachés et tombaient sur ses épaules. Il faisait bon, un peu trop pour un mois de juin. Elle leva ses yeux sur la chapelle. La dernière fois qu'elle avait franchi le seul de ce genre d'endroit, c'était pour la répétition de ce qui devait être son mariage. Malgré l'appréhension qu'elle avait eu à ce moment là, quand elle avait aperçu le regard rassurant de Dominic, elle avait franchi le seul sans plus aucun doute. Elle s'arrêta juste devant l'énorme porte. Elle jeta un œil sur les côtés. Est-ce qu'il y avait des heures d'ouverture pour ce genre de lieu? Apparemment non, vu qu'aucune affiche n'était présente... Elle tendit la main et ouvrit la porte, avec un peu de difficulté. Elle était assez lourde. Ou alors c'est elle qui n'avait pas de force. La jeune décoratrice sentit tout de suite la fraicheur la frapper de plein fouet. Ses yeux s'adaptèrent rapidement à la clarté du lieu. La chapelle était vite et pendant quelques secondes, elle pensa à quitter ce lieu au plus vite. Mais elle resta. La chapelle était immense. De l'extérieur, Prudence avait pensé que c'était un peu plus petit. Il y avait deux rangés de bancs en bois qui avaient mal vieillis. L'autel attirait l'œil mais Prudy aurait été incapable de nommer le moindre objet qui était mit en exposition. Elle jeta un œil aux bougies toutes proches. Il était de bon ton d'en allumer une non? C'est ce que la jeune femme croyait. Elle vint alors vers les petites bougies sur leurs socles rouges. Elle prit une bougie et l'allumer avec un autre cierge. Elle eut une pensée pour son fiancé. Lui aussi, il devait surement rire s'il la voyait ici, à faire ça. Cela lui soutira un léger sourire, plus triste qu'amusé. Elle se dirigea ensuite vers l'un des bancs du fond. Vu que la chapelle était déserte, elle aurait pu s'asseoir n'importe où mais elle préférait cette place. Elle posa son sac sur sa droite. Elle s'était assise au milieu de la rangée. Bizarrement, elle se sentait subitement bien ici. C'étaient peut-être les bonnes ondes qui étaient présentes. Elle soupira, ferma les yeux. Elle repensa à Violet et à Dwayne. Peut-être était-il temps de leur parler...Mais la jeune femme ne savait pas du tout ce qu'elle devait dire à sa petite fille de six ans. Son beau frère, c'était autre chose...Elle fut prise à nouveau d'une quinte de toux. Elle posa son mouchoir sur ses lèvres. Elle grimaça un peu sous la douleur sourde qui résultait de cette toux. Elle retira ensuite le mouchoir. Elle le garda dans la main. Un peu de sang s'y était déposé. Elle releva les yeux quand elle entendit un bruit de porte. Elle aperçu un homme sortir d'une arrière pièce.
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MessageSujet: Re: A little Prayer (Pv Tim) Jeu 30 Juin - 6:28

☆ Timothy & Prudence ☆



The wise man said just walk this way, to the dawn of the light. The wind will blow into your face, as the years pass you by. Hear this voice from deep inside, it's the call of your heart. Close your eyes and your will find, the passage out of the dark ... Here I am, will you send me an angel ? Here I am, in the land of the morning star. The wise man said just find your place, in the eye of the storm. Seek the roses along the way, just beware of the thorns ... Here I am, will you send me an angel ? Here I am, in the land of the morning star ...


Plus le temps passait plus Timothy avait, et à juste titre, l'impression de passer plus temps à sa chapelle que chez lui. Il n'avait jamais été du genre à compter ces heures cela dit, pas même lorsqu'il était jeune pasteur ... surtout quand il était jeune pasteur en fait. Il était arrivé à New Heaven un peu comme un cheveu sur la soupe, l'ancien pasteur avait pris une retraite amplement méritée après des dizaines d'années de bons et loyaux services, et il avait eut un certain mal à se faire accepter ... Il n'avait juste jamais réellement su si c'était parce qu'il était "trop" jeune, s'il n'était pas originaire de la région, où si très vite les rumeurs étaient allées bon train sur son statut d'ancien taulard qu'il avait pourtant tout fait pour ne pas révéler afin de ne pas être catalogué. Il avait emménagé à New Heaven afin de repartir de zéro, son père était un personnage relativement connu de la base militaire dans laquelle vivait leur famille et dès sa sortie de prison il avait compris qu'il ne pourrait plus regarder personne dans les yeux là-bas ; Il avait également souhaité éviter à Nancy et Dana les colibets d'enfants de leurs âges au sujet de leur famille, on sait tous comme les enfants peuvent être cruels entre eux. Sans doute était-ce pour cela qu'il avait accepté New Heaven assez rapidement et ce malgré le mal qu'il avait à se faire une place en tant que pasteur aux yeux des plus réfractaires, pour lui cela ne pourrait jamais être pire que ce qu'il avait subi pendant les quelques mois où il avait réintégré la maison de ses parents après sa sortie de prison ; Le temps de récupérer - non sans difficultés - la garde de ses sœurs et de trouver une ville qui voudrait bien l'accueillir comme pasteur. New Heaven c'était donc presque le Paradis - c'était le cas de le dire - par rapport à Norfolk, et pas un seul instant il ne regrettait d'avoir emménagé ici. D'autant plus que c'était ici qu'il avait rencontré et épousé Sara, et ça c'était quelque chose qu'il n'échangerait contre rien au monde.
Maintenant que Sara n'étaient plus là, maintenant que ses deux sœurs étaient assez grandes pour ne plus avoir besoin de lui, il n'y avait donc bien que dans sa chapelle que Timothy ne se sentait pas totalement dépourvu d'intérêt et d'utilité. Ici il se sentait à sa place, plus que dans sa propre maison, et il ne savait même plus quoi faire pour espérer faire changer les choses ... Au fond peut-être n'avait-il pas assez de volonté, tout simplement. Changer pour quoi, pour qui ? A Nancy il n'avait plus rien à prouver, à Dana il ne prouverait sans doute jamais rien qui soit assez bien ... et les autres, à vrai dire il s'en fichait, il n'avait plus rien à prouver à personne en ville ; Ceux qui l'avaient accepté comme pasteur ne se posaient plus de questions, pour ceux qui ne l'avaient toujours pas accepté il était clair qu'après dix ans plus rien ne les ferait changer d'avis.

Aujourd'hui était donc un jour comme les autres pour Timothy, dans ce sens qu'il était dans sa chapelle parce qu'il y exerçait sa fonction mais aussi parce qu'il s'y sentait plus à l'abri que nul part ailleurs. Ce matin là il avait célébré un baptême, après quoi il avait déjeuné rapidement au Little Piece of Heaven où il s'était pourtant un peu attardé pour y avoir croisé un de ses partenaires de boxe qui travaillait à la mairie, un peu plus loin sur Suffragettes Road. L'après-midi avait elle été relativement calme ; Il faut dire que nous étions en pleine semaine, et les gens avaient probablement autre chose à faire que de venir exprimer leur foi à la chapelle. Qu'ils aient un métier, des cours ou bien une vie autrement plus palpitante, la vieille Saint Madelaine Chapel n'était en tout cas pas le lieu de rendez-vous à la mode comme vous devez vous en douter, et il n'y avait bien que les retraités les plus croyants pour venir se recueillir ou écouter le silence du lieu sans raison particulière. Aussi Timothy prenait-il souvent quelques libertés dans son emploi du temps lors de ces périodes "creuses" et c'est justement ce qu'il avait fait ce jour là, laissant un mot sur la porte qui menait à son bureau, indiquant qu'il serait de retour à seize heures trente au plus tard.
Finalement il avait pris un peu de retard et n'avait réapparu à la chapelle qu'un peu avant dix-huit heures. Il devait être franc avec lui-même, cette proposition qui lui avait été faite ne l'enchantait guère, mais néanmoins il avait promis d'y réfléchir ... Il n'en avait bien entendu parler à personne, pas même à Nancy ; Surtout pas à Nancy. Il ne voulait pas être influencé dans sa décision par qui que ce soit, et il sentait que Nancy tenterait de l'en dissuader. Le trajet en voiture jusqu'à la Maine State Prison lui avait parut durer une éternité, et son anxiété n'avait fait que s’accroître lorsqu'il avait passé les portes de la prison d'état. Difficile pour lui d'ignorer tous les souvenirs, pour le moins peu agréable, que sa présence dans ce genre d'endroit faisait remonter, aussi son entretien avec le pasteur Darren Grant se passa dans une ambiance quelque peu pesante pour lui. C'était sans aucun doute pour cette raison que son "confrère" n'avait pas insisté, et lui avait seulement demandé d'y réfléchir sérieusement, lui exposant les côtés positifs de la proposition qu'il venait de lui faire. Soit, il y réfléchirait ... Mais pour l'heure il avait simplement hâte de quitter cet endroit sans trop tarder, et de retrouver la quiétude de sa chapelle.

Il était entré par la porte de derrière, celle qui menait directement de son bureau à l'extérieur. Déposant son blouson sur le porte-manteau derrière la porte il avait vérifié distraitement qu'aucun message n'ait été laissé sur son répondeur pendant son absence, et puisque personne n'avait essayé de le joindre sur son portable également il en conclut que son escapade de l'après-midi était plus ou moins passée inaperçue. Et ça il n'en était pas mécontent croyez-le bien. Geste plus qu'habituel, il avait ensuite mis en route la machine a café après y avoir glissé un filtre et une dose de café qui aurait fait dressé les cheveux sur la tête à plus d'une personne. Timothy était un véritable accro à la caféine, et il ne s'agissait pas seulement d'une expression ... Il était véritablement accro, et son organisme commençait déjà à lui rappeler sournoisement qu'il n'avait rien bu de caféiné depuis le café qu'il avait commencé à sa pause de midi.
En attendant que son café soit près, notre pasteur décida de quitter la pièce pour rejoindre le centre de ma chapelle. Il ne s'agissait pas d'un de ces endroits froids et plongés dans la pénombre comme on pouvait le voir dans beaucoup d'édifices religieux de la région ; La Saint Madelaine Chapel avait quelque chose de lumineux. Pour Timothy elle dégageait quelque chose de chaleureux, et pour cette raison il avait parfois du mal à comprend que certains trouvent l'endroit intimidant, limite effrayant ... Mais allez savoir, peut-être était-ce simplement sa vocation qui le faisait se sentir dans son élément ici.

Quoi qu'il en soit, il n'eut pas le temps de se rendre compte par lui-même qu'une personne se trouvait déjà là, puisque à peine avait-il poussé la porte de son bureau, la faisant du même coup grincer légèrement, qu'une mauvaise quinte de toux lui révéla la présence d'une visiteuse. C'était ce genre de toux qui se révélait aussi douloureuse que cruellement habituelle, celle avec laquelle on vivait depuis un long moment ; Et croyez-moi sur parole Timothy en connaissait quelque chose. Sa présence en tout cas ne fut pas longtemps ignorée puisque très vite la jeune femme avait levé la tête vers lui, comme surprise de trouver quelqu'un d'autre ici.

    « Je suis désolé, je ne voulais pas vous déranger. » Sans son col blanc qui indiquait sa qualité de pasteur, Timothy aurait sans doute pu être pris par une autre personne qui, comme elle, se serait simplement retrouvé ici par hasard au même moment. Une autre personne qui lui n'aurait également pas pu deviner que jamais encore la jeune femme n'avait passé la porte de cette chapelle ; Timothy si, car s'il y avait bien une chose sur laquelle il ne s'était jusque là jamais trompé c'est qu'il se souvenait parfaitement des personnes qui oui ou non étaient déjà venues ici. Et elle, il ne l'avait encore jamais vue, ni ici ni ailleurs d'ailleurs. « Je vous laisse, si vous préférez. »

Il n'avait pas spécialement l'impression qu'elle le "poussait dehors" mais il avait appris avec le temps à comprendre que la moitié du temps lorsqu'une personne venait ici pour quelque raison que ce soit, elle désirait en général être seule. Aussi le pasteur ne souhaitait-il pas l'importuner inutilement si tel était le désir de la jeune femme ...

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I've got a really bad disease, it's got me begging on my hands and knees. So take me to the emergency 'cause something seems to be missing. Somebody take the pain away, it's like an ulcer bleeding in my brain. So send me to the pharmacy, so I can lose my memory. I'm elated, medicated, Lord knows I tried to find a way to run away ...
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MessageSujet: Re: A little Prayer (Pv Tim) Mar 5 Juil - 6:13

hj: Haaaan j'adore ta créa ♥

Depuis qu'elle était arrivée à New Heaven, Prudence avait réussi à découvrir chaque parcelle de cette ville. Elle avait toujours apprécié faire des petites balades, afin de rencontrer les gens, connaître la ville qu'elle habitait désormais avec Violet. Mais s'il y avait bien un endroit qu'elle avait évité jusque là, c'était bien ce lui de Madeleine Street. Pourquoi? Elle ne le savait pas vraiment. Elle avait juste cette étrange sensation à chaque fois qu'elle passait devant le monument religieux. Une sorte d'appréhension, enfin quelque chose qui s'y approchait. Prudence n'a jamais été croyante. Elle n'a jamais eu d'enseignement religieux et n'y connaissait strictement rien. Et jusqu'à maintenant, elle ne s'y était pas trop intéressée. Elle était du genre à croire en elle et en personne d'autre. C'est cette croyance en elle qui lui avait permit d'aller au bout de ce qu'elle entreprenait. Elle s'en était toujours sortie seule, sans aide et cela depuis qu'elle était gamine. Elle pouvait bien sûr avoir le soutien de ses proches mais en aucun cas ces derniers, même s'ils avaient beaucoup d'influence sur elle, c'est avant tout elle qui avait eu la force d'avance. La jeune femme avait eu des coups durs et elle n'avait jamais blâmé le ciel, en considérant qu'il y avait quelque chose au dessus. Prudence avait accepté tout ce qui s'était passé dans sa vie, en bon comme en mauvais. Parfois elle avait mit plus de temps mais elle l'avait fait. Elle savait de toute façon qu'elle ne pouvait rien y faire alors elle a continué à avancer. Mais ces derniers temps, elle avait souvent pensé à la mort, à sa maladie qui revenait. Et peut-être qu'elle voulait se raccrocher à l'idée que la mort n'était pas une fin. Qu'il y avait peut-être quelque chose après, que ce n'était pas qu'un trou dans une terre humide qui l'attendait. Et c'est peut-être pour cette raison qu'elle était entrée dans cette chapelle. Ce genre de lieux, elle les avait souvent évité. Mais ce jour là, elle était entrée, non sans une certaine appréhension. Elle ne savait pas ce qui l'attendait à l'intérieur. Elle était déjà entrée dans une chapelle, une seule fois, pour la répétition de son mariage mais chaque église était différente. Enfin c'est ce que la jeune femme pensait. Et dans celle-ci, elle n'y était jamais entrée avant cet après midi là. Elle s'était assise sur un banc, au fond. La chapelle était pourtant vide. Assise sur le banc, elle resta immobile quelques instants. Bien qu'elle avait ressentit une certaine appréhension à son entrée, maintenant, après quelques minutes, elle se sentait beaucoup mieux.

Prudence leva les yeux devant elle. L'endroit était lumineux, beaucoup plus qu'elle imaginait. Et il n'était pas effrayant. Sauf si on était du genre à détester le silence. Cela ne dérangeait pas Prudence. Elle aimait parfois prendre quelques moments de solitude. Alors cette ambiance était parfaite pour elle. Elle pouvait prendre un peu de temps pour elle, se reposait un peu. Elle n'arrêtait pas de courir la journée, que ce soit avec son travail, avec Violet, ou avec l'hôpital. Elle se demandait parfois comment elle arrivait à tenir, et surtout à cacher à tous qu'elle était malade. Parce que jusqu'à maintenant, personne ne s'en était rendu compte, ni Violet, ni ses collègues au boulot, ses amies, ou même Dwayne. Et à vrai dire, Prudy voulait que cela continue. Elle n'avait aucune envie d'en parler. Quoiqu'elle commençait à être de plus en plus malade. Elle le savait, elle le sentait. Son médecin lui avait dit que son traitement n'était plus efficace. Elle en essayait un autre mais elle avait peur de servir de cobaye. Toutefois elle ne savait pas quels étaient les autres moyens qu'elle avait en sa possession pour combattre cette saleté. Elle savait confiance à son médecin, qui était quand même mieux placé qu'elle pour prendre ce genre d'initiative. Et parfois cela marchait. Certaine fois, elle avait envie de courir un marathon, suivre Violet jusqu'au parc ou faire les boutiques. A d'autre moment, elle n'avait même pas le courage de se lever de son lit. Mais il le fallait bien. Elle n'avait pas envie que Violet comprenne qu'elle n'allait pas bien. Mais ces jours là, étaient très difficiles. Prudence soupira légèrement. Elle savait qu'elle ne pourra pas cacher éternellement son état. Cela devenait de plus en plus difficile. Et en fait, elle avait peur qu'il lui arrive quelque chose, alors qu'elle pourrait être seule avec Violet...Mais en même temps, elle ne savait pas comment le lui dire. La petite fille avait déjà perdu son père et Prudence ne voulait pas lui causer une nouvelle tristesse. Malgré tout, sa conscience l'empêchait de dormir calmement quand elle le pouvait. Elle savait qu'elle devait en parler. Peut-être à Dwayne. Mais là aussi, c'était délicat...Dwayne avait déjà perdu un frère. Il en gardait encore des blessures comme elle pouvait elle même en garder. Aborder ce genre de chose, n'était pas aisé. Et à chaque fois qu'elle se retrouvait seule avec lui, elle se disait alors qu'elle devait lui en parler. Mais à chaque fois, il se passait quelque chose, soit Dwayne était appelé au commissariat, soit elle était interrompue par un coup de fil. Ou alors, elle avait juste perdu le courage de le faire. Elle n'avait pas envie de l'ennuyer en ce moment. Il semblait déjà assez perdu tout seul, elle ne voulait pas en rajouter. Prudence savait que son beau-frère ne se sentait pas bien en ce moment. Pour preuve, la soirée dernière où elle avait du le rechercher dans ce bar en plein milieu de la nuit. Et malgré ces questions, malgré son discours, le policier n'avait laissé filtrer aucune information. Elle était perdue dans ces pensées quand elle fut prise d'une quinte de toux. Elle porta son mouchoir à sa bouche, serrant ses doigts sur le tissu. Prudence ne savait plus ce qu'elle devait faire.

