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Des secrets à révéler, lieutenant Marshall ?

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Je m'intègre. Qui aurait cru que cette ville n'abritait pas que des inadaptés...

★ NOM DE L'AVATAR : Rachel Bilson
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MessageSujet: Des secrets à révéler, lieutenant Marshall ? Jeu 7 Oct - 13:02


Dwayne S. Marshall & Heaven Von Wegberg

<< Il ne suffit pas de partager un patrimoine commun, encore faut-il vivre dans le même monde. >>

    Réveillée par des ronronnements de chat un dimanche. Heaven tourna tant bien que mal la tête vers son réveil. Huit heures. Il était beaucoup trop tôt, alors la jeune femme pesta contre Chupa, son chat persan, qui continuait de lui donner des coups de tête. Elle le faisait partir de son lit afin qu'elle puisse se rendormir mais Chupa revenait quelques secondes après et la jeune femme ne pouvait résister très longtemps alors elle le laissa s'installer au creux de son bras. Elle songea que son chat pouvait être tellement envahissant parfois, mais elle l'adorait. Il devait bien être le seul avec qui elle était véritablement comme elle était devenue depuis la fusillade. La fusillade, elle y pensait souvent. Pourtant, cela faisait maintenant deux ans. A croire qu'un traumatisme comme ça, cela ne pouvait pas s'oublier même quand personne de sa propre famille était mort. Mais le fait est que la jolie brune n'arrivait pas à oublier la peur qu'elle avait ressentie. Elle n'arrivait pas à oublier Shelby essayant de sauver London. Elle avait vu deux personnes mourir. D'ailleurs, elle se souvenait encore qu'elle était tellement pétrifiée qu'elle n'avait même pas remarqué de suite sa propre douleur. Malgré le fait que son rétablissement physique ait été rapide, il y avait toujours les deux cicatrices qu'Heaven conserverait à vie. L'une d'elle était sur la jambe et était plutôt moyenne tandis que l'autre était dans le dos et la taille de cette dernière était plutôt impressionnante. Il lui était difficile de les cacher. Cependant, elle avait remarqué que ça n'empêchait pas les garçons de coucher avec elle, alors elle ne s'en plaignait pas plus que cela. Évidemment, elle ne les montrait pas, elle veillait à les cacher. Et puis, il y avait les cicatrices psychologiques. Heaven était différente depuis. Au fond, elle était devenue quelqu'un d'autre. Mais ça, elle ne le montrait à personne, elle préférait garder ses apparences de garce. Et puis elle restait tout de même très sûre d'elle, et manipulatrice. Peu de gens méritait sa confiance alors peu de gens pouvait la voir comme elle était devenue.

    Mais plus que ce changement, après la fusillade, Heaven avait repris certaines de ses habitudes. Par exemple, elle se droguait un peu plus depuis. Cela restait toujours beaucoup moins que lorsqu'elle avait seize ans mais le fait est qu'elle n'avait pas complètement arrêté. Personne n'était au courant de cela. C'était son -petit- secret. Personne ne le savait. Personne jusqu'à il y a quelques jours en tout cas. La jolie brune avait été arrêté par un flic alors qu'elle était en possession de cocaïne. Elle venait d'en racheter et en se faisant contrôler par ce flic, il a vu la drogue. Elle avait passé peu de temps en garde à vue puisqu'elle n'avait pas d'antécédents connus. En outre, par chance, son père ne fut pas mis au courant. En tout cas, maintenant, elle ferait plus attention. Depuis, elle n'avait pas eu d'autres problèmes.

    Nouveau coup d'oeil sur le réveil. Neuf heures. Et elle ne s'était pas rendormie à force de repenser à cette fusillade. D'un autre côté, elle n'avait pas envie de refaire un cauchemar si jamais elle s'endormait alors... Chupa, lui, au contraire, dormait profondément. La jeune femme eut un sourire. Il était temps de se lever alors elle repousse gentiment son chat puis sortit du lit. Comme tous les matins, et surtout le dimanche, la jolie brune se dirigea dans le salon où elle alluma la chaîne hifi. Elle hésita quelques instants puis finalement mit un disque de pop-rock. Augmentant un peu le volume, elle se mit à danser. Et puis, un choix s'imposa à elle. Café ou cocaïne ? Cruel dilemme ! Heaven se dirigea vers la cuisine afin de mettre la cafetière en route. Apparemment, son choix s'était porté sur le café. Ensuite, elle se dirigea vers la salle de bain. Apparemment, son choix s'était, en fait, porté sur les deux. Elle se regarda dans le miroir, brossa ses cheveux puis ouvrit le placard. Son regard s'arrêta sur les pilules que son médecin lui avait prescrit pour la douleur. Cela faisait deux ans qu'il lui prescrivait ces pilules. Elles étaient faiblement dosées. Il arrivait à la jeune femme d'en prendre plusieurs en même temps même si son médecin ne lui avait autorisé que deux en même temps. Que voulez-vous, une droguée reste une droguée, c'est comme ça. Pour une fois, elle décida qu'il était trop tôt pour la cocaïne. Au lieu de cela, elle prit quatre de ses pilules qu'elle avala avec un grand verre d'eau. En refermant la porte du placard, elle se retrouva à nouveau face à son reflet. Elle était belle, il n'y avait pas à redire là dessus. Elle était belle, même sans artifices. Elle était belle et elle le savait, c'était sans doute ça le pire. Elle savait parfaitement jouer de ses charmes, ce qui la rendait encore plus diabolique. En plus d'être belle, elle était intelligente, alors tout le monde succombait. Logique ! Elle songea alors que les gens étaient vraiment pathétiques.
    La matinée commençait pourtant bien.


      << Je peux savoir ce que vous faites chez moi ? >>


    Pas même un bonjour. Il faut dire qu'Heaven avait la rancune tenace. Après tout, l'homme qui l'avait arrêté se trouvait en face d'elle, à la porte de chez elle. Heureusement qu'elle n'avait pris que des pilules. Même en ayant dépassé la dose, elle avait encore les idées claires. Elle baissa brièvement la tête. Elle n'était pas encore habillée et était donc encore en pyjama. Enfin si je peux appeler un boxer et un débardeur long, un pyjama. Très sexy la demoiselle d'ailleurs. Sans dire un mot de plus, la jeune femme prit la direction de la cuisine avec un sourire. Elle était fière de son appartement. Appartement quoiqu'un peu trop grand pour elle mais, surtout, offert par son père, et décorée par elle-même. La décoration était simple, classique mais classe. Rien n'était laissé au hasard, rien n'était de travers. Tout était parfaitement propre et rangé. Pendant que le policier regardait l'appart', la jeune femme servit du café dans deux tasses. Elle retourna face à l'homme et lui tendit une des tasses.

      << Vous voulez peut-être me fouiller au corps pour voir si je ne cache pas de coke dans ma ptite culotte, lieutenant Marshall ? >>


    Séduire était l'arme infaillible de Heaven. Pourquoi pensez-vous qu'elle serait rester habillé de la sorte ? Toute femme pudique serait aller enfiler au moins un jean mais pas la jolie brune qui resta à moitié déshabillée. Et puis, elle trouvait le lieutenant de police vraiment très sexy et il avait des yeux magnifiques. Heaven avait du mal à ne pas se plonger dedans. Et puis, les hommes en uniforme, elle adorait ça. Elle les adorait surtout dans son lit, à dire vrai. Mais elle aimait les regarder, les séduire jusqu'à ce qu'ils succombent à son charme. Au début, ils se montraient souvent réticents mais au final, ils se laissaient séduire. Et la jeune femme espérait bien que Dwayne se laisserait séduire. Il ne lui avait même pas encore dit pourquoi il était là. Heaven but une gorgée de son café. De toute façon, la jeune femme ne lui avait pas vraiment laissé le temps d'en placer une. C'était bien une femme ! Toujours en train de parler mais qui n'écoutait jamais !
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MessageSujet: Re: Des secrets à révéler, lieutenant Marshall ? Ven 8 Oct - 0:14


    « Like this city's on fire tonight
    This could really be a good life »

      good life - one republic

    icons © yumita
Heaven Von Wegberg & Dwayne S. Marshall
Des secrets à révéler ... ?

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Les résolutions de Dwayne de reprendre un rythme de vie normal ne tenaient décidément pas longtemps la route, et l’arrivée en ville de sa belle-sœur Prudence et de sa nièce Grace n’y avait au final pas changé grand-chose. Bien sûr il s’octroyait un peu plus de congés maintenant qu’il avait la possibilité de rattraper ces quatre années perdues avec elles, mais comme on dit « chassez le naturel et il revient au galop ». Et justement, vivre pour son boulot et se préoccuper assez peu de savoir si ses horaires ou son planning pouvaient être considérés comme normal n’était pas quelque chose auquel le jeune homme prêtait beaucoup d’attention. Aujourd’hui en était une preuve, nous étions dimanche, journée où les gens normaux profitaient de la grasse matinée ou voir même allait à l’église, et lui conduisait sa voiture de service, vêtu de son uniforme. Oui, Dwayne travaillait le dimanche matin, et si vous teniez à le savoir il avait travaillé le samedi également … A vrai dire il avait échangé les deux jours qui suivaient Thanksgiving et ce week-end là avec un autre collègue qui lui avait une obligation familiale ce dimanche. Dwayne avait accepté, après tout travailler un week-end il s’en foutait un peu, sa vie sociale et sentimentale était tellement palpitante de toute manière, mais cela dit il n’avait maintenant plus aucune excuse pour échapper au diner familial de Thanksgiving chez ses parents … Et ça, c’était beaucoup moins drôle. Il était encore temps de refuser, il n’avait même pas encire fait de réservation pour un éventuel billet d’avion, mais il savait que Prudence ne le lâcherait pas si il décidait de ne pas venir, et de plus son père serait à n’en pas douter très déçu … Et ça c’était la raison suffisante à faire capituler Dwayne, décevoir son père n’était simplement pas envisageable.
Bref, tout ça pour dire que Dwayne travaillait donc ce dimanche, et malgré les neuf heures du matin qu’indiquait le cadran digital de la voiture il semblait déjà qu’il y ait à faire à New Heaven. Enfin Dwayne ne s’attendait pas à trouver cette journée palpitante, quoi que s’apprêtait à lui dire l’officier à l’autre bout de la ligne de radio interne du commissariat … Que pouvait-il bien se passer un dimanche matin à New Heaven ? On parlait de la ville la plus calme et ennuyeuse de l’état, du pays même peut-être qui sait. Bon non d’accord, il y avait eut une fusillade ici deux ans auparavant, ce n’était pas anodin … Et c’était un dimanche en plus, de quoi faire taire la mauvaise langue de Dwayne cette fois-ci. Mais la fusillade ce n’était pas quelque chose dont il aimait se rappeler, aussi chassa-t-il rapidement cette pensée de son esprit avant qu’elle ne s’installe et qu’il ne commence à se repasser la scène au ralenti. Un tir en l’air, des cris, de la bousculade, puis treize autres coups de feu tirés à travers la foule sans jamais atteindre la cible supposée : Sidney Ainsworth. Un temps à terre avec la dénommée Shannen Townsend qu’il avait rencontré quelques instants auparavant, Dwayne s’était faufilé tant bien que mal entre les invités paniqués avant d’arriver enfin à repérer Jackson Everson. Trois coups avaient été tirés par Dwayne et son coéquipier pour abattre l’auteur de la fusillade, mais en réalité le second coup de Dwayne avait à lui seul été fatal au jeune homme ; Une balle logée juste sous la jugulaire et c’en était fini du fils Everson. Pas que Dwayne soit fier cela dit, même s’il savait qu’il n’avait pas eut d’autre choix il en était passé par une bonne dose de séances de psy … Et quand on savait à quel point Dwayne aimait parler de lui-même, on comprenait que pousser la porte d’un psy (même si c’était contre son gré) était un véritable lynchage de fierté personnelle pour lui.

Mais ce genre de choses cela n’arrivait pas tous les jours cependant. Fort heureusement d’ailleurs. Et la voix de son collègue fit redescendre Dwayne sur terre illico tandis qu’il laissait son esprit vagabonder.

    « On a une plainte pour tapage au 410 sur Tames Street. Ça viendrait du troisième étage. » Tapage à neuf heures du matin, la blague. Surtout pour Dwayne qui se levait généralement à cinq heures trente. « Tapage ? Sérieusement mec ? » Dwayne avait ralenti tandis qu’il tenait le talkie-walkie dans sa main qui ne tenait pas le volant « Le Dimanche matin c’est sacré vieux ! Sauf pour ceux qui bossent, c'est-à-dire nous. » L’ironie perceptible dans la voix du bonhomme amusa Dwayne qui cependant repris son sérieux avant de répondre « C’est à deux rues, j’y vais. Terminé. »

Voyons voir un peu lequel de ces pauvres habitants riches à craquer avait eut ses oreilles importunées en cette journée de grasse matinée. Reposant le talkie à son emplacement Dwayne avait redémarré – il avait arrêté sa voiture le long du trottoir le temps de répondre – et bifurqué à droite au croisement suivant pour rejoindre Tames Street.

Il n’y avait pas à dire, ce quartier avait de la gueule, et pas qu’un peu. Dwayne n’échangerait son appartement sur Apple Street avec une maison de Ministry Lane ou Baron’s Field pour rien au monde, alors qu’en revanche Tames Street avait de quoi le laisser un peu rêveur … Mais bon, il avait un salaire de flic lui, il n’était pas « fils de » et n’avait pas les moyen de se payer le luxe d’un appartement dans ce quartier. Enfin il était le fils de quelqu’un bien entendu, mais son père à lui était gardien d’une réserve naturelle – et menuisier à ses heures perdues – et non pas dirigeant de telle ou telle société de fricards. Cela dit il préférait mille fois la vie qu’il avait eut avec son père et le reste de sa famille, modeste mais heureuse et enrichissante, et il n’enviait aucunement les gosses de riches bien souvent délaissés par leurs parents pour qui l’apparence et le standing comptait avant tout.
Il ralentit enfin au fur et à mesure que les numéros de la rue se rapprochaient de celui désiré et stoppa finalement sa voiture devant son objectif : 410 Tames Street. Se garant le long du trottoir il descendit ensuite de voiture et rejoignit l’entrée de l’immeuble style XIXe. Alors qu’il se posait déjà la question de savoir comment pénétrer le sas de l’immeuble sans code, le policier s’arrêta net devant la double porte vitrée donnant sur le hall. Sérieusement, il y avait un agent de sécurité qui faisait le pied de grue pour surveiller les allés et venus des habitants ? Il ne pouvait pas y aller lui-même, régler cette histoire de tapage ? Enfin Bref. Frappant contre la vitre avant de coller sa plaque de police contre le verre, Dwayne attendit que le bonhomme vienne lui ouvrir la porte et ne fut nullement surpris de voir un badge « Sparke Security » accroché à son polo. C’était bien simple, la société de sécurité de Winstord Sparke était la seule société privée de ce genre dans les environs.

Arrivé au troisième étage, Dwayne pu se rendre compte qu’effectivement l’un des appartements était un peu bruyant … M’enfin de là à aller se plaindre aux flics quand même, c’était un peu exagéré. Mais bon maintenant qu’il était là autant qu’il ne soit pas venu pour rien, aussi sonna-t-il à l’appartement concerné. Il du d’ailleurs sonner deux fois de plus avant qu’on vienne enfin lui ouvrir, parce que bien évidemment avec la musique le locataire de l’appartement n’avait rien entendu.
Ce ne fut que lorsque l’identité du locataire en question lui fut révélée qu’il se dit qu’il aurait sérieusement mieux fait de laisser courir et de ne pas insister en sonnant ici. Heaven Von Wegberg, ou la nana qui occupait plus ou moins ses pensées depuis le début de la semaine. Oh je vous voir venir tout de suite, forcément si elle « occupait ses pensées » parce qu’il était un homme cela signifiait forcément qu’il rêvait de la voir enlever ses fringues … Et bien vous n’y étiez pas du tout, et en plus de ça clairement vu la tenue dans laquelle elle lui était apparue lorsqu’elle avait ouvert la porte on ne pouvait pas dire qu’elle est un trop plein de fringues à retirer. Quoi qu’il en soit dès que Dwayne sur que c’était elle qui louait l’appartement il avait regretté d’avoir sonner, il n’avait pas encore décidé ce qu’il avait prévu de faire par rapport à ce qu’il avait découvert sur cette fille après l’avoir arrêté la semaine dernière, et la retrouver à nouveau en face de lui n’allait pas l’aider à prendre une décision. Bien au contraire cela risquait de l’embrouiller encore plus que ce n’était déjà le cas. Il faut dire qu’entre ses propres tergiversations, la conversation avec son père et celle avec Daniel il avait un peu de mal à s’y retrouver dans un tel gourbi … Et qu’est-ce que le père et l’ancien mentor de Dwayne venaient faire dans cette histoire vous allez me dire ? Attendez donc un peu, pas la peine d’être si pressé ; Pour le moment Dwayne avait besoin de réfléchir.

    « Je peux savoir ce que vous faites chez moi ? » Eh bah, plus aimable tu meurs cocote. Avec une phrase comme ça il n’était pas disposé à lui dire la vérité c’était certain, aussi cela avait-il suffit à le décider. Non, il ne lui dirait rien cette fois-ci, peut-être même ne lui dirait-il jamais rien. « Demandez à votre voisin du dessus, à ce qui parait vous lui avez gâché sa grasse matinée avec … peu importe ce que c’est, quoi qu’il en soit il n’a pas l’air d’être amateur de musique. Pas de la votre en tout cas. » Disant cela le policier avait pénétré dans l’appartement puisque le fait qu’elle s’éloigne en laissant ouvert était une sorte d’invitation à entrer, bien que dans un style particulier.

Bien que n’étant pas d’un naturel curieux, Dwayne ne pu s’empêcher de faire un rapide tour d’horizon de l’appartement, sans doute parce qu’il espérait ainsi se faire une idée un peu plus précise du personnage … Mais cela ne fut pas d’une grande aide, le style restait assez classique bien que classe, pas de quoi faire ressortir réellement quo que ce soit sur Heaven. Hormis peut-être le fait qu’elle était une manique du rangement, si tenté cela dit qu’elle se charge elle-même du ménage, et là encore cela restait à prouver.

De toute évidence pas décidée le moins du monde à aller enfiler un jean pour paraitre un peu moins dessapée aux yeux d’un inconnu, la jeune femme avait sortit non pas une mais deux tasses qu’elle s’apprêtait à remplir de café. Mais Dwayne pour le moment se demandait si oui ou non elle avait l’intention d’aller éteindre sa foutue musique … Mais non, bien entendu, c’eut été beaucoup moins amusant sinon. Tant pis pour elle puisqu’elle ne s’en chargerait pas Dwayne avait lui-même suivi le bruit de la musique pour que ses yeux se posent enfin sur la chaine hi-fi, qu’il avait coupée sans se soucier d’une éventuelle protestation de la jeune femme.
Revenant ensuite vers elle il ne pu s’empêcher de s’attarder sur ses courbes avantageuses … Bah quoi, il n’était pas aveugle non plus, il ne pouvait pas nier que la demoiselle était plutôt bien foutue. Mais stop, hors de question de s’imaginer quoi que ce soit à propos de cette fille là, même si à la façon dont elle s’était mise à le regarder en se retournant à son tour vers lui, elle espérait clairement qu’il fasse jouer son imagination justement.

    « Vous voulez peut-être me fouiller au corps pour voir si je ne cache pas de coke dans ma petite culotte, Lieutenant Marshall ? » Lui qui avait dans l’idée de ne pas remettre sur le tapis leur entrevue de la dernière fois, beaucoup plus désagréable pour elle que pour lui de toute façon, la voilà qui amenait le sujet toute seule. Il ne faudrait pas qu’elle se plaigne dans ce cas là. « Si je répondais oui j’aurai des chances de trouver quelque chose ? » Simple rhétorique, il n’attendait pas vraiment de réponse à cette question tout sauf sérieuse.

Trempant ses lèvres dans son propre café, la jeune femme avait fait glisser la deuxième tasse sur le bord de la table, faisant comprendre à Dwayne que la tasse lui était destinée, mais que si il ne la buvait pas alors elle se chargerait de le faire. Bon, un café ce n’était pas grand-chose, et Dwayne n’avait eut le temps d’en boire qu’un seul ce matin, il avait passé une nuit agitée et c’était réveillé plus tard que d’habitude ; Pas le temps pour lui donc de se faire sa double ration de café habituelle. Se rapprochant, il s’était saisi de la tasse fumante et après avoir trempé ses lèvres dans la mixture encore brûlante il l’avait reposé sur la table le temps qu’elle refroidisse un peu.
Heaven le fixait d’une façon qui le mettait un peu mal à l’aise il fallait bien l’avouer. D’ordinaire ce n’était pas chose qui le mettait dans un quelconque émoi, mais vu les circonstances et l’identité de la jeune femme il devait bien avouer qu’il trouvait la situation moyennement plaisante. Cela dit il n’était pas quelqu’un qui montrait facilement ses émotions et si à l’intérieur il était mal à l’aise et peut-être un peu nerveux, à l’extérieur il n’en paraissait presque rien.

    « Vous offrez toujours un café à ceux qui vous gâchent vos soirées ? Drôle de façon de partager sa rancune … » Si seulement il n’avait pas arrêté cette fille, il ne se torturerait pas l’esprit ainsi depuis plusieurs jours, à savoir ce qu’il devait faire. Mais il avait fallut qu’elle manque assez de jugeote pour se faire prendre, et maintenant il se disait que c’était une belle tuile qu’il lui était encore tombé dessus, alors qu’il n’avait vraiment pas besoin de ça en ce moment.

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Everywhere I turn I hurt someone, but there's nothing I can say to change the things I've done. Of all the things I've hid from you I can not hid the shame, and I pray someone something will come to take away the pain. There's no way out of this dark place, no hope, no future ; I know I can't be free but I can't see another way and I can't face another day ... Tell me where did i go wrong ? Everyone I love, they're all gone. I'd do everything so differently but I can't turn back the time, theres no shelter from the storm inside of me ...