Peut-être était-ce pour cette raison qu'elle était entrée dans cette chapelle. Le calme, la sérénité de l'endroit allaient peut-être l'aider à trouver une solution ou le courage de tout avouer sur son état. Même si elle n'en avait pas envie. Elle savait qu'elle n'avait plus vraiment d'autres options en vue. Elle releva la tête, baissant son mouchoir quand elle entendit une porte grinçait. Elle posa ses yeux bleus sur une silhouette vêtue de noir. Cela devait être le pasteur. Quoiqu'il paraissait jeune. En même temps, le col blanc autour de son cou ne permettait aucune confusion. Elle baissa un peu la tête. Elle ne savait pas si elle pouvait se trouver ici. Après tout, elle n'était même pas « croyante ». Elle ne devait donc pas être dans cette chapelle. Mais étrangement, elle n'avait pas envie de se lever. Elle était bien là et si elle pouvait rester encore un peu ici, elle était capable de se faire encore plus petite afin qu'on ne la remarque pas. Elle vit le pasteur venir vers elle. De près, une nouvelle fois, elle fut frappée par son âge. Il ne devait pas avoir plus de la quarantaine. Ce qui était peu pour obtenir ce genre de, comment disait-on? Un sacerdoce? Oui, elle le trouvait bien jeune. Mais c'était probablement un avantage d'avoir une personne jeune à ce poste, bien plus proche de ses paroissiens. Enfin c'était ce qu'elle pensait. Elle était bien mal placé pour avoir un avis sur lui et ses fidèles. « Je suis désolé, je ne voulais pas vous déranger. » Son visage levé vers celui du religieux, elle fut surprise d'entendre ces mots. S'il dérangeait? Bien sûr que non. Il était chez lui après tout. C'était plutôt à elle de lui demander si sa présence pouvait déranger. « Je vous laisse, si vous préférez. » Elle secoua doucement la tête, esquissant un sourire un peu gêné. « Non, vous ne me dérangez pas, restez. » Elle ne voulait pas l'ennuyer mais elle sentait qu'elle pouvait peut-être avoir une discussion avec lui ou tout au moins avoir une oreille attentive. C'était toujours plus simple avec un étranger, une personne à l'écart de notre monde, qu'on ne connaissait pas. Une personne qui pouvait avoir une vue extérieure, qui pourrait être objective. Elle jeta un œil sur l'autel puis sur les vitraux, juste derrière. Des vitraux qui reflétaient la lumière du soleil qui se trouvait juste derrière le grand mur en pierres. C'était beau. Le soleil traversait les vitraux et leurs couleurs se déposaient sur la nappe blanche de l'autel. Elle reposa à nouveau son regard sur le pasteur qui se trouvait toujours à ses côtés. « C'est la deuxième fois que j'entre dans une chapelle. Je trouvais ça intimidant...mais c'est finalement apaisant. » Elle serait même tentée de revenir à l'avenir. Enfin si cette fois se trouvait concluante. Elle sentit une nouvelle toux l'assaillir. Elle reporta alors on mouchoir à sa bouche, toussant un peu. Elle ne pourra pas indéfiniment dire que cette toux était le résultat d'une allergie ou d'un mauvais rhume. Ce genre d'excuses ne durait qu'un temps. Elle allait bientôt devoir trouver autre chose. Elle baissa ensuite sa main quand elle vit le pasteur s'approcher à nouveau.
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MessageSujet: Re: A little Prayer (Pv Tim) Mar 9 Aoû - 11:23

Timothy n’avait pas pour habitude de se sentir « intrus » dans sa chapelle, mais cela dit il lui arrivait fréquemment de rester dans son bureau lorsque quelqu’un s’était arrêté sur un banc visiblement en quête de calme, de solitude, de sérénité, voir même des trois à la fois. A vrai dire il avait réalisé avec le temps qu’être pris sur le fait en faisait fuir certains qui n’osaient pas revenir par la suite … et il ne pouvait pas les en blâmer, après tout il avait agi exactement de la même manière la première fois qu’il avait mis les pieds dans la chapelle de son centre pénitencier. Heureusement pour lui, la chapelle et la bibliothèque étaient les deux endroits les plus sûrs là-bas pour être tranquille lorsqu’on était encore trop jeune pour espérer inspirer le respect auprès de ses Co-détenus ; Voilà comment à force de fréquenter cette chapelle et au contact du pasteur qui y officiait, Timothy avait finalement trouvé sa voix.
Bref, du coup notre pasteur avait presque regretté de s’être fait remarqué par la jeune femme assise quelques mètres plus loin, il ne voulait pas la déranger si elle souhaitait rester seule et n’avait aucune envie de la faire fuir, d’autant plus qu’il était pratiquement - pour ne pas dire totalement - certain de ne l’avoir encore jamais vue ici. En ville peut-être, allez savoir, mais on croisait tellement de monde en ville que Timothy ne se souvenait que des visages familiers, ceux qu’ils croisaient souvent ; Mais à la chapelle il se souvenait de tout le monde … Sans doute que Tim le pasteur avait une meilleure mémoire des visages que Tim l’habitant solitaire et peu loquace.

    « Non, vous ne me dérangez pas, restez. » Le pied qu’il avait remis en arrière dans le but de faire demi-tour s’était arrêté, et au lieu de ça il avait fait un pas en avant pour distinguer un peu mieux le visage de la jeune femme, que le jeu d’ombres et de lumière de la pièce lui cachait jusque là légèrement. « C’est la deuxième fois que j’entre dans une chapelle. Je trouvais ça intimidant … mais c’est finalement apaisant. » La réflexion de la jeune femme arracha à Timothy un sourire. Faisant quelques pas vers elle il laissa passé quelques courts instants avant de répondre. « C’est souvent l’effet que ça fait oui … intimidant mais apaisant. »

Et pourtant, ce qui était étrange dans le cas de Timothy c’est qu’il avait fréquenté les chapelle de façon régulière tout au long de sa vie ; Hors de question en effet pour son père que ses enfants ignorent le sermon du dimanche, aussi de gré ou de force il les avait toujours obligé sa femme et eux à l’accompagner à la chapelle de la base de Norfolk tous les dimanches matins. La seule différence avec aujourd’hui c’est qu’enfant et adolescent Timothy y était toujours allé en trainant les pieds, le prenant comme une corvée et un énième moyen pour se père de jouer les despotes avec sa famille ; Aujourd’hui les choses avaient bien changées, comme on s’en doute, mais si on lui avait dit adolescent qu’il finirait par faire lui-même le sermon du dimanche il vous aurait rigolé au nez, et pas qu’un peu.
S’approchant encore un peu plus, Timothy finit par se retrouver au même niveau que la jeune femme et lui adressa un sourire un peu plus franc, un peu moins timide. Il y avait chez cette femme une certaine bienveillance naturelle, il suffisait de la regarder pour s’en rendre compte … du moins c’était l’impression qu’en avait Timothy, et qu’on se le dise notre pasteur se trompait rarement sur ses intuitions lorsqu’il avait une personne inconnue face à lui.

    « Seulement la deuxième fois alors … pas étonnant que je ne me souvienne pas vous avoir déjà vu ici avant. » Disant cela il avait jeté un regard vers la tribune qui servait au sermon dominical ; De là il surplombait l’assistance et il était simple pour lui de connaitre peu à peu les gens qui fréquentaient la chapelle. Ceux qui étaient là tous les dimanches, ceux qui s’ennuyaient (des enfants, des maris venant pour faire plaisir à leur femme ou vice versa …), ceux qui étaient là par intermittence, ceux qui venaient par curiosité. « Qu’est-ce qui vous a poussé à revenir ? » A peine avait-il posé sa question que la jeune femme fut prise d’une quinte de toux similaire à celle qui avait attiré l’attention du pasteur quelques instants plus tôt. « Vous voulez un verre d’eau ? » Son œil un instant attiré par le sang sur le mouchoir de la jeune femme, il ne s’était pas risqué au traditionnel Est-ce que ça va ? que l’on disait en général faute de mieux.

Il y avait certains réflexes qui s’ancraient pour de bon, et Timothy avait appris - entre autres choses - avec la maladie de sa femme à ne pas demander si ça allait à tout bout de champ. Surtout quand on savait qu’à la fin Sara ne supportait même plus d’entendre cette question, car il était certain que non, cela n’allait pas. Bien sûr il ne savait pas ce qu’avait Prudence, peut-être même était-ce simplement sa propre expérience qui le faisait extrapoler un peu trop, mais en la voyant tousser ainsi et cracher du sang il ne pouvait pas ignorer que cela le ramenait forcément aux souvenirs liés à la maladie de sa propre femme. Aussi il avait beau ne pas connaitre la jeune femme, tout comme il n’avait pas la prétention de penser qu’elle se confierait spontanément à lui, il se promit intérieurement de dire une prière pour elle ce soir là ; Ses prières aujourd’hui aurait un sens bien réel, c’était tellement rare ces temps-ci, alors espérer d’une femme qu’elle s’en sorte mieux que Sara c’était toujours un on point.

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MessageSujet: Re: A little Prayer (Pv Tim) Ven 12 Aoû - 1:41

S'il y avait bien une intruse dans les lieux, c'était Prudence Ledwhyn. Il n'y avait pas plus étrangère qu'elle dans une église. Pas qu'elle ne s'y sentait pas à sa place, mais c'est surtout qu'elle n'avait pas l'habitude de fréquenter ce genre de lieu. A vrai dire, elle n'avait pas vécu dans une famille très soudée, très impliquée ni même très croyante. Elle n'avait jamais été à l'église, elle ne connaissait rien à la Bible, rien à l'Ancien ou le Nouveau testament. Prudence n'avait pas eu d'enseignement religieux. Et finalement à se trouver ici, elle se sentait toute petite, minuscule, comme si sa place n'était pas ici. Comme si elle n'avait pas le droit de pénétrer dans ce genre de lieu. Partant, bizarrement elle n'avait pas envie de quitter cet endroit parce qu'elle s'y sentait bien, parce qu'elle était sereine ici et qu'elle avait l'impression de ne pas être seule. L'endroit était reposant et c'était peur-être un signe du destin qui l'avait fait arrêter juste ici, face à cet édifice religieux. Prudence n'a jamais cru à un dieu, ni à rien de « spirituel ». Elle était plutôt cartésienne et après tout ce qui s'était passé dans sa vie, elle n'avait absolument aucune envie de croire en un Dieu, soit disant puissant et miséricordieux. Qu'est-ce qu'elle avait à attendre d'un Dieu? Elle ne croyait plus aux miracles depuis longtemps.

Elle porta son regard bleuté sur le pasteur qui se tenait près d'elle. Il l'observait, essayant surement de se demander s'il l'avait déjà vu dans son église. Et non, il n'y avait vraiment pas de chance pour que Prudence se soit retrouvé dans une église à New Heaven avant cet après midi là. C'était seulement la deuxième fois qu'elle entrait dans ce genre de lieu. La première fois elle s'en rappelait très bien. Et bizarrement, tout ce qu'elle se souvenait de ce jour là, c'était de cette nausée qui l'assaillait depuis le matin, de ce corsage qui était trop serrée, de ses questions trop nombreuses et du sourire de Dominic, qui lui, ne semblait pas le moins du monde ennuyé par tout ce cérémonial. D'ailleurs en y repensant un sourire s'esquissa sur ses lèvres pales. Aux paroles du religieux, elle acquiesça doucement de la tête. Oui étrangement, elle se sentait bien ici. Et là, pour l'instant, elle n'avait pas trop envie de bouger. La jeune femme se disait que finalement, ce n'était pas si mal que ça. Cela ne faisait pas vraiment peur d'entrer dans une église et puis le pasteur ne ressemblait pas à un homme aigri qui pourrait passer sa frustration du monde sur ses malheureux paroissiens. Mais lui, il semblait être un bon gars. D'ailleurs il n'avait pas du tout l'air d'être un homme d'église. Mais heureusement que l'habit ne faisait pas le moine, enfin là le pasteur. Elle se trouvait toujours assise sur ce banc en bois. Elle remit une mèche de ses cheveux derrière son oreille à l'approche du pasteur. Elle l'observa alors qu'il avait à nouveau reprit la parole. Elle hocha doucement de la tête avant d'expliquer:

« La première fois c'était pour la répétition de mon mariage, il y a des années maintenant. Mais ce jour là j'étais si nerveuse et malade que le lieu ne m'avait pas plus impressionné que ça...c'était différent à l'époque. » Elle porta son regard devant elle, observant une nouvelle fois le soleil qui à travers les vitraux de l'église, formait un arc en ciel sur l'autel. La lumière remontait même l'allée du chœur. J'avais l'impression pendant quelques secondes de me retrouver sept ans plus tôt... Puis à la question du pasteur, je tournais mon visage sur lui. Elle l'observa, scrutant les traits de son visage, sans toutefois paraître insistante. Elle haussa ensuite un peu les épaules. « Je ne sais pas moi même...J'étais en voiture et j'ai dû m'arrêter... C'était juste devant cette église... » Elle aurait voulu en dire plus mais une quinte de toux la prit à nouveau au dépourvu. Elle toussa un instant, crispant ses doigts sur le tissu rougeâtre et secoua légèrement la tête à la question du religieux. Elle savait qu'elle ne pourrait rien avaler. Mais intérieurement elle était soulagée qu'il ne lui pose pas cette question banale à laquelle il avait surement pensé. Elle finit par baisser sa main et murmura le souffle coupé: « Merci... » Elle le remerciait pour le verre d'eau qu'il lui proposait et parce qu'il ne posait pas cette question qu'elle ne voulait pas entendre. Après un silence, elle reprit ensuite la parole, comme délivrée des chaines qui l'empêchaient de parler jusqu'à aujourd'hui. « C'était peut-être un signe...Peut-être qu'on me disait subtilement que ce serait peut-être bien d'entrer... » Prudence l'avait ressentit de cette façon. Et c'était stupide. En tout cas, elle le croyait. « C'est étrange, parce que... » Elle porta son regard bleuté sur lui et avoua: « ...sans vouloir vous manquer de respect... je ne crois pas à tout ça...enfin vous voyez le ciel, le paradis, les anges, la vie après la mort...Je me suis toujours dis que c'était des histoires, faites pour rassurer les enfants ou les mourants... » Non elle n'était pas croyante. Elle n'était pas une fidèle. Elle était même loin de tout ça. Pourtant elle se trouvait dans cette église. Pourquoi? Elle regarda à nouveau l'autel. Comment elle aurait pu croire à un Dieu? Toutes ces choses qui pouvaient lui arriver, c'était juste la vie, la chance ou la malchance. En aucun cas, elle ne disait que c'était à grâce à Dieu qu'elle avait un bonheur ou au contraire, à cause de lui, si elle en venait à pleurer. Elle faisait ses propres choix et n'avait besoin de personne. En tout cas, c'est ce qu'elle avait toujours pensé. Seulement ces derniers temps, elle essayait de chercher des réponses. « A croire que c'est toujours quand on va mal, qu'on cherche à s'accrocher à quelque chose qui nous dépasse... » Elle crispa ses doigts fins sur le tissu de son mouchoir, sentant une quinte arriver à nouveau mais cette fois-ci elle parvint à la contenir.
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MessageSujet: Re: A little Prayer (Pv Tim) Mar 16 Aoû - 4:17

Timothy n’avait à dire vrai pas grand espoir de revoir cette jeune femme souvent dans son église ; A ce qu’il en avait compris elle n’était pas croyante, et bien que les non-croyants passent en de rares occasions dans cette chapelle - bien souvent en situation désespérée, parce qu’à situation désespérée solution désespérée - il était rare de les revoir ensuite de façon régulière, ou même de les revoir tout court. Mais n’allez pas croire pour autant que Timothy se montrait moins tolérant à leur égard lorsqu’ils passaient la porte de sa chapelle, ce n’était pas le genre de la maison et ce n’était pas son genre à lui non plus. Et puis la jeune femme semblait déjà tellement intimidée par les lieux qu’il avait bien trop peur de la faire fuir en se montrant trop brusque ou trop collant … Mais puisqu’elle lui avait dit de rester alors il l’avait fait, bien qu’il y ait fort peu de chances qu’il n’engage la conversation lui-même. Comme pour tous les pasteurs le rôle de Timothy n’était pas de poser des questions mais d’écouter, et éventuellement de répondre ou de conseiller, mais l’initiative de la confidence elle devait venir de la personne et non du pasteur.
Cela dit ce n’était pas parce qu’il ne disait rien et ne cédait pas à l’envie de poser des questions qu’il n’en était pas pour autant curieux de temps à autre, et à vrai dire la réflexion de la jeune femme - le fait qu’il s’agisse de la deuxième fois qu’elle mettait les pieds dans une chapelle - l’intriguait quelque peu. Il se demandait pourquoi ce désir d’y venir une seconde fois puisqu’à priori elle n’était pas du genre à croire, à moins que ce soit sa première expérience qui l’ait dissuadée de revenir ? Mais là franchement, il ne voyait pas ce qui pouvait être tellement traumatisant dans une chapelle, c’était certes un peu intimidant mais ce n’était pas non plus un décor de film d’horreur.

    « La première fois c’était pour la répétition de mon mariage, il y a des années maintenant. Mais ce jour là j’étais si nerveuse et malade que le lieu ne m’avait pas plus impressionné que ça … c’était différent à l’époque. » Voilà donc un début de réponse à la question qu’il se posait intérieurement. Pas besoin de réfléchir longtemps pour comprendre que la répétition en question ne s’était pas suivie du véritable mariage puisqu’elle n’avait pas remis les pieds dans la dite chapelle ensuite. « J’imagine oui … et puis j’en ai vu passer quelques unes ici, des répétitions. » Après tout célébrer les mariages c’était l’une des principales occupations du pasteur en dehors de l’office du dimanche. Il esquissa un sourire, avant de lui demander finalement ce qui l’avait poussé à entrer cette fois-ci. « Je ne sais pas moi-même … J’étais en voiture et j’ai dû m’arrêter … C’était juste devant cette église … »

Pour la jeune femme c’était sans doute un simple hasard, pour Timothy c’était peut-être un signe … Tout dépendait le point de vue, et l’attention que l’on portait à la nature des évènements. Un signe pour quoi me direz-vous ? Il n’en savait rien lui-même, il n’avait pas réponse à tout et n’avait pas la prétention d’en savoir plus que celui en qui il croyait. Quoi qu’il en soit la jeune femme, qui n’avait visiblement pas terminé sa phrase, fut coupée par une nouvelle quinte de toux qui ne faisait que confirmer ce que Timothy semblait avoir deviné, ce n’était pas une simple mauvaise toux. Cependant il n’avait pas fait de réflexion, ce n’était pas son rôle et ce n’était pas non plus ses affaires, mais à mieux y regarder la jeune femme il y avait des signes qui ne trompaient pas. Et il ne s’agissait pas simplement des tâches de sang sur son mouchoir, elle était peut-être un peu trop pâle pour que ce soit seulement naturel, et sa respiration était peut-être un peu trop coupée pour que ce soit naturel. Mais il n’avait rien dit, parce qu’encore une fois cela ne le regardait pas.
Il s’était donc contenté de lui proposer un verre d’eau si elle souhaitait, pour faire passer cette toux ; Et puis s’il lui avait proposé c’était aussi parce qu’il ne voulait pas qu’elle se sente gênée, elle aurait ainsi pu profiter de quelques instants seule pendant qu’il allait lui chercher un verre d’eau dans son bureau. Mais elle avait refusé son offre en secouant simplement la tête à la négative et là encore il n’insista pas, malgré qu’elle semblait manquer de souffle.

    « Merci … » Il lui avait adressé un signe de tête en guise de réponse, et finalement après quelques secondes d’hésitation il s’était assis à son tour sur le banc où elle avait déjà pris place un peu plus tôt. « C’était peut-être un signe … peut-être qu’on me disait subtilement que ce serait peut-être bien d’entrer … » Ah bah, finalement leur façon de penser n’était peut-être pas si différente. Enfin, sans y regarder de trop près bien sûr, comme le prouvait la suite de sa phrase. « C‘est étrange parce que … » Elle avait tourné la tête vers lui et le regardait maintenant dans les yeux. « ... sans vouloir vous manque de respect … je ne crois pas à tout ça … enfin vous voyez le ciel, le paradis, les anges, la vie après la mort … Je me suis toujours dit que c’était des histoires, faites pour rassurer les enfants ou les mourants … » Timothy avait hoché la tête, comme pour lui faire comprendre qu’il voyait totalement où elle voulait en venir. « Vous ne me manquez pas de respect, chacun est libre de ses propres croyances … Vous savez, même ceux qui croient réussissent à ne pas être d’accord sur tout, alors au fond … » Après tout, la religion n’était-elle pas encore aujourd’hui la principale cause de guerre ? Les croisades, la seconde guerre mondiale, le conflit israélo-palestinien … Tout cela n’était-il pas affaire de religion, au fond ? Bien sûr que si, et bien que croyant Timothy pensait comme bon nombre de gens que le fanatisme était un réel danger pour la population. « Et puis, il y a différentes façon de croire vous savez … Il y a ceux qui croient au Seigneur, mais il n’y a pas qu’eux. Le destin, le karma, ou même la fatalité, ce sont des façons de croire aussi. » Timothy ne croyait lui pas à la fatalité, la fatalité c’était pour lui un renoncement face aux évènements, et il n’aimait pas cette idée. Il croyait au destin en revanche, bien qu’il avoue sans mal ne pas très bien le comprendre parfois et avoir souvent interrogé le Seigneur à ce sujet.

On pouvait aisément se demander comment Timothy réussissait à garder la foi après tous les évènements qui avaient jalonné sa vie. Comment continuer à croire quand on avait vu l’amour de sa vie mourir à petit feu, comment avoir foi en l’avenir quand on réalisait qu’on aurait sans doute jamais d’enfant même si l’on en rêvait, comment croire au pardon lorsque l’on avait accidentellement causé la mort de ses deux parents ? A ces questions le pasteur n’avait pas toujours de réponse, il savait simplement que malgré tout il continuait à croire, parce que c’était ce qu’il était, parce qu’il en avait besoin aussi sans doute …

    « A croire que c’est toujours quand on va mal, qu’on cherche à s’accrocher à quelque chose qui nous dépasse … » Les bras appuyés contre le dossier du banc de la rangée de devant, Timothy fixait l’autel d’un air pensif. C’était en effet quelque chose qui arrivait souvent, c’était lorsqu’ils n’avaient plus aucun autre espoir que certains se tournaient, en désespoir de cause, vers la religion. « Peut-être parce, quand plus rien ne va, on a quand même besoin de trouver l’espoir quelque part … On a toujours besoin d’espoir. » Et en cherchant cet espoir dans la religion, même en ne croyant pas, on se dit Pourquoi pas ? Et si jamais …
FLASH-BACK


Citation :
La petite chapelle de l’hôpital de New Heaven était aussi blanche et immaculée que l’était le reste du bâtiment, comme si cet univers aseptisé vous suivait dans les moindres recoins pour vous rappeler où vous étiez. Et ça, où il était, Timothy ne risquait pas de l’oublier, Sara était peut-être morte il y a plusieurs années maintenant mais il n’avait rien oublié des longues heures d’angoisse qu’ils avaient passé dans les étages de cet hôpital. Ce matin là Timothy n’avait pas prévu de s’attarder, mais en passant devant les porte de cette chapelle il n’avait pas pu s’empêcher de s’y arrêter quelques instants. Il l’avait souvent trouvé vide par le passé, mais aujourd’hui un homme se tenait sur l’un des premiers bancs et murmurait de façon inaudible des paroles que Timothy reconnu bientôt comme des prières ; Brouillonnes, mais des prières tout de même.
Sans rien dire le pasteur s’était assis sur un banc un peu plus loin et sans rien dire pour ne pas déranger l’autre homme il avait joint ses mains face à lui et avait fermé les yeux. De longues minutes étaient ainsi passées sans que le lieu ne soit troublé par autre chose que les murmures de l’inconnu. Jusqu’à ce qu’ils cessent brusquement, plongeant pendant quelques minutes supplémentaires la chapelle dans le silence le plus total.

    « Vous êtes le pasteur Goodwin ? » Ouvrant les yeux Timothy avait tourné la tête vers son interlocuteur, qui le fixait de son air fatigué, presque exténué même. « C’est moi en effet. » Il ne put s’empêche de froncer les sourcils. Il connaissait cet homme ? Son visage ne lui était pourtant pas familier. « Je suis Jeffrey McDowell. Ma femme, elle s’appelle Karen, elle va souvent à votre chapelle, elle est très croyante. Elle m’a dit de vous contacter si jamais elle … » Il n’avait pas terminé sa phrase, mais Timothy n’en avait pas eut besoin pour deviner où il voulait en venir. Karen McDowell était un habituée de la chapelle, mais suite à des problèmes de santé elle avait cessé de venir voilà quelques semaines maintenant. « Je prie régulièrement pour elle, je lui avait promis. » L’homme avait hoché la tête ; Il tremblait, il avait cruellement besoin de sommeil. « Je n’ai jamais cru à tout cela vous savez. » Cela expliquerait qu’il ne se souvienne pas l’avoir vu à la chapelle dans ce cas. Cela dit pour quelqu’un qui ne croyait pas il était pourtant dans cette chapelle à cet instant précis. « Pourtant vous priez … » Bah oui, c’était quand même un peu étrange pour quelqu’un qui disait ne pas croire. « J’ai promis à Karen de tout faire pour qu’elle aille mieux … Si je ne prie pas, je ne fais pas tout. »

Timothy n’avait pu s’empêcher de se sentir admiratif devant cet homme qui aimait tellement sa femme et avait tellement peur de la perdre qu’il en était même prêt à passer outre ses convictions et tenter même ce qui lui paraissait fou et inconcevable. Sa situation semblait désespérée, mais malgré tout il se raccrochait à tout ce qui pouvait lui donner un semblai d’espoir, même si cela le dépassait.

/FLASH-BACK

La jeune femme, qui se retient tant bien que mal de repartir dans une nouvelle quinte de toux, le fit sortir de ses pensées et revenir au présent. Il ne se risqua pas une nouvelle fois à lui proposer un verre d’eau, mais la toux et la pâleur de la demoiselle commençait à l’inquiéter un peu.

    « Vous … vous avez un peu de … » Ne terminant finalement pas sa phrase il lui avait pris son mouchoir et avait tamponné un instant le coin des lèvres de Prudence où une minuscule trace de sang subsistait. « Vous êtes vraiment sûre que vous ne voulez rien ? » Cette question sous-entendait à la fois le verre d’eau, mais également si elle allait bien.

____________

I've got a really bad disease, it's got me begging on my hands and knees. So take me to the emergency 'cause something seems to be missing. Somebody take the pain away, it's like an ulcer bleeding in my brain. So send me to the pharmacy, so I can lose my memory. I'm elated, medicated, Lord knows I tried to find a way to run away ...
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MessageSujet: Re: A little Prayer (Pv Tim) Mar 23 Aoû - 21:27

La religion. Pour Prudence, cela a toujours été la conséquence de toutes ces misères sur Terre. Elle était certaine que sans cette dernière, beaucoup de guerres et de fléaux auraient été évité. C'était sa conviction. Mais elle était athée. Elle n'avait jamais eu d'enseignement religieux. On ne lui avait jamais parlé de textes bibliques, du Coran, de la Thora ou autre. Pour elle, c'était un monde inconnu. Elle se disait que ce n'était pas pour elle et qu'elle n'y comprendrait rien. D'ailleurs, à quoi bon étudier certains textes alors qu'elle n'y trouvait aucun intérêt. Elle n'était pas croyante. Elle n'avait pas envie d'y croire. Et encore aujourd'hui, malgré ce qui se passe. Elle n'a toujours pas envie d'y croire. Et puis ce serait un peu hypocrite non? De croire juste parce qu'elle en ressent le besoin alors que jusque là, elle s'est considérée comme une non croyante. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle était là, pourquoi elle était entrée dans cette église et qu'elle s'était posée sur ce banc en bois brut. Non, elle ne le savait pas. Peut-être qu'elle avait juste envie de se reposer un peu, de faire passer ce malaise qui lui étreignait le corps ou juste parce qu'elle avait envie de parler, de se vider la tête. C'était peut-être même les deux à la fois mais la jeune femme refusait de croire que c'est parce qu'elle avait envie, subitement, de trouver la foi et d'expier tous les péchés qu'elle aurait pu faire au cours de ses trente ans. Ce qui était sûre, c'est que finalement, elle ne regrettait pas d'être là, parce qu'elle se sentait sereine. Peut-être pas mieux physiquement, mais bien mieux moralement qu'il y a quelques minutes. Elle avait d'ailleurs hésité à entrer, sachant si oui ou non elle le pouvait tout simplement. Peut-être que l'église n'accueillait que ses croyants, ses « fidèles ».
Et bizarrement, sans qu'elle ne sache pourquoi elle était donc entrée dans cette chapelle. Une chapelle qui finalement, n'avait rien de très austère ou de froid. Elle s'y sentait même bien. Mais elle était rassurée de voir que le lieux était quasiment vide. Elle ne serait probablement pas rester. Là, elle avait l'impression qu'elle ne dérangeait personne et cela la rendait un peu plus confiante. Même si la présence du prête l'avait un instant gênée. Pas par sa simple présence, mais parce qu'elle ne savait pas comment ce dernier allait prendre sa présence. Puis la conversation s'était engagée. Elle posait ses yeux bleus sur le pasteur qui s'était assis à ses côtés.
    « J’imagine oui … et puis j’en ai vu passer quelques unes ici, des répétitions. » Oui, elle n'avait pas de mal à imaginer cette chapelle recouvertes de fleurs et de rubans en tous genres. Elle entendait presque l'orgue qui jouait la marche nuptiale. Elle se souvenait bien de cette répétition, et surtout du visage serein de Dominic alors que elle, elle était paniquée à l'idée d'oublier une phrase de son discours ou de faire un malheureux lapsus et ainsi faire rire toute l'assemblée. A ce souvenir, un fin sourire délicat se posa sur ses lèvres pâles.
Malheureusement leur conversation fut interrompue par une nouvelle quinte de toux. Son malaise l'avait prit il y a quelques minutes et il ne semblait pas vouloir partir. Elle avait même dû s'arrêter devant la vieille bâtisse et finalement elle y était entrée. Elle ne savait pas si c'était un signe elle même, elle savait juste qu'elle avait eu besoin de s'arrêter et qu'elle n'avait pas pu faire autrement. Elle s'était alors retrouvée, à l'arrêt devant le bâtiment ancien avec une étrange sensation de curiosité. Et finalement, elle avait franchi le seuil de la chapelle. Elle avait été perdue quelques instants, comme si sa place n'était pas ici. Qu'elle n'avait rien à faire dans ce lieu. Puis Prudence avait été happée par la sérénité du lieu, par la chaleur qui s'en dégageait. Pas une chaleur qui pouvait se compter en degré Celsius mais une chaleur psychologique, morale qui lui avait fait du bien. Et finalement elle était restée et s'était même assise tout au fond, sur le dernier rang de la chapelle. Et la conversation avec ce prête, dont elle ne connaissait même pas le prénom, s'était engagée sans qu'elle ne fasse d'effort, naturellement. Elle en était elle même surprise, elle qui n'allait pas facilement vers les autres, qui avait un peu de mal à se livrer et qui préférait rester discrète. Seulement cette nouvelle quinte de toux, était loin, malgré ses efforts pour la contenir, d'être discrète. Elle ferma les yeux un instant, laissant passer le mal avant de reporter son attention sur l'homme d'église. Elle s'était mise à lui parler sans aucune appréhension, alors qu'elle ne le connaissait même pas. Pourquoi? Elle n'en avait aucune idée. Elle se sentait juste en confiance et se disait qu'elle n'avait pas à craindre le moindre jugement, sur elle, sa vie ou ses gestes. Elle avait l'impression, peut-être qu'elle se trompait en fin de compte, qu'elle pouvait lui parler sans gêne. Elle lui confessa qu'elle était loin d'être une pieuse fidèle et qu'en fin de compte, elle n'y connaissait rien à tout ce charabia religieux. A quoi bon mentir? Par chance, ce pasteur était plutôt compréhensif. Elle esquissa un nouveau sourire à sa réponse.
    « Vous ne me manquez pas de respect, chacun est libre de ses propres croyances … Vous savez, même ceux qui croient réussissent à ne pas être d’accord sur tout, alors au fond … » Prudence acquiesça aux paroles du religieux. Il n'avait pas tard, même au sein de l'église, il existait des dissensions, même avec une foi très forte. La foi n'était pas garante de la sérénité. Elle aussi avait pensé aux guerres « religieuses » que certaines communautés, certains fanatiques supportaient. Elle, elle pensait que la religion était un maux, même si parfois elle pouvait se transformer en remède. « Et puis, il y a différentes façon de croire vous savez … Il y a ceux qui croient au Seigneur, mais il n’y a pas qu’eux. Le destin, le karma, ou même la fatalité, ce sont des façons de croire aussi. » Le destin, oui cela Prudy avait tendance à y croire. C'était étrange d'ailleurs de croire en un destin et de ne pas croire en une puissance supérieure. Peut-être parce que c'était une façon pour elle de garder le contrôle sur sa vie. De pouvoir continuer à vivre tout en faisant ses choix, voilà ce qui était plus rassurant, que de laisser son existence dans les mains d'autrui. Cela la fit sourire. « Ce n'est pas faux...j'ai toujours davantage eu « foi » dans le destin... peut-être que cela me rassurait aussi de me dire que j'étais la seule maitresse de ma vie. » Oui...seulement ce n'était plus vraiment le cas à présent. Elle avait beau continuer à avancer, elle voyait bien que ce n'était plus comme avant. Qu'elle avait beau avoir de la motivation, de la détermination, elle ne choisissait plus à présent. Elle était un peu la marionnette d'un destin, qui à nouveau s'amusait avec lui.