Dernière édition par Dwayne S. Marshall le Lun 8 Nov - 12:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Des secrets à révéler, lieutenant Marshall ? Mar 12 Oct - 4:43


Dwayne S. Marshall & Heaven Von Wegberg

<< Il ne suffit pas de partager un patrimoine commun, encore faut-il vivre dans le même monde. >>

    Ca pour une surprise, c'en était une. Heaven ne s'attendait pas à recevoir de la visite ce matin, et surtout pas celle du sexy lieutenant Marshall. Bon, aux premiers abords, elle n'avait pas été très accueillante avec lui. Après tout, il l'avait arrêté pour détention de drogue et n'avait pas été très tendre avec elle. A dire vrai, la jolie brune sentait que le problème de Dwayne était qu'elle ne voulait pas dire où elle avait acheté cette drogue. Mis à part la personne qui lui procurait sa drogue, personne à New Heaven n'était au courant de ce penchant pour la poudre blanche et autre substance que la jeune femme avait. Enfin, maintenant, l'homme qui se tenait face à elle était au courant. Mais il était flic et un flic n'était pas censé dire à tout le monde ce genre de choses, n'est-ce pas ? Non, je ne pense pas. Enfin, Heaven ne s'était pas posée la question, même si elle n'avait pas les meilleurs sentiments pour lui, elle avait l'impression qu'il était digne de confiance. Peut-être était-ce une fausse impression après tout ? Je n'en sais rien, et la jeune femme non plus d'ailleurs. En ce moment, ce qui l'intéressait, c'était de faire craquer Dwayne. Et quoi de mieux que de se pavaner en petite culotte. Même ses cicatrices ne l'arrêtaient pas. Cette fille était vraiment dingue. Au lieu d'aller enfiler un jean, elle s'était dirigée vers la cuisine afin de faire deux cafés. Tout en remplissant les deux tasses de café, Heaven regardait l'homme du coin de l’œil. Ce dernier regardait l'appartement. La jeune femme eut un sourire, il devait sans doute essayer d'en savoir plus sur elle. Et il venait sans aucun doute de se dire qu'elle ne rangeait pas elle-même. Et, il avait en partie raison. Le père de la jeune femme avait engagé une femme de ménage, une fois par semaine. Mais, la jolie brune ne restait pas moins maniaque et aimait que tout soit rangé alors même quand la femme de ménage ne venait pas, elle ne pouvait s'empêcher de ranger, de nettoyer. Elle était ainsi. Elle était riche et maniaque. Enfin, elle vit Dwayne se diriger vers sa chaîne hi-fi et l'éteindre. La jeune femme leva un sourcil. Pour qui se prenait-il ? Il n'était pas chez lui ! Hors de question qu'il fasse comme bon lui semble. Lorsqu'il se retourna vers elle, cette dernière vit qu'il s'attarda sur ses courbes. Elle eut un nouveau sourire, mais se dirigea tout de même vers sa chaîne. Dos à Dwayne, elle sentit son regard sur elle. Cela ne la dérangeait pas en temps normal mais, bizarrement, ce fut comme si le regard du l'homme derrière elle brûlait la cicatrice qu'elle avait dans le dos. Jamais elle n'avait été gênée qu'on puisse voir la cicatrice de son dos, aussi grande soit elle. Pourtant, à cet instant, elle l'était. Peut-être parce que Dwayne a été un des flics à intervenir. Peut-être parce que c'était lui qui avait tiré le coup qui avait été fatal à Jackson Everson.

      << J'avais pas fini cette chanson. Et si ça ne plaît pas à cette vieille peau, c'est pareil ! >>


    Heaven remit sa chanson mais baissa tout de même le son. Il ne fallait pas qu'elle oublie qu'elle était dans un quartier riche et que c'était papa qui allait en payer le prix si elle faisait des conneries ici. Alors, même si elle se moquait bien que les voisins du dessus détestent sa musique, elle estima qu'il valait mieux pour elle qu'elle baisse légèrement le son. Ainsi, la musique était assez forte pour qu'elle l'entende mais assez basse pour que les voisins ne l'entendent pas. Parfait ! Elle pouvait à présent retourner face à Dwayne. Ainsi, elle se sentait moins gêné et surtout elle ne sentait plus sa cicatrice la brûler. Elle avait détesté cette sensation. Elle se demandait toujours pourquoi cela lui avait fait cela lorsque la question du lieutenant Marshall la fit sortir de son questionnement. Heaven eut un sourire malicieux avant de lui répondre.

      << Je sais pas, vous voulez regarder ? >>


    En disant cela, Heaven s'était rapprochée de lui. Elle le regarda tremper ses lèvres dans le café qu'elle lui offrait alors qu'elle même avait but quelques gorgés du sien. Elle avait contourné la table qui les séparait et se trouvait à présent face à lui. Il était plus grand qu'elle. Beaucoup plus grand à dire vrai. Mais ça ne l'impressionnait pas. Et puis, il paraissait mal à l'aise, ce qui plut beaucoup à la jolie brune. De plus, la question de Dwayne la fit éclater de rire. De ce rire sincère. De ce rire mélodieux qu'elle n'avait plus utilisé depuis longtemps.

      << Je vous offre ce café parce que vous ne m'avez pas laissé le temps d'en boire un avant de venir sonner à ma porte. Et puis... vous êtes sexy, ça aide ! >>


    Heaven le fixait dans les yeux. Elle songea alors qu'il devait penser qu'elle était horriblement superficielle. Il était un flic, il était donc obligatoire qu'il pense cela. Elle en était persuadée. Cela se voyait dans ses yeux. Et la jeune femme n'aimait pas du tout cela. Elle était loin d'être superficielle. Elle était peut-être séductrice, manipulatrice mais superficielle ne fait pas partie des mots qui la définissaient. Bien sûr, elle savait que pas mal de personnes la voyait ainsi et elle en jouait même parfois. Pourtant, comme avec sa cicatrice, elle avait l'impression que le regard de Dwayne Marshall la transperçait, l'analysait. Elle eut soudainement envie de remettre les choses au clair. Alors, la jeune femme se recula de lui, et retourna vers sa tasse de café dont elle but une gorgée, afin de se trouver du courage. Par où commencer ? Elle ne pouvait pas lui dire ça directement. Elle songea alors que c'était beaucoup plus simple quand elle était enfant. Au moins, elle ne se souciait que de son père. Ou plutôt, son père ne se souciait que d'elle. Au moins, étant enfant, elle ne se souciait que du dernier jouet qui venait de sortir. Elle ne se souciait que du fait qu'elle était la chouchoute de son père. Et bien sûr, son seul objectif était de pourrir la vie de sa mère. Au moins, jusqu'à ce que celle-ci parte en la tenant responsable de sa fausse couche. Depuis, elle n'avait plus de souffre douleur, mais depuis, elle se sentait incroyablement garce. C'est vrai, quand on vous dit un truc du genre « tu m'as pourri la vie et j'aurais préféré que ce soit avec toi que j'ai une fausse couche », ça calme direct. En tout cas, chez Heaven, ça a calmé son caractère de gentille petite fille et elle a grandi en devenant l'horrible garce qu'elle était aujourd'hui. Garce en apparence en tout cas. Et puis, il y avait la fusillade qui l'avait fait changé. Enfin, comment faire comprendre à ce cher lieutenant qu'elle n'était pas celle qu'il croyait. Elle se dirigea vers sa chaine hi-fi puis changea de chanson. Une chanson plus calme était de rigueur. Quoique... elle ne voulait pas tomber dans les confidences non plus. Elle n'allait pas se confier au flic qui l'avait arrêté tout de même ! Bon, il fallait qu'elle se lance.

      << Je ne suis pas la fille superficielle que vous croyez, vous savez ! >>


    Au mois, ça, c'était dit. Et, on voyait que Heaven ne disait pas ça en l'air. D'ailleurs, elle finit même par se diriger dans sa chambre, et prit le premier jean qui lui venait dans son armoire. Elle le mit puis retourna dans le salon où elle avait laissé l'homme tout seul après lui avoir balancé qu'elle n'était pas superficielle. Elle était persuadée d'avoir jeté un froid et, à dire vrai, elle n'était même pas sûre qu'il serait encore là quand elle serait revenue de sa chambre. Et pourtant, il n'avait pas bougé, du moins, elle en avait l'impression. En revenant face à lui, elle était gênée. Elle se demandait ce qui lui avait pris de dire une chose pareille. Il pouvait bien penser qu'elle était superficielle, ça lui était égal après tout ! Il ne serait pas le premier et surement pas le dernier à le penser. Il n'y avait aucune raison qu'elle se justifie ou qu'elle s'explique. Elle se dirigea rapidement vers l'endroit où elle avait sa tasse. Elle prit cette dernière et au lieu de la mettre dans cette magnifique machine que l'on appelle un lave-vaisselle, elle la lava à l'évier. Elle finit tout de même par se retourner. Elle avait l'impression qu'il s'était passé une éternité et ce silence était vraiment pesant.

      << Retirez ce que j'ai dit, vous pouvez bien penser ce que vous voulez de moi ! Je m'en moque... si il n'y avait que vous qui le pensiez... >>


    Heaven avait l'impression de s'enfoncer dans ses paroles. L'impression d'être de plus en plus ridicule à chaque mot qu'elle prononçait. Elle ferma les yeux quelques secondes. Idiote ! Idiote ! Idiote ! Bon, maintenant, elle pouvait les rouvrir. A présent, elle n'avait plus qu'à attendre la réponse de son interlocuteur. Mais, elle sentait qu'elle allait regretter ce qu'elle avait dit. C'est vrai, elle était censée lui en vouloir. Il l'avait arrêté alors qu'elle avait de la drogue et il avait tenu à ce qu'elle lui dise qui l'avait fournie. Et même si elle était vite ressortie puisqu'elle n'avait aucun antécédent, elle était quand même censée lui en vouloir. Mais, son esprit se brouillait. Et, là, elle sut ce qui provoquait son brouillard. Elle se souvint alors des quatre pilules qu'elle avait avalées quelques minutes avant que Dwayne vienne sonner à sa porte. C'était la première fois qu'elles lui faisaient un tel effet. D'habitude, elle lui vidait l'esprit, sans pour autant la rendre mal. Pourtant, en ce moment, elle se sentait mal. Elle sentait sa tête tournée. Elle se dirigea sans rien laisser paraître vers le placard où elle prit un verre. Elle le remplit d'eau et le but d'une traite. Un peu d'eau lui faisait du bien. Elle commençait à reprendre ses esprits. Heaven attendait toujours une réaction de la part du lieutenant Marshall.
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MessageSujet: Re: Des secrets à révéler, lieutenant Marshall ? Jeu 14 Oct - 13:34

Dwayne ne pouvait que difficilement détacher son regard de la jeune femme, au risque de paraitre un peu trop insistant peut-être. Mais pour le moment ce n’était pas ce qui lui venait à l’esprit, à vrai dire ses pensées étaient trop occupées par tout ce que l’apparition de la jeune femme signifiait dans sa propre vie … Combien y’avait-il de chances pour qu’il arrête cette demoiselle la semaine dernière ? Il n’était même pas censé bosser ce soir là, il avait rattrapé une nuit qu’il n’avait pas pu faire la semaine d’avant pour cause de déplacement à New York … Et voilà qu’il s’était retrouvé sur la route de Heaven par le plus grand des hasards. Le fait qu’elle vive dans la même ville que lui était déjà une coïncidence plus que troublante, mais il avait fallut qu’en plus elle finisse la nuit derrière les barreaux d’une cellule de son commissariat, parce qu’il l’avait lui-même arrêté. Parfois il se disait que le destin se foutait vraiment de lui, et c’était rarement au bon moment en plus de ça.
Mais de toute évidence il avait fixé la jeune femme de façon un peu trop insistante, ou pendant un peu trop longtemps, puisque cette dernière avait fini par s’en rendre compte. Etait-ce pour cela qu’elle se sentait obligée de le regarder avec une telle insistance à son tour, et de lui jeter un regard en dessous ? De toute évidence la situation semblait la divertir, cela faisait au moins un des deux qui s’amusait. Dwayne lui se sentait surtout mal à l’aise, autant de par ce qu’il savait maintenant le relier à Miss Von Wegberg que parce qu’à la façon dont elle le regardait elle se faisait clairement des idées à son sujet. Enfin d’un autre côté, c’était soi ça soi le regard glacial que lui réservaient en règle général ceux qu’il avait à un moment ou à un autre mis au frais dans une cellule. Ce n’était pas un secret, il y avait ceux qui détestaient les flics et ceux qui les respectaient, et quoi qu’à ce moment là elle n’en fasse pas vraiment étalage il était pourtant clair qu’Heaven appartenait à la première catégorie de personnes. Mais il était difficile de la blâmer, de l’avis de Dwayne en tous les cas, puisque lui-même était assez mal placé à ce sujet, ayant eut une dent contre les représentants de l’ordre pendant une longue période avant de finalement changer d’avis à leur sujet. Et quel changement d’avis radical, puisqu’il avait décidé d’en faire finalement lui-même partie.

Rejoignant à son tour la chaine hi-fi qu’il venait d’arrêter, Heaven l’avait brusquement sortit de ses pensées, tout comme elle avait brusquement mis fin à la « plaisanterie » que constituait sa visite ici en rallumant la musique. Bah, ce n’était pas comme si Dwayne était étonné de sa réaction, à vrai dire venant de la jeune femme il s’attendait à quelque chose de ce genre là. Il ne l’avait peut-être côtoyé que le temps d’une nuit, nuit au cours de laquelle une rangée de barreaux ou tout au mieux un bureau les séparait, mais cela lui avait suffit cela dit pour prendre par lui-même conscience du caractère de la demoiselle. Elle n’était pas du genre à se laisser dicter sa conduite, et si son métier ne l’obligeait pas à une certaine neutralité il serait même allé jusqu’à dire qu’elle avait véritablement un sale caractère. Du moins à ce qu’il en avait vu …

    « J’avais pas fini cette chanson. Et si ça ne plait pas à cette vieille peau, c’est pareil ! » Bah voyons. Bon après Dwayne ne connaissait pas la voisine du dessus, c’était peut-être effectivement une vieille bique, mais là n’était pas le problème. Être une vieille bique n’était pas passable d’une amende, alors que le tapage abusif oui. Cela dit, dans un effort de bonne volonté passagère, la demoiselle avait consenti à baisser le volume à un niveau raisonnable. « Un compromis, vous voyez qu’on peut réussir à s’entendre. » Ou pas, d’ailleurs.

A vrai dire, malgré le point commun indéniable qu’il s’était découvert avec la demoiselle après leur première entrevue, il était clair et net que Heaven était tout ce que Dwayne pouvait désavouer. Et ce « tout » tenait en une seule et unique caractéristique : pauvre petite fille riche et gâtée. Et n’allez pas croire qu’il se bourrait simplement de préjugés pour en arriver à de telles conclusions, il s’était un minimum renseigné sur le numéro tout de même et il en avait trouvé assez pour savoir que ce n’était certainement pas en étant étudiante qu’elle avait les moyens de se payer un appartement pareil. Mais puisque papa avait un compte en banque bien garni, il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. Bon d’accord, Dwayne avait peut-être quelques préjugés pour les fricards, mais il y avait selon cette espèce d’injustice qui faisait qu’avec du fric on avait beaucoup plus facilement ce qu’on voulait … Sûr que si son père à lui avait eut le compte en banque du père de Heaven, il aurait pu entreprendre les études de médecines dont il avait toujours rêvé. Mais enfin, il préférait avoir renoncé à cela et avoir le père qu’il avait toujours eut, car s’il y avait bien une personne sur cette terre qui avait tout le respect, toute l’admiration et tout l’amour de Dwayne, c’était sans nul doute son paternel.
Mais loin de ces grandes réflexions Heaven s’était contenter de le provoquer avec ses questions ironiques, et avait continué dans sa lancée après une première réponse du jeune policier. Qu’espérait-elle au juste ? Qu’il allait la prendre au mot ?

    « Je sais pas, vous voulez regarder ? » Pourquoi, elle voulait qu’il regarde ? Dwayne se contenta de lever les yeux au ciel, tandis que la demoiselle venait se planter juste devant lui. Pas de doute en les voyant ainsi côte à côte, Heaven était un vrai poids mouche à côté de lui, il la dépassait de presque deux têtes. A sa seconde elle répondit après avoir laissé échappé un léger rire. « Je vous offre ce café parce que vous ne m’avez pas laissé le temps d’en boire un avant de venir sonner à ma porte. Et puis … vous êtes sexy, ça aide ! » La fixant quelques instants sans rien répondre, sa tasse de café à la main et ses yeux rivés sur ceux de la jeune femme, avant d’ajouter « Moi ça ne m’a pas empêché de vous mettre en cellule, pourtant. » le tout en penchant la tête d’un air faussement dubitatif.

Peut-être bien qu’elle avait un lien avec lui, mais cela n’empêchait pas le fait que pour le moment il la trouvait un peu trop sûre d’elle à son goût. Enfin c’est vrai, ça rimait à quoi de l’inviter à entrer et de lui faire ce genre de sous-entendus, elle espérait peut-être que parce qu’elle avait un joli minois – parce que oui elle en avait un, c’était indéniable - il allait soudainement jouer les flics étourdi et oublier qu’il l’avait coffré la semaine précédente ? Qu’est-ce qu’elle attendait de lui, qu’il perde malencontreusement son dossier si elle réussissait à se montrer « persuasive » ? Elle le prenait vraiment pour un abruti dans ce cas, parce que … STOP ! Non mais, depuis quand Dwayne faisait toute une histoire pour ce genre de chose ? On ne pouvait pas dire qu’il était le genre de flic super rabat-joie, certes il avait une dent contre les dealers mais en dehors de ça il n’était pas le genre à faire du zèle pour tout et n’importe quoi … Et il n’était pas non plus le genre à s’émouvoir pour ce genre de réflexions, ou de sous-entendus (et ce n’était pas February Bouwmeester qui dirait le contraire à ce sujet d’ailleurs, n’est-ce pas ?). Seule explication donc, c’était le fait que ce soit Heaven qui le gênait … Oui c’était ça, à n’en pas douter. Il fallait qu’il règle ce problème, mais à vrai dire avant qu’il ne débarque ici « régler le problème » se présentait surtout comme « Éviter Heaven, et faire comme si de rien n’était, jusqu’à ce que cela paraisse trop loin pour être vrai ». La possibilité de simplement dire la vérité lui était déjà venue à l’esprit mais lui paraissait surtout absurde, où se situait l’intérêt là-dedans ? Nulle part, parce qu’il n’y en avait tout simplement aucun. Et puis à bien y réfléchir ce n’était pas à Dwayne de s’en mêler, c’était à son père de régler ça … en théorie.

    « Je ne suis pas la fille superficielle que vous croyez, vous savez ! » Tien donc, la voilà qui se prenait pour une médium maintenant. Dans ce cas là elle ne pourrait pas éventuellement lire aussi dans les pensées de Dwayne, et découvrir par elle-même ce qu’il n’avait pas assez de cran – ou d’envie - pour lui dire ? Au moins ça lui enlèverait une épine du pied … Mais, trêve de plaisanteries. « Et qu’est-ce qui au juste vous laisse penser que vous pouvez devinez ce que je crois ou non ? » Reposant son café, il la scruta de longue secondes, avant d’ajouter « Et puis, avouez que faire croire le contraire vous amuse … Sinon à quoi bon ? »

La jeune femme avait finalement à nouveau quitté la pièce, le laissant seul quelques instants. Reprenant donc son café, il avait bu ce qu’il en restait et terminait au moment où la demoiselle avait réapparu, de toute évidence décidée finalement à faire honneur au mot « habillée » … Là, c’était mieux, au moins il n’avait plus cette impression qu’étant donné les circonstances, le fait qu’elle se trimballe à moitié nue devant lui comme si elle cherchait à lui faire passer un message vire légèrement au … glauque. Ouais, définitivement il se sentait un peu moins crispé, mal à l’aise, maintenant qu’elle avait enfilé un jean. Quoi qu’il en soit, il se demandait où elle voulait en venir au juste avec sa dernière phrase … D’accord, elle n’était pas aussi superficielle qu’elle le laissait croire aux gens à première vue, quoi que déjà la motivation de cette décision échappe un peu à Dwayne, mais et après ? Qu’était-il censé faire de cette information lui de son côté, elle espérait une réponse du genre « Mais non vous n’êtes pas du tout superficielle, ne dites pas de bêtises voyons » ? Ce n’était pas parce qu’il lui avait fait visiter les cellules du commissariat de New Heaven en pleine nuit qu’il avait prit le rôle de la baby-sitter, elle n’avait aucuns comptes à lui rendre … Bref, le sens caché de la phrase lui échappait, et le laissait légèrement perplexe.

    « Retirez ce que j’ai dit, vous pouvez bien penser ce que vous voulez de moi ! Je m’en moque … S’il n’y avait que vous qui le pensiez … » Bon d’accord, une femme c’était souvent contrariant et ça changeait d’avis tout le temps, mais là Heaven essayait de toute évidence de battre un record. Ou comment dire tout et son contraire en quelques minutes d’intervalle. « Je ne pensais pas que vous étiez du genre à porter de l’attention à ce que peuvent penser les autres … Et si vous voulez mon avis, c’est une vraie perte de temps. » Dwayne avait arrêté de se soucier de ce qu’on pouvait penser de sa personne depuis bien longtemps. Et il ne s’en portait que mieux, les on-dit étaient rarement positifs.