La jeune femme reporta son regard sur l'autel. Prudence n'était pas le genre de femme à se décourager. Elle avait beaucoup de volonté. Elle avait toujours avancé malgré les difficultés. Seulement, pour la première fois depuis des années, elle en venait à se dire qu'elle n'avait plus aucune emprise sur sa vie. Et cela était frustrant. Elle avait peur pour l'avenir, peur pour Violet. Elle ne voulait pas laisser sa petite fille toute seule. Elle ne savait plus ce qu'elle devait faire, les décisions qu'elle devait prendre. Elle était totalement perdue.
    « Peut-être parce, quand plus rien ne va, on a quand même besoin de trouver l’espoir quelque part … On a toujours besoin d’espoir. » Le sourire qui s'était placé sur ses lèvres s'estompa. Plus rien n'allait? Peut-être pas jusque là... mais il n'était pas loin de la vérité. L'espoir? Est-ce qu'elle l'avait déjà eu? Oui à une époque, elle avait un peu d'espoir. Elle était restée des heures prostrée sur la canapé, attendant anxieusement des nouvelles de Dwayne et de Dominic. Elle était restée des heures sans dormir, mangeant et buvant à peine. A cette époque, même si elle était effrayée, elle n'avait jamais prié quelque dieu que ce soit. Mais elle avait gardé espoir. Elle s'était dit qu'il ne pouvait rien leur arriver. Qu'ils étaient deux jeunes gens en parfaite santé, sportifs, débrouillards. Non, il ne pouvait décidément pas leur arriver quelque chose. Mais elle s'était trompée. Ils avaient été retrouvé tous les deux mais seul Dwayne avait survécu. Elle n'en avait jamais voulu à son beau frère d'être là et pas son frère, jamais. Elle n'y avait jamais songé à vrai dire. Mais cette nuit là, alors qu'elle était au chevet de son beau frère, elle avait fini par ne plus y croire. Elle avait cessé d'espérer. Pourquoi est-ce qu'elle le ferait à nouveau? Une nouvelle toux s'empara d'elle. « Vous … vous avez un peu de … » Elle ferma les yeux avant de voir le pasteur lui prendre son mouchoir des mains pour le poser à la commissure de ses lèvres. « Vous êtes vraiment sûre que vous ne voulez rien ? » Elle garda le silence un instant, afin de reprendre son souffle, coupé par sa toux. Elle baissa les yeux sur son mouchoir. Elle se sentait vraiment très mal. Et cela arrivait de plus en plus souvent, de plus en plus longtemps. Est-ce qu'elle avait besoin de quelque chose? Elle reposa à nouveau son regard sur l'homme près d'elle. « Si...il me faudrait un peu de courage. » Prudence soupira légèrement. Elle était lasse oui de faire comme si tout allait bien alors que ce n'était pas le cas et que cela n'allait surement pas s'arranger. « Je suis malade. J'ai une leucémie...et je ne sais pas comment l'annoncer à ma fille, ni à mon beau frère... » Elle souffla un peu. Ce pasteur était la seule personne à qui elle venait d'apprendre sa maladie. Elle l'avait caché à tout le monde, même aux personnes les plus proches d'elle... « J'ai cru que ça allait s'arranger... mais je fais une rechute et cette fois, j'ai l'impression qu'il faudrait mieux que je fasse ce qui est nécessaire pendant que je le peux encore.... » Prudence était lucide. Elle savait qu'elle n'avait pas un simple rhume. Elle s'était déjà battu une longue année contre cette maladie. Elle avait tenu bon mais elle revenait et c'était encore pire. A moins que ce soit elle qui était plus faible que la première fois.


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MessageSujet: Re: A little Prayer (Pv Tim) Ven 26 Aoû - 6:41

    « Ce n’est pas faux … j’ai toujours davantage eu « foi » dans le destin … peut-être que ça me rassurait aussi de me dire que j’étais seule maitresse de ma vie. » Elle avait répondu d’un ton légèrement hésitant, comme si elle n’était pas certaine de ce qu’elle avançait, ou bien comme si elle n’avait juste jamais réellement réfléchis à la chose sous cet angle. En tous les cas Timothy ne pensait pas qu’une religion ou une croyance quelle qu’elle soit puisse empêcher l’homme d’être seul maitre de sa vie. « Je ne pense pas que l’un empêche l’autre … le destin n’empêche pas l’homme d’être victime de ses choix. » Timothy pensa, presque sans le vouloir, à ses parents. Peut-être le destin était-il de mourir prématurément, mais au final n’était-ce pas Timothy qui avait choisit de conduire quand même, tout en sachant qu’il avait un peu trop bu ? Il aurait tout aussi bien pu répondre à sa mère, Non, je me sens pas de conduire, tant pis pour la voiture on reviendra la chercher demain, appelle un taxi. C’était selon lui un peu trop facile de tout remettre sur le dos du destin, au final c’était son choix à lui qui avait eut les conséquences que l’on connait. « La fin est peut-être écrite à l’avance, mais pour le reste c’est à nous de décider … et de nous tromper, parfois. » Souvent, avait-il eut envie de rajouter. Mais enfin, il n’était pas non plus là pour déprimer les gens avec ses réflexions à trois francs six sous de dépressif chronique. « Quoi qu’il en soit, si vous accorder un peu d’importance au destin, alors vous n’êtes peut-être pas aussi non-croyante que vous le pensez. » Comme il l’avait dit un peu plus tôt il y avait tellement de façons différentes de croire, au final croire était un terme très vaste.

Il lui avait adressé un sourire bienveillant. Il n’essayait bien sûr pas de la faire adhérer à ses propres croyances, c’était d’ailleurs quelque chose que jamais il ne se permettrait de faire avec qui que ce soit, même avec ses propres enfants si seulement il avait eut la chance d’en avoir. Tout ce qu’il tentait, c’était de lui faire comprendre que même si elle ne voyait plus grand-chose sur lequel s’appuyer, il restait toujours quelque chose quelque part qui pourrait l’aider ; L’espoir, c’était la seule chose qu’il fallait faire en sorte de ne pas perdre. Car vivre sans espoir, selon lui, c’était un peu vivre telle une coquille vide, vivre comme quelqu’un qui n’attendait plus la moindre chose de la vie … Et se retrouver à ce stade là à l’âge qu’elle semblait avoir, encore si jeune, c’était bien triste. Même si bien sûr tout cela était facile dans la théorie seulement, et se révélait beaucoup plus ardu dans la pratique, Timothy lui-même avouait parfois manquer un peu d’espoir. Il y avait des matins où il se demandait à quoi bon se lever, des soirs où il avait la sensation que sa journée ne lui avait servi à rien et ne lui avait strictement rien apporté humainement parlant, des journées entière où il semblait tellement attirer la poisse comme un aimant qu’il se demandait si il allait payer encore longtemps pour le pêcher commis dix-huit ans plus tôt lorsqu’il avait provoqué la mort de ses parents. Un temps il avait même finit par se persuader que si on lui avait enlevé Sara c’était là encore pour le punir, et que s’il ne s’était pas autant battu pour l’avoir, s’il n’avait pas autant forcé le destin, elle serait peut-être toujours en vie … sans lui, mais vivante. Mariée à l’imbécile qu’elle avait quitté pour lui, mais vivante.
Pourtant malgré tout cela il réussissait toujours à retrouver une minuscule parcelle d’espoir, assez pour le persuader de se lever quand même le matin, assez pour le persuader de continuer à exercer son métier de pasteur avec la même passion et la même vocation qu’au début, assez pour continuer à sourire devant le bonheur d’autrui parce que même si lui était malheureux son côté profondément altruiste le poussait à savoir se contenter d’être témoin du bonheur, même si ce n’était pas le sien.

Le fil de ses pensées avait été interrompu par la jeune femme, ou plutôt par la quinte de toux qui l’avait fait sortir du silence dans lequel elle était plongée depuis plusieurs secondes, depuis qu’il avait évoqué la nécessité de garder espoir. Sans vraiment réussir à le cacher, et au risque de la gêner un peu, Timothy ne pouvait s’empêcher de la fixer avec une certaine inquiétude dans le regard … une sorte de vieux réflexe peut-être. La jeune femme semblait essayer tant bien que mal de minimiser la chose, mais cela dit il ne fallait pas être bien dupe pour comprendre que cracher du sang n’était pas le symptôme d’une grippe ou d’un gros rhume. Le pasteur ne savait pas vraiment quoi faire, il se sentait déjà impuissant à l’époque de la maladie de sa femme et le fait de ne rien pouvoir faire de concluant pour l’aider avait eut tendance à le rendre fou … alors vous imaginez bien qu’avec une parfaite inconnue, il ne se sentait pas beaucoup plus utile.
Tout juste avait-il su trouver les mots pour ne pas paraitre trop brusque en lui redemandant si elle n’avait vraiment besoin de rien, après lui avoir essuyé d’un geste aussi doux que possible la minuscule trace de sang qui lui était restée sur la commissure des lèvres. Il ne pouvait pas faire grand-chose pour l’aider malheureusement, si ce n’était lui proposer un verre d’eau, lui offrir un mouchoir propre, ou lui proposer de se reposer cinq minutes. Il se sentait un peu pris au dépourvu, et ce n’était pas la réponse de la jeune femme qui allait le faire se sentir moins inutile.

    « Si … il me faudrait un peu de courage. » Elle soupira légèrement après avoir répondu, comme pour souligner que ce précieux courage, elle commençait justement à en manquer cruellement. Sortant de sa poche un paquet de mouchoirs, il en tendait un à la jeune femme, remplaçant ainsi celui tâché de sang par un autre d’un blanc immaculé … comme pour tenter d’effacer – très provisoirement – un peu de ses soucis. « Du courage par contre, je n’en ai pas dans ma poche … mais on doit bien pouvoir en trouver quelque part. » Il lui adressa un léger sourire, rempli de bienveillance. Il ne pouvait pas faire grand-chose c’est vrai, mais tenter de lui redonner un peu de l’espoir dont elle semblait manquer c’était toujours mieux que rien, non ?

La jeune femme semblait soucieuse, mais pas seulement … à vrai dire elle semblait surtout perdue, et bien qu’elle ne le sache sans doute pas, on croisait dans une chapelle beaucoup plus de gens perdus que de gens soucieux ; Elle ne détonnait finalement pas tant que ça dans le paysage, pas tant qu’elle semblait le croire au début. On avait l’habitude de dire que lorsque l’on n’avait pas l’habitude d’y venir, mettre les pieds dans une chapelle, une église ou autre pouvait soit soulager cette impression d’être perdue, soit au contraire l’exacerber en vous intimidant. De toute évidence la jeune femme était concernée par la première solution, car sinon il y avait fort à parier qu’elle ne serait pas restée.
Et comme le silence valait parfois mieux que de longs discours, ils étaient à nouveau restés là, assis l’un à côté de l’autre, sans rien dire pendant plusieurs minutes. Le silence n’était que vaguement troublé par le bruit de leurs respirations à tous les deux – tranquille et régulière pour lui, plus difficile pour elle – et chacun semblait regarder devant sans vraiment voir ce qu’il avait sous les yeux. Ils s’étaient perdus dans leurs pensées, et Tim ne s’attendait pas finalement pas du tout à ce que Prudence ne lui livre de façon aussi directe ce qu’il avait finalement plus ou moins deviné par lui-même … en partie du moins.

    « Je suis malade. J’ai une leucémie … et je ne sais pas comment l’annoncer à ma fille, ni à mon beau-frère … » S’il avait tourné la tête vers elle au début de sa phrase il avait bien vite détourné le regard, se sentant comme fautif d’avoir vu ses soupçons se vérifier. L’évocation de la maladie de la jeune femme avait jeté un voile sombre sur le visage de Timothy, à qui tout cela rappelait forcément de mauvais souvenirs. « J’ai cru que ça allait s’arranger … mais je fais une rechute et cette fois, j’ai l’impression qu’il vaudrait mieux que je fasse le nécessaire pendant que je le peux encore … » Le pasteur sentit sa gorge se serrer en écoutant la jeune femme, il avait l’impression d’entendre parler Sara, tellement résignée, tellement persuadée qu’il n’y avait plus rien à faire ou à espérer. « Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de l’annoncer … un chat reste un chat, comme on dit. Dites-le leur comme vous me l’avez dit à moi, ça ne sert à rien de prendre des chemins détournés … ça n’en rend les choses que plus difficiles. »

Lui n’avait pas vécu cette situation en revanche, il n’avait pas reçu la nouvelle de la part de Sara elle-même. Ils étaient assis l’un à côté de l’autre dans le bureau d’un des médecins de l’hôpital de New Heaven lorsqu’il leur avait annoncé le diagnostic, et ce dont Timothy se souvenait c’était que la première chose qu’il avait fait, avant même que lui ou sa femme n’aient dit quoi que ce soit, avait été de serrer la main de Sara dans la sienne, comme s’il avait d’un seul coup eut peur qu’elle ne lui échappe déjà s’il ne s’accrochait pas à elle. Leucémie, c’était un mot qui faisait forcément peur, c’était un mot qui vous martelait en tête des images d’enfants parfois encore très jeunes qui s’éteignaient à petit feu dans une chambre stérile d’hôpital, c’était un mot qui rimait avec mort. Pourtant le médecin tout de suite avait enchainé sur des paroles rassurantes, leur avait assuré que cette forme de leucémie se soignait bien et avait un fort taux de guérison, et Timothy s’était tout de suite raccroché à cela pour tenter de se persuader que tout cela ne serait bientôt plus qu’un mauvais souvenir, que lui et Sara reprendraient ensuite leur vie d’avant et réussiraient enfin à avoir cet enfant qui se faisait attendre mais dont ils rêvaient tellement l’un et l’autre. Tellement d’espoirs et de projets qu’ils n’avaient pas voulu mettre au placard pour continuer à aller de l’avant, et finalement tout cela leur était revenu en pleine figure le jour où ils avaient compris qu’il n’y avait plus rien à faire, qu’il n’y aurait pas d’enfant, et pas de futur.

    « Ça fait longtemps ? » Il avait peur de paraitre indiscret, ou de remuer le couteau dans la plaie, et puis il s’était dit que si elle avait abordé le sujet elle avait peut-être besoin d’en parler, peut-être n’en avait-elle jamais parlé avant. Si elle ne l’avait pas dit aux deux personnes dont la réaction semblait le plus lui faire peur, elle ne devait sans doute pas en avoir parlé à quelqu’un d’autre. « Je veux pas vous donner l’impression de me mêler de ce qui me regarde pas, vous n’êtes même pas obligée de m’écouter … mais, je pense que je parle d’expérience en vous assurant que vous ne pouvez pas garder ça pour vous indéfiniment. Vous ne pourrez pas porter ça sur vos épaules en permanence … il vous faudra bien le soutien de quelqu’un, de ceux qui comptent pour vous … »

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I've got a really bad disease, it's got me begging on my hands and knees. So take me to the emergency 'cause something seems to be missing. Somebody take the pain away, it's like an ulcer bleeding in my brain. So send me to the pharmacy, so I can lose my memory. I'm elated, medicated, Lord knows I tried to find a way to run away ...
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MessageSujet: Re: A little Prayer (Pv Tim) Dim 28 Aoû - 6:17

    Non Prudence n'était hésitante. C'est juste qu'en effet, elle n'avait jamais songé à cela. Elle se contentait de vivre simplement, sans chercher des réponses ou des approbations pour ce qui se passait dans son existence. Elle est une personne plutôt terre à terre. Elle ne s'était jamais posé quelques minutes pour réfléchir à ce genre de questionnement. Aux paroles du pasteur, elle tourna son visage sur lui. Elle acquiesça de la tête avant de répondre à son tour. « Je sais...mais au moins, on ne peut blâmer personne d'autre pour ce qui se passe dans notre vie. » A vrai dire, c'était sa propre philosophie. Elle ne reportait pas son amertume ou ses déceptions sur qui que ce soit d'autre, qu'elle même. Prudence ne regrettait aucun de ses choix, aucune de ses décisions ou aucun de ses gestes. Elle partait du principe que chaque erreur dans le passé, nous permettait d'en apprendre un peu plus sur notre propre personne, renforcer notre caractère et façonner notre façon de vivre. Il était important d'apprendre de nos erreurs. Comme disait Saint-Exupéry disait: « La vérité de demain se nourrit de l'erreur d'hier ». Et puis, ce n'était pas comme s'il était possible de changer le passé. Un passé ne se changeait pas, il devait être accepté. Prudence, si elle avait pu changer ce passé, elle aurait empêchait Dwayne et Dominic de partir ce matin là. Elle aurait annoncé à Dominic qu'il aurait été papa. Ils auraient tous fêter cette nouvelle et le lendemain matin, elle se serait réveillée à côté de l'homme qu'elle aimait. Violet aurait pû connaître son père et faire tout ce qu'une petite fille faisait avec son papounet. Mais le passé ne se changeait pas. On devait l'accepter et continuer à avancer.


Elle observa à nouveau le pasteur. Elle esquissa un leger sourire. Elle se sentait à l'aise pour lui parler, bizarrement. Elle qui ne se confiait que très rarement, pratiquement jamais. Elle ne se sentait pas oppressée et elle ne pensait pas une seule seconde que le religieux voulait la convertir à ses idéaux. Non, c'était même bien le contraire. Il respectait sa « non-foi ». Et cela la mettait à l'aise. Elle avait l'impression qu'elle pouvait lui parler sans gêne. Et c'est finalement ce qu'elle faisait. Elle ne s'était encore confiée à personne. Elle n'aimait pas parler d'elle. Elle préférait écouter les autres, parler. Mais pour Prudence ce n'était pas son genre. La jeune femme ne voulait pas être un poids pour les autres. Et souvent, elle préférait garder le silence. Elle avait toujours été ainsi. En même temps, avec la famille qu'elle avait eu, elle n'a pas apprit ce qu'était vraiment les confidences. Elle n'a pas eu cet « enseignement » plus jeune. De ce fait, Prudy reste encore assez secrète sur elle même. Pourtant, là elle se livrait. Et cela était étrange, enfin pas vraiment désagréable, juste étrange. Quant au fait de savoir si oui ou non Prudence avait encore ou non de l'espoir en elle, c'était une chose difficile à répondre. L'espoir, elle en avait, quand elle observait sa fille rire ou s'amuser, quand elle l'entendait rire. Mais l'espoir la quittait aussi, quand elle n'avait plus de force pour se lever le matin, quand elle crachait du sang, quand elle lisait ses résultats d'analyse qui étaient médiocres... Son espoir jouait un peu les montagnes russes. Elle voudrait garder tout le temps l'espoir. Mais elle n'était pas idiote et surtout elle ne se voilait pas la face. Il était certain qu'en ce moment, elle n'était pas au meilleur de sa forme. Pour preuve, elle était épuisée à cet instant précis et ne pourrait même pas se lever pour quitter la chapelle. Elle savait bien qu'une maladie comme elle avait, on ne la guérissait pas comme un simple rhume mais à coup de radiothérapie ou de rayon, de chimie. Des traitements qui la rendaient encore plus malade que la maladie elle même. Un mal pour un bien comme certains avaient l'habitude de dire? Prudence savait ce que sous entendait cette maladie. Elle était une adulte, responsable. Elle avait une fille et elle voulait savoir qu'elle serait entre de bonnes mains s'il lui arrivait quelque chose. Quel parent célibataire n'agirait pas comme la jeune femme?

Savoir qu'elle pourrait abandonner sa fille la terrifiait au plus haut point. Elle n'avait pas envie de la quitter, de la laisser se débrouiller sans elle. Parce qu'elle était sa petite principe, l'amour de sa vie et qu'aucune petite fille ne devrait grandir sans sa maman. Voilà pourquoi Prudence se battait encore aujourd'hui contre ce crabe qui en voulait à sa vie. Parce qu'elle n'avait pas envie d'abandonner sa fille, comme ses propres parents l'avaient fait pour elle. Cela faisait trop mal. C'était trop douloureux pour qu'elle fasse endurer ces tourments à son petit trésor. Jusque là, Prudence a tout fait pour préserver sa petite fille. Elle se battait depuis des mois contre la maladie et jamais encore la petite fille ne s'était posée la moindre question. La jeune femme ne voulait pas le lui dire. Elle ne voulait pas l'inquiéter. Alors elle s'était cachée, comme quand elle avait une douleur subite, qu'elle avait un saignement de nez, qu'elle était malade. Elle avait toujours été souriante en sa présence. Parce qu'elle ne voulait pas faire endurer sa maladie aux autres et encore moins à son petit ange. Bien sûr, ce n'était pas tous les jours faciles. D'ailleurs ces derniers temps, elle laissait souvent Violet dormir chez sa copine. Prudy pouvait alors se reposer et souffler un peu sans masquer le moindre écart de faiblesse. Et Dwayne ne s'était rendu compte de rien lui non plus. Elle n'était pas fière de lui dissimuler la vérité mais c'était mieux, en tout cas pour l'instant.
    Aux paroles du pasteur, Prudence reporta ses yeux bleus sur lui quand il lui offrit un mouchoir. Elle avait crispé ses doigts sur le sien qui n'était plus vraiment maculé. Elle le rangea dans sa poche. « Du courage par contre, je n’en ai pas dans ma poche … mais on doit bien pouvoir en trouver quelque part. » Elle prit le mouchoir que lui tendait le religieux. « Merci. » Elle garda le tissu en main. Elle resta un instant silencieuse. Sa respiration était entrecoupée mais cela ne la gênait pas plus que cela. C'était devenue une habitude. Le courage? Elle en avait un peu. « Dommage que les choses ne soient pas si facile. » Elle esquissa un sourire, fatigué mais sincère. Elle aurait aimé résoudre ses problèmes aussi facilement qu'on tend un mouchoir d'une poche. Malheureusement c'était un peu plus compliqué dans la vie réelle. Elle posa son regard pensif sur l'autel. Le silence était revenu entre eux. Ce n'était pas un silence gêné, juste un moment de réflexion. Elle savait oui qu'elle devait prendre certaines décisions...Mais peut-être que pour l'instant, elle ne voulait pas les prendre et laissez croire qu'elle avait tout le temps. Elle ne voulait pas penser au sablier de sa vie qui s'égrenait. Oui il n'y avait pas de bonne ni de mauvaise façon de dire les choses. Sauf que cela variait selon les situations. « Je ne sais pas...ma fille, elle n'a que six ans. » Dès qu'elle parlait de Violet, elle sentait sa gorge se serrer et sa voix devenir chevrotante. « Je ne peux pas lui dire ce genre de chose... » Elle n'avait tout simplement pas envie de faire de la peine à sa fille. Elle en était incapable. « Violet a déjà perdu son père... » Elle ne voulait pas qu'elle prenne peur. Violet était encore innocente. Prudence voulait la préserver au maximum de la dureté de la vie. Parce que ses parents ne l'avaient pas fait pour elle, elle voulait le faire pour son trésor. Elle posa son mouchoir sur ses ras de cils, essuyant les larmes qui menaçaient de couler. Avec Dwayne ce n'était pas vraiment différent. Elle ne se voyait pas devant lui, à lui balancer ce genre de truc à la figure. Dwayne avait déjà perdu sa fiancée, son frère...Comment allait-il réagir? Prudence ne savait pas quoi faire. Ce n'était pas simple. Mais elle savait de toute façon que plus elle allait retarder la chose, plus cela allait être difficile au final. Elle laissa son regard se perdre une nouvelle fois devant elle. Elle se souvenait très bien de cette fois où ce médecin lui avait dit qu'elle avait une leucémie. Elle, elle pensait à une grippe ou à quelque chose de ce genre, fièvre, tremblement, maux de tête, courbatures...Elle avait donc fait un check-up. Elle était assise sur la table, les jambes dans le vide. Et les mots étaient tombés « Vous avez une leucémie. » Ce médecin avait employé un ton si impersonnel...comme s'il disait des banalités alors que cette banalité bouleversait sa vie. Le sourire qui était sur ses lèvres s'était alors estompée. Elle avait quitté la salle d'auscultation sans même adresser le moindre mot. Elle fut tirée de ses pensées par les paroles du pasteur. « Ça fait longtemps ? » Elle le regarda à nouveau. « Ça fait presque deux ans. J'ai subi un tas de traitements... » Trop de traitement à vrai dire, cela l'avait réellement épuisé, comme elle ne l'avait jamais été auparavant. « Cela semblait avoir marché...et puis il y a six mois, j'ai rechuté. » Son médecin lui avait dit que cela pouvait arriver...Mais elle pensait vraiment que le pire était derrière elle. « Je veux pas vous donner l’impression de me mêler de ce qui me regarde pas, vous n’êtes même pas obligée de m’écouter … mais, je pense que je parle d’expérience en vous assurant que vous ne pouvez pas garder ça pour vous indéfiniment. Vous ne pourrez pas porter ça sur vos épaules en permanence … il vous faudra bien le soutien de quelqu’un, de ceux qui comptent pour vous … »
Prudence regarda à nouveau l'homme de foi. Elle était bien d'accord avec lui. Elle ne pouvait pas garder ce secret indéfiniment. Elle devait le dire mais elle ne trouvait pas encore le bon moment, ni la bonne manière. Elle avait tenté, ce matin là, chez Dwayne après avoir été le rechercher dans le nightclub...mais il avait l'air encore plus mal qu'elle...alors finalement elle n'avait rien dit. Quant à Violet...elle se souvenait encore trop bien de sa bouille triste quand elle lui avait expliquer que M. Pepper ne reviendrai plus. Leur chat s'était fait écraser deux rues plus loin de leur maison et la petite fille en avait pleuré pendant toute une nuit.
    « Mais je ne veux pas qu'ils s'inquiètent pour moi. Je n'ai pas envie de leur causer plus de souci. Ma fille est encore au dilemme de savoir si elle opte pour le déguisement de fée ou celui de princesse, je ne veux pas lui retirer cette insouciance... et mon beau frère est flic, alors il a assez de souci comme ça... » Oui elle ne voulait pas leur en donner davantage à tous les deux. Ou peut être que finalement, elle était lâche... Puis elle releva son visage. Une information venait de revenir à la surface. « Vous parlez d'expérience? » Est-ce que lui aussi avait été malade? Ou avait-il connu un malade? Elle posa ses yeux bleus dans les siens.
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MessageSujet: Re: A little Prayer (Pv Tim) Lun 29 Aoû - 12:45

Prudence semblait faire partie de ces personnes qui préféraient se raccrocher au réel, aux choses qu’elle pouvait contrôler et qu’elle pouvait constater de visu. Il n’avait pas besoin de la connaitre réellement pour comprendre qu’elle était cartésienne, un peu comme l’était sa sœur Dana … Certains disaient que ceux qui croyaient en Dieu agissaient ainsi par faiblesse, pour avoir quelqu’un ou quelque chose à blâmer lorsqu’ils faisaient une erreur ou lorsqu’arrivait un malheur. Timothy lui ne comprenait pas tellement pourquoi cette nécessité d’opposer les personnes qui croyaient en Dieu à celles qui n’y croyaient pas, pour lui cela ne faisait que rentrer les gens dans des cases dont il était difficile de sortir ensuite, c’était comme ça que commençaient les préjugés. Et les préjugés, Timothy y avait été assez confronté depuis sa sortie de prison pour ne plus s’y fier … Ce n’était pas parce qu’il avait étudié la théologie en prison qu’il était moins capable qu’un autre pasteur d’exercer ce métier, ce n’était pas parce qu’il avait eut un accident de voiture – certes tragique, mais tout de même – qu’il n’était pas capable de s’occuper de correctement de ses sœurs … bref. « Je sais … mais au moins, on ne peut blâmer personne d’autre pour ce qui se passe dans notre vie. » Timothy avait hoché la tête, il comprenait où elle voulait en venir, ce qu’elle voulait dire. Lui préférait se dire que rien n’arrivait par hasard, que le Dieu en lequel il croyait ne faisait jamais rien sans raison et que même les pires malheurs avaient toujours une signification. Si ses parents n’étaient pas morts il n’aurait jamais passé cinq années de sa vie en prison, il ne se serait alors jamais tourné vers la théologie, il ne serait alors pas devenu pasteur et n’aurait pas trouvé de poste à New Heaven, ville dans laquelle il n’aurait donc jamais mis les pieds et par conséquent jamais croisé la route de Sara. Et la mort de Sara, est-ce qu’il y trouvait une explication ? … Disons qu’il essayait. Il se disait que s’il ne comprenait pas aujourd’hui, peut-être comprendrait-il demain … croire, c’était un peu se montrer philosophe en fin de compte.

    « Merci. » Il esquissa un léger sourire. Il ne pouvait pas faire grand-chose, malheureusement, son domaine se situait bien au-delà de la maladie. « Dommage que les choses ne soient pas si faciles. » Dommage oui, mais le propre de la vie n’était-il pas justement d’être faite d’obstacles, plus ou moins difficiles à surmonter ? Bien sûr c’était facile à dire lorsque tout allait bien, mais enfin …

Enfin, oui, c’était toujours plus facile à dire qu’à faire. Comment vouliez-vous vous montrer philosophe lorsqu’une maladie telle que la leucémie venait frapper à votre porte et vous menacer du jour au lendemain de vous enlevez tout ce que vous possédez de plus cher au monde, tout comme de vous enlever à ces même personnes en les faisant souffrir presque au même titre. Ce n’était pas juste et cela faisait peut-être – sans doute même - partie de ces choses que Timothy ne réussirait jamais à interpréter … Dans le cas de Sara il avait finit par se dire que le fait qu’elle soit tombée malade était un énième dommage collatéral dont il était responsable, une énième façon de le punir pour avoir provoqué la mort de ses parents, cela ne le faisait pas se sentir mieux du tout mais au moins il avait réussi à trouver une explication. Quelque chose qui ne défiait pas ses croyances et ne lui faisait pas penser que son Dieu n’avait simplement eut que faire de Sara et de ce qu’elle aurait pu vivre, de ce qu’elle aurait pu être et de ce qu’elle aurait pu devenir si elle n’était pas morte. Mais alors quoi, cette femme qui se tenait assise à côté de lui, elle était la victime de la faute de quelqu’un d’autre ? Il ne pouvait pas croire qu’une femme à priori aussi douce, aussi gentille, une mère de famille puisse mériter – indirectement parlant, bien entendu – ce genre de choses.
Le pasteur ne saurait pas vraiment expliquer ce qui lui prenait, il avait cette sensation étrange, il avait l’impression de remettre en cause la toute-puissance de ce en quoi il croyait et cela le mettait presque mal à l’aise. Sans doute la situation le touchait-elle d’un peu trop près, tous ces souvenirs sur la maladie de Sara il essayait de ne pas trop y penser, à vrai dire il essayait autant que possible de reléguer au fond de sa tête les huit derniers mois qu’ils avaient passé ensemble … Ou non, plutôt les trois derniers, ceux où ils avaient été fixés, ceux où ils savaient que chaque jour qui passait les amenait doucement vers la fin de ce qui avait été presque cinq ans d’une relation comme tout le monde pourrait en rêver. Cette discussion avec Prudence, cela lui rappelait à quel point il se sentait vide depuis qu’il avait perdu pas simplement sa femme, mais son âme-sœur … LA personne qui, il en était certain, était celle qui lui avait été destinée et qu’aucune autre ne pourrait jamais égaler. Et lorsqu’il pensait à cela il se remettait à douter, de lui-même de ce en quoi il croyait, de ce pour quoi il vivait … Alors il essayait de ne pas y penser, parce qu’il ne voulait pas douter, il ne voulait pas. Sans s’en rendre compte, son visage s’était peu à peu assombri.

    « Je ne sais pas … ma fille, elle n’a que six ans. Je ne peux pas lui dire ce genre de choses … Violet a déjà perdu son père … » Il avait baissé la tête un instant. Il pensait à cette petite, il s’imaginait une frimousse blonde de six ans, et il se rappelait de Dana lorsqu’elle avait le même âge … Six ans, c’était l’âge qu’elle avait lorsque Timothy était sortit de prison. Il se souvenait que la premier soir qu’il avait passé dehors, elle lui avait demandé Mais, tu vas rester avec nous ? Pour elle dont les souvenirs ne remontaient pas assez loin pour l’avoir connu libre, son frère avait sa place en prison, c’était normal, c’était ce qu’elle avait toujours connu. Et lorsqu’elle lui avait dit quelques semaines plus tard que Vivre chez grand-père et grand-mère, c’est presque comme avoir des parents, sauf qu’ils sont plus vieux, Timothy avait compris. Il avait compris que les enfants de cet âge avaient une capacité d’adaptation fulgurante, mais qu’ils n’étaient pas idiots pour autant, ils comprenaient les choses mieux qu’on le pensait, simplement ils le faisaient à leur façon, avec leurs mots à eux. « Vous savez … les enfants sentent lorsque quelque chose ne va pas. Même s’ils ne le disent pas, ils sentent si quelque chose cloche, et ils essayent de le comprendre par eux-mêmes … » Il avait relevé les yeux vers elle, il fixait ses yeux bleus dans lesquels quelques larmes se battaient dans l’espoir de couler, et il essayait de parler sans laisser sa voix trahir son trouble. « Vous ne pensez pas que si vous la laisser interpréter les choses elle-même, elle s’inquiètera quand même ? Peut-être même plus, y’a rien de pire que de ne pas savoir pour nous les adultes, c’est pas différent pour eux … » La jeune femme avait tamponné ses yeux à l’aide de son mouchoir, séchant déjà ses futures larmes.

Il aurait aimé avoir une vraie réponse pour elle, pouvoir donner une véritable solution à ses tourments, à ses questions. Mais il n’en était rien, il y avait des sujets sur lesquels même le plus sage des hommes n’avait pas de vraie solution, et Timothy étant lui loin de l’appellation du plus sage des hommes il n’avait pas mieux à offrir. Sara aussi était passée par toutes ces questions, et elle ne s’était pas confiée à Timothy en tant que pasteur mais en tant que mari, en tant que l’homme qu’elle aimait … et lorsqu’il avait répondu Timothy s’était forcément montré subjectif. Mais là il n’y avait pas de place pour la subjectivité, il n’était plus le mari de personne et en tant que pasteur s’il répondait cela ne pouvait être qu’en suivant ce qu’il pensait être objectif. Il ne poussait pas Prudence à faire un choix, il se contentait simplement d’énoncer ce qu’il pensait être une réalité … mais la jeune femme seule restait maitresse de ses choix.

    « Ça fait presque deux ans. J’ai subi un tas de traitements … Cela semblait avoir marché … et puis il y a six mois, j’ai rechuté. » Il avait simplement acquiescé d’un signe de tête. Deux ans … c’était tellement long. C’était peut-être tellement d’espoir, puis de désillusions, puis d’espoir à nouveau, puis … de vraies montagnes russes. Il avait du mal à croire qu’elle ait pu gérer tout cela toute seule aussi longtemps, elle devait vraiment être forte au fond d’elle. Il craignait seulement que cette force un jour ne finisse par ce fissurer, et que ce jour là il soit trop tard. « Mais je ne veux pas qu’ils s’inquiètent pour moi. Je n’ai pas envie de leur causer plus de souci. Ma fille est encore au dilemme de savoir si elle opte pour le déguisement de fée ou celui de princesse, je ne veux pas lui retirer cette insouciance … et mon beau-frère est flic, alors il a assez de souci comme ça … » Il avait penché la tête sur le côté, d’un air compréhensif. Au fond il la comprenait, ses soucis de santé à lui étaient bien moins graves que les siens, et pourtant il avait préféré ne pas en parler à ses sœurs, surtout pas à Nancy qui avait tendance à se faire un sang d’encre pour rien. Mais lui savait qu’il irait mieux, que ce n’était que l’affaire de quelques semaines … Prue avait dépassé ce stade, et elle semblait avoir oublié de penser à elle à de trop nombreuses reprises. « Et vous ? Vous vous inquiétez pour votre fille, pour votre beau-frère, mais est-ce que vous prenez encore le temps de penser à vous dans tout ça ? » Hésitant quelques instants, il avait posé sa main sur celle la jeune femme avant de continuer « S’il arrivait quelque chose à votre beau-frère, vous ne voudriez pas être au courant, pouvoir le soutenir ? … Si il tient à vous autant que vous tenez à lui, alors il voudrait savoir, peu importe ses autres tracas … »

Timothy à son tour avait la gorge un peu nouée, et détournant la tête quelques instants il avait à nouveau fixé l’autel, le temps de retrouver un peu ses esprits. Pendant quelques courtes secondes le silence était revenu, mais lorsque la jeune femme avait tilté sur ce qu’il avait dit plus ou moins sans réfléchir « Vous parlez d’expérience ? » il avait fermé les yeux quelques secondes de plus, sans rien répondre tout d’abord. Il cherchait ses mots. Il parlait rarement à voix haute de la maladie de Sara, lorsqu’il parlait d’elle c’était en général pour se remémorer la période précédant le diagnostic de sa leucémie, et ses sœurs avaient appris à éviter le sujet pour ne pas rouvrir de vieilles blessures. Finalement il avait rouvert les yeux et s’était décidé à répondre, fixant toujours l’autel.