Pour une raison qu’il avait là aussi du mal à cerner, la demoiselle avait fermé les yeux tandis qu’il répondait, et ne les avait pas rouverts de suite, laissant un blanc dans la conversation. Quoi cela lui demandait un effort de concentration aussi intense que ça de le laisser en placer une sans embrayer directement sur autre chose avant de lui laisser l’occasion de répondre ? En tout cas, les bras croisés Dwayne attendait une quelconque réaction de la part de la demoiselle. Mais au lieu de lui répondre elle s’était contentée d’ouvrir enfin les yeux, et de secouer légèrement la tête, comme le jeune homme avait l’habitude de le faire pour tenter de chasser le tournis. Il faut dire que notre policier était un habitué de ce genre de chose, souffrant de migraines chroniques depuis l’accident de ski qui avait coûté la vie à son frère. Mais enfin là n’était pas le sujet.
Le plantant à nouveau là, Heaven lui avait tourné le dos une fois de plus pour se diriger vers la cuisine et s’y servir un verre d’eau, qu’elle avala d’une traite. Dwayne, qui l’avait suivi sans rien dire, s’était appuyé contre l’encablure de la porte, et la fixait d’un air dubitatif … La vérité ? Il avait vraiment du mal à cerner la jeune femme, beaucoup plus que lors de leur première rencontre. Peut-être était-ce tout simplement parce qu’il avait eut le temps d’y réfléchir mille et une fois depuis la semaine passée …

    « Ça ne va pas ? » Dwayne n’était pas un mauvais bougre, et en plus de ça il était observateur. Assez en tout cas pour remarquer l’air las de la jeune femme. Bien qu’une fois son verre d’eau vide, cela semblait déjà s’estomper un peu.

Mais enfin qu’est-ce qu’il faisait encore là, à lui demander si ça allait ? Il n’aurait même pas du rentrer dans cet appartement, la sommer de baisser sa musique sous peine d’amende, voilà ce qu’il aurait du faire. Mais non une fois de plus il avait fallut qu’il fasse confiance à son instinct, comme si cela lui avait réussi à chaque fois … C’était stupide, mais il avait eut comme une irrépressible envie de pousser encore un peu plus la porte qu’il avait entrouvert en entamant cette recherche de routine sur la demoiselle. Qu’espérait-il découvrir ? Rien, ou du moins il ne savait pas vraiment … Il avait déjà du mal à s’expliquer l’intérêt soudain qu’il portait à une parfaite étrangère. Parce que c’était toujours ce qu’elle était, peu importe ce qu’il avait découvert à son sujet. A leur sujet.

HJ ; sorry, c'est pourri silent

____________


Everywhere I turn I hurt someone, but there's nothing I can say to change the things I've done. Of all the things I've hid from you I can not hid the shame, and I pray someone something will come to take away the pain. There's no way out of this dark place, no hope, no future ; I know I can't be free but I can't see another way and I can't face another day ... Tell me where did i go wrong ? Everyone I love, they're all gone. I'd do everything so differently but I can't turn back the time, theres no shelter from the storm inside of me ...
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MessageSujet: Re: Des secrets à révéler, lieutenant Marshall ? Ven 5 Nov - 5:31

Spoiler:
 


Dwayne S. Marshall & Heaven Von Wegberg

<< Il ne suffit pas de partager un patrimoine commun, encore faut-il vivre dans le même monde. >>

Heaven s'amusait beaucoup de la situation. Il était vrai que le fait que le flic qui se tenait face à elle soi-disant pour tapage soit le même que celui qui l'avait arrêté une semaine plus tôt était risible. Du point de vue de la jeune femme en tout cas. La jolie brune n'aimait pas vraiment tout ce que représentaient les forces de l'ordre. Mais, à cet instant précis, elle s'amusait à torturer ce pauvre flic. Pauvre car se retrouver deux fois face à elle en une semaine devait lui faire dire qu'il était maudit. Et puis, il était vraiment sexy. Elle avait bien remarqué le regard insistant qu'il lui avait lancé. Le fait qu'elle soit à moitié nue devait y faire aussi. Soit, elle n'aimait pas qu'on lui dicte sa conduite et encore moins qu'on prenne des initiatives dans sa propre maison. Voilà pourquoi elle n'avait pas aimé le fait qu'il aille éteindre sa chaine hi-fi. Non mais pour qui se prenait-il ? Heaven ne répondit rien sur cette histoire de compromis. Vous parlez d'un compromis ! La jeune femme n'avait tout simplement pas envie de se faire encore mettre dans une cellule, et surtout pas à cause d'une vieille peau qui n'aimait pas sa musique. Il ne fallait pas me dire que sa musique était si forte que ça pour qu'on l'on appelle ça du tapage. Heaven avait pensé rêver, mais, soit, si baisser la musique lui faisait gagner la paix alors allons y pour le compromis. La jeune femme préférait grandement continuer de torturer cet inspecteur. La provocation était un art, un don chez notre jolie Von Wegberg. Elle devait sans doute être née avec ce talent. Alors, quand elle avait proposé à Dwayne d'aller voir dans sa petite culotte si elle n'y cachait pas de drogue, c'était de la pure et simple provocation. Évidemment, elle ne s'attendait pas à ce que l'homme lui saute dessus. Grand Dieu, non ! Elle restait une jeune femme délicate, voyons ! Rien que l'idée qu'un homme lui saute dessus sans prévenir la rendait dingue. C'était elle qui décidait de qui lui sautait dessus, un point c'est tout. Enfin, là n'était pas la question. La réponse de l'inspecteur Marshall la fit rire. Le fait qu'elle soit vraiment sexy ne l'avait effectivement pas empêché de la mettre en cellule.

    << Donc, vous me trouvez sexy... >>


Heaven avait simplement rebondit sur ce qu'il avait dit. Et bien oui, sa phrase sous-entendait qu'il la trouvait sexy alors elle n'allait pas passer à côté de cela. La jeune femme sourit. Bien sûr qu'il la trouvait sexy. Qui donc oserait dire qu'elle ne l'était pas ? L'idée que quelqu'un la trouve laide était tout simplement absurde. En tout cas, la jeune femme observa l'homme face à elle quelques secondes. Il avait l'air plongé dans ses pensées. Alors, la phrase suivant était sortie toute seule. En allant mettre son jean, elle se dit qu'elle n'aurait jamais du dire cela.

    << Quelle conne ! >>


C'était sorti tout seul ! Cet homme la faisait sortir de ses moyens. Il fallait absolument qu'elle se ressaisisse avant de dire une connerie. Elle devait le faire quitter cet appartement. Il la prenait pour une fille de riche, et bien qu'il continue ! Elle s'en moquait après tout. Il n'était pas le premier à le penser et ne serait surement pas le dernier. Alors quand bien même il pensait qu'elle était superficielle, idiote et autre, il pensait bien ce qu'il voulait. Mais, lorsqu'elle était revenue dans le salon, l'inspecteur était toujours debout et attendait. Si Heaven ne désirait pas qu'il s'en aille maintenant, la situation serait risible et elle lui ferait sans doute remarquer qu'il avait l'air con, immobile et droit comme un i dans le salon d'une jeune femme qu'il connaissait à peine. Elle l'écouta lui demander ce qui l'avait fait croire qu'il pensait qu'elle était superficielle puis il ajouta que faire croire qu'elle était superficielle l'amusait sans doute. Heaven le regarda reposer sa tasse de café. Elle avait ajouté alors qu'il fallait qu'il oublie ce qu'elle avait dit. A cela, il avait répondu qu'il ne pensait pas qu'elle était du genre à porter attention à ce que les gens pouvaient penser d'elle. La jeune femme ne sut pas trop quoi dire à cela. Elle était un peu perdue en fait. Après quelques secondes de silence, elle finit par répondre à la première question de Dwayne.

    << Inspecteur, ne me faites pas croire que vous n'avez pas pensé une seule seconde « regardez moi cette petite fille riche pourrie gâtée se droguant alors qu'elle a tout ce qu'elle veut grâce au compte en banque de son cher père. ». J'ai bien vu votre regard sur ce grand appartement bien rangé. D'ailleurs, ne me dites pas que vous n'avez pas pensé une seule seconde que ce ne pouvait pas être moi qui le rangeait aussi bien. Mon père est peut-être riche mais vous ne connaissez absolument rien de ma vie. >>


D'un seul coup, une atmosphère sérieuse et froide s'était installée dans la pièce. La voix de la jeune femme était ferme et déterminée. Elle n'était pas idiote, elle savait qu'elle n'aurait pas cet appartement si son père n'était pas riche. Elle savait aussi qu'elle ne l'aurait pas eu si sa mère n'était pas partie. Sa très chère mère. Toutes deux se haïssaient. Heaven ne parlait jamais -ou presque- d'elle. Elle préférait faire comme si elle était morte. Après tout, sa génitrice arrivait très bien à faire comme si elle n'avait jamais eu de fille. Elle lui avait même dit. A dire vrai, quoi de mieux que de faire la fille superficielle, manipulatrice et sans cœur pour se protéger des autres ? C'était la seule solution que la jolie brune avait trouvé pour se protéger. Elle se cachait derrière une carapace de pierre et ça lui allait très bien comme cela. Pour détendre l'atmosphère, Heaven colla un sourire sur son visage. Sourire qui sonnait tellement vrai alors qu'au fond, il était tellement faux.

    << Et oui, c'est vrai, ça m'amuse de le faire croire ! C'est un jeu très distrayant vous savez ! Et, je me moque bien de ce que pensent les gens. Vous n'êtes pas le premier et vous ne serez pas le dernier à penser que je suis une garce superficielle et sans-cœur. >>


La discussion prenait une tournure assez étrange. Heaven avait l'impression de se retrouver dans un combat de coq. À qui serait le meilleur. À qui aurait le dernier mot. C'était vraiment ridicule comme situation. Mais bon, c'était de sa faute. C'était elle qui avait d'abord abordé son sujet en disant qu'elle n'était pas aussi idiote qu'il le croyait. Elle se demandait toujours ce qui lui avait pris de dire ça à voix haute. Il était bien vrai qu'elle se moquait de ce que les gens pouvaient penser d'elle, que ce soit en bien ou en mal d'ailleurs. Elle adorait le fait qu'on parle d'elle justement. Elle aimait être le centre des attentions et elle savait que pour réussir, elle devait faire preuve d'hypocrisie et de manipulation. Ce qu'elle arrivait à merveille. Elle voulait tout simplement se faire remarquer, elle voulait qu'on la voit. Elle aurait bien voulu que sa mère la remarque mais, pour cela, il était trop tard. Au fond, elle se sentait brisée. Elle avait l'impression de ne pas être maître de son corps, de son esprit. Comme si quelqu'un agissait à sa place. Oui, c'est là que vous vous dites qu'elle devrait tout simplement arrêter la drogue. Et je pense que vous auriez raison, mais je pense aussi qu'elle avait raison. Elle était une femme brisée.

Heaven n'avait pas le temps de répondre autre chose. Elle se sentait mal et avait besoin d'un verre d'eau. La présence de l'homme la mettait mal à l'aise parce qu'elle avait parfaitement conscience de ce qui était en train de se passer. Elle avait avec clarté que la drogue qu'elle avait prise plus tôt était en train de lui retourner l'estomac et de lui monter à la tête. Elle n'avait rien mangé alors forcément... la question de Dwayne, à savoir si ça allait bien, lui paraissait lointaine. Elle avait la tête dans un brouillard. Après avoir bu son verre d'eau, le brouillard s'estompa quelque peu mais elle était encore sonnée. Elle n'avait pas répondu à la question de l'homme qui, elle en était certaine, devait la regarder d'un air perplexe. Son beau discours d'il y a quelques minutes devait le faire bien sourire. Elle se retourna face à lui. Elle se doutait qu'elle devait être blanche. Et le simple fait d'avoir fait volte face lui avait fait tourné la tête. Elle arriva tout de même à dire quelque chose.


    << Ecoutez, je crois que vous avez assez perdu de temps. Vous devriez partir maintenant. >>


Tout ce dont elle avait besoin maintenant, c'était de trouver la force de se diriger vers sa douche et de laisser l'eau glaciale coulée le long de son corps. Elle avait besoin de cela pour se remettre les idées en place. Elle savait qu'ensuite, elle prendrait sans doute un rail de coke et qu'elle irait s'allonger sur son lit. Elle fermerait alors les yeux en essayant de ne plus repenser au fait qu'elle était passée pour une idiote face à un flic. Oui, à présent, Dwayne Marshall devait quitter son appartement et la laisser. Cependant, elle se demandait si elle serait capable d'arriver seule jusque sa salle de bain. Elle avait l'impression que ses jambes étaient lourdes et qu'elles se déroberaient au moindre pas. C'était bien sa chance ! Faire une crise devant le flic qui l'avait arrêté pour possession de drogue. Aujourd'hui n'était décidément pas son jour. Elle aurait du rester au lit, tiens ! Elle n'osait même pas diriger son regard vers Dwayne tellement elle avait honte. Alors, elle se retourna encore et remplit de nouveau son verre qu'elle porta à ses lèvres. Le liquide transparent lui fit le plus grand bien et elle se sentait déjà mieux. Enfin, un peu mieux.
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MessageSujet: Re: Des secrets à révéler, lieutenant Marshall ? Lun 29 Nov - 9:45

Miss Von Wegberg semblait se délecter de la situation, ou tout du moins du fait de pouvoir à son aise tester son pouvoir de séduction face à un homme qui, elle le savait sans doute, ne cèderait jamais. Et pour le coup ce n’était pas simplement parce qu’il avait obligation de se montrer raisonnable. Non, après ce qu’il avait appris à propos de Heaven rien que l’idée … Inimaginable. Mais cela dit il n’était pour autant ni aveugle ni hypocrite, et dire que le physique de Heaven avait de quoi laisser tout homme totalement indifférent serait un mensonge bien trop énorme pour être crédible … Même si de sa propre opinion, elle n’était pas vraiment son type de femmes. Et son type elle risquait de l’être encore moins avec ses antécédents familiaux, cela allait de soit. Et c’était pour cette dernière raison sans doute que Dwayne ne rentrait pas dans son jeu, alors qu’en d’autres circonstances il aurait sans doute pu voir les choses autrement. mais là la situation lui pesait trop sur la conscience pour qu'il ait envie de jouer à quoi que ce soit, devoir rester là comme si de rien n'était était déjà difficile pour lui, ce n'est pas parce qu'il était devenu un véritable professionnel du mensonge - couverture oblige - qu'il aimait cela pour autant, et à vrai dire il y avait certaines fois où la chose le mettait réellement mal à l'aise. Comme c'était le cas maintenant, justement.
Mais ça la jeune femme n’avait pas l’air de le réaliser justement, ou plutôt si, mais le fait de mettre le policier mal à l’aise ne lui pesait pas sur la conscience, comme à chaque fois qu’elle employait cette tactique avec un homme elle devait certainement trouver cela amusant, jubilatoire peut-être même.

    « Donc, vous me trouvez sexy … » Est-ce qu’elle avait conscience qu’à peine une semaine plus tôt c’était de l’autre côté des barreaux d’une cellule de dégrisement qu’elle s’adressait à lui ? Et pour une raison dont on n’avait jamais de quoi se vanter en plus de ça « Là n’est pas la question » Il avait repris un ton plus neutre. Il ne souhaitait pas s’impliquer, il avait déjà assez de mal à réfléchir objectivement.

Interrompu un instant par la décision subite – mais censée – de la jeune femme d’aller s’habiller un peu plus convenablement, Dwayne en avait profité pour laisser un court instant ses yeux se balader à nouveau sur la pièce. Pas curieux en temps normal certes, mais là nous n’étions pas en temps normal en ce qui le concernait … Il avait envie d’en apprendre un peu plus, de tâter le terrain. Aussi fut-il presque déçu de ne pas pouvoir tomber sur au moins une photo, car à cet instant la curiosité le poussait à se demander à quoi pouvait bien ressembler la mère de Heaven … Wow, et là vous vous demandiez vraiment ce qui prenait notre flic, et d’où lui venait cet intérêt soudain pour madame Vin Wegberg, ou plutôt ex-madame Von Wegberg. Mince alors, Dwayne nous aurait-il caché sa tendance secrète à s’intéresser aux femmes qui auraient l’âge d’être sa mère ? Et si vous vous demandiez plutôt quel rapport il pouvait bien y avoir entre cette femme en particulier et Dwayne …
Mais encore une fois il faudrait patienter avant que le jeune homme ne décide de dire à haute voix ce qui lui taraudait l’esprit depuis une semaine, et Dwayne devrait jusque là se contenter de la photo vieille de 15 ans qu’il avait trouvé sur le fichier des permis de conduire … D’accord, rechercher ce genre de choses sans raison valable ça avait un côté légèrement illégal, mais avec un coup de téléphones et quelques contacts placés où il fallait, il arrivait parfois par un malheureux hasard que certaines consultations soient effacées de la base de données … Presque magique non ?

Aussi étrange que cela puisse paraitre la demoiselle lui semblait un poil plus mal à l’aise une fois revenue. Chose totalement paradoxale puisque ne se baladant plus devant le nez du jeune flic en petite tenue cela aurait du être plutôt le contraire … Mais enfin. Quoi qu’il en soit elle semblait avoir trouvé matière à réfléchir dans les paroles prononcées par Dwayne quant à sa tendance à laisser les autres se faire une fausse opinion de sa personne, et au fait qu’elle n’était sans doute pas ce genre de personne qui se souciait réellement de ce que les gens pouvaient bien penser. A propos d’elle autant qu’à propos des autres d’ailleurs … Et c’était une chose d’autant plus compliquée que dans une ville comme New Heaven il était plus que difficile de ne pas être au moins une fois l’objet de ragots de la part de quelqu’un. Comme si plus une ville était petite plus c’était la tendance au commérage des habitants qui grandissait. Et quant on habitait un quartier comme Tames Street on était encore moins à l’abri de ce genre de choses selon Dwayne …
Bon après le jeune policier ne pouvait nier que comme tout le monde il lui arrivait d’avoir quelques préjugés ou idées préconçues … Mais que celui pour qui cela n’était pas le cas lui jette la pierre. Mais bref, pour être totalement honnête il y avait une part de vrai dans ce que Heaven lui avait répondu avec une légère pointe de hargne dans le son de sa voix, comme si elle essayait de se défendre contre ce qu’elle estimait – à tort – être un reproche qui en disait plus long qu’il n’y paraissait.

    « Inspecteur, ne me faites pas croire que vous n’avez pas pensé une seule seconde « regardez moi cette petite fille de riche pourrie gâtée se droguant alors qu’elle a tout ce qu’elle veut grâce au compte en banque de son cher père ». J’ai bien vu votre regard sur ce grand appartement bien rangé. D’ailleurs, ne me dites pas que vous n’avez pas pensé une seule seconde que cela ne pouvait pas être moi qui le rangeait aussi bien. Mon père est peut-être riche mais vous ne connaissez absolument rien de ma vie. » Elle qui avait été tout sauf bavarde la première fois se lançait cette fois-ci dans une tirade digne d’une pièce de théâtre. Reposant son café en fronçant les sourcils, il n’avait pas attendu pour lui répondre, d’une voix à la fois surprise et déterminée « Wow, wow, on se calme mademoiselle je-passe-mes-nerfs-sur-le-premier-venu … Vous mettre à ma place et conclure hâtivement de ce que je pense, c’est pas du préjugé ça peut-être ? » A coupable, coupable et demi. Croisant les bras il planta son regard dans celui de la jeune femme avant de reprendre « Tout n’est pas qu’une question d’argent, les gens qui en ont ne sont pas forcément les plus heureux et je suppose que vous n’allez pas me contredire là-dessus à ce que je peux en comprendre … Seulement quand on est dans votre situation on a tout de même beaucoup plus facilement les moyens de s’en sortir, et c’est pas le cas de tout le monde alors la moindre des choses c’est d’en avoir conscience. »

Son regard s’était assombri quelques instants, il y avait de la rancœur personnelle sous cette phrase c’était certain. Cependant il n’ajouta rien de plus à ce sujet, il n’avait pas spécialement envie de débattre avec elle de ce qu’elle devait faire ou ne pas faire, et elle était assez grande pour décider toute seule si elle avait assez de trippes pour se secouer et se donner les moyens d’arrêter la drogue, ou bien si elle préférait continuer à se cacher elle et sa came derrière les murs de son luxueux appartement. Décidément ils avaient peut-être plus en commun qu’on ne pouvait le voir, mais ce qui était certain c’était qu’ils n’en avaient pour autant rien à voir l’un avec l’autre … Et ce qu’elle ajouta ensuite n’en était qu’une nouvelle preuve.

    « Et oui, c’est vrai, ça m’amuse de le faire croire ! C’est un jeu très distrayant vous savez ! Et, je me moque bien de ce que pensent les gens. Vous n’êtes pas le premier et vous ne serez pas le dernier à penser que je suis une garce superficielle et sans-cœur. » Elle affichait un air on ne peut plus sérieux, mais pourtant cette simple phrase poussa Dwayne à esquisser un léger sourire narquois, comme si par cette simple phrase elle avait réussi à se contredire toute seule Et selon Dwayne c’était un peu le cas justement « Si comme vous le dites vous vous fichiez réellement de ce que pensent les gens, vous ne perdriez pas votre temps à essayer de vous faire passer pour ce que vous n’êtes pas … Vous vous contenteriez d’être vous-même. »

Etrange la façon dont la conversation avait soudainement dérivé, on avait maintenant l’impression que l’un et l’autre se lançait un défi verbal pour déterminer lequel des deux aurait raison. Mais le but de Dwayne pourtant n’était pas de faire valoir son avis au détriment de celui de Heaven, à vrai dire il se fichait bien qu’elle soit d’accord avec lui ou non, il y avait bien longtemps qu’il avait arrêté d’essayer de se justifier auprès des autres quant à sa façon de penser ou de faire. Il ne comprenait simplement pas d’où lui était venu ce besoin soudain de prendre la mouche vis-à-vis de lui … Il ne lui avait rien demandé au fond.