    « Ma femme. Y’a six ans. Une forme aiguë de leucémie … » Il avait marqué une pause entre chacune des parties de sa réponse, comme pour essayer de s’en détacher un peu, de ne pas s’impliquer émotionnellement … c’était une tentative plutôt veine à vrai dire, mais enfin. « Ça a duré huit mois, et puis … » Il n’avait pas terminé sa phrase. Il n’en avait pas eut le courage, et puis Prudence n’avait sans doute pas besoin d’un dessin pour comprendre …

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MessageSujet: Re: A little Prayer (Pv Tim) Dim 4 Sep - 10:06

Elle était cartésienne. C'était le moins que l'on puisse dire. La jeune femme ne voulait laisser la possibilité à quiconque d'interférer dans sa vie sans son autorisation, surtout des personnes qu'elle ne connaissait pas. Avec la famille, c'était un peu différent. Quoiqu'il en soit, elle ne croyait pas en Dieu et n'attendait pas un « signe » de sa part pour faire ses propres choix. Peut-être était-ce à cause de son enfance et du fait, qu'elle a toujours dû s'assumer toute seule, sans attendre l'aide ou l'approbation de quiconque. Prudence avait gardé des automatismes. Elle n'avait jamais cherché d'autres significations à ce qui se passait dans sa vie. Elle n'avait jamais blâmé qui que ce soit pour ce qui arrivait dans sa vie. Elle assumait ses choix et ce qui arrivait. Voilà pourquoi la jeune femme avait prononcé ses paroles. Elle connaissait bien trop de personnes qui reportaient leurs malheurs sur les autres ou sur Dieu, comme si la religion pour eux, était un échappatoire. Qu'elles pouvaient reporter leurs fautes sur cette entité « surhumaine ». Elles pouvaient ainsi se décharger de toute responsabilité. C'était peut-être mieux pour eux. Elle, elle n'était pas comme ça. Elle voulait être responsable de sa vie à cent pour cent. Prudy ne voulait rester sur les notes négatives qui parsemaient sa vie de fille, de femme et de mère. Elle était du genre optimiste mais elle n'en restait pas moins réaliste. Elle savait très bien que ce qu'elle avait, ne se guérissait pas avec des antibiotiques ou des remèdes de grands mères pour les adeptes du naturel. Prudence ne cherchait pas d'explication à chaque chose. Elle ne cherchait pas à tout prix à donner un sens à ce qui lui arriver dans la vie. Certaines choses ne s'expliquaient pas. Elles se vivaient tout simplement. Et c'est ce qu'était entrain de faire Prudence.

Cela faisait presque deux longues années que la jeune femme était malade et autant de temps qu'elle cachait son état de santé à tout le monde. C'était un choix. Elle ne voulait pas inquiéter les personnes qui comptaient pour elle. Elle ne voulait pas se retrouver au milieu des attentions. Elle ne souhaitait pas que les regards convergent sur elle. Et elle n'avait surtout pas envie de voir de la pitié dans leurs yeux. C'était pour cette raison qu'elle avait gardé le silence jusqu'à aujourd'hui. Elle n'avait pas envie que les choses changent même si évidement, elle changeait. Prudence voulait garder un peu de normalité dans sa vie, afin de trouver un certain équilibre et réussir à le maintenir. Elle avait de plus en plus de mal à le faire ces derniers temps. Malgré tout, elle essayait. La décoratrice le faisait surtout pour Violet et pour Dwayne qui semblait déjà avoir assez de problème dans sa vie pour qu'elle en rajoute une nouvelle couche.

    Et puis Violet...elle n'avait que six ans. C'était tôt, trop tôt pour lui parler de ce genre de chose. Des choses qu'elle ne devrait même pas entendre. Prudence était tiraillée entre le devoir de lui dire et le devoir de la protéger et faire en sorte qu'elle reste une enfant insouciante le plus longtemps possible. Elle, elle avait du grandir trop vite, elle ne voulait pas que sa fille se retrouve avec les mêmes angoisses. « Vous savez … les enfants sentent lorsque quelque chose ne va pas. Même s’ils ne le disent pas, ils sentent si quelque chose cloche, et ils essayent de le comprendre par eux-mêmes … » Cela, elle le savait très bien. Les enfants étaient parfois très intuitifs. Elle savait qu'ils pouvaient comprendre certaines choses mais Prudence ne voulait pas que Violet comprenne. Elle en voulait pas qu'elle sache. Elle se sentait un peu coupable de devoir lui imposer cela alors qu'elle savait très bien qu'elle n'y pouvait rien. Elle se sentait limite, comme une mauvaise mère. Une mère qui ne lui avait pas donné de papa, enfin si, elle avait un père mais décédé. Et maintenant, elle devait lui dire qu'elle était malade? Non, elle s'en sentait incapable. Elle sentait une boule lui tordre l'estomac rien qu'à songer à sa petite bouille quand elle lui dirait, si elle lui disait un jour. « Vous ne pensez pas que si vous la laisser interpréter les choses elle-même, elle s’inquiètera quand même ? Peut-être même plus, y’a rien de pire que de ne pas savoir pour nous les adultes, c’est pas différent pour eux … » Elle l'observa un instant avant de hausser doucement des épaules. Elle ne savait pas à vrai dire si c'était la meilleure solution. Elle ne savait pas si elle devait le dire à sa fille ou à Dwayne. Cela lui faisait peur. Ce n'était pas à elle, sa mère de lui faire perdre cette innocence qui était en elle. Prudence s'en sentait incapable. Cela la bouleversait de parler de ce sujet et elle sentait que les larmes menaçaient de couler. Elle n'avait pas envie de pleurer. Elle ne s'en donnait pas le droit. Elle voulait rester forte, comme elle le faisait depuis des mois. Elle ne voulait pas craquer maintenant. Elle ne voulait pas laisser la maladie prenne un peu plus de place dans sa vie.
    « Je ne sais pas...a vrai dire je n'ai pas vraiment eu d'enfance. J'ai été très vite confronté à la réalité de la vie. Je ne veux pas que Violet passe par la même chose que moi...Je n'ai pas envie de la faire entrer dans le monde des adultes. Je sais trop bien que c'est douloureux et je ne veux pas que ma fille connaisse cette situation. » Est-ce que c'était lâche de sa part? Elle avait une grave maladie. Et elle devait se rendre à l'évidence et peut-être préparer sa fille à ce que sa vie se passe sans elle. Mais c'était faux. Elle ne voulait tout simplement pas lui faire peur et la faire pleurer. Elle l'avait élevé seule. Violet avait grandi dans un cocon sécurisé, que Prudence avait construit chaque jour pour elle depuis sa naissance. Chaque jour elle lui avait montré qu'elle était là pour elle, qu'elle l'aimait et qu'elle était en sécurité. Elle n'avait pas envie de remettre tout cela en cause. « Je n'ai pas eu ce qu'on peut appeler des parents. Et j'ai toujours voulu que ma fille ne doute jamais qu'elle n'avait rien à craindre et que je serais toujours là pour elle. Je ne veux pas rompre cette promesse. » Alors ça non. Prudence ne voulait pas que Violet se rend compte que la vie était plus forte que sa maman. Elle voulait encore qu'elle berce dans l'innocence, le plus longtemps. Une innocence qu'elle n'avait pas eu étant plus jeune et qui avait toujours constitué une terrible faiblesse, un réel mal être qui était encore présent chez elle, même aujourd'hui. Les enfants se construisaient dès ces premières années. Des premières années qui allaient être décisives pour le reste de leur vie. Prudence ne s'en sentait pas capable... peut-être encore pouvait-elle en parler à Dwayne...à la rigueur...mais pareil, elle ne trouvait jamais le bon moment pour cela. Même si elle savait qu'il n'y avait pas de « bon moment » pour annoncer une chose pareille. Aux paroles du pasteur, elle reposa ses yeux bleus dans les siens. « Et vous ? Vous vous inquiétez pour votre fille, pour votre beau-frère, mais est-ce que vous prenez encore le temps de penser à vous dans tout ça ? » Penser à elle? A vrai dire Prudence ne pensait que très rarement à elle. Et ce n'était pas cette leucémie qui allait changer les choses. Elle baissa ses yeux quand le religieux posa sa main sur les siennes qu'elle avait jointe. « S’il arrivait quelque chose à votre beau-frère, vous ne voudriez pas être au courant, pouvoir le soutenir ? … Si il tient à vous autant que vous tenez à lui, alors il voudrait savoir, peu importe ses autres tracas … » Il n'avait pas tort...d'ailleurs, une nouvelle fois elle lui avait tendu la main, dernièrement après cette histoire de nightclub. Mais une nouvelle fois il l'avait repoussé. Il avait repoussé la main qu'elle lui tendait et l'aide qu'elle voulait lui apporter. Il ne voulait pas l'ennuyer? L'inquiéter? Alors est-ce que elle, elle avait le droit de le faire? Prudence le prenait ainsi. Elle pensait que Dwayne ne voulait rien savoir. Qu'il n'avait pas envie de voir certaines choses...Qu'il préférait mener la vie qu'il avait choisi, sans aucune complication. « Mon beau frère a déjà des tas de secrets à mon égard...Je sais qu'il fait ça pour me protéger. Et je me dis en fin de compte, que moi même, je n'ai pas le droit de lui imposer cela. Je sais qu'il a déjà ses propres problèmes et je n'ai pas envie de compliquer davantage sa vie. » Elle soupira doucement. A vrai dire, elle se demandait encore pourquoi cette fois ci, elle avait encore insisté pour l'aider. Encore une fois il ne lui avait rien dit. Or Prudence ne voulait pas que les choses se passent sans réciprocité. Elle voulait que son beau frère sache qu'il pouvait compter sur elle et lui parler. Mais il ne le voulait pas. Et à présent, la jeune femme se trouvait trop faible pour tenter de jouer au bras de fer avec lui.


Prudence reporta ensuite son regard azur sur la silhouette du religieux. « Ma femme. Y’a six ans. Une forme aiguë de leucémie … » « Ça a duré huit mois, et puis... » Elle l'observait encore une fois. Ainsi, il avait été dans la même situation qu'elle... Il savait donc ce qu'elle pouvait subir, ce qu'elle endurait à cause de cette maladie. Sa femme n'avait pas survécu...Il était inutile de le dire, Prudence avait très bien compris. Et elle? Est-ce qu'elle allait mourir? Ces derniers temps, elle se posait sans arrêt la question. C'est pourquoi elle voulait faire les papiers nécessaires pour mettre ses affaires en ordre. Elle avait déjà demandé à son avocat de faire une demande d'adoption au nom de Dwayne. Il était le seul à qui elle pouvait confier Violet. Elle savait que c'était une très grosse responsabilité. Et que jusqu'à la dernière minute, elle allait la garder pour elle. Mais si quelque chose lui arrivait, elle voulait que ce soit lui et personne d'autre en fait, qui s'occupe de sa fille.
    Au bout d'un moment de silence, elle reprit la parole, un peu gênée. « Je suis désolée....je dois vous rappeler de très mauvais souvenirs. » Elle jeta un oeil à la main du pasteur qui était toujours posée sur les siennes. Elle remarqua qu'il portait encore son alliance. Il ne semblait pas avoir passé le cap du deuil. Elle ferma les yeux, sentant une nouvelle douleur parcourir sa poitrine. Elle resta immobile quelques instants avant de rouvrir les yeux. Prudence s'en voulait un peu d'être venue ici en fin de compte. Elle venait de rappeler de douloureux souvenirs à l'homme assit à côté de lui. Un homme qui avait eu pour première intention de la rassurer, et elle, elle lui faisait de la peine en lui remémorant la maladie mortelle de sa femme. Huit mois? Est-ce qu'elle devait se trouver chanceuse d'être encore en vie après l'annonce de presque deux ans de la maladie? C'était beaucoup de temps, beaucoup d'espérance alors qu'au bout du compte, le compteur était remis à zéro. Elle se battait déjà depuis trop longtemps, elle n'avait plus le courage d'en supporter davantage. Même si elle ne voulait pas baisser les bras, elle s'épuisait de plus en plus. Elle finit par regarder le pasteur à nouveau. « Est-ce que vous croyez que ça aussi, c'est un « signe »? Que je devais venir dans cette chapelle et que je devais parler à vous et à personne d'autre? » Si c'était donc un « signe », qu'est-ce qu'il signifiait?
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MessageSujet: Re: A little Prayer (Pv Tim) Ven 9 Sep - 9:24

Timothy comprenait très bien où elle voulait en venir, et il n'avait pas besoin d'avoir des enfants lui-même pour que ce soit le cas, il lui suffisait de se souvenir de l'époque où Dana était encore une enfant. La plus jeune de ses sœurs avait grandit trop vite elle aussi, c'était un fait, et qu'elle veuille bien l'admettre ou non Timothy savait que cela avait sans doute un impact sur le comportement qu'elle avait à l'égard de Nancy et lui aujourd'hui ; Elle blâmait ce qui lui restait de famille, pour la famille qu'elle n'avait jamais eut. Il y avait des mots où le pasteur en voulait à sa sœur de ne pas voir l'impact que son comportement pouvait avoir sur l'ambiance chez eux, de ne pas se rendre compte que l'égoïsme et le comportement d'enfant qu'elle avait encore à presque vingt ans ... et puis il y avait des moments où il se disait que bien sûr, les choses ne pouvaient évoluer qu'ainsi. Comment attendre d'une jeune fille qui n'avait jamais eut de parents comme point de repère, qui n'avait côtoyé son frère qu'à travers une vitre ou dans les salles communes de visites sombres et froides d'une prison pendant six ans, qui vivait avec une sœur ainée adorable mais clairement naïve pour son âge et un frère qui n'avait eut cesse de la couver pendant le reste de son enfance en espérant compenser sa première absence ... bref, comment attendre d'elle qu'elle se comporte autrement. Timothy ne savait pas y faire avec elle, à vrai dire il se disait qu'il n'avait jamais vraiment su ... Dans son caractère Dana avait énormément pris de leur père, et Timothy n'avait jamais vraiment réussi à communiquer avec leur père non plus. Pas autrement qu'à coups de reproches et d'incompréhension mutuelle. Pourtant cela ne l'avait jamais empêché d'aimer profondément son père, tout comme il aimait profondément Dana, simplement il n'arrivait pas à la comprendre, pas plus qu'elle ne réussissait à le comprendre. Peut-être, sans doute, que si leurs parents avaient été là ils s'en seraient mieux sortis que lui ... mais ils n'étaient pas là, et Timothy restait persuadé qu'inconsciemment Dana le lui reprocherait toujours, de lui avoir enlevé ses parents avant même qu'elle n'ait pu les connaitre.

    « Je ne sais pas...a vrai dire je n'ai pas vraiment eu d'enfance. J'ai été très vite confronté à la réalité de la vie. Je ne veux pas que Violet passe par la même chose que moi ... Je n'ai pas envie de la faire entrer dans le monde des adultes. Je sais trop bien que c'est douloureux et je ne veux pas que ma fille connaisse cette situation. » Il s'était contenté d'acquiescer d'un signe de tête, comme pour lui dire qu'il comprenait où elle voulait en venir. Après tout elle agissait comme une mère, elle faisait passer sa fille avec elle ... quelle mère, quel parent n'en ferait pas autant à sa place ? « Je n'ai pas eu ce qu'on peut appeler des parents. Et j'ai toujours voulu que ma fille ne doute jamais qu'elle n'avait rien à craindre et que je serais toujours là pour elle. Je ne veux pas rompre cette promesse. » Quittant finalement des yeux l'autel qu'il fixait depuis quelques instants, Timothy avait à nouveau tourné la tête vers la jeune femme. Il la sentait tellement perdue, il aurait aimé pouvoir faire quelque chose. Quelque chose de plus que simplement l'écouter, il aurait aimé pouvoir lui apporter une véritable solution, mais malheureusement il n'en avait pas ... personne n'avait de solution à ce genre de chose. « Vous êtes encore là, vous n'êtes pas en train de l'abandonner ... Elle sait déjà que vous l'aimez, même moi je le sais, ça se sent, alors elle sait que vous êtes là. Que vous serez toujours là. »

Il essayait de se montrer résolument optimiste, de lui prouver que quelque soit l'issue du combat qu'elle était en train de mener, l'amour qu'elle avait pour sa fille crevait trop les yeux pour qu'elle-même puisse ne pas s'en rendre compte et penser que sa mère l'abandonnait. Il essayait de lui montrer que c'était justement parce que sa fille l'aimait qu'elle méritait la vérité, même si c'était avec des mots simples, même si elle ne lui disait pas tout ... Il voulait qu'elle prenne conscience du fait qu'elle ne pouvait pas continuer à mentir de la sorte, que c'était ce qui allait lui alourdir le poids qu'elle avait sur les épaules. Il ne la connaissait pas et pourtant déjà il pouvait la sentir fatiguée, pas simplement physiquement mais aussi moralement, psychologiquement ... et si lui qui ne la connaissait que depuis moins d'une demi-heure pouvait réussir à le sentir, c'était bien là la preuve qu'elle réussissait de moins en moins bien à tenir la cadence. Cela n'avait rien d'étonnant cela dit, cette seule discussion était la preuve que Prudence faisait toujours passer les autres avant elle, qu'elle était ce genre de personne tellement généreuse et à l'écoute des autres qu'elle oubliait sans doute trop régulièrement de s'écouter elle-même.