Et puis à quoi bon puisque sans rien ajouter elle avait finalement quitté la pièce pour rejoindre la cuisine, sans un mot. Ouais, elle avait une drôle de manière de s’exprimer celle-là, un coup elle te répond avec hargne et un coup elle t’ignore pour aller voir ailleurs … Ils étaient tous comme ça dans la famille Von Wegberg ? Pas étonnant qu’elle ait perdu des membres en route. Et Dwayne savait de quoi il parlait pour le coup. Levant quelques instants les yeux au ciel il lâche un léger soupir, avant d’abandonner pour de bon sa tasse de café – pratiquement terminée cela dit – pour rejoindre la jeune femme à la cuisine. Ou tout du moins jusqu’à la cuisine, avant de finalement s’arrêter dans l’encablure de la porte. Parce qu’elle lui sembla un court instant en assez mauvaise posture – elle n’était pas aussi pâle quand il était arrivé, si ? – il eut quelques instants des remords et se trouva peut-être un peu rude dans la façon dont il lui avait répondu. Quoi que non, il n’avait pas été si rude que ça, il n’avait fait que continuer sur le même ton qu’elle, ce qui n’était pas un crime.
Quoi qu’il en soit il se risqua à lui demander si elle allait bien … Mais le moins que l’on puisse dire c’est que la jeune femme ne s’y fit pas très réceptive. Pire, elle n’avait même pas jugé utile de répondre à la question, comme si elle n’avait même pas entendu. Au lieu ça elle décida de mettre fin à la conversation, et à l’entrevue toute entière.

    « Ecoutez, je crois que vous avez assez perdu de temps. Vous devriez partir maintenant. » Manière plus ou moins polie de le mettre ni plus ni moins à la porte. Mais soit, Dwayne avait comme le sentiment d’en savoir maintenant juste assez pour prendre la décision sur laquelle il hésitait depuis une semaine. « Comme vous voudrez. » Il avait repris un ton neutre, le ton du policier qui ne se souciait plus outre mesure de ce qui se passait devant lui. Avant de quitter l’encablure de la porte il avait ajouté une dernière chose « Et faites gaffe à votre musique … Sauf si vous avez envie que je repasse, c’est à vous de voir. » Penchant la tête sur le côté d’un air presque dubitatif, il la fixa encore une seconde ou deux, tandis qu’elle lui tournait à nouveau le dos pour se verser un nouveau verre d’eau.

Puis, faisant demi-tour, il avait passé une main sur sa nuque en soupirant, geste machinal, avant de regagner l’entrée de l’appartement. Sa décision était prise donc, il ne dirait rien. Son père avait raison sans doute, il n’y avait nul besoin de remuer la boue d’une histoire familiale trop compliquée à comprendre … Même quand on se découvrait une cousine sortie de nulle part. Enfin, sortie du côté trop compliqué de la famille justement, le côté que son père avait décidé de renier. Ou plutôt le côté par lequel son père avait été renié. Et à cause de ça Dwayne avait dès le départ eut un à priori, parce qu’il y avait longtemps qu’il avait compris que si il n’avait jamais connu la famille du côté de son père il y avait une bonne raison … une bonne raison que son père n’avait jamais vraiment digérer. Et maintenant qu’il voyait l’arrogance dont faisait preuve Heaven il se disait qu’il n’était finalement plus sûr de vouloir en savoir davantage au détriment de ce que pensait son père …

____________


Everywhere I turn I hurt someone, but there's nothing I can say to change the things I've done. Of all the things I've hid from you I can not hid the shame, and I pray someone something will come to take away the pain. There's no way out of this dark place, no hope, no future ; I know I can't be free but I can't see another way and I can't face another day ... Tell me where did i go wrong ? Everyone I love, they're all gone. I'd do everything so differently but I can't turn back the time, theres no shelter from the storm inside of me ...
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Je m'intègre. Qui aurait cru que cette ville n'abritait pas que des inadaptés...

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MessageSujet: Re: Des secrets à révéler, lieutenant Marshall ? Dim 5 Déc - 2:22


Dwayne S. Marshall & Heaven Von Wegberg

<< Il ne suffit pas de partager un patrimoine commun, encore faut-il vivre dans le même monde. >>

    La situation devenait pesante. Heaven attaquant, et Dwayne répondant du même ton ferme. C'était légitime après tout ! La jeune femme se répétait intérieurement d'arrêter de parler. Pourtant, les paroles de l'homme lui revenaient en pleine tête. L'argent ! Oui, il avait raison, l'argent donnait plus facilement l'accès à certaines choses, notamment ce grandiose loft que le père d'Heaven lui avait offert pour son diplôme et surtout pour la consoler de son départ à Rhode Island. La jeune femme n'allait pas dire le contraire à l'homme qui se tenait devant elle. Pour ce qui est du bonheur, la jolie brune ne saurait quoi répondre. Elle ne s'était jamais demandée si elle était heureuse. Elle ne s'était jamais demandée si tout ça lui suffisait, si il lui manquait quelque chose... de moins matériel évidemment. Non, elle suivait son chemin pour devenir avocate et elle usait de tous les moyens pour y arriver. Cela la rendait-elle heureuse ? Je ne saurais vous dire et elle non plus. Une fois, elle s'était dit qu'elle serait heureuse lorsqu'elle se serait vengée de ceux qui l'ont trahi, lorsqu'elle vengerait tout ceux qui avait été abandonnés, trahis, salis. Et elle savait qu'elle pouvait y parvenir en devenant avocate. Défendre des innocents et mettre des coupables en prison. Voilà ce qu'elle souhaitait faire. Pour ce qui était des coupables dans sa propre vie, elle s'en chargerait elle-même. C'était ce qu'elle était en train de faire avec Hunter d'ailleurs. Préparer sa vengeance. Du moins, c'est ce qu'elle croyait mais au fond, elle ne pouvait lui résister. Elle l'avait tellement aimé, il avait été le seul à avoir connu un jour la Heaven amoureuse, passionnée, et non droguée. Son ex-meilleure-amie ? Elle ne l'avait plus revue mais, par contre, elle, dès qu'elle la reverrait, elle savait qu'elle se vengerait... Elya et elle se connaissaient depuis l'enfance alors pour la jeune femme, sa trahison était bien pire que celle de son ex-petit-ami. Quant à sa mère... sa mère... et bien, elle ne savait pas ! Toutes ces pensées se bousculèrent dans sa tête, s'entrechoquant avec les paroles de Dwayne.

    Soit, je disais donc que les paroles de l'inspecteur Marshall lui étaient vraiment revenus en pleine face. Jamais personne ne lui avait dit tout ça. Sur le fait que si elle se moquait tant des paroles des gens, alors pourquoi elle n'était pas elle même. Personne ne se souciait de savoir si Heaven était elle même en garce insensible ou si elle jouait un jeu. Personne ne se posait jamais la question. Personne ne se souciait jamais du pourquoi elle était comme ça. Personne ne lui demandait jamais ce qu'elle avait ressenti le jour où elle avait récolté ces deux cicatrices. Personne. Et cette vérité la frappa soudainement. Personne ne s'intéressait à elle pour autre chose que son corps finalement ! Bien sûr, je ne compte pas les professeurs puisqu'ils sont obligés de s'intéresser aux élèves pour leurs capacités. Et tout bon professeur savait que la jolie brune avait de la volonté et était intelligente. Elle n'était pas sortie major de sa promotion au lycée pour rien ! C'était pour une raison... une simple et bonne raison : la hargne dans le travail ! Beaucoup de personnes ne voyait pas à quel point Heaven se donnait dans ses études pour atteindre son objectif : devenir une avocate renommée comme son père l'était avant qu'il ne prenne sa retraite. Ainsi, il pourrait être fier d'elle. Elle n'avait plus que lui. Elle n'imaginait plus rendre sa mère fière maintenant. C'était bien trop tard. Elle ne savait même pas où se trouvait Alyson Von Wegberg à présent. Enfin... Alyson Sullivan plutôt puisque tel était son nom de jeune fille. Mais, rien n'était sûr, peut-être s'était-elle remariée ? En tout cas, elle avait tenu les propos qu'elle lui avait écrits dans sa lettre. Lettre maudite ! Lettre que Heaven n'avait pas lu entière à dire vrai. Elle s'était arrêtée au milieu, se disant qu'elle en avait assez lu. Maintenant, cette lettre était enfouie sous une pile de fringues dans l'armoire de la jeune femme.

    Heaven ne répondit rien à tout ça, un peu sous le choc à dire vrai et puis à cause des pilules du matin, elle ne se sentait vraiment pas bien. Ayant un inspecteur de police chez elle, elle l'invita gentiment à s'en aller, lui disant qu'il avait perdu trop de temps. La jeune femme entendit l'inspecteur se diriger vers la porte d'entrée. Les paroles qu'il avait prononcées quelques instants plus tôt tournaient dans la tête de la jeune femme. Et, se sentant un peu mieux grâce aux verres d'eau qu'elle avait bus, elle ne put s'empêcher de se diriger vers la porte, afin de lui répondre.


      << Parce que pour réussir, il faut savoir jouer et manipuler. J'ai été moi-même à une époque et j'ai été trahie... alors, je me suis promise que jamais plus je ne serais moi-même. >>


    Repenser à son ancienne meilleure amie et à son ancien petit-ami avec qui elle recouchait en ce moment faisait mal. Du moins, repenser à leur trahison faisait mal. Pourtant, à l'époque, elle était une fille bien. Pour cet amour, elle avait réussi à arrêter la drogue, elle avait réussi à oublier la lettre de sa mère. Elle était tellement amoureuse de lui, elle lui avait tout donné y compris sa virginité. Et sa meilleure amie, Heaven avait toujours été là pour elle. Elle l'avait soutenue lorsque ses parents avaient divorcé. Et les deux personnes qu'elle aimait le plus l'avaient trahie. L'image d'Hunter et d'Elya au lit ensemble s'imposa dans sa tête. Oui, elle se vengerait d'elle... et de lui ? Peut-être. Mais là n'était pas la question. Heaven vit que l'inspecteur s'était arrêté. Alors, elle décida que quitte à parler, autant aller au bout.

      << Vous savez, personne ne s'est jamais demandé si j'étais moi-même en garce insensible. Le truc, c'est que... les sentiments gâchent tout ! En avoir ouvre toutes les portes de la trahison mais jamais les portes de la réussite ou du bonheur. Alors, j'ai décidé de ne plus en avoir, du moins, hormis mes sentiments de haine et de vengeance. J'ai jamais prétendu être la fille parfaite mais j'ai aimé... j'ai aimé Hunter, Elya, mon père, et même ma mère. Et aujourd'hui, il ne me que reste mon père, mais il est quand même parti lui aussi. Alors, vous voyez, il est plus simple de jouer. >>


    Heaven savait qu'elle avait capté l'attention de Dwayne. Évidemment, elle ne cherchait pas à ce qu'il la prenne en pitié. Elle avait juste besoin de lui dire. La jolie brune s'attendait à regretter ses paroles une fois qu'elle les aurait prononcées mais, bizarrement, elle ne regrettait absolument rien. Il était flic alors ce n'était pas lui qui allait dire sur tous les toits « Eh ! Vous savez quoi ?! Heaven Von Wegberg est une pauvre fille paumée ! ». C'était absolument risible et pathétique rien que de le penser faire ça ! Il avait l'air de quelqu'un d'honnête et de droit... enfin, n'était-ce pas des qualités obligatoires pour être dans la police ? Et puis, sans doute le fait qu'il lui ait répondu de la même façon ferme qu'elle lui avait parlé avait aussi joué en faveur de toutes ces confidences. Il était vrai que peu de gens osaient affronter la tempête Von Wegberg. Elle avait toujours vécu à New Heaven et tout le monde savait qu'elle avait toujours été une peste et encore plus lorsque sa mère était partie. Et encore plus à un moment alors qu'elle était au lycée. Personne ne savait ce qu'elle avait vraiment vécu mais tout le monde savait qu'il ne valait mieux pas contredire la demoiselle. Bien sûr, certains le faisaient mais ensuite, ils devaient faire face à la répartie cinglante de la jolie brune.

    La jeune femme appréhendait la réaction de Dwayne. Qu'allait-il répondre à ce qu'elle venait d'avouer ? Heaven était à la fois curieuse et en même temps, elle se demandait si il ne serait pas mieux pour qu'elle se conduise, à cet instant, comme une enfant. Vous savez, qui se moque des conséquences, qui fait son caprice. Après tout, tout était beaucoup plus simple quand elle était enfant... quoique, ça, ce n'était pas si sûr. Alors, non, elle ne se conduirait pas comme une enfant. Elle avait dit tout un tas de choses qu'elle devait assumer maintenant. Elle n'avait jamais été aussi loin dans la confidence. Oui, je sais, vous devez vous dire que ce qu'elle venait de dire ce n'était pas grand chose. Mais Heaven était vraiment allergique aux sentiments maintenant alors elle ne se confiait jamais. Et puis, la jolie brune n'était pas vraiment du genre confidence sur l'oreiller si vous voyez ce que je veux dire... alors, personne ne savait qui elle était, personne ne savait ce qu'elle avait vécu, que ce soit avec Hunter et Elya ou avec sa mère. Et, franchement, ça lui allait très bien comme ça. Jouer avec les autres, c'est ce qu'elle savait faire le mieux. Elle le faisait avec talent et elle y arrivait très bien dans sa vie comme ça. Alors pourquoi arrêter pour être soi-même et ainsi se faire trahir ? C'était franchement une idée ridicule, n'est-ce pas ? Je suis bien d'accord. Mais, tout le monde n'était peut-être pas de cet avis. Certains penseraient sans doute que la jeune femme aurait besoin de se confier à un psychologue. Peut-être. Ou peut-être avait-elle juste besoin d'une personne de confiance à qui se confier ? Un ami, ou une amie ? Quelqu'un de la famille ? Enfin, famille, ce serait difficile puisqu'à part son père, elle n'avait personne. Du côté de sa mère, c'était le vide intersidéral tandis que du côté du père, ils étaient tous restés en Allemagne lorsque les parents de Alexander avait quitté l'Allemagne. Et comme ses grands-parents étaient morts il y a de cela quatre ans, il ne lui restait personne dans la famille. Et les amis, elle avait Shelby mais elle avait quitté New Heaven aussi. Elle était la seule amie qui lui restait et à qui elle pouvait se confier. Elle était effroyablement seule en vérité. Et, moi, ce que j'en dis, c'est que ça lui allait très bien comme ça. Elle n'avait comme ça pas à faire d'efforts pour être cette garce que tout le monde connaissait.
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MessageSujet: Re: Des secrets à révéler, lieutenant Marshall ? Lun 13 Déc - 12:22

A l’évidence, Heaven faisait partie de ces personnes qui avaient fini par se persuader qu’il valait mieux se méfier trop que trop peu. Ce genre de personnes qui préférait se couper des autres par précaution plutôt que d’accepter l’évidence : on ne pouvait faire confiance qu’à soi-même, quand bien même on trouvait des personnes qui vous voulaient du bien. La vision qu’avait Dwayne était différente, et quand bien même il ne niait certainement pas avoir lui aussi tendance à ne plus faire confiance à personne et même à se méfier de tout le monde, il n’en demeurait pas moins qu’il essayait de faire des efforts pour ne pas paraitre le dernier des abruti … Il y avait une différence entre ne pas se laisser cerner et se faire détester. Du moins selon lui, parce qu’à en juger par la façon de voir les choses d’Heaven les deux notions lui semblaient indissociables, comme en témoignait sa réponse.

    « Parce que pour réussir, il faut savoir jouer et manipuler. J’ai été moi-même à une époque et j’ai été trahie … alors, je me suis promise que plus jamais je ne serais moi-même. » Pour réussir il faut savoir manipuler … C’est quelque chose avec lequel Dwayne n’avait jamais été d’accord. Peut-être était-il trop vieux jeu, ou naïf, mais selon lui marcher sur les autres pour réussir ce n’était pas la bonne solution, parce que ça finissait toujours par nous retomber sur le coin de la gueule un jour … Tout se paye un jour, c’est quelque chose dont il a toujours été certain. « Alors pour punir les autres vous avez décidé de vous punir par la même occasion … C’est triste d’en arriver là. »

Changer pour les autres ce n’était plus quelque chose que Dwayne était prêt à faire, cela faisait maintenant partie pour lui des sacrifices qu’il n’avait pas envie de faire à nouveau. Un an et demi à se faire passer pour l’opposé de ce qu’il était, à jouer les dealers alors qu’il les avait en horreur, et à presque oublier qui il était à force de prétendre être quelqu’un d’autre. Voilà pourquoi désormais il ne se risquerait plus à perdre de vue ce qu’il était, la dernière fois qu’il l’avait fait le prix à payer avait été bien trop élevé, qui avait couté la vie à plus d’une personne … Au final la façon de penser de Dwayne pouvait paraitre désuète, mais il avait maintenant la certitude que l’on finissait toujours par voir nos mensonges nous retomber dessus un jour ou l’autre, et mentir sur soi-même c’était un mensonge comme un autre pour le jeune policier. Mais enfin, si Heaven préférait prendre cette option là parce que c’était clairement la solution de facilité, grand bien lui fasse, elle était majeure et vaccinée et elle faisait bien ce qu’elle voulait.

Quoi qu’il en soit, puisqu’elle le mettait à la porte il n’était pas du genre à s’imposer, et ne se fit pas prier vers la sortie non sans s’attarder sur dernière fois sur le regard presque méfiant qu’elle lui avait lancé. Il se demandait si Heaven ressemblait à sa mère, et à quoi pouvait bien ressembler Alyson Sullivan … Son père n’en parlait jamais, et il n’avait aucunes photos. Dwayne ne savait même pas avec certitude pour quelle raison son père avait coupé les ponts avec le reste de sa famille, à vrai dire il n’avait jamais vraiment osé poser la question … N’empêche, il se demandait bien ce qui pouvait pousser quelqu’un à rayer de sa vie l’intégralité de sa famille, mais ça c’était sans doute parce que pour Dwayne il n’y avait rien de plus important que la famille. D’ailleurs, ce n’était pas pour rien que l’animal tatoué sur son omoplate gauche n’était autre qu’un loup, symbole de la famille dans la religion inuit. Même à sa mère, à qui il n’adressait pourtant plus la parole depuis bientôt sept ans, il savait que malgré lui il ne pourrait jamais tourner le dos définitivement et que si quelque chose lui arrivait il ne pourrait jamais y rester indifférent, quoi qu’il se passe. Alors malgré tous ses efforts il avait du mal à comprendre comment son père avait pu tout abandonner comme ça … A moins qu’il n’ait été abandonné, il ne savait pas, mais quoi qu’il en soit bien qu’il ne soit d’ordinaire pas du genre curieux il ne pouvait nier que cette question le laissait perplexe.
Mais enfin, là n’était pas la question, et aussi difficile à comprendre cela pouvait-il être, Dwayne venait en tout cas de prendre la décision de ne pas aller contre l’avis de son père, et de laisser Heaven dans l’ignorance de ce qu’il avait découvert une semaine auparavant. Il avait hésité là-dessus pendant sept jours, mais sa dernière phrase l’avait fait changer d’avis, après tout si elle ne souhaitait plus être elle-même alors mieux valait ne pas la confronter à quelque chose qui lui rappellerait sans aucun doute son identité et ce qu’elle serait toujours au fond, quoi qu’elle entreprenne. Pourtant, alors qu’il s’apprêtait à poser sa main sur la poignée pour sortir, la voix de la demoiselle le coupa dans son élan, et se retournant il la retrouva à nouveau face à lui, bien décidée de toute évidence à se lancer dans une tirade d’explications que le jeune flic n’avait assurément pas demandé.

    « Vous savez, personne ne s’est jamais demandé si j’étais moi-même en garce insensible. Le truc c’est que … les sentiments gâchent tout ! En avoir ouvre toutes les portes de la trahison mais jamais les portes de la réussite ou du bonheur. Alors, j’ai décidé de ne plus en avoir, du moins, hormis mes sentiments de haine et de vengeance. J’ai jamais prétendu être la fille parfaite mais j’ai aimé … j’ai aimé Hunter, Elya, mon père, et même ma mère. Et aujourd’hui, il ne me reste que mon père, mais il est quand même partit lui aussi. Alors, vous voyez, il est plus simple de jouer. » Dwayne l’avait écouté jusqu’à la fin sans chercher à l’interrompre, sans doute parce qu’il savait que s’il le faisait il y avait de fortes chances pour qu’elle change d’avis et ne termine pas ce qu’elle avait prévu de dire en premier lieu. « Moi j’me le suis demandé … alors pourquoi je serais le seul, on ne se connait même pas ? » Bon d’accord, peut-être était-il un peu influencé par ce qu’il avait découvert sur leurs origines communes, mais tout de même ils ne se connaissaient pas pour autant. « C’que je vais dire va peut-être paraitre rude, et c’est vrai que c’est peut-être le cas mais … S’interdire tout sentiment par simple peur de souffrir, vous ne trouvez pas que c’est un peu lâche ? » Il y avait des chances pour qu’Heaven se sente vexé par cette dernière phrase, mais Dwayne n’avait pas pour habitude de se brider dans son honnêteté.

Cela dit il était difficile pour Dwayne de se mettre à la place d’Heaven, pour la simple et bonne raison que d’après ce qu’elle venait de lui dire, ils avaient tous les deux une situation diamétralement opposée. Enfin, en apparence ils étaient tous les deux seuls, bien qu’il ne saurait dire sur ces simples phrases si Heaven vivait sa propre solitude aussi mal que lui … Mais la grande différence, c’était que Heaven lui donnait l’impression d’avoir pris une décision radicale, celle de ne pas chercher à arranger les choses avec les gens qu’elle avait perdu. La haine et la vengeance, c’était tout ce qui lui restait, elle-même venait tout juste de le dire … Alors que lui donnerait n’importe quoi pour pouvoir retrouver la liberté qu’il avait perdu. Cette liberté de pouvoir voir mes gens qui comptaient pour lui quand il le voulait, sans avoir à se préoccuper de savoir si en s’accordant quatre jours en Alaska il ne mettait pas sa vie ou celle de ses parents en danger, ou bien si déposer une fleur au cimetière de Chicago ne serait pas un indice suffisant pour que les mal intentionnés apprennent que Dwayne Sullivan n’était pas aussi mort qu’on le prétendait.