    « Mon beau frère a déjà des tas de secrets à mon égard ... Je sais qu'il fait ça pour me protéger. Et je me dis en fin de compte, que moi même, je n'ai pas le droit de lui imposer cela. Je sais qu'il a déjà ses propres problèmes et je n'ai pas envie de compliquer davantage sa vie. » Des tas de secrets ? C'était donc une habitude dans cette famille, de ne rien dire pour ne pas inquiéter l'autre ... Enfin, était-il mieux placé pour parler notre pasteur ? Pas sûr, voilà pourquoi il ne comptait pas faire de commentaire. Il se contenta simplement de faire une constatation « Vous semblez beaucoup vous souciez l'un de l'autre, vous et lui. », une constatation qui lui serra un peu le cœur lorsqu'il pensa au fait que chez lui si on ne se disait pas les choses, c'était simplement parce qu'on ne réussissait pas à communiquer.

Doucement mais sûrement, et surtout parce que Timothy n'avait pas su être assez discret, la conversation avait dérivé vers le pasteur et sur la raison pour laquelle il avait l'air de parler en toute connaissance de cause sur ce sujet ... ça sentait le vécu, c'était indéniable, Timothy aurait eut de toute manière beaucoup de mal à le cacher. Pas la peine de nier que toute cette conversation le fait forcément penser à chaque seconde un peu plus à Sara, et qu'il avait l'impression que sa propre expérience raisonnait dans son esprit. Alors finalement il n'avait pas cherché à nier, il aurait simplement pu dire qu'un autre de ses fidèles avait connu la même situation mais cela aurait été mentir, et Timothy n'en avait pas envie ... de toute façon, on ne mentait pas dans la maison du Seigneur, surtout pas lorsque l'on était un homme de foi. Il n'avait juste pas eut le courage de prononcer la fin de sa phrase à voix haute, elle était restée comme coincée en travers de sa gorge ... et puis il ne voulait pas donner à Prudence l'impression que son sort était scellé, que le même destin que Sara l'attendait au tournant. Il préférait penser que la jeune femme aurait plus de chance, et que si Sara avait laissé un mari, Prudence elle ne laisserait pas une petite fille devenir orpheline.

    « Je suis désolée ... je dois vous rappeler de très mauvais souvenirs. » C'était un peu devenu la phrase habituelle lorsque les gens apprenaient ce qui était arrivé à la femme de Timothy, ils disaient qu'ils étaient désolés. Comme si c'était de votre faute pensait-il à chaque fois sans pour autant le répondre. Il savait que les gens ne pensaient pas à mal en disant cela, qu'ils essayaient simplement d'être compatissants ... Mais le pasteur avait surtout l'impression qu'il leur inspirait de la pitié, et il avait horreur de ça. « Ne vous excusez pas, vous n'y êtes pour rien. » Cette fois-ci pourtant le ton qu'il employait pour répondre était moins neutre - oui neutre, parce qu'il en fallait bien plus que ça pour que Timothy puisse devenir froid ou glacial - et plus doux. Il savait que venant de la jeune femme il ne s'agissait pas de pitié ou de compassion dégoulinante, elle était sincèrement désolée. Désolée de l'avoir replongé dans de tels souvenirs, sans savoir qu'en réalité Timothy y pensait de toute manière tous les jours. « Est-ce que vous croyez que ça aussi, c'est un « signe » ? Que je devais venir dans cette chapelle et que je devais parler à vous et à personne d'autre ? » Le pasteur haussa légèrement les épaules sans la quitter des yeux, l'air de dire Qui sait ? Et puis finalement il répondit à sa question de vive voix, pour lui donner une réponse digne du métier qu'il exerçait. « Qui sait ... tout dépend de l'importance que vous accordez aux signes. » Lui en tout cas y accordait de l'importance, beaucoup d'importance ... mais il était pasteur, c'était dans la logique des choses. Pour lui ce genre de signes, c'était surtout un coup de pouce de celui qui les regardait perché sur ses nuages, un façon de leur dire Eh, vous avez un destin à poursuivre ! Finalement il ajouta autre chose « Mais si c'est mon avis que vous voulez, alors oui, je pense que c'est peut-être un signe ... les choses arrivent rarement par hasard. Du moins c'est ce que je crois. »

Bien qu'il eut finit sa phrase, il fut plus ou moins coupé par le bruit de la lourde cloche de la chapelle, qui sonnait dix-neuf heures. Il sursauta légèrement, lui qui pourtant était habitué à ce bruit et au fait de l'entendre toutes les heures entre huit heures du matin et huit heures du soir. La discussion avec Prudence lui avait semblé tellement 'à part' qu'il en avait perdu la notion du temps.

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MessageSujet: Re: A little Prayer (Pv Tim) Lun 12 Sep - 6:22

Si Prudence ne savait pas pourquoi elle s'était réellement arrêtée devant cette église, ce qui était certain, c'est que finalement elle ne regrettait pas. Elle était entrain de parler de sa maladie pour la première fois et cela lui faisait un bien fou. Non pas que cela lui pesait. Elle avait prit l'habitude de vivre avec, mais partager un peu ce qu'elle pouvait ressentir avec quelqu'un lui faisait du bien. C'était une première pour elle et malgré la pudeur qu'elle ressentait, elle se disait que c'était une bonne chose d'en parler. Même si c'était difficile, même si elle se sentait toujours incapable d'en parler à Violet ou à Dwayne, peut-être que cette discussion lui permettra d'y voir un peu plus clair. Elle avait peut-être besoin d'un avis extérieur, d'une personne qui ne la connaissait pas et qui pouvait lui donner un avis qui n'appartiendrait qu'à elle. Prudence se demandait ces derniers temps, bien plus souvent qu'autrefois, qu'elle avait besoin de le dire, qu'elle devait en parler. Mais c'était plus facile d'y songer, qu'à en parler réellement. Ce n'était pas un sujet qu'elle pouvait aborder facilement. C'était même un sujet difficile dont elle même avait du mal à parler. Elle avait peur, oui, elle avait probablement peur de ce qui pourrait se passer même si elle ne voulait pas se l'avouer à elle même. Peut-être que si Dominic avait été là, les choses auraient surement été différente. Elle n'aurait pas été seule et Violet n'aurait pas eu à supporter tout cela. Parfois Prudence se disait qu'elle aurait pu mener les choses différemment. Peut-être qu'elle aurait du garder le contact avec ses parents. Ils auraient pu être là pour Violet. Quoiqu'elle doutait encore largement du fait que ces derniers puissent avoir changer pendant ces années. Cela faisait un bail que Prudence n'avait plus de nouvelles de ses géniteurs. Depuis ses dix-huit ans et depuis qu'elle avait quitté la maison « familiale » de Chicago. Une famille? Ils n'en avaient que le nom. Il n'y avait aucun lien entre eux. Non, aucun. Le seul lien familial qu'elle avait tissé au cours des dernières années, c'était avec les Sullivan. C'étaient eux sa famille. Cela confortait Prudence dans le fait qu'il ne servait à rien de les contacter ou de leur donner la moindre nouvelle. D'ailleurs eux même n'avaient jamais cherché à avoir des nouvelles de la jeune femme. Ils ne savaient même pas qu'ils étaient les grands-parents d'une adorable petite fille. Prudence ne voulait pas de la présence de ses parents. Eux, n'avaient jamais voulu d'elle. Elle avait eu de la chance que son fiancé comprenne son choix et ne la pousse pas à entrer à nouveau en contact avec eux à l'occasion de leur mariage. Et puis à quoi bon...Prudence était certaine qu'ils ne seraient même pas venus...

    Alors qu'elle avait pris la parole, elle vit le pasteur détourner son visage sur elle. Elle ne savait pas s'il avait des enfants, s'il pouvait comprendre ce qu'elle disait. Mais elle avait ressentie le besoin de lui dire ce qu'elle pensait. Son passé faisait qu'elle avait grandi trop vite. Elle n'avait pas envie de faire endurer ce genre de chose à Violet. Elle souhaitait que sa petite fille reste le plus longtemps possible, une petite fille insouciante. Et que son plus gros dilemme était celui de choisir entre sa poupée Melinda et son ourson Puppy quand elle allait dormir chez ses copines. « Vous êtes encore là, vous n'êtes pas en train de l'abandonner ... Elle sait déjà que vous l'aimez, même moi je le sais, ça se sent, alors elle sait que vous êtes là. Que vous serez toujours là. » La décoratrice d'intérieur porta son regard sur l'homme d'église. Elle esquissa un mince sourire en voyant qu'il tentait surement de la réconforter. Enfin, il devait croire que c'était son « travail », vu qu'il était pasteur et qu'elle se trouvait dans « son » église. Mais elle ressentait aussi beaucoup de compassion de la part du religieux et ses paroles étaient beaucoup moins gênantes en fin de compte. Oui, Violet savait qu'elle l'aimait. En tout cas, Prudence ne perdait jamais une occasion pour le lui dire ou lui montrer. Elle n'avait pas peur de lui dire « je t'aime », de la serrer dans ses bras. Elle ne voulait pas que Violet doute de l'amour de sa mère à son égard. Prudence ne voulait pas reproduire ce qui s'était passé dans son enfance. Violet savait que sa mère l'aimait et qu'elle avait été un petit miracle. SON miracle. Prudy acquiesça doucement de la tête. Elle adorait sa fille oui, c'était indéniable et si elle en était là aujourd'hui, c'était grâce à elle, grâce à Dominic, grâce aux Sullivan et à Dwayne qui avaient toujours été là pour elle. Elle ne put s'empêcher de sourire en repensant à eux. Finalement, elle n'avait aucun droit de se plaindre. Certes sa famille n'était pas parfaite et d'ailleurs aucune famille n'était parfaite mais c'était la sienne. Elle avait une famille et elle l'aimait. Elle savait bien que Dwayne avait des soucis et elle aimerait bien l'aider. Mais elle voulait que ce dernier fasse un pas vers elle. Elle ne pouvait pas lui tendre la main s'il ne levait pas les yeux sur elle. Peut-être qu'elle attendait qu'il règle ses problèmes pour enfin lui parler de sa maladie. Mais elle se demandait si elle avait encore assez de temps devant elle pour le faire. Elle sortit de ses pensées aux paroles du pasteur. « Vous semblez beaucoup vous souciez l'un de l'autre, vous et lui. » Elle le regarda et acquiesça de la tête. Oui ils se souciaient l'un de l'autre. Et c'était peut-être pour cette raison qu'aucun d'eux ne voulait réellement se confier. Après tout, pourquoi en vouloir à Dwayne de ne rien lui dire, alors qu'elle même faisait la même chose. C'était incohérent. « Vous avez raison...et c'est peut-être pour cette raison que nous gardons tous les deux le silence sur nos problèmes, pour ne pas inquiéter l'autre. » La jeune femme reporta son regard sur ses mains qui tenaient toujours le mouchoir encore immaculé que lui avait passé le pasteur. « Nous avons une relation très forte... Mon fiancé était son frère jumeau. Et sa mort nous a rapproché. On a essayé d'avancer sans lui. Cela n'a pas toujours été facile...mais je crois, j'espère qu'on a passé le plus dur. » Prudence savait pertinemment que Dwayne n'avait toujours pas fait le deuil et peut-être même qu'il n'y arrivera jamais. Mais elle était certaine qu'il pouvait continuer à avancer. C'est ce que Dominic aurait voulu. Il n'aurait pas souhaité voir son frère dans cet état, comme Prudence l'avait laissé ce matin là après le club de striptease. Dwayne était vivant, il devait en profiter. Il devait vivre et non pas survivre.

    « Ne vous excusez pas, vous n'y êtes pour rien. » Prudence était sincèrement désolée d'avoir rappeler de mauvais souvenirs à l'homme d'église. Ce dernier avait été confronté à la maladie, par le biais de sa femme. Et elle lui avait parlé sans savoir que ces paroles pourraient être douloureuses pour lui. Elle en était désolée. En aucun cas, elle ne voulait faire preuve d'une quelconque pitié. Non il ne s'agissait pas de ça. Elle était peut-être la mieux placée pour savoir ce qu'il pouvait ressentir et elle ne voulait certainement pas faire preuve de mauvaise foi. Mais elle commençait vraiment à croire que cette discussion n'était pas arrivée par hasard. Quelle chance avait-elle de s'arrêter devant une chapelle et que le pasteur qui était venu à elle, avait connu la même situation qu'elle? Combien de chance? Prudence ne pourrait le dire. Mais elle savait en tout cas que ce pourcentage était minime. « Qui sait ... tout dépend de l'importance que vous accordez aux signes. » La réplique du religieux lui soutira un nouveau sourire. Elle se sentait bien, enfin un peu mieux que ces vingt dernières minutes. Elle se sentait apaisée. Elle porta le mouchoir à ses yeux pour tamponner légèrement ces derniers. Les signes, est-ce qu'elle devait vraiment y croire? Elle n'en savait rien. Mais peut-être que parfois, cela faisait du bien de se rattacher à quelque chose. Malgré tout, elle n'oubliait pas pour autant que jusque là, elle avait juste écouté son instinct. « Mais si c'est mon avis que vous voulez, alors oui, je pense que c'est peut-être un signe ... les choses arrivent rarement par hasard. Du moins c'est ce que je crois. » Elle allait répondre quelque chose quand un bruit assourdissant se fit entendre. Les cloches de la chapelle se mettaient à résonner. Elle sentait le bruit faire vibrer son corps. Elle baissa ses yeux sur sa montre. Il était dix-neuf heures. Elle n'avait pas vu le temps passer. Elle ne savait même plus depuis combien de temps elle était assise là, sur ce banc. Elle aurait du être avec Violet à cette heure-ci. Mais la filette était chez des amies pour y passer la nuit. Le week-end était là et elle pouvait en profiter. Personne n'attendait Prudence et elle s'était donc permise de passer un peu de temps dans la chapelle. Mais elle ne voulait pas abuser d'avantage du temps du pasteur. Il avait surement des tas de choses à faire. Et d'ailleurs son « service » venait sûrement de prendre fin. Elle posa son regard sur lui quand le silence revint à nouveau dans la grande salle. « Et ça alors, c'est aussi un signe? » Elle sourit un peu plus. Son malaise s'était un peu dissipé même si elle se sentait encore un peu nauséeuse. « Cela doit dire que je vous ai assez accaparé et que je dois m'en aller? » Elle reporta son regard bleuté devant elle. Cette discussion lui avait fait du bien. Elle se disait finalement que venir ici, cela avait été une bonne chose. Elle aurait voulu que celle-ci dure un peu plus longtemps. Mais le pasteur avait probablement des milliers de choses à faire et elle, elle devait avoir une discussion avec son beau frère. Oui, elle s'était enfin décidée à parler à Dwayne. Il devait savoir. Même si pour l'instant, elle voulait préserver sa petite fille, elle devait au moins mettre au courant son beau frère. Elle reporta son attention sur le pasteur. « Merci... pour cette discussion, pour le mouchoir et le reste. »
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MessageSujet: Re: A little Prayer (Pv Tim) Jeu 29 Sep - 6:15

Timothy avait beau être pasteur et donc forcément vivre en fonction de sa foi, il n'en était pas pour autant ce genre de personne un peu illuminées qui voyait dans chaque chose une manifestation divine et prenait tout ce qui pouvait arriver autour de lui pour un signe quelconque. Pourtant dans le cas présent, concernant le hasard qui avait poussé la jeune femme à mettre les pieds dans cette chapelle alors qu'elle ne l'avait fait avant, pour justement aborder un sujet sur lequel Timothy ne pouvait que trop bien la comprendre, il ne pouvait pas penser qu'il s'agissait d'un simple hasard justement ... Il y avait le hasard d'un côté et les coïncidences de l'autre, et si Timothy réussissait à croire sans mal au hasard, en revanche les coïncidences il avait un peu de mal dès qu'elles apparaissaient plus d'une seule à la fois. Alors oui, c'était sans doute un signe, même si Timothy ne voyait pas encore très bien où cela pourrait les mener ... Bon, il lui avait permis de se confier c'était déjà un bon point, car non seulement elle semblait en avoir besoin mais en plus elle avait elle-même avoué n'en avoir encore jamais parlé à personne. Et ce genre de secret cela devenait vite dur à porter à bout de bras quand on avait personne pour nous aider. Mais justement, Timothy pouvait-il vraiment aider la jeune femme au fond ? Car au fond ce n'était pas avec des mots que l'on trouvait une solution à ce genre de problème ...
Il n'était qu'un pasteur, il n'avait pas de vrai solution à ce genre de choses. Son rôle c'était d'écouter et de conseiller, son domaine c'était l'acceptation et la paix personnelle ... mais comment dire à cette jeune femme en face de lui, qui avait une famille et la vie devant elle, qu'elle devait accepter ce qui lui arrivait sans broncher ? Il ne pouvait pas lui dire une chose pareille, d'autant plus qu'il n'avait lui-même jamais eut de réponses à ses questions. Pourquoi Sara ? Pourquoi si jeune ? Pourquoi ce Dieu qu'il priait pourtant tellement lui avait-il repris la femme qu'il aimait aussi vite ? Parce que six ans ce n'était pas assez, c'était trop court, trop court pour qu'il puisse en rester quelque chose de plus que des souvenirs, quelques photos et et une pièce remplie de toiles peintes par Sara et que Timothy n'avait jamais pu se résoudre à vendre, comme si s'en séparer revenait à se séparer un peu plus de celle qu'il aimait toujours autant que lorsqu'elle était encore là. Alors non, il ne pouvait pas parler d'acceptation à cette femme, il ne pouvait qu'au mieux l'aider à comprendre qu'elle ne devait pas lâcher prise, jamais. Pour elle et pour ceux qui tenaient à elle, qui comptaient pour elle, pour qu'ainsi peu importe ce qu'il adviendrait elle saurait qu'elle n'avait jamais rien lâché et elle pourrait en être fière. Il espérait simplement que d'ici là elle aurait réalisé qu'elle avait besoin du soutien des siens pour tenir le coup, que personne ne lui demandait d'être Wonder-woman et que peu importe les conséquences avoir quelqu'un pour l'épauler ne pourrait lui être que bénéfique.