    « Tout c’que j’veux dire c’est que … à force d’auto-anesthésier ses propres sentiments, on finit par ne plus rien ressentir du tout, et y’a rien de pire que ça. » Mais bien sûr il disait ça avec le recul, à l’époque les choses lui paraissaient plus facile à lui aussi. Après la mort de son frère il était passé par deux phases successives ; D’abord un mutisme total, cinq semaines entières sans prononcer le moindre mot et sans jamais réagir à ce qui l’entourait, comme si du jour au lendemain il était devenu à la fois muet, aveugle et sourd. Syndrome « du survivant » comme disait le psychiatre de l’hôpital, ce psy qui ne comprenait pas que si Dwayne ne régissait plus c’était uniquement parce qu’il ne trouvait plus de raison suffisante à se sentir vivre. « Là d’où je viens on a coutume de dire que seules les personnes qui n’ont pas d’âme ont la capacité de ne jamais souffrir. »

Flash-Back
Citation :
Comme chaque jour depuis qu’il était là, Dwayne était assis sur son lit, le regard éteint, et le visage toujours vers la fenêtre de sa chambre. Depuis combien de jours était-il ici ? Il ne savait même plus … Il pouvait à nouveau se servir de son bras, en écharpe jusqu’à la semaine précédente, et n’avait plus besoin d’oxygène pour parer aux difficultés respiratoires qu’avaient engendré ses deux côtes fracturées. Seul subsistait son genou, toujours immobilisé, mais Dwayne ne quittant pas sa chambre, ni même son lit, il n’avait même pas touché à ses béquilles. Il se contentait de rester là, à fixer la fenêtre sans rien dire en attendant que vienne la nuit, sans jamais répondre lorsqu’on lui parlait, sans jamais tourner la tête vers la porte lorsque quelqu’un pénétrait dans la chambre.
Sa mère ne venait presque plus le voir, ne supportant plus son manque de réaction, quant à Prue elle avait encore du mal à le regarder dans les yeux sans que les siens ne se remplissent de larmes en repensant à Dominic. Seul venait encore son père, tous les jours, inlassablement, et n’hésitant pas à faire la conversation seul dans l’espoir qu’un jour Dwayne finisse par lui répondre. Jeremiah Sullivan savait que derrière sa perte de parole, son regard vide, et l’air qu’il avait de ne plus rien suivre de ce qui se passait autour de lui, son fils était toujours là quelque part … Essayant de repousser le plus loin possible le moment où il aurait à affronter la mort de son frère en face.

    « La neige à fondu, tu as vu ? Bientôt le printemps sera là … » La météo, c’était la seule chose qui était venue à l’esprit de Jeremiah ce jour là pour entamer son monologue habituel ; Mais il faut dire que quand on faisait la conversation seul, les sujets finissaient par manquer. Lâchant un soupir, Jeremiah s’avança jusqu’à la fenêtre où tournant le dos à son fils, il posa quelques instants son front contre la vitre. « Va falloir que ça s’arrête araq … je sais que c’est plus facile, mais tu pourras pas rester ici éternellement, à espérer que la réalité finira par changer … » Si Dwayne avait eut la force de répondre, il aurait sans doute pu avouer à son père qu’il était la seule personne à sans doute avoir compris pourquoi il agissait ainsi. « Tu te souviens de ce que disais Aquene ? Que fuir la douleur c’était comme essayer de se débarrasser de son âme, et que si par malheur on finissait par y arriver, on ne devenait plus que l’ombre de ce qu’on a un jour été … » Maintenant vous saviez de qui Dwayne tenait ses croyances, certainement pas de sa cartésienne de mère. C’était grâce à son père que lui et son frère avaient grandi dans une culture que les amérindiens eux-mêmes tentaient de préserver pour empêcher l’extinction lente de leur civilisation après des millénaires. « Ton frère est mort Dwayne … Et peu importe le temps que tu mettras avant de l’accepter, il ne reviendra plus … »

Lorsque Jeremiah se retournerait, il aurait pour la première fois la preuve depuis plusieurs semaines que même s’il ne répondait pas, même s’il donnait l’impression de n’être que physiquement présent, son fils n’avait jamais cessé de l’écouter, et que même si ce jour là encore il n’avait pas ouvert la bouche, Dwayne avait pour la première fois laissé quelqu’un être le témoin du fait qu’il n’avait pas perdu toute notion de la réalité. Cette larme qui avait coulé sur la joue de Dwayne sans même qu’il n’ait cherché à la retenir, c’était alors la seule façon qu’il avait eut de dire à son père « papa aide moi, j’ai tellement mal que j’ai l’impression que ça ne s’arrêtera jamais. »
Fin du Flash-Back

Dwayne avait marqué une courte pause dans sa phrase, le souvenir de cette phrase que lui avait un jour remémoré son père et à laquelle il s’était ensuite accroché comme une bouée de sauvetage pour se sentir à nouveau vivre. Il n’avait pas quitté Heaven des yeux mais l’espace de quelques secondes il avait été ailleurs, loin de la conversation dans laquelle il était maintenant engagé. Et puis il était revenu à la réalité, et clignant des yeux pour revenir à Heaven il ajouta finalement.

    « Mais encore une fois c’est n’est que mon avis. » Haussant les épaules, il laissait ainsi à Heaven le soin de le mettre définitivement dehors si elle estimait que sa sincérité était à prendre comme quelque chose de totalement déplacé.

____________


Everywhere I turn I hurt someone, but there's nothing I can say to change the things I've done. Of all the things I've hid from you I can not hid the shame, and I pray someone something will come to take away the pain. There's no way out of this dark place, no hope, no future ; I know I can't be free but I can't see another way and I can't face another day ... Tell me where did i go wrong ? Everyone I love, they're all gone. I'd do everything so differently but I can't turn back the time, theres no shelter from the storm inside of me ...
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MessageSujet: Re: Des secrets à révéler, lieutenant Marshall ? Dim 26 Déc - 3:09


Dwayne S. Marshall & Heaven Von Wegberg

<< Il ne suffit pas de partager un patrimoine commun, encore faut-il vivre dans le même monde. >>

    La conversation avait pris des allures de confessions. Heaven n'était pas du genre à s'adonner à ce genre de discussion. Même lorsqu'elle allait à l'église, car, oui, la jeune femme, lorsque personne n'y était, se rendait régulièrement à l'église. Elle allait même jusqu'au confessionnal mais dès que le Pasteur Goodwin lui demandait ce qu'elle avait à dire, aucun mot ne sortait de sa bouche à elle. Pourtant, elle a toujours pensé que Timothy Goodwin avait une voix rassurante. Un peu comme le statut de Dwayne. Bizarrement, à cet instant, le fait qu'il soit inspecteur de police donnait un côté rassurant à tout ça, un aspect de sécurité. Heaven faisait partie des personnes qui n'aimaient pas les flics. Enfin, la jolie brune n'avait absolument rien contre eux, elle n'avait jamais vraiment eu à faire avec eux avant la semaine dernière. Et elle avait toujours pensé que leur statut leur donnait un côté rassurant. Étrange, n'est-ce pas ? Revenons aux confessions. Bien que Dwayne et les confessions de Heaven soient liés, non ? Il me semble en tout cas. Bref, confessions, confessions. Aussi loin que mes souvenirs remontaient, je ne crois pas qu'Heaven ait jamais été aussi sincère que dans toutes les paroles qu'elle avait dites à Dwayne. La jeune femme avait un côté imprévisible, dans le sens où chacun de ses actes, chacune de ses paroles pouvaient étonner. Et les paroles de l'inspecteur l'avaient également étonnée en contrepartie. Effectivement, qu'il lui dise qu'en voulant punir les autres, elle se punissait elle-même, elle ne comprenait pas ce qu'il entendait par là. Elle répondit alors instinctivement.

      << Me punir ? Pourquoi me punir ? Parce que je suis seule et que je n'ai personne sur qui vraiment compter ? >>


    Oui, ce devait être ça. Heaven venait de comprendre le sens des paroles de son interlocuteur. Mais, elle ne savait pas trop quoi ajouter à ça. Elle avait peur d'aller trop loin dans ses confessions si elle ajoutait la phrase qui lui brûlait les lèvres. Pourtant, cela devenait plus fort qu'elle. Et puis, n'en avait-elle déjà pas trop dit ? Un peu plus, ou un peu moins, ce n'était sans doute pas ça qui allait faire changer l'opinion de Dwayne sur Heav'.

      << Vous savez, quand votre propre mère vous dit qu'elle aurait mieux aimé ne pas vous donner naissance, qu'elle aurez aimé que vous soyez l'enfant dont elle vient de faire une fausse couche, on fini par préférer être seule. >>


    Sa mère. Alyson Sullivan. Heaven ne parlait jamais d'elle. En général, elle disait simplement qu'elle était partie quand elle était petite et qu'elle ne la connaissait pas vraiment. La vérité est qu'elle la connaissait plus que bien. Ou plutôt qu'elle connaissait plus que bien ce qu'elle pensait de sa seule et unique fille. Heav' était peut-être une petite fille capricieuse mais elle n'était qu'une enfant pourrie gâtée par son père et toujours rabaissée par sa mère. Alors, forcément, elle avait toujours été plus proche de son père que de sa mère. Et même sans parler du côté matériel, Alexander avait toujours été beaucoup plus câlin avec sa fille alors qu'Alyson était une femme froide. Être détestée par sa mère était une chose assez difficile à avaler pour elle. Heaven, au début, ne recherchait que son attention et, au final, elle était vraiment devenue méchante avec elle car elle voyait bien que quoi qu'elle fasse, sa mère était toujours contre elle. Heureusement, son père la défendait. Même si c'est cela qui a fini de détruire leur mariage, Heaven était très reconnaissante de ça. À bien y réfléchir, le fait d'être une peste a commencé avec sa mère. Finalement, la jeune femme avait des blessures datant de l'enfance et pas seulement de l'adolescence avec Elya et Hunter. Oui, Heaven avait donc tout de même ce côté garce ancré en elle mais peu de personnes s'était demandé si elle n'avait que ce côté puisqu'après la trahison d'Elya et Hunter, elle n'avait montré que ce côté. Et, l'inspecteur Marshall faisait partie des personnes qui se l'étaient demandée. Il avait soulevé un point intéressant. Ils ne se connaissaient pas et pourtant Dwayne n'avait pas ce préjugé. Mais, après tout, il était flic. Un flic se devait de ne pas faire de préjugé, n'est-ce pas ? Enfin, je me trompe peut-être... mais si même un flic n'est pas ouvert d'esprit, alors personne ne l'était. Les paroles de l'inspecteur firent réfléchir la jolie brune qui fut un peu désarçonnée sur le coup. Mais ce ne fut pas le fait qu'il lui dise que d'autres pouvaient se le demander puisque lui se l'était bien demandé, c'était plutôt la phrase suivante. Il était vrai qu'elle s'interdisait tout sentiment. Tout sentiment mis à part la haine qu'elle ressentait pour Hunter. Enfin, haine, il fallait le dire vite car quand elle couchait avec lui, elle avait l'impression d'être avec l'homme dont elle était folle amoureuse à l'époque du lycée. Et, dans ces moments, où il était tendre avec elle, où il lui souriait, où il lui disait qu'elle était belle, ses désirs de vengeance partaient bien loin de son esprit. Alors, oui, elle se convainquait très bien qu'elle ne pouvait pas aimer lorsque Hunter n'était pas avec elle mais lorsque c'était le cas, c'était bien différent. Alors, était-elle lâche ?

      << Oui, vous avez sans doute raison. Je n'en sais rien en fait. Mais la peur de souffrir peut être assez grande pour vouloir se protéger à tout prix, vous ne croyez pas ? >>


    Se protéger. Vouloir se protéger était un sentiment plus que légitime pour Heaven. Elle se souvenait encore à quel point elle avait pleuré lorsque son petit-ami l'avait trompée avec sa meilleure amie. Elle se souvenait de cette trahison comme si c'était hier. Elle en avait versé des larmes. Mon Dieu, elle croyait que jamais elle ne s'arrêterait de pleurer. Et puis, finalement, c'est passé... jusqu'à la tempête suivante. Provoquée par la lettre de sa mère. Les mots que cette dernière l'avait frappée de plein fouet, encore pire que si on l'avait giflée. Encore une fois, elle avait pleuré encore et encore. Mais, encore une fois, personne n'était là pour lui dire de ne pas faire attention à tous ces mots. Perdue dans ses souvenirs, la jeune femme eut un petit sourire faible et totalement ironique. « J'vais bien Papa, tu peux rentrer à Rhode Island » C'était juste après la fusillade. Heaven n'avait passé que quelques jours à l'hôpital mais elle n'avait rien, outre ses deux blessures qui ont laissé deux belles cicatrices sur le corps de la jeune femme. Oui, elle allait bien ! Elle s'en persuadait mais la vérité était toute autre. En vérité, cet événement l'avait plus qu'ébranlée. Après ça, elle s'était sentie vidée pendant plusieurs semaines. À ce moment, être une garce ne l'amusait plus. Elle s'était dit, tout comme Dwayne, venait de lui dire qu'il fallait qu'elle soit elle-même. Ne rien ressentir du tout. En fait, c'était ça la période qui avait suivie la fusillade, elle ne ressentait plus rien. Elle n'avait plus envie de rien. Et ce qu'elle avait trouvé de bien, c'est que personne ne s'en rendait compte, donc elle avait pu passer le temps qu'elle voulait dans cet état. Un bien ou un mal d'avoir été seule ? Elle n'en savait rien. Sans doute les deux. Un bien puisque personne ne venait la forcer à aller mieux. Un mal parce qu'elle était plus seule que jamais et qu'elle avait sans doute encore plus plongé dans la drogue. Mais cette période avait fini par lui passer. Finalement, tout le monde connaissait Heaven Von Wegberg la garce et elle n'avait pas envie que les gens pensent qu'elle était vulnérable.

      << Alors, je ne dois pas avoir d'âme. Je ne crois pas en avoir déjà eu une. Demandez donc à ma mère, ce n'est pas elle qui vous dira le contraire. >>


    Oui, une âme, Heaven doutait en avoir déjà eu une. Elle s'était toujours vue comme une personne égocentrique, et qui n'a besoin de personne pour vivre. Cela faisait quelques années maintenant qu'elle pensait qu'il fallait manipuler pour réussir, alors c'était assez ancré en elle, pour qu'elle ne fasse plus la différence entre ce qu'elle était avant et ce qu'elle était maintenant. Alors, avait-elle une âme ? Et puis, cette notion d'âme était une notion abstraite chez elle. Apparemment, Dwayne avait grandi dans un milieu où l'âme et toutes ces choses étaient des « savoirs » importants. Puisque si ne pas avoir d'âme était ne pas ressentir de sentiments, cette âme devait être une chose importante. Ne pas ressentir de sentiments était quelque chose d'assez effrayant en fait. Oui, c'était le mot. Effrayant.

      << Il m'arrive de me demander qui je suis... Parfois, j'ai l'impression de me perdre, je crois que maintenant il n'y plus de différence entre Heaven la garce et Heaven elle-même. >>


    Le fait qu'Heaven se confie un peu lui faisait beaucoup de bien. Ils avaient l'air d'imbéciles debout comme ils l'étaient mais, étonnamment, Heaven ne regrettait pas ses confessions. Mais, depuis le début, elle se disait que c'était parce qu'il était flic. Et bien oui, elle ne pouvait pas s'imaginer ce qui se tramait derrière. Elle ne pouvait pas imaginer qu'elle était plus proche de Dwayne Marshall qu'elle ne l'aurait pensé. Pour elle, il n'était qu'un inconnu, qu'un flic qui l'avait arrêté la semaine passée et qui avait eu la malchance de se retrouver là à cause d'une plainte contre la musique de la jeune femme. Et c'était tout. Soit, elle se sentait rassurée et, pour la première fois depuis bien longtemps, elle se sentait moins seule. Lorsque l'inspecteur Marshall lui dit « Mais encore une fois c’est n’est que mon avis. », Heaven eut un sourire. Un sourire franc cette fois-ci. Elle ne mit pas longtemps avant de répondre honnêtement.

      << Vous allez être surpris, mais vous êtes le premier dont l'avis est vraiment... intéressant à écouter. >>


    Honnêtement. La phrase qu'elle venait de prononcer était plus qu'honnête. La jolie brune savait très bien comment elle aurait réagi si quelqu'un lui aurait dit des trucs de ce genre. Elle se serait sans aucun doute énervée, elle aurait surement envoyé la personne se faire foutre. Mais, comme personne ne se souciait de ce qu'était Heaven, elle n'avait jamais eu à le faire. Et, ça l'arrangeait que personne ne s'en soucie. Elle s'en moquait comme de l'an quarante.
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MessageSujet: Re: Des secrets à révéler, lieutenant Marshall ? Mar 11 Jan - 13:17

C’était assez étrange, tous les deux n’avaient rien à voir l’un avec l’autre mais pourtant la jeune femme rappelait à Dwayne un de ses anciens amis de lycée. Thom, même les profs avaient fini par le surnommer ainsi tant il insistait pour qu’on ne l’appelle Thomas, était ce genre de type qui avait tellement de fierté que même un pied dans la tombe il ne se serait jamais abaissé à vous demander de l’aide pour quoi que ce soit, persuadé qu’il ne trouverait de toute façon jamais personne pour lui venir en aide si jamais il en faisait la demande. Oh cela ne l’empêchait pas de sortir, d’avoir toute une flopée de connaissances et d’être un des piliers de l’équipe de hockey du lycée, qui comptait d’ailleurs dans ses rangs Dwayne et son frère Dominic, le policier en étant d’ailleurs le capitaine. Mais malgré tout cela il n’empêche que Thom était seul comme un rat malgré tous ceux qui l’entouraient, parce qu’il créait lui-même un mur entre lui et les autres, dans l’espoir peut-être qu’en ne s’accordant pas aux autres il ne prenait pas le risque de devenir dépendant de qui que ce soit. Ouais … c’était sans doute en cela qu’Heaven lui rappelait Thom à cet instant précis. Et la seule chose que pouvait alors souhaiter Dwayne pour la jeune femme, c’était qu’elle ne finisse pas de la même façon que Thom …

    « Me punir ? Pourquoi me punir ? Parce que je suis seule et que je n’ai personne sur qui vraiment compter ? » Sans doute oui. Il y avait des gens qui n’avaient personne sur qui compter mais qui en rêvaient, alors se l’interdire quand on avait la possibilité que ce soit le cas, c’était un peu du gâchis, non ? « Parce que c’est comme ça qu’on se retrouve à ne rien avoir à quoi se raccrocher en dernier recours … » Et là-dessus il n’y a aucun doute sur le fait qu’il sait brillamment de quoi il parle le coco.

Si vous êtes un minimum renseigné sur le sujet alors vous savez sans aucun doute ce qu’on raconte à propos des jumeaux, à savoir qu’ils ont en règle générale une relation particulièrement fusionnelle et donc en définitive particulièrement … particulière, dirons-nous. Alors mettez vous un peu à la place des frères Sullivan, s’étant toujours vus comme deux pièces indissociables d’un puzzle, comme leur planche de salut respective, comme leur équilibre le plus profond, que sais-je encore … Bref, dans de telles circonstances vous comprenez donc que pour Dwayne, perdre son frère c’était un peu comme la punition suprême, encore pire que si il était mort à la place de Dom’ en fin de compte. C’est à ce moment qu’il a pris conscience avec certitude qu’il n’y a pas pire sensation que d’être celui qui doit continuer à vivre sans l’autre, qui doit apprendre à faire sans cette présence qu’il a toujours connu depuis les premières minutes de sa vie. Enfin, tout ça pour dire donc, que quand on perd son principal repère, au point d’en arriver à se demander ce qu’on fou encore sur cette maudite planète, on est bien content (même si on ne s’en rend pas forcément compte dès le départ) d’avoir encore quelqu’un pour vous dire « oh petiot, fait pas le con, tu glisses sur la mauvaise pente là » … Et bien sûr qu’à la base on s’en fou de glisser, on serait même prêt à accélérer sa propre chute si ça pouvait alléger nos souffrances, et c'est là qu'avoir quelque chose, ou plutôt quelqu'un à qui se raccrocher devenait indispensable. Difficile pour Dwayne, parce qu'il ne s'était toujours raccroché qu'à son frère, mais pas impossible ... Jamais l'amour de son père n'avait tant compté qu'à cette période, jamais la détresse de Prudence ne lui avait retourné les tripes ainsi.

    « Vous savez quand votre propre mère vous dit qu'elle aurait mieux aimé ne pas vous donner naissance, qu'elle aurez aimé que vous soyez l'enfant dont elle vient de faire une fausse couche, on fini par préférer être seule. » Ouais ... Décidément c'est de famille ça, ah ils son gâté les Sullivan avec des mères pareilles. « Oh donc tu ... vous, vous voyez plus votre mère ? » Et il sort ça comme ça, genre ça y'est c'est la fête, et vas-y que j'oublie le vouvoiement, et vas-y que je mets les pieds dans le plat ... Décidément parfois la subtilité c'est une option facultative. « Désolé, ça me regarde pas. » C'est vrai. Et en plus c'est pas non plus comme si elle était de ta famille. HEIN ?

Enfin, en voilà une chose intéressante, si on pouvait dire cela ainsi. La mère Sullivan qui reproduit le même schéma de course au titre de la mère de l'année que la mère ... bah Sullivan aussi, justement ; C'est qu'ils sont gâtés les marmots dans cette grande famille unie et soudée dites-moi. Sûr que si Jeremiah Sullivan n'avait pas coupé les ponts avec sa chère et tendre famille, sa soeur et sa femme se seraient entendues à ravir, même instinct de rejet envers leur progéniture qui pourtant n'a rien demandé à personne, c'est beau, non vraiment, bravo. Bizarre en tout cas pour Dwayne que cette sensation de ne finalement plus être le seul à s'être légèrement fait avoir par sa génitrice ... Quoi que le fait que ce soit dans la même famille puisse également être vu comme inquiétant. C'est vrai, imaginez un peu que ce soit une malédiction, un truc qu'on se transmet de génération en génération et qui expliquerait pourquoi après que Jeremiah se soit fait jeter comme un malpropre par sa famille et en particulier son père, Dwayne et Heaven aient été les suivants sur la liste, et qu'on jour malgré eux ils reproduisent exactement le même modèle ... Voilà qui donne envie d'avoir des enfants tout de suite.
Enfin la question ne se posait pas, pour avoir des enfants il fallait un père et une mère, et dans le cas de Dwayne il manquait la mère, ce qui ne le cachons pas était un élément plus qu'essentiel. Dire que si seulement Leah ... Non, non pas la peine de s'arrêter sur ce sujet là, c'était une très mauvaise idée. Quoi qu'il en soit une chose était certaine, autant Dwayne adorait littéralement les enfants autant l'idée d'en avoir lui faisait maintenant limite froid dans le dos (alors qu'à dix-huit piges il était prêt à se voir en changeur de couches et remplisseur de biberons professionnel, mais à bientôt trente et uns balais que nenni messieurs dames, me lever la nuit pour calmer la gloutonnerie d'un marmot braillard, merci bien. C'est aussi ça la logique Sullivan). En même temps ça pouvait se comprendre ... Grâce à sa très chère maman, rien ne le terrifie plus que l'idée d'avoir des enfants et d'avoir une préférence, sans s'en rendre compte. Ce genre de préférence qui lui a toujours foutu le cœur en vrac quand il était gosse, ce genre de conneries qui aurait très bien pu finir par monter les deux frangins l'un contre l'autre si il n'y avait pas eut la salvation par le déménagement chez le chouette tonton Derek, à Chicago.

Mais donc, pour en revenir à la mère de Heaven, forcément ça cassait un peu toute cette histoire de réunion familiale hasardeuse. Bah oui, ce qui faisait de Dwayne et Heaven des cousins c'était le lien entre son père à lui et sa mère à elle, hors si la mère disparaissait du tableau, y'avait comme un os, chef. Mais avant même de réfléchir à nouveau sérieusement à ce qu'il allait faire à propos de tout ça (non parce que c'est vrai, c'est pas non plus comme si ça faisait une semaine entière qu'il retournait déjà le problème dans tous les sens), il fallait encore espérer que Heaven ne le fiche pas à la porte. Et entre nous l'impulsivité de Dwayne, qui ressortait de toute évidence à couteaux tirés lorsqu'il se retrouvait sous pression ou comme ici "le cul entre deux chaises", n'était pas pour aider ce coup-ci ... Il se disait déjà que le "lâche" c'était à coups de pieds aux fesses pour le faire sortir plus vite qu'il allait en entendre parler. Mais non, à son grand étonnement la demoiselle ne prit pas la mouche, tout juste eut-elle l'air un peu pincé en l'entendant prononcer sa phrase, et encore il fallait le dire vite.

    « Oui, vous avez sans doute raison. Je n'en sais rien en fait. Mais la peur de souffrir peut être assez grande pour vouloir se protéger à tout prix, vous ne croyez pas ? » La solution de facilité, voilà ce qu'il considérait que c'était. Et attention hein, il ne niait pas y avoir vu les plus beaux avantages pendant un temps, c'était la première solution qui lui était venu à l'esprit. Seulement ce n'était pas pour autant que cette solution était bonne ... Enfin, solution de facilité c'était peut-être un peu fort comme terme, après lâcheté mieux valait se contenter de quelque chose de plus soft. « S'empêcher de souffrir c'est s'empêcher de vivre selon moi. » Mon Dieu, mon Dieu, quel philosophe notre Dwayne parfois, un vrai chaman inuit dites moi. Manque plus que le chien, ah non ça c'est fait aussi ... Bien, parfait. Et aux paroles précédentes de Dwayne elle se contenta de répondre « Alors, je ne dois pas avoir d'âme. Je ne crois pas en avoir déjà eu une. Demandez donc à ma mère, ce n'est pas elle qui vous dira le contraire. » De toute évidence elle ne pouvait avoir aucune idée de l'absurdité qu'elle venait de dire. Ou tout du moins dans la culture de Dwayne s'en était une, et une belle. Mais il préféra ne rien en dire, pas la peine de tomber dans le lourdingue. En revanche il ne pu retenir un commentaire sur ce qu'il en pensait de l'avis de la Mummy. « Son avis ne devrait pas compter pour vous ... Si vraiment elle pense de cette façon, ça ne devrait plus compter. » Et il sait ce qu'il raconte le petit, quoi que comme toujours "fais c'que je dis, fais pas c'que j'fais cocotte" et ça tombe bien, parce que quand il s'agit de se foutre de l'avis de son humble Mummy, Dwayne n'est pas encore devenu un pro des pros.

Parce que qu'au fond qu'est-ce qu'elle avait fait la mère de notre grand dadet de flic, si ce n'est lui asséner à haute voix toutes les horreurs qu'il s'infligeait déjà lui-même intérieurement depuis des plombes ? Bon, il y avait cette histoire de préférence, d'accord ça c'était quand même un gros morceau à avaler, mais si encore il n'y avait eut que ça Dwayne aurait sans aucun doute pu passer outre .. C'était ce qu'il avait fait pendant vingt-quatre ans, il avait finit par être imbattable dans le rôle du fils qui fait celui qui ne voit pas, qui est crédule et qui ne comprend rien. Mais les mots qu'elle lui avait dit ce soir de Noël, ces mots qu'elle avait osé prononcé devant son père, devant Prue ... Ça il ne réussissait pas à passer outre. C'était une chose de les penser, c'en était encore une de les penser en étant sa mère ... Mais c'en était carrément une autre de les asséner à haute voix, dans une colère toute brûlante d'honnêteté. Tenez rien que d'y penser, Dwayne en avait à nouveau des frissons le long de l'échine ; Et cela remontait déjà à presque sept ans, alors imaginez un peu l'effet que cela avait du lui faire sur le coup.
S'il n'était pas aussi bourru, ce gros nounours de Dwayne, et si bien entendu il finissait par se décider à la cracher sa valda, à sa cousine de nouvelle année, il pourrait être tenter de croire naïvement qu'Heaven était là dessus la seule qui soit peut-être à même de le comprendre ... Oui mais, Dwayne n'était pas un naïf, tout juste un grand blond qui croit encore un tout petit peu au père Noël quand il espère qu'un jour il débarrassera ce monde de fou de tous les méchants dealers qui y trainent sans vergogne.

    « Il m'arrive de me demander qui je suis... Parfois, j'ai l'impression de me perdre, je crois que maintenant il n'y plus de différence entre Heaven la garce et Heaven elle-même. » Et c'est bien triste, d'autant plus triste qu'encore une fois Dwayne a l'impression qu'elle lui a enlevé les mots de la bouche. Parce que vous n'avez pas l'air de vous rendre compte vous, mais à force de jouer les agents doubles entre Dwayne, Leslie, Leslie, Dwayne ... J'aimerai vous y voir vous, pendant dix huit mois à jongler entre les deux types que vous êtes censé être, à la fin impossible de vous rappeler lequel fait quoi, et lequel est qui. « J'comprends ... vraiment. Assez pour dire qu'il n'y a qu'une seule solution, choisir. En espérant faire le bon choix. » Autrement dit cocotte, si t'as un tant soi peu de jugeote c'est la garce que tu sacrifieras, et pas celle qui vaut la peine d'être connue. « Vous allez être surpris, mais vous êtes le premier dont l'avis est vraiment... intéressant à écouter. » Il ne put retenir un léger rire. D'ordinaire, femme à qui homme tient tête se sent tout de suite blessée dans son genre profond (enfin, souvent quoi, c'est qu'elles sont susceptibles ces dames quand elles s'y mettent). « Arrêtez vous allez finir par me faire croire que j'ai bien fait de vous arrêter. » Réponse à prendre sur le ton de la plaisanterie bien entendu. On s'en serait à peine douter tiens.

Mais cela dit ce qui avait commencé comme une joute verbale avec comme arbitre le sol lustré de l'entrée du loft, se révélait moins inutile que cela n'aurait du l'être, du moins si Dwayne ne savait pas ce qu'il savait. D'ailleurs, il serait peut-être temps qu'il se secoue un peu les puces le grand dadet, c'est pas qu'on tourne autour du pot, mais un peu. En même temps le pauvre comprenez le, il sautillait partout comme un cabri un jour de grand soleil à l'idée que Prue et Violet viennent vivre à New Heaven, tout ça pour que dans sa solitude extrême d'ours en hibernation il est au moins l'impression d'avoir retrouvé un semblant de famille, et au final il avait une cousine servie sur un plateau dans cette bonne vieille ville du Paradis ... C'est tout le hasard ça, soit il en fait trop soit il en fait pas assez, jamais dans la bonne mesure celui-là.
Mais enfin revenons à nos moutons, ou plutôt à nos cousins d'ailleurs.

    « J'ai ... j'ai pas été totalement honnête avec vous. » Génial il commence trop bien lui, dans le mélodrame et en plus il se paye le luxe de se faire passer pour un vilain bonhomme incapable de vérité pour en venir au fait. C'est tout Dwayne ça, se mettre dans la mouise tout seul et pour rien, et avec un talent des plus total. Une vraie drama-queen. « Je crois, non en fait je sais, que votre mère avait un frère ... A un frère. Et il se trouve que ce frère c'est ... mon père » SURPRIIIISE !! Allez hop, sortez le paquet de pop-corn, c'est maintenant que ça devient intéressant tout ça ...


HJ ; C'est fou ce don que j'ai de raconter du vide parfois (a)
Mais alors du vide avec un vieux sens du cynisme à deux balles de mes mauvais jours, c'est carrément collector quoi What a Face

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MessageSujet: Re: Des secrets à révéler, lieutenant Marshall ? Sam 29 Jan - 7:30


Dwayne S. Marshall & Heaven Von Wegberg

<< Il ne suffit pas de partager un patrimoine commun, encore faut-il vivre dans le même monde. >>

    Ah, la fierté, une bien belle invention, n'est-ce pas ? Fierté, dignité et tout le blabla. Pour beaucoup, la fierté est un signe d'égoïsme, de prétention. Pour d'autres, c'est simplement un moyen de cacher qui l'on est. La première solution est intéressante. Il est vrai qu'il peut être prétentieux de croire que l'on se suffit à soi-même. On a tous besoin de quelqu'un, non ? Oh non ! Je ne vous parle pas d'une âme sœur. De toute façon, Heaven n'a jamais été du genre à croire que quelqu'un sur cette foutue planète lui était destinée. Même lorsqu'elle était éperdument amoureuse d'Hunter, elle pensait déjà que tout ça, c'était des foutaises. Et puis, oui, après tous ses drames personnels, elle s'est mise à croire qu'elle se suffisait à elle-même et qu'elle n'avait besoin de personne. Ou, du moins, qu'elle n'avait pas besoin de laisser approcher quelqu'un d'elle. Qui pouvait prétendre savoir qui elle était au fond d'elle ? Son père... oui, peut-être. On dit qu'il faut parfois savoir mettre sa fierté de côté... et bien, je pense qu'Heav' n'a jamais entendu cette phrase. La jeune femme ne faisait confiance à personne en vérité. Et, parfois, il lui semblait que cette vérité était dur à avaler. Comme le disait Dwayne, elle savait très bien que si elle tombait, elle n'aurait personne à qui se raccrocher... comme par le passé, après la fusillade. Personne n'était là pour l'aider et c'est sans doute cela qui a fait qu'elle n'avait jamais vraiment arrêté la drogue. Sans doute qu'elle se disait que c'était à ça qu'elle pouvait se raccrocher, à la drogue. Et bien oui, c'est vrai quoi, avec la drogue, elle pouvait se sentir plus légère. Évidemment, c'était ridicule, irresponsable, immoral, et tout ce que vous voudrez, mais quand on n'a pas eu la famille dont on rêvait et quand on a été trahi, on se dit qu'il vaut mieux être sans moral plutôt que d'être prise pour une conne. Alors, il avait certainement raison, elle se retrouvait avec rien pour se raccrocher mais au moins, elle avait le sentiment de contrôler la situation. Heaven détestait bien une chose, c'était de ne rien contrôler. Et il était rare qu'elle ne contrôle pas. Avoir un total contrôle sur elle-même et sur les événements était quelque chose d'important pour elle. Sans doute parce qu'au fond, elle n'avait pas si confiance en elle qu'elle voulait bien le montrer. Sans doute parce que sa rancœur faisait d'elle une femme brisée chaque jour encore un peu plus. De la rancoeur, elle en avait. De la haine aussi. Et tout ça se dirigeait encore et toujours vers une personne qui se devait d'être là pour elle. Vous avez deviné, sa mère bien sûr. Allyson Sullivan. Ah, celle-là, on pouvait dire qu'elle lui avait bien gâché la vie. Et juste au moment où Heaven s'en remettait un peu près, Bam ! Une bonne lettre avec des réflexions bien blessantes. Autant en rajouter une couche, la jolie brune n'était pas déjà assez fragile comme ça ! Une fragilité qu'elle essayait de cacher à tout prix mais pourquoi croyez-vous qu'elle se droguait toujours ? Parce qu'elle était faible et elle savait que le fait qu'elle continuait encore et encore à se droguer était la preuve qu'elle était faible... mais, elle refusait d'aller chez un psy. Après la fusillade, son père lui avait proposé qu'elle aille chez le psy mais elle n'avait pas voulu et avait insisté pour qu'il reparte à Rhode Island, ce qu'il avait d'ailleurs fait ! Vive la famille unie et aimante dont elle rêvait quand elle était gosse. Maintenant, ce dont elle rêvait, c'était de se retrouver en face de sa mère. Elle rêvait de pouvoir lui jeter sa lettre à la figure, de pouvoir lui dire qu'elle était bien mieux sans elle... et quand bien même, c'était faux, cela la soulagerait. Sa mère... cette lettre... et cette question de l'inspecteur Marshall. Sa langue venait de déraper et pendant deux secondes, il l'avait tutoyer. Et bien alors Dwayne, on ne sait plus où on en est ?! Que se passe t-il ? Et puis, il lui demanda si elle ne voyait plus sa mère. Pourquoi demandait-il cela ? Heaven trouvait cela étrange qu'il s'intéresse autant à ce qu'elle était, et pourquoi s'était-il arrêté sur sa mère ? Avant même que la jeune femme fasse une réflexion là dessus, il avait ajouté en s'excusant que ça ne le regardait pas. Effectivement, la jolie brune aurait eu tendance à croire que ça ne le regardait pas ! Pour qui se prenait-il à lui poser ce genre de question ?! C'était complètement incorrect ! Mais avant que cette idiote d'Heaven ne se fasse ces mêmes réflexions, elle avait déjà répondu quelque chose. Idiote, je vous dis ! Oh et puis merde, elle n'avait qu'à se débrouiller après tout !

      « Exact, je ne la vois plus depuis mes cinq ans. Elle est partie peu de temps après sa fausse couche. Mais, effectivement, toute cette histoire ne vous regarde pas vraiment ! »


    Ah bah voilà, elle l'avait dit. Finalement, elle n'était pas si idiote et se rendait compte de ce qui se passait autour d'elle. Elle s'était sans doute rattrapée parce que, justement, si elle continuait de parler, elle finirait par ne plus contrôler la situation. Et pour l'instant, elle contrôlait très bien. Pourvu que ça dure. Enfin, depuis le début de la conversation, elle se traitait intérieurement d'idiote pour ne pas l'avoir mis à la porte. Mais, finalement, ce n'était pas si mal pour elle de parler à quelqu'un. La pauvre, elle n'imaginait pas à quel point l'homme qui se tenait devant elle pouvait la comprendre. Une mère qui avait abandonné son enfant. Heaven avait beau retourner la chose encore et encore dans sa tête, pour elle, une mère se devait d'aimer son enfant même si ce dernier pouvait faire parfois des choses décevantes. C'est bien en faisant des erreurs que l'on apprend, n'est-ce pas ? Mais, nous méritons toujours une seconde chance... du moins, c'était ce que croyait Heaven lorsqu'elle était plus jeune. Elle avait bien conscience de ne pas avoir toujours été un ange avec sa mère mais celle-ci se montrait vraiment froide avec sa fille. Alors, comment pourrait-on en vouloir à une petite fille de tout faire pour avoir l'attention de sa mère, même si cette attention est négative. En fait, elle aurait tout donné pour que sa mère soit toujours là même si elle l'a détestait. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'au moins, Heav' saurait que sa mère pense à elle. Mais là, et bien, elle n'avait aucune idée de l'endroit où elle était, elle n'avait aucune idée de la vie qu'elle menait. Avait-elle eu un autre enfant ? S'était-elle remariée ? Est-ce qu'elle gardait au moins une photo de sa fille ? Ces questions n'avaient aucune réponse. Et elles n'en auraient sans doute jamais. Et puis, au bout d'un moment, la jeune femme a arrêté de se poser toutes ces questions se rendant compte qu'elle se faisait du mal pour rien. Et, elle en avait marre de souffrir, alors elle décida de bloquer toute souffrance, d'être celle qui ne souffrait jamais, celle qui n'avait besoin de personne.

      « S'empêcher de souffrir c'est s'empêcher de vivre selon moi. ». La jolie brune ne l'avait jamais vu de cette façon. Elle eut un petit sourire. « Il ne me semble pas que je m'empêche de vivre pourtant. Je vis ma vie à fond, vous savez. Que ce soit pour les hommes, ou pour ma carrière. » Tourner la conversation en dérision. Je ne suis pas sûre que cela soit approprié mais soit, pourquoi pas après tout... Il fallait bien que la demoiselle trouve quelque chose à dire pour détourner la conversation de sa très chère mère. Je n'ai qu'un mot à dire : Raté ! « Son avis ne devrait pas compter pour vous ... Si vraiment elle pense de cette façon, ça ne devrait plus compter. » Un autre mot : Touché ! Heaven ne sut quoi répondre à cela. C'était... désarçonnant. « L'avis d'une mère compte toujours, non ? Il paraît qu'une mère est la seule personne qui puisse prétendre connaître ses enfants... elle disait toujours à mon père que quand je serais grande, je serais le diable incarné, pour le dire plus poliment qu'elle ne le disait... » Elle se tut quelques instants avant d'ajouter. « Je suis un joli diable, je trouve, n'est-ce pas ? »


    Oui, un très joli diable... Joli diable qui se rendait compte qu'elle en disait beaucoup sur sa fragilité à l'instant même. Aussi loin qu'elle avait pu repousser ses questions, elles lui revenaient toujours en plein figure. Et, inévitablement, cela la rendait vulnérable. Faible. Elle ne voulait pas être faible. Oh non ! Si il y a bien une chose qu'elle voulait éviter en se cachant derrière ce masque, derrière cette drogue, c'était ses faiblesses. Elle ne se souvenait même pas de la dernière fois qu'elle avait pleuré. En fait, si, elle s'en souvenait très bien. Il lui semblait que la dernière fois, c'était lorsqu'elle avait lu la lettre de sa mère. Oui, ce devait être ça. Elle ne se souvenait pas avoir pleuré après la fusillade. Après la fusillade, elle s'était juste sentie vide. Ça aussi, elle s'en souvenait très bien.

    FLASH BACK
    Citation :
    « J'vais bien papa, tu peux rentrer à Rhode Island. » Heaven venait d'être raccompagnée par son père à son loft. En disant cette phrase, elle tenta tant bien que mal de sourire. « Tu es sûre ? » Dans son esprit, la jeune femme se dit qu'il ne devrait pas à avoir à poser cette question, qu'il devrait savoir que non, elle ne voulait pas qu'il parte, qu'elle voulait qu'il la soutienne, qu'il lui dise qu'elle était quelqu'un de bien. Elle aurait voulu lui dire tout ça, mais elle ne réussit qu'à dire une seule chose. « Oui ». Et il était parti.

    Heaven s'était installé sur le sofa, les genoux repliés sur elle-même, elle ne bougea pas pendant plusieurs heures. Elle se disait... Non, en fait, pendant plusieurs, elle ne s'était absolument rien dit. Sa tête était vide de toutes pensées. Tout ce qu'elle ressentait, c'était la douleur de ses deux cicatrices. Mais sinon... rien. Le vide. Après, elle s'était levée, poussée par la faim sans doute, elle avait mangé et surtout elle avait bu. Une bouteille de vodka, une bouteille de tequila. Elle avait même attaqué le whisky pur alors qu'elle avait toujours détesté ça. Et puis, elle s'était dit que sa poudre blanche lui ferait quelque chose. Mais, elle ne ressentait toujours rien. Alors, elle avait renoncé à ressentir quelque chose.
    FIN DU FLASH BACK

    Mais, tout ça, c'était du passé. Elle avait fini par se remettre à vivre. Pour ce qui était de ressentir quelque chose, il lui semblait qu'elle avait laissé ça dans la poubelle, avec les bouteilles d'alcool qu'elle avait vidées. Évidemment, elle se souvenait que le lendemain avait été difficile... et les jours d'après aussi d'ailleurs. Mais, elle avait fini par se relever. Seule. Elle arrivait toujours à s'en sortir seule. Pendant cette période, elle avait renoncé à être une garce et puis, finalement, elle a repris son masque.

      « J'comprends ... vraiment. Assez pour dire qu'il n'y a qu'une seule solution, choisir. En espérant faire le bon choix. » Il n'avait pas tort, mais comment faire ce choix ? « Vous croyez vraiment qu'il existe un bon choix ? Et si il était impossible de choisir ? Si le fait que je sois une garce soit trop ancré en moi ? C'est stupide tout ça ! Stupide de devoir choisir... ce serait comme choisir entre une part de gâteau au chocolat et une part de tarte aux pommes. Les deux sont connus, les deux sont bons, il est trop difficile de choisir. » Vous avez bien entendu, elle venait de comparer les deux parts d'elle-même à deux parts de gâteaux. Gourmande ! Je me demande comment elle fait pour garder une ligne aussi parfaite alors... bon, ce n'est pas vraiment le problème, je sais, mais c'est tout de même fort... bon d'accord, revenons à nos moutons, enfin à la conversation. Dwayne et Heaven font de beaux moutons mais bon l'image est mal choisie quand même. « Que choisiriez-vous, Inspecteur Marshall ? Chocolat pour sa pureté et sa force ou pommes pour leur douceur et leur côté trompeuses ? »


    Heaven avait toujours préféré le chocolat aux pommes... elle disait depuis son enfance que les pommes étaient trompeuses... sans doute un reste de Blanche-Neige. Enfin, si on partait de là, ça voudrait dire qu'Heaven la garce était une pomme. Et Heaven naturelle du chocolat. Il lui semblait que les hommes s'en moquaient d'avoir pomme ou chocolat tant qu'il pouvait goûter à cette jeune femme. Et puis, à dire vrai, ce n'était pas eux qui la choisissaient mais plutôt le contraire. Bref, j'avais dit que l'on revenait à notre conversation.