    « Nous avons une relation très forte ... Mon fiancé était son frère jumeau. Et sa mort nous a rapproché. On a essayé d'avancer sans lui. Cela n'a pas toujours été facile ... mais je crois, j'espère qu'on a passé le plus dur. » A nouveau il avait répondu par un signe de tête. Il aurait aimé pouvoir lui dire avec certitude que oui, ils avaient passé le plus dur, mais il n'était pas devin ... et à vrai dire il avait comme la sensation que le plus dur restait peut-être à venir. « Je l'espère vraiment. » le sourire qu'il lui adressait était presque timide, mais néanmoins sincère.

Son air bien veillant cependant s'était quelque peu estompé lorsque Sara avait été mise sur le tapis. C'était un peu bête, Timothy se rendait bien compte de cela mais il n'arrivait pas à s'en empêcher, même plusieurs années après il sentait toujours se rouvrir cette brèche dans son cœur dès qu'il était question de l'amour de sa vie, de celle qu'il avait perdu mais sans qui il avait l'impression de ne plus vraiment vivre, pas entièrement. Mais pourtant en façade il essayait de faire comme si, parce que ça la foutait mal un pasteur qui ne réussissait même pas à faire son deuil, et parce que Timothy était comme ça, il ne laissait jamais personne voir ce qu'il pouvait vraiment ressentir, il ne voulait pas que l'on puisse l'étudier, le juger, le deviner. Pour certaines personnes il pouvait paraitre froid, pour d'autres simplement timide ... La vérité était simplement qu'il avait du mal à nouer des relations lorsqu'il n'était pas le pasteur Goodwin mais qu'il était simplement Tim.
Comme pour mettre fin au débat, les cloches de la chapelle s'étaient finalement immiscées dans la conversation sans crier gare. Il était tard, l'après-midi avait cédé sa place au début de la soirée, et pourtant Timothy avait - comme souvent lorsqu'il était dans sa chapelle - l'impression d'être ailleurs, comme hors du temps. Son interlocutrice en tout cas sembla alors se souvenir de l'existence du dehors et de juger qu'il était temps pour elle de renfermer la parenthèse que constituait sa visite de la chapelle.

    « Et ça alors, c'est aussi un signe ? Cela doit dire que je vous ai assez accaparé et que je dois m'en aller ? » L'air pensif elle avait regardé devant elle quelques instants, comme pour capturer une image, celle qu'elle voudrait garder de cette chapelle si un jour elle y repensait. C'était quelque chose que Tim faisait souvent lui en tout cas ... peut-être parce qu'à avoir perdu ses parents puis Sara il avait bien compris la valeur de chaque instant, et espérait ne jamais en oublier aucun, bon ou mauvais.« Il serait temps que je rentre moi aussi, du moins je crois ... » Il ne savait pas trop en fait. Ces dernières semaines il avait toujours cette espèce de boule au ventre lorsqu'il rentrait chez lui, se demandant si ce soir allait être aussi morne que tous les autres soirs ou bien si une prise de bec avec Dana allait rendre les choses encore pire. « Mais si vous voulez revenir, un jour ... j'veux dire, vous êtes toujours la bienvenue ici. » Lui souriant à son tour la jeune femme avait attrapé son sac à main qu'elle avait posé à ses pieds en s'asseyant sans doute, et avait une nouvelle fois posé ses yeux sur lui avant de répondre « Merci ... pour cette discussion, pour le mouchoir et le reste. » Lui répondant d'un signe de tête et d'un nouveau léger sourire, il l'avait regardé se lever et avait marqué une courte hésitation, ouvrant la bouche d'abord sans rien dire avant de finalement se lancer « Ça va aller pour rentrer ? J'peux vous reconduire chez vous si vous voulez ... »

Il craignait de l'embarrasser, ou de se montrer trop insistant vis-à-vis d'elle, mais d'un autre côté il ne pouvait pas s'empêcher de se soucier de ce qui pouvait lui arriver si à nouveau elle se trouvait mal au volant de sa voiture. Elle avait certes un peu meilleure mine que toute à l'heure mais cela ne voulait pas dire pour autant qu'elle paraissait au meilleur de sa forme. Se levant à son tour il avait fait un pas en direction de la jeune femme avant d'hésiter à nouveau.

    « Je veux pas vous paraitre étouffant ou je ne sais pas ... simplement je serai plus rassuré de vous savoir arrivé à bon port. » Son regard à lui seul suffisait à prouver l'honnêteté des propos du pasteur. Timothy avait toujours été quelqu'un de très attentif aux autres, il avait cet espèce de côté Saint-Bernard qu'il ne réussissait pas à réprimer et qu le poussait à vouloir aider - ou du moins essayer - tout ce qui pouvait l'être et qui croisait sa route. « Désolé, j'suis du genre anxieux ... » Surtout à ce sujet. Les accidents de voiture il ne savait que trop bien les dégâts que cela pouvait causer.

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MessageSujet: Re: A little Prayer (Pv Tim) Sam 8 Oct - 2:49

Elle l'espérait vraiment, que le plus dur était derrière elle. Elle se doutait qu'il y allait avoir des moments difficiles, surtout depuis qu'elle se savait malade. Mais elle pensait vraiment qu'elle pourrait s'en sortir encore une fois. Elle voulait y croire, pas pour elle, pour Violet et pour Dwayne, parce qu'elle ne voulait pas leur faire subir son état, quel qu'il soit. Elle n'était pas égoïste au point de ne penser qu'à elle. Mais malgré tout, sa discussion avec ce pasteur lui avait ouvert les yeux. Elle ne pouvait pas garder le silence sur son état. Elle l'avait déjà fait pendant presque deux ans. Elle ne pouvait plus continuer ainsi. Elle avait essayé mais la jeune femme devait bien se rendre compte que le corps ne suivait plus. Elle avait beau être forte psychologiquement, physiquement ce n'était pas du tout pareil. Les aléas de sa maladie faisait qu'elle avait souvent des pertes de tonus, qu'elle avait parfois envie de rester chez elle, de ne pas bouger, de rester devant la télévision ou avec un livre dans les mains. Elle n'était d'ordinaire pas adepte des soirées en boite ou au milieu du bruit, elle l'était devenue encore moins avec sa maladie. Un rien pouvait à présent devenir agressif. Et elle se protégeait comme elle le pouvait. Prudence aimerait pouvoir proteger Violet de cette façon. Lui faire un monde sans obstacles mais elle savait très bien que c'était simplement impossible. Après tout, n'était-ce pas la jeune femme qui clamait haut et fort que c'était les obstacles dans nos vies qui faisaient que nous étions devenus les personnes que nous étions à cet instant précis? Pourtant, il suffisait qu'elle regarde Violet pour perdre ses bonnes résolutions. Elle flanchait devant sa jolie petite frimousse. Et puis, elle ne savait pas comment lui en parler, ce qu'elle devait dire sans lui faire peur, sans que des larmes ne finissent par couler sur ses joues rougies. Prudence se savait capable de flancher. Alors elle préférait encore attendre un peu avant de lui faire cette confession. Elle reporta les yeux sur l'autel alors que les cloches venaient de cesser leur mélodie. La jeune femme n'avait pas vu le temps passer. Et pourtant, elle n'était pas du genre à parler des heures et surtout pas à des inconnus, même religieux. Elle devait rentrer. Aux mots du pasteur, elle reporta ses yeux bleus sur lui.

    « Mais si vous voulez revenir, un jour ... j'veux dire, vous êtes toujours la bienvenue ici. » C'était une invitation qu'elle pourrait éventuellement accepter. Après tout, elle s'était rendue compte qu'une église n'était pas un lieu si... étrange et froid. Elle s'était sentie bien là, dans cette chapelle. Si bien qu'elle avait fini par faire la conversation avec le maitre des lieux. Ce qui était étonnant. Elle avait finalement apprécié cette discussion, même si elle avait soulevé un point dérangeant. « D'accord, je n'oublierai pas cette invitation. » Elle se leva doucement du banc afin de ne pas avoir la tête qui tourne puis elle récupéra ses clefs de voiture et son sac. « Ça va aller pour rentrer ? J'peux vous reconduire chez vous si vous voulez ... » La jeune décoratrice regarda à nouveau son interlocuteur, gardant une main sur le banc face à elle. Elle ne se sentait pas totalement en pleine forme mais elle pouvait encore conduire. « Non ça va aller, je vous assure... » Oui, elle était encore capable de rentrer chez elle seule. Et puis la route n'était pas très longue. D'ici une bonne dizaine de minutes, elle se retrouvera dans Ministry Lane. « Je n'habite pas très loin d'ici. » Elle esquissa un sourire avant de sortir doucement de la rangée. Elle posa son sac sur son épaule droite. Elle se sentait un peu fébrile sur ses jambes mais une fois dans la voiture, cela irait mieux. « Je veux pas vous paraitre étouffant ou je ne sais pas ... simplement je serai plus rassuré de vous savoir arrivé à bon port. » Prudence se tourna à nouveau vers l'homme d'église. Elle se demandait pourquoi il insistait autant. Elle était bien venue seule. Oui, enfin elle était venue sans vraiment le vouloir. Elle hésita. Elle ne voulait pas non plus avoir un nouveau malaise au volant. Là elle avait pu s'arrêter mais si ce n'était pas le cas une prochaine fois? Elle finit par hausser doucement les épaules. « Désolé, j'suis du genre anxieux ... » La décoratrice l'observa un instant avant qu'un mince sourire s'affiche sur ses lèvres. « Je vois ça.... d'accord. » Il avait peut être raison. Elle avait déjà eu un malaise aujourd'hui. Elle serait inconsciente de reprendre le volant. Elle fouilla son sac et elle en sortit son trousseau de clef . « J'habite dans Ministry Lane...mais... » Elle donna ses clefs au religieux avant d'ajouter: « ça me gêne de prendre de votre temps. Je suppose que vous avez eu une longue journée vous aussi... » Et puis, elle ne voulait pas qu'il fasse un détour pour elle. Il avait surement des tas de choses à faire. Elle avança toutefois jusqu'aux grandes portes en bois de l'entrée. Quand elle poussa l'une d'eux, elle sentit le soleil sur son visage. Elle esquissa un sourire. Il faisait encore très bon. Elle jeta un oeil devant elle et aperçu son 4x4 qui n'avait pas bougé. Elle jeta ensuite un regard à l'homme d'église qui se tenait à ses côtés. Elle lui tendit la main. Ils s'étaient parlés pendant un long moment sans même se présentait. « Je m'appelle Prudence Ledwhyn, enchantée. » Ce serait faire preuve d'impolitesse de poursuivre la discussion, sans chercher à se présenter. Quoiqu'elle devait être la seule à ne pas connaître le pasteur de la ville. En tout cas, elle voulait rattraper l'erreur. Puis tous les deux prirent la voiture qui était garée sur le trottoir d'en face.
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MessageSujet: Re: A little Prayer (Pv Tim) Dim 6 Nov - 12:51

Timothy n'avait pas toujours été comme ça, ce côté Saint-Bernard il n'était pas né avec ... Oh bien sûr il avait toujours été une personne altruiste, et très tournée vers les autres, ça ce n'était pas une nouveauté en soi, mais simplement ce qui était au départ un simple trait de personnalité était devenu au fil des années carrément un mode de vie. Un mode de vie qui si il avait ses avantages avait aussi ses inconvénients. Il y en avait certains que la prison rendait plus froids, plus distants ou plus renfermés, mais pas Timothy ... Cela lui avait sans aucun doute appris à être plus mesuré, moins tête brûlée et impulsif, mais cela lui avait surtout appris l'importance de ne pas être tourné uniquement vers soi-même mais aussi et surtout vers les autres. Mais bien sûr tout cela il ne l'aurait sans doute pas appris avec autant de rigueur s'il n'avait pas un jour, par le plus grand des hasards, échoué dans la chapelle du centre pénitentiaire tout ça pour échapper à une bonne raclée ... Comme quoi, parfois le reste de votre vie ne tenait qu'à une fil, qu'à un évènement, qu'à un heureux ou moins heureux - hasard. Mais le fait était que devenir pasteur avait accentué ce trait de personnalité qu'il avait déjà, et avoir connu puis perdu Sara était sans doute le dernier des éléments qui l'avaient amené à devenir ce qu'il était aujourd'hui. Plus seulement attentif ou altruiste, ou même soucieux, mais carrément anxieux à propos des autres, en permanence ... Pour ses sœurs il savait que cela pouvait être fatiguant, vraiment, aussi il essayait à tout prix de faire des efforts mais en résultait alors l'effet inverse ; Il ne savait pas comment leur parler, surtout Dana, et de ce fait il la voyait s'éloigner là où il aurait voulu réparer la cassure qui s'était installée entre eux voilà plusieurs années maintenant. Il ne savait plus vraiment depuis quand, pas exactement du moins, mais c'était il y a longtemps en tout cas.

    « Je vois ça ... d'accord. » Le pasteur se sentait à la fois stupide et soulagé, c'était un mélange assez étrange mais cela dit c'était le genre de sentiment contradictoire auquel il était lui-même relativement habitué ; Timothy était quelqu'un de contradictoire, c'était un fait. « J'habite dans Ministry Lane ... mais ... ça me gêne de prendre de votre temps. Je suppose que vous avez eu une longue journée vous aussi ... » Longue journée ? Pas vraiment, mais un peu éprouvante c'est vrai ... Sans doute parce que sa visite à la Maine State Prison l'avait un peu éprouvé psychologiquement. Plus qu'il ne l'aurait souhaité à vrai dire. « Ça ne me dérange pas, je passe mes journées enfermé ici alors vous pensez ... Et puis je vis dans le même quartier, alors c'est probablement sur mon chemin » répondit-il dans un nouveau sourire, comme pour tenter de la convaincre définitivement.

Finalement, tandis que la jeune femme s'était dirigée vers l'entrée principale de chapelle, Timothy avait lui fait un rapide détour par son bureau pour y récupérer son blouson, après quoi il avait fermé à clef la porte de son bureau avant de rejoindre Prudence ; Dehors il faisait encore jour, mais déjà le soleil disparaissait derrière le toit des maisons alentours. Refermant derrière lui la grosse double porte de la chapelle, le pasteur ne l'avait cependant pas fermé à clef, car la maison du Seigneur jamais n'était fermée à quiconque. Cela pouvait paraitre un peu risqué, laisser ainsi le lieu ouvert en permanence, lorsque personne n'était là pour surveiller ... Mais Timothy n'avait que rarement rencontré de problèmes à ce sujet depuis qu'il était en poste ici ; Il y avait bien eut une bande de petits malins une fois qui avaient coiffé la statue de Sainte Madeleine d'un masque à l'effigie du président des États-Unis - c'était encore Bush fils à l'époque - et l'avaient recouverte de farine, mais ce n'était pas encore bien méchant et en dehors de ça il semblait que les habitants de New Heaven aient encore un certain respect pour leur lieu de culte. Cela dit, le système d'alarme mis en place avec l'aide de l'association inter-paroissiale devait à n'en pas douter dissuader de se risquer à s'aventurer dans la chapelle pour autre chose que s'y recueillir.
La demoiselle l'attendait sur le parvis, non loin de son 4x4 garé le long du trottoir, à quelques mètres d'eux seulement. A la lumière du jour elle lui semblait un peu moins pâle que sous les lumières blafardes de la chapelle ; De quoi rassurer un peu Timothy. Ce teint blafard façon papier mâché lui rappelait trop celui qu'avait Sara les dernières semaines de sa maladie, et il n'aimait pas être ramené à ce genre de souvenirs, même lorsque le contexte était différent. Nouveau léger sourire donc devant l'air un peu moins éteint de la demoiselle, qui par ailleurs avait tendue la main vers lui d'un air résolu pour se présenter.

    « Je m'appelle Prudence Ledwhyn, enchantée. » Prudence ? C'était un joli prénom, et qui plus est il trouvait que cela allait plutôt bien à la jeune femme ... Il ne saurait pas vraiment dire pourquoi, c'était simplement un sentiment qu'il avait. Attrapant la main qu'il lui tendait, il la serra quelques instants avant de la lui rendre et de répondre sur le même ton « Timothy Goodwin, Tim. Ravie de vous rencontrer Prudence. » Nouveau sourire. A dire vrai Timothy venait sans aucun doute de sourire plus en l'espace d'une conversation qu'il ne l'avait fait en toute une journée, voir en toute une semaine. Le pasteur n'était décidément jamais plus à l'aise que sous son habit professionnel.

A côté du 4x4 de la jeune femme, la vieille voiture de Timothy avait sans aucun doute peu fière allure, mais la vérité était que notre pasteur n'en prenait pas grand coin, ou plutôt disons qu'il n'était pas le genre à bichonner sa voiture comme s'il s'agissait d'un animal domestique, comme pouvait le faire le type qui habitait la maison en face de la sienne. Timothy n'était pas un fanatique de la conduite, à vrai dire il détestait cela même - rien d'étonnant cela dit vu ses antécédents en matière automobile - et il ne conduisait que lorsqu'il n'avait pas le choix, ou qu'il faisait vraiment trop mauvais pour se déplacer en ville à pieds. Que sa voiture soit garée devant la chapelle alors qu'il avait fait beau toute la journée était donc un fait relativement exceptionnel, et il y avait fort à parier que sans ce rendez-vous au centre pénitentiaire elle serait restée devant sa maison de Ministry Lane encore plusieurs jours. Et puisqu'on en était à parler de voiture justement ...

    « Vous préférez prendre votre voiture ou la laisser ici ? » En ce qui le concernait, Timothy se fichait un peu de laisser sa propre voiture ici, ce n'était pas dans ce quartier qu'elle risquait quoi que ce soit et qui plus est il venait à pieds pratiquement tous les jours alors devoir le faire le lendemain ne serait pas un problème. La question était surtout de savoir ce que la jeune femme souhaitait faire de sa voiture à elle, si elle se sentait de conduire ou non, et si tel n'était pas le cas si laisser Timothy prendre le volant était ou non un problème.

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A little Prayer (Pv Tim)

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