      « Arrêtez vous allez finir par me faire croire que j'ai bien fait de vous arrêter. » Heaven eut un petit rire. Un petit rire bien sincère. Je pense que c'était la première fois depuis qu'il avait franchi la porte de ce loft que Dwayne entendait le véritable rire de la jeune femme. Un rire plutôt ordinaire, mais qui résonnait un peu comme une mélodie. Il était puissant et à la fois doux. « Oh oui, je crois bien que vous ne le regrettez pas à présent. » Bah quoi ? Quitte à en rire, autant y aller à fond.


    Heaven rit encore quelques secondes. Ce n'était pas désagréable d'être en la compagnie de Dwayne Marshal finalement. Je dis « finalement » parce que ce n'était pas du tout ce que pensait la jeune femme une semaine plus tôt. Elle l'aurait plutôt envoyer en Enfers celui-là avec sa morale et ses menottes. Pour un peu de cocaïne. Elle venait à peine de se la procurer. De l'argent gaspillé ! En vérité, l'argent, elle s'en foutait pas mal, puisqu'elle n'en manquait pas mais c'était plutôt la perte de sa poudre qui l'avait agacée. Mais, c'était il y a une semaine, et elle n'avait pas revu Dwayne depuis. En fait, il lui était complètement sorti de la tête avant qu'il ne vienne frapper à sa porte ce matin-là. D'ailleurs, en le voyant derrière la porte, elle ne se serait jamais doutée que leur conversation en arriverait là. D'un coup, l'homme face à elle lui parut tendu, mal à l'aise. Elle avait toujours un sourire sur les lèvres.

      « J'ai ... j'ai pas été totalement honnête avec vous. » Oula, c'était le genre de réflexions qui faisait peur. Comment pouvait-il ne pas avoir été tout à fait honnête ? Ils ne se connaissaient pas. Par conséquent, ils ne pouvaient pas prétendre avoir des secrets l'un pour l'autre ou autre niaiserie de ce genre. Heaven ne disait rien, attendant plutôt ce qu'il avait à dire. Et la révélation tomba. « Je crois, non en fait je sais, que votre mère avait un frère ... A un frère. Et il se trouve que ce frère c'est ... mon père » Tiens, là, par exemple, elle ne contrôlait plus maintenant. Cette révélation l'avait mise dans une sorte d'état second. Jamais elle n'avait entendu parler d'un cousin. En fait, tout ce qui était du côté de sa mère, elle n'en avait jamais entendu parler. « Je vous demande pardon ? » La jeune femme n'avait réussi qu'à sortir cette stupide phrase de sa bouche. Après tout, que pouvait-elle dire ? « Bienvenue dans la famille, viens, je vais partager mon loft avec toi » ? Et puis, d'un seul coup, tout lui apparut clairement et d'un ton accusateur et sans doute plus sec qu'elle ne le voulait, elle s'approcha de Dwayne. « Alors, c'est pour ça que vous m'avez posé cette question sur ma mère ? Pourquoi vous me dites ça ? Vous seriez mon cousin ? Écoutez, je n'ai pas de famille... ma famille, c'est mon père et même lui est parti loin de moi alors que toute cette histoire soit vraie ou pas, vous ne devriez pas vous faire à l'idée de m'avoir comme cousine, vous finiriez par fuir vous aussi. » Et ben, ce n'est pas vraiment comme ça que je voulais qu'elle réagisse, moi je l'aurais plus vu lui mettre une bonne claque... Tant pis.
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MessageSujet: Re: Des secrets à révéler, lieutenant Marshall ? Ven 4 Fév - 0:35

A force de jouer ainsi avec le feu il fallait bien que Dwayne finisse par se brûler, et ce qui était certain c'était qu'il ne pourrait pas dire qu'on ne l'avait pas prévenu. D'ailleurs, en temps normal il aurait simplement suffit que son père appose son véto et lui dise non pour que Dwayne n'insiste pas et se plie sans broncher à l'avis du sacro-saint paternel. L'avis de son père était tellement important pour Dwayne que ce dernier ne pensait même pas se souvenir de la dernière fois qu'ils avaient été en désaccord sur quelque chose au point que Dwayne agisse en se passant de son avis ... Quand son fils avait intégré la police Jeremiah Sullivan n'avait pas sauté de joie, lorsqu'il lui avait annoncé s'être engagé pour de longs mois dans une mission d'infiltration encore moins, mais il n'avait pour autant pas imposé son avis à Dwayne. Sans doute qu'il avait compris que son fils avait fait ces choix en pesant le pour et le contre, et en choisissant ce qu'il estimait être le mieux pour lui. Mais cette fois-ci les choses avaient été différentes, dès que Jeremiah avait entendu le nom de sa sœur dans la bouche de son fils il n'avait pas voulu en savoir plus, et quand Dwayne lui avait tout de même évoqué Heaven la réponse n'avait pas été différente. Pour la première fois le père de Dwayne lui avait dit clairement non, un non qui se voulait ferme et définitif. Inutile donc de vous dire que la curiosité que Dwayne ressentait tout à coup avait le goût amer de la trahison ; Sans exagérer, il avait l'impression de trahir la confiance de son père qui devait se dire - à raison - que pour une fois qu'il demandait quelque chose à son fils ce dernier pouvait bien aller dans son sens.
Mais non, Dwayne ne saurait pas dire ce que c'était mais il y avait quelque chose qui l'empêchait de cacher ça dans un coin de sa tête et de ne plus y toucher, on ne parlait pas d'une broutille on parlait de la famille, et la famille c'était sacré - littéralement - pour ce jeune homme. Dwayne était un homme qui avait depuis toujours appris à se fier à son instinct, et aujourd'hui sa raison et son instinct ne lui dictaient pas la même chose, provoquant en son fort intérieur un conflit fort désagréable. Et c'était précisément dans ce genre de situations que Dwayne savait qu'il aurait du se fier à la lettre à ce dicton qui vous dit de tourner sept fois la langue dans votre bouche avant de dire quelque chose, sous peine de le regretter. Sinon on risquait une réponse du genre « Exact, je ne la vois plus depuis mes cinq ans. Elle est partie peu de temps après sa fausse couche. Mais, effectivement, toute cette histoire ne vous regarde pas vraiment ! » ... Et bim, prend ça dans tes dents Dwayne. C'est ce qu'on appelle un retour à l'envoyeur. Mais soi-dit en passant, Dwayne commençait à sérieusement douter de son lien de parenté avec la demoiselle en face de lui ... Oh ce n'était en rien contre elle, mais le peu qu'il venait d'entendre sur la même de celle-ci aurait presque de quoi le rendre malade de partager un quelconque gène avec "ça" ...

Quoi qu'il en soit Dwayne ne préféré pas répondre, sous peine d'aggraver son cas. Et puis que pourrait-il bien dire de toute manière ? La seule chose qui lui venait à l'esprit n'était pas avouable à voix haute puisque totalement déplacée vis-à-vis de Heaven, mais en son fort intérieur ce qui était certain c'est que Dwayne aurait bien eut envie là tout de suite de tordre le coup à une mère qui de toute évidence s'évertuait à faire pire que la sienne. Et pour que Dwayne trouve des griefs pire encore que ceux qu'il avait contre sa mère, c'était qu'il y avait de quoi cogiter croyez-moi. Enfin, ne vous emballez pas pour autant, il en faudrait bien plus que pour Dwayne ne change d'avis sur sa génitrice et ne passe outre sur les choses qu'elle avait balancé en présence de son père et de Prue. Les mots déjà faisaient mal, bien pire que ça même, mais le regard plaintif qu'avait eut son père à ce moment là, cela avait été la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase déjà plein à ras-bords de la colère de Dwayne.
Mais voilà que nous nous égarons, tout cela pour en arriver au fait que Dwayne n'ayant pas répondu Heaven n'avait pas insisté sur le sujet, permettant au policier de souffler quelques instants. Mais pour autant elle n'en avait pas oublié la suite de leur conversation et ne resta pas muette très longtemps.

    « Il ne me semble pas que je m'empêche de vivre pourtant. Je vis ma vie à fond, vous savez. Que ce soit pour les hommes, ou pour ma carrière. » Des hommes, et une carrière. C'était donc ainsi qu'elle envisageait la vie ? C'était bien triste, à l'âge qu'elle avait, et même Dwayne qui pourtant aurait des tonnes de raison d'être blasé en permanence trouvait que sa vision des choses était dommage. « Une carrière c'est éphémère ... L'intérêt des hommes également. » Il ne cherchait en aucun cas à la vexer, mais enfin il était bien placé pour savoir que lorsqu'il n'y avait pas de réels sentiments et encore moins de promesses, on se lassait inévitablement. N'était-il pas le premier à avouer qu'il se lassait des femmes malgré tous ses efforts ? Il avait par deux fois laissé passé les exceptions, et aujourd'hui les autres femmes lui paraissaient bien souvent fade en définitive. « L'avis d'une mère compte toujours, non ? Il paraît qu'une mère est la seule personne qui puisse prétendre connaître ses enfants... elle disait toujours à mon père que quand je serais grande, je serais le diable incarné, pour le dire plus poliment qu'elle ne le disait... » De plus en plus adorable la mère vraiment. « Je suis un joli diable, je trouve, n'est-ce pas ? » Dwayne avait surtout tilté sur le début de la réponse de la demoiselle, bien que la dernière réflexion li arrache bien malgré lui un léger sourire. Si la mère de Dwayne était la personne qui était censée le mieux le connaitre le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle avait besoin de sérieux cours de rattrapage. « C'est ce qu'on dit en effet ... A une certaine époque on disait aussi que la terre était plate, ou que la guerre était un mal nécessaire. Vous voyez, ce ne serait pas la première fois que "on" est en tort ... »

Dwayne avait réussit avec une pincée de métaphore à donner une réponse en accord avec ce qu'il pensait, sans à aucun moment évoquer sa propre mère, et pour un peu il se sentirait presque fier. Il faut dire que depuis ces dernières années Elizabeth Sullivan n'était pas uniquement bannie de ses contacts, elle l'était aussi de son esprit ... Ou tout du moins Dwayne essayait que ce soit le cas le plus souvent possible. Il ne souhaitait pas que son esprit soit pollué par sa mère, en général c'était ainsi que naissaient en lui les doutes et autres manque de confiance, ennemis suprême du type qui essayait de faire croire à qui voulait bien l'entendre qu'il se contentait totalement de la vie qu'il menait actuellement.

Il la comprenait de vouloir se cacher derrière quelqu'un qu'elle n'était pas, comment aurait-il pu ne pas la comprendre d'ailleurs puisqu'il avait agit exactement de la même manière. Enfin non, pas exactement, mais l'idée de base était la même au fond, fuir ses problèmes en essayant de se fuir soi-même ... Bien sûr il avait accepté ce job à Miami pour l'adrénaline, pour mettre à profit cette énergie et surtout cette colère que même Daniel ne réussissait plus à canaliser malgré tous ses efforts pour tenter de faire entendre raison à Dwayne. Mais si il avait accepté c'était aussi et surtout parce qu'il avait très vite compris que c'était là l'occasion de mettre sa propre vie entre parenthèses, d'arrêter pour un temps d'être Dwayne. Ne plus être celui qui avait perdu son frère et qui entendait chaque jour la voix de sa mère résonner dans sa tête pour lui dire qu'il aurait mieux valut que ce soit lui ... Ne plus avoir à se lever chaque matin en se disant que sa mère avait sans doute raison, que c'était même sûr d'ailleurs. Au point de ne plus pouvoir regarder Prue et surtout Violet sans ne ressentir rien d'autre que de la culpabilité, cette stupide mais si envahissante culpabilité dites "du survivant".
Alors oui, il comprenait son envie de vouloir se cacher derrière un masque, mais pour autant il savait qu'à force de se cacher on finissait toujours par payer le prix de ses mensonges, que ce soit envers soi-même ou envers les autres. Et bien souvent le prix a payer était bien plus cher que celui de devoir à nouveau se montrer sous son vrai jour. La chose eut sinon été bien trop facile.

    « Vous croyez vraiment qu'il existe un bon choix ? Et si il était impossible de choisir ? Si le fait que je sois une garce soit trop ancré en moi ? C'est stupide tout ça ! Stupide de devoir choisir... ce serait comme choisir entre une part de gâteau au chocolat et une part de tarte aux pommes. Les deux sont connus, les deux sont bons, il est trop difficile de choisir. » Elle lui arracha presque un nouveau sourire, sa façon de se comparer à de la pâtisserie avait un côté presque enfantin. Comme si malgré elle elle dévoilait une partie d'elle qui refusait de grandir, et qui était toujours une petite fille terrorisée par l'idée de devenir adulte. « Que choisiriez-vous, Inspecteur Marshall ? Chocolat pour sa pureté et sa force ou pommes pour leur douceur et leur côté trompeuses ? » De façon totalement terre à terre et premier degré le choix aurait été vite fait, Dwayne n'aimait pas le chocolat. Mais enfin pas question non plus que les goûts culinaires parfois étranges du policier ne viennent semer la zizanie là-dedans. Non mais. « C'est pas important ce que je choisirais. C'est pas à moi de choisir. »

C'était le genre de chose que l'on devait résoudre soi-même, seul. Et puis aussi et surtout Dwayne avait beau avoir appris qu'ils avaient des gènes en commun il n'en demeurait pas moins qu'ils l'étaient l'un pour l'autre de parfaits inconnus, alors il ne fallait pas non plus abuser ... Il avait déjà dit des choses qu'il ne se serait jamais permis de dire à quelqu'un d'autre, parce qu'il était intrigué et que la jeune femme attisait sa curiosité, mais pour autant elle restait tout de même une étrangère.

L'espace d'un instant Dwayne tenta de faire retomber la lourdeur de l'atmosphère - du moins il la ressentait lourde lui, puisqu'il se savait dans le mensonge par omission - en tentant une légère plaisanterie. Plaisanterie sur l'arrestation de la jeune femme survenue la semaine passée, c'était cela dit risqué, mais il avait presque l'impression que c'était il y a beaucoup plus que six ou sept petits jours ... Sans doute parce qu'elle se révélait de façon totalement à l'opposé de la gamine capricieuse et de mauvaise foi à laquelle il avait eut affaire au commissariat, et qu'il avait pris un malin plaisir à regarder tourner en rond dans sa cellule de garde à vue tout en sachant bien que même si cela lui faisait un peu les pieds ce n'était pas ce qui l'empêcherait de recommencer. Comme tous les petits bleus qui rentraient dans la police Dwayne avait lui aussi cru pendant un temps qu'il pourrait sauver tout le monde, accomplir son devoir de policier et rentrer chez lui le soir en ayant l'impression d'être un savant mélange de Mère Thérésa et Robin des Bois. Mais comme tous les autres il avait très vite déchanté ; On ne pouvait pas sauver tout le monde, à vrai dire on n'en sauvait pas beaucoup, puisque pour la plupart c'était d'eux-même qu'il aurait fallut les sauver. Alors il avait arrêté de courir après des objectifs impossibles ... Il n'était pas devenu indifférent, seulement il avait compris que ce n'était pas à lui de se remettre en question lorsque les choses ne tournaient pas comme il aurait pu le souhaiter. « Oh oui, je crois bien que vous ne le regrettez pas à présent. » Voilà qu'il s'était à nouveau perdu un instant dans ses pensées, mais elle l'en avait vite sortit en lui répondant cependant. Il ne pouvait pas dire qu'il regrettait ou non de l'avoir arrêté, à vrai dire il était surtout du genre à ne pas croire au hasard et pour lui si leurs chemins s'étaient croisés ce n'était pas pour rien. D'ailleurs, c'était sans doute cette même théorie qui venait de le pousser à finalement se démasquer et dire la vérité ...

    « Je vous demande pardon ? » Comme si il n'avait pas été assez clair. Elle n'allait tout de même pas le forcer à répéter une seconde fois ce qu'il avait déjà eut tant de mal à cracher ? Mais non, il semblait que ce soit surtout une question de pure rhétorique ... Quoi qu'il en soit le visage qu'elle affichait maintenant ne lui inspirait rien de bon. C'était mauvais signe non, quand on devenait livide et qu'on retrouvait ensuite subitement ses couleurs, un peu genre cocotte-minute qui se secoue non ? Et puis le fait qu'elle ne dise rien du tout, qu'elle le regarde juste, c'était assez flippant ça aussi ... « Alors, c'est pour ça que vous m'avez posé cette question sur ma mère ? Pourquoi vous me dites ça ? Vous seriez mon cousin ? Écoutez, je n'ai pas de famille... ma famille, c'est mon père et même lui est parti loin de moi alors que toute cette histoire soit vraie ou pas, vous ne devriez pas vous faire à l'idée de m'avoir comme cousine, vous finiriez par fuir vous aussi. » La jeune femme s'était rapprochée et plantée devant lui, droite comme un "i", et sa réponse avait été pour le moins sèche ... Si Dwayne avait été quelqu'un d'impressionnable, il aurait peut-être même eut un mouvement de recul. Mais enfin on parlait de Dwayne, il fallait plus qu'une femme a l'air mécontent pour lui faire peur. « Ça va pas la peine d'être désagréable, si vous pensez que ça m'amuse cette histoire ! » Non mais elle pensait peut-être être la seule dont ce n'était pas prévu au programme ? Lui aussi il avait une famille, même si elle comptait maintenant limite plus de morts que de vivants, et la cousine sortie de nul part, bah elle n'en faisait pas partie. Pas du tout. « Et puis sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, si vous dépensiez votre blé dans quelque chose de légal je ne vous aurait pas arrêté, et on en serait pas là. » Désolé, c'était sortit tout seul, réflexe du flic obsédé par la lutte anti-drogues.

Non mais n'importe quoi, qu'est-ce qui lui avait prit de tout lui dire ? Comme si il n'avait déjà pas assez de choses à régler en ce moment voilà qu'il se mettait dans le pétrin encore plus que ce n'était déjà le cas, ah il est intelligent le Dwayne parfois. Flic certes, mais pas très futé quand il s'y mettait, son obstination finirait par avoir sa peau un de ces jours. D'accord, d'accord, il avait suivi son instinct, parce que c'était ce qu'il avait toujours eut l'habitude de faire et que ça lui portait plutôt chance en règle générale ... Mais une règle générale ça veut dire qu'il y a aussi des exceptions, et ça Dwayne aurait du s'en rappeler avant de se jeter dans la gueule du loup. Le pire c'est que son père l'avait prévenu, non même pire il lui avait ordonné de ne rien dire, et lui avait désobéi comme un imbécile. Donnez-moi cette lampe, que je puisse me frapper avec ... Ouais bon, quand même pas, mais n'empêche il se mordait les doigts d'avoir voulu faire preuve d'honnêteté. Étrange d'ailleurs venant de Dwayne, qui en avait par dessus l tête des mensonges depuis qu'il vivait à New Heaven, ces saloperies de mensonges qui avaient même bousillé sa relation avec Alexia.

    « Vous savez quoi ? Faites comme si j'avais rien dit. » Haussant les épaules il lâche un léger soupir avant d'ajouter « Je vais m'en aller, parce que j'aurai sans doute même pas du accepter de rentrer en premier lieu, et vous allez tenter d'oublier tout ce que je viens de dire, c'était une mauvaise idée j'aurai du l'écouter ... » Il, c'était le père bien sûr. Ce père qui ne s'était d'ailleurs pas gêné pour lui préciser qu'il n'y avait de toute façon rien à attendre et surtout rien à espérer venant de ce côté de ce qu'on ne pouvait même pas réellement appeler "famille". Parce que bien entendu Jeremiah Sullivan n'avait pas attendu une seule seconde pour mettre Heaven dans le même sac que sa mère ; Pour lui l'enfant qu'avait engendré sa sœur ne pouvait pas valoir beaucoup plus que l'égoïste qu'était sa mère. « Merci pour le café. »

Il n'avait même pas attendu sa réponse pour se diriger cette fois-ci pour de bon vers la porte d'entrée, avec la ferme intention de quitter ce loft aussi vite que possible et tenter lui aussi de faire comme si rien ne s'était produit. Après tout si elle ne voulait pas entendre parler de lui, et que lui aussi voulait oublier, son père ne serait même jamais au courant et c'était sans doute mieux ainsi ... Débarrasser le plancher et par la même occasion éviter une crise de nerfs à son paternel, qui ne méritait vraiment pas une chose pareille, voilà un bon programme. Il avait déjà la main sur la poignée de la porte d'entrée, et tentait de garder une contenance en se concentrant sur des pensées totalement terre à terre, mais néanmoins d'actualité ... Comme par exemple, combien de temps était-il resté au loft ? Il ne savait pas trop, mais bien trop longtemps c'était certain. Espérons que son collègue à la radio ne lui ait rien transmis d'important pendant son absence, sinon ça allait être sa fête ... Quoi que non, en cas d'urgence il aurait téléphoné. Mais enfin mieux valait redescendre à la voiture tout de suite, le plus vite possible ... Sortir de ce loft le plus vite possible, surtout.

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Everywhere I turn I hurt someone, but there's nothing I can say to change the things I've done. Of all the things I've hid from you I can not hid the shame, and I pray someone something will come to take away the pain. There's no way out of this dark place, no hope, no future ; I know I can't be free but I can't see another way and I can't face another day ... Tell me where did i go wrong ? Everyone I love, they're all gone. I'd do everything so differently but I can't turn back the time, theres no shelter from the storm inside of me ...
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MessageSujet: Re: Des secrets à révéler, lieutenant Marshall ? Mer 2 Mar - 6:35

« Il ne suffit pas de partager un patrimoine commun, encore faut-il vivre dans le même monde. »

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    C'était drôle comme en temps normal Heaven aurait fini par être très vite ennuyée par ce genre de conversation. Et à dire vrai, cela commençait à l'ennuyer. L'ennui, Heaven ça la connaissait ! En fait, elle finissait toujours par s'ennuyer à un moment ou un autre. Une fois, elle avait cru mourir d'ennui alors qu'elle était en train de faire l'amour avec un parfait inconnu rencontré quelques heures plus tôt en boîte. Enfin, en l'occurrence, parler de sa mère l'ennuyait et finir sa phrase en lui affirmant qu'en effet, son histoire ne la regardait pas était pour elle un bon moyen de terminer son ennui. Apparemment, cela marchait plutôt bien puisque Dwayne n'insista pas là dessus. Bien ! Sujet clos à présent. Elle n'aurait peut-être plus à parler de sa mère pour un petit moment puisqu'en temps normal, elle n'en parlait jamais. En tout cas, elle ne parlait jamais de la façon dont elle est partie. Si elle savait ce qui l'attendait quelques minutes plus tard, la pauvre fille ! Enfin, moi je dis ça, je ne dis rien ! Mais, la suite l'intéressait. Hommes et carrière, tels étaient ces deux aspirations dans la vie. Se jouer des hommes et réussir sa carrière. Ça lui apportait ce dont elle avait besoin... pour un temps en tout cas.

      « Une carrière c'est éphémère ... L'intérêt des hommes également. » Éphémère ?! Oui, il n'avait pas tout à fait tort. Mais par souci de contradiction, Heav' se devait de le contredire et de s'opposer à ce qu'il disait. « Une vraie carrière dure et reste dans les mémoires. Si vous avez su gérer votre carrière, alors on se souviendra de vous » C'était donc ça. La jeune femme avait un tel souci d'être oublié d'un simple claquement de doigts. Beaucoup dirait sans doute que cela dénotait un manque de confiance en elle. Personnellement, je fais à moitié partie de ces personnes. Parce que bon la jolie brune n'était pas non plus la fille en grand manque de confiance, qui use d’auto-apitoiement dès qu'elle en a l'occasion. « C'est ce qu'on dit en effet ... A une certaine époque on disait aussi que la terre était plate, ou que la guerre était un mal nécessaire. Vous voyez, ce ne serait pas la première fois que "on" est en tort ... » Oui, je sais, Heaven avait à nouveau parlé de sa mère mais, ce n'était qu'une petite anecdote. Soit, à la réflexion de l'inspecteur Marshall, la jeune femme ne put empêcher ses lèvres d'esquisser un sourire amusé. Elle n'avait pas grand chose à répondre à cela. Au fond, il avait raison et elle le savait mais elle ne pouvait s'empêcher d'accorder une certaine importance à ce que disait sa mère à l'époque. C'était plus fort qu'elle. Malgré sa facette qui clamait haut et fort qu'elle se moquait pas mal d'être seule, et que l'avis des autres ne comptait jamais. Ces deux facettes étaient parfois durs à gérer et elles finissaient par n'en être qu'une seule. Comme Dwayne l'avait signalé, elle devrait choisir. Enfin, en tout cas, sa comparaison entre elle et la pâtisserie avait presque arraché un sourire à son interlocuteur. « C'est pas important ce que je choisirais. C'est pas à moi de choisir. »


    Encore une fois, il avait raison. Mais remettons le choix à plus tard. Ce n'était pas le moment de faire ce choix. Surtout que la bombe tomba quelques secondes plus tard sans qu'elle ne s'y attende. En même temps, qui pourrait s'attendre à ça ? Même moi, je ne l'aurais jamais deviné ! Sacré Inspecteur Marshall ! Je vais lui décerner la palme de la révélation la plus déconcertante de l'année. De la décennie même. En tout cas, cette révélation avait occulté tout le reste. Comme si il n'y avait rien eu avant cette confidence. Comme si Dwayne et Heaven n'avaient pas parlé. Comme si Heav' surtout ne s'était pas confiée. Finalement, son histoire le regardait un peu puisqu'il s'avérait qu'ils partageaient un certain patrimoine commun. Elle restait totalement bouche bée devant cette nouvelle. La jeune femme était tout simplement dépassée. Après avoir réagi de façon plutôt excessive, à présent, elle ne savait plus quoi dire. Aucun son ne voulait sortir de sa bouche. Rien ! Elle était devant Dwayne, absolument droite, le regardant dans les yeux et elle ne pouvait bouger les lèvres. Incapable ! Ah, si elle était spectatrice de la scène, elle se serait sans doute traitée d'idiote. Sûrement même. Jamais elle n'aurait accepté de perdre le contrôle sur les événements à ce point. C'était carrément impossible pour elle qu'on lui avoue un truc pareil. Un cousin caché ! & puis quoi encore ?! Elle avait beau réfléchir, elle n'avait jamais entendu parler d'un frère de sa mère. En fait, depuis que sa mère était partie, son père veillait à ne jamais évoquer Allyson Sullivan. Et jusqu'à maintenant, ça avait plutôt bien fonctionné puisqu'il ne lui avait jamais dit qu'elle avait une famille. Enfin, ce n'était pas non plus de la faute de son père, Heav' ne lui avait jamais demandé des nouvelles d'elle, même si elle avait des circonstances atténuantes avec cette maudite lettre. Cette lettre était sans aucun doute ce qui retenait la jeune femme de prendre la moindre nouvelle de sa mère. Elle n'avait jamais cherché à savoir où elle était, à savoir si elle avait fondé une famille... une autre famille avec une fille ou plusieurs qu'elle aimait... Alors, si elle n'avait jamais cherché cela, pourquoi aurait-elle cherché si elle avait de la famille de ce côté ci ? Déjà que du côté de son père, elle n'en connaissait que très peu.

      « Ça va pas la peine d'être désagréable, si vous pensez que ça m'amuse cette histoire ! » Désagréable ! C'était la meilleure de l'année ! Qu'espérait-il ? Qu'elle l'accueille à bras ouverts en lui disant qu'elle avait toujours rêvé d'avoir un cousin et flic qui plus est. Comment aurait-elle pu sauter de joie à une telle nouvelle ? Ce n'est pas à vingt-trois ans qu'on apprenait ces choses là et il fallait avouer que toute chose venant du côté de sa mère, elle s'en fichait mais royalement. Alors oui, elle était peut-être désagréable mais elle n'aimait pas non plus la façon dont il avait procédé. Cela ne l'avait pas dérangé de l'interroger sur sa mère l'air de rien alors que depuis le début, il savait qu'ils avaient un lien de parenté. Aucune réponse de la part de la jeune femme qui le regardait toujours attentivement. « Et puis sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, si vous dépensiez votre blé dans quelque chose de légal je ne vous aurais pas arrêté, et on en serait pas là. » Heaven savait qu'elle devrait répondre quelque chose, elle le savait. Comme si c'était de sa faute si elle était sa cousine ! Mais, au lieu de ça, elle recula de quelques pas et détourna la tête. La vérité était que des larmes perlaient au coin de ses yeux et qu'elle se sentait ridicule de les sentir prêtes à couler. Elle se connaissait, elle savait que si ces satanées larmes coulaient, elle en aurait pour quelques heures au moins. « Vous savez quoi ? Faites comme si j'avais rien dit. » Oh oui, c'était sans doute quelque chose que l'on pouvait oublier en un claquement de doigts. « Je vais m'en aller, parce que j'aurai sans doute même pas du accepter de rentrer en premier lieu, et vous allez tenter d'oublier tout ce que je viens de dire, c'était une mauvaise idée j'aurai du l'écouter ... » Toujours rien de la part de la jeune femme. « Merci pour le café. »


    Quelle belle façon de prendre congé ! La remercier pour le café. Sa dernière phrase provoqua en elle une vague de fureur, comme si elle avait envie de lui dire qu'il pouvait se le mettre où elle pensait son café, ou encore comme si elle avait envie de lui balancer à la figure. Dwayne était sans doute pressé de quitter ce loft, pressé de ne plus revoir sa nouvelle cousine. « Cousine », cela sonnait bizarrement à ses oreilles. Non, elle ne pouvait pas le laisser partir ! Il fallait qu'ils en parlent, et sans s'agresser. « Trouves quelque chose à dire, idiote ! » était-elle en train de se dire.

      « Je ne peux pas ! » Bravo ! Vous pouvez applaudir, c'était brillant de clarté tout ça ! Je suis impressionnée. On pourrait peut-être avoir la suite ?! « Je veux dire... arrêter la drogue. Je ne peux pas. » Était-ce vraiment le sujet ? Le fait qu'elle prenne de la drogue ? Le fait que si elle n'en prenait pas, ils n'en seraient pas là comme l'avait si bien dit l'inspecteur Marshall ? Je n'en suis pas sûre quoique j'aimerais beaucoup savoir pourquoi elle ne peut pas -espérons que Dwayne se pose également la question-, mais elle faisait ce qu'elle pouvait pour comprendre la situation dans laquelle ils étaient. Et, à vingt-trois ans, découvrir cela était une chose assez difficile. Surtout lorsqu'on avait l'impression de faire fuir quiconque faisait partie de sa famille. « Je suis désolée. Écoutez... je... euh... vous pouvez pas partir après m'avoir dit ça » Heaven avait l'impression de patauger, patauger, patauger. Plus les mots sortaient de sa bouche, plus elle s'enlisait dans les sables mouvants de l'incompréhension, de la surprise et de tout ce que vous voudrez. Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle devait dire mais en tout cas, elle ne comptait pas le laisser partir sans en savoir plus. « Comment vous l'avez su ? » Évidemment, elle se doutait que c'était suite à son arrestation de la semaine passée mais elle se demandait comment il était remonté jusque sa mère alors qu'elle avait été arrêté pour une simple histoire de drogue. Ils ne faisaient tout de même une recherche aussi poussé pour un peu de drogue, n'est-ce pas ? Une question lui brûlait les lèvres. « Est-ce que vous l'avez... déjà vue ? Ma mère, Allyson ? » Lorsqu'elle l'eut dit, elle sut que la question était idiote. Enfin, elle ne savait plus. Tout ça l'avait complètement perdue.


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MessageSujet: Re: Des secrets à révéler, lieutenant Marshall ? Mer 23 Mar - 12:32

Dwayne se demandait ce qui avait pu rendre Heaven si "hargneuse" envers les autres ... Seulement sa mère ? Non il devait y avoir autre chose, même lui qui ne perdait jamais une occasion d'en rajouter une couche sur les erreurs de sa mère savait qu'une seule personne ne pouvait pas être la cause de tous vos malheurs (même si cela l'arrangerait beaucoup de pouvoir toujours tout mettre sur le dos de sa mère, c'est vrai). Quoi qu'il en soit elle semblait s'être persuadée que tout le monde, les hommes en particulier, se contenterait toujours de la façade, de l'image qu'elle voulait bien renvoyer d'elle-même ... Mais il fallait être honnête, la façade cela suffisait un temps, et puis un jour on se réveillait en se rendant compte que l'on avait perdu tout intérêt pour quiconque. Alors c'est vrai il restait la carrière ... Mais résumer une vie à son métier, était-ce une vie enviable ? Pas pour Dwayne en tout cas. Certes, ces dernières années son boulot avait été la seule chose à peu près stable dans sa vie, mais pour autant ce n'était pas quelque chose de choisi mais quelque chose de subi ; Son idéal serait de travailler pour vivre et non pas de vivre pour travailler, simplement à quoi bon vivre maintenant puisqu'il était seul comme un rat ? Bon d'accord, désormais il avait Prue et Violet, ce qui embellissait réellement ses journées, mais il n'empêche que lorsqu'il rentrait chez lui il était seul, et Dwayne n'avait jamais aimé la solitude. « Une vraie carrière dure et reste dans les mémoires. Si vous avez su gérer votre carrière, alors on se souviendra de vous » Voilà où elle avait tort selon lui ... Si elle gérait bien sa carrière on ne ne souviendrait pas d'elle, pas en tant que personne du moins. On se souviendrait de sa carrière, et ce qu'elle était ne serait que secondaire.
Quoi qu'il en soit Heaven semblait être de ses personnes qui vivaient sans vraiment savoir ce qu'elles voulaient. Ce qu'elles voulaient réellement, autre que devenir riche, avoir une belle voiture ou bien un poste à pouvoirs dans son métier ... Elle semblait tellement perdue au fond. Elle soutenait s'en sortir très bien toute seule mais pourtant elle ne pouvait s'empêcher de lui demander ce qu'il en pensait, à lui qui n'était qu'un inconnu pour elle. Drôle de façon de ne pas se soucier de l'avis des autres comme elle le disait ... Mais enfin Dwayne ne croyait pas le gens qui disaient ne craindre et ne se soucier de l'avis de personne. Il y avait toujours au moins une personne dont l'avis comptait, même lorsque l'on ne voulait pas se l'avouer ... Pour elle c'était peut-être son père, un ami, ou quelqu'un d'autre, mais il y avait forcément quelqu'un.

Alors forcément, elle devait prendre assez mal la nouvelle qu'il venait de lui révéler, après avoir eut un élan de franchise avec lui voilà qu'elle découvrait que lui n'avait pas été très franc du collier avec elle. Mais d'un autre côté mettez-vous à la place de Dwayne, il se demandait vraiment comment lui dire ça, comment mettre ce sujet sur le tapis sans que cela ne fasse directement cheveux sur la soupe et pieds dans le plat. Et bien entendu il n'avait pas réussi, parce qu'il avait finit par lui balancer ça n'importe comment sur un coup de tête, alors qu'il s'était presque convaincu que le mieux aurait encore été de ne rien dire ... Est-ce qu'il voulait un membre supplémentaire dans sa famille ? Non, surtout si cette personne avait un lien avec une famille que son père semblait haïr pour il ne savait quelle obscure raison. Et pourtant il restait là, les bras ballants, à attendre une réaction de la part de la jeune femme, comme si malgré tout une part de lui ne voulait pas se contenter de ne pas fouiller un peu plus le sujet ... Oui, Dwayne était curieux, et alors ça peut arriver à tout le monde non ?
Quoi qu'il en soit la réaction de la jeune femme n'avait pas été des plus calmes, et bien qu'il ne pouvait totalement le lui reprocher il n'en demeurait pas moins qu'il n'acceptait pas qu'elle s'adresse à lui de cette façon, comme si il était le fautif où le responsable dans tout ce fatras. Ils étaient tous les deux dans la même galère, qu'on se le dise, et Dwayne ne la laisserait certainement pas lui parler comme si il était l'ennemi ... Enfin quoi, elle avait peur qu'il ne lui demande quelque chose ? Qu'il lui fasse des histoires ? Il n'était pas non plus un bougre d'imbécile ... Et c'était peut-être qu'elle pense ainsi qui avait persuadé Dwayne de mettre fin à leur conversation aussi sèchement.

Il avait déjà la main sur la poignée de la porte, il avait prit la ferme et définitive résolution de quitter cet appartement et de ne pas y remettre les pieds pour tout l'or du monde. Il fuyait et il s'en fichait royalement, il n'était pas du genre à s'imposer quelque part lorsqu'on lui faisait comprendre qu'il n'était plus le bienvenu. Pourtant malgré lui il s'arrêta lorsqu'Heaven reprit la parole

    « Je ne peux pas ! » Quoi, c'est tout ? Elle espérait quoi là, il ne savait même pas de quoi elle parlait en fin de compte. Alors il ne s'était pas retourné, il s'était simplement arrêté sur le pas de la porte et attendait de voir ce qu'elle allait éventuellement ajouter, pour voir. « Je veux dire... arrêter la drogue. Je ne peux pas. » Il s'était finalement retourné pour lui faire face, et la regardait maintenant à nouveau, sans répondre tout de suite. Elle préférait mettre en avance sa dépendance à la drogue plutôt que ce qu'il venait de lui annoncer ? Soit elle avait un drôle de sens des priorités, soit elle avait un réel problème relationnel avec sa famille, au point de préférer évoquer ce qui l'avait fait arrêter ma dernière fois. « Vous ne pouvez pas ... ou vous ne voulez pas ? » Ce n'était pas forcément un reproche à prendre au pied de la lettre, mais enfin en général les deux allaient de paire. Ceux qui voulaient arrêter pour de bon et de façon définitive savaient s'en donner les moyens.

La colère de la jeune femme semblait être retombée, et celle de Dwayne par la même occasion. Il faut dire qu'il n'était pas réellement en colère, disons plutôt que face à la réaction vive et négative de la jeune femme il avait répondu de façon similaire presque par automatisme, comme une sorte de mécanisme de préservation ou d'auto-défense. Mais la vérité c'est qu'il était intrigué, il était intrigué par ce qu'il avait finit avec le temps par se croire incollable sur sa famille, celle-ci étant relativement restreinte. Jusqu'à il y a une semaine sa famille se composait de ses parents, de son oncle Derek, de Prue et de Violet ... et de son frère bien sûr, car même si Dominic n'était plus là il était et serait toujours l'élément principal dans la vie de Dwayne. Et puis du jour au lendemain voilà que l'existence de l'autre branche des Sullivan arrivait sur le tapis sans crier gare. Enfin le policier se doutait bien que cette branche de la famille existait, mais s'il n'avait pas eut un jour la curiosité de faire des recherches par lui-même il n'en aurait rien su, ce n'était certainement pas son père qui en aurait parlé ... Mais savoir qu'il existait avait jusque là était pour Dwayne bien suffisant, il avait apprit avec le temps que son père était tout sauf le genre à provoquer les querelles et pensait donc que quelque soit la raison pour laquelle il avait rayé de sa vie une partie de sa famille, elle devait être bonne. Il avait en tout cas pu se rendre compte que son père ne connaissait pas l'existence de Heaven avant qu'il ne lui en parle voilà quelques jours ... La surprise était donc totale pour tout le monde, bien que ce ne soit pas ce qu'on pouvait appeler une consolation.

    « Je suis désolée. Écoutez... je... euh... vous pouvez pas partir après m'avoir dit ça » Ah bah oui ça à qui le dis-tu, mais encore aurait-il fallut que Dwayne ne se sente pas presque poussé dehors vu la façon dont elle s'était adressée à lui ... Qu'était-il supposé faire, attendre les bras ballant qu'elle lui ait craché tout son énervement à la figure ? « Je l'ai pas dit dans le but de m'en prendre plein la tête ... » Un peu bougon le Dwayne pour le coup, c'était un de ses défauts. Mais enfin, Heaven semblait patauger dans la semoule alors il tâcha d'enlever cet air de boudeur professionnel de son visage. « Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise de plus ... » Il avait ajouté cela d'un air impuissant, il était aussi désemparé qu'elle fasse à cette situation.

Et maintenant quoi ? Est-ce que le fait d'avoir du sang commun faisaient d'eux deux membres de la même famille ? Assurément non. Et pourtant ils ne pouvaient pas faire comme si de rien n'était, comme si ils étaient simplement deux inconnus partageant leur nom sur un procès verbal pour possession de substances illicites ... Du moins Dwayne ne pouvait pas. Au fond il avait envie d'en savoir plus, l'ennui c'est qu'il ne savait pas vraiment ce qu'il voulait savoir, il ne savait pas quoi demander ou quoi dire ... D'ailleurs même s'il le savait il ne le ferait sans doute pas, la première réaction de Heaven l'avait assez refroidi, et il était donc évident qu'il attendait qu'elle fasse le premier pas, qu'elle crève l'abcès elle-même.

    « Comment vous l'avez su ? » Ah, la grande question. Dire que sans son envie légèrement obsessionnelle de coincer February Bouwmeester pour couler son trafic il n'aurait sans doute jamais rien découvert sur la famille de Heaven. Mais enfin de là à dire que le commerce de February avait servi ses intérêts, il ne fallait quand même pas pousser ... Disons juste que l'anecdote était intéressante. Et surtout elle permettait à Dwayne de se dédouaner quand à son obsession à mettre miss Bouwmeester en prison, pour de bon cette fois-ci. « Contrôle de routine ... le hasard. » Bah oui, il n'allait pas non plus lui dire la vérité sur une affaire en cours. D'ici qu'elle se fournisse vraiment chez la Bouwmeester et que cette dernière ne vienne à l'apprendre, il aurait l'air malin ... Hors de question de tout faire capoter. « Est-ce que vous l'avez... déjà vue ? Ma mère, Allyson ? » Elle semblait avoir hésité sur sa question ; Ce qui somme toute pouvait se comprendre. Et il ne savait pas trop si sa réponse allait la décevoir ou la soulager en fin de compte « Non ... Non jamais. Mon père s'est brouillé avec sa famille y'a des années, il en parle jamais. » Et ce serait mentir que de dire que Dwayne n'était pas curieux de savoir ce qui avait bien pu se passer entre son père et le reste des Sullivan pour qu'il les ait rayé de sa vie ainsi. « Pour être totalement honnête il m'a défendu de vous parler ... »

Il avait laissé sa phrase en suspend, il avait l'impression de mal agir en émettant ainsi une critique, même voilée, à l'égard de son père. Ce dernier était un héros, un modèle, une source d'admiration pour Dwayne, et la moindre critique faite à son égard réussissait à le crisper et à le mettre mal à l'aise.

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MessageSujet: Re: Des secrets à révéler, lieutenant Marshall ? Lun 11 Avr - 5:52

« Il ne suffit pas de partager un patrimoine commun, encore faut-il vivre dans le même monde. »

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Dwayne S. Marshall & Heaven Von Wegberg

    Perdue, là était bien le mot. Ça lui tombait dessus comme ça, une nouvelle tombée du ciel. Et à dire vrai, elle ne savait pas si c'était une bonne ou une mauvaise nouvelle. Cela restait dans le flou complet. Enfin, elle comprenait que Dwayne veuille partir après la façon dont elle avait réagi à l'annonce de ce soudain lien de parenté. Elle pensait que sa seule famille était son père et en fait non, elle avait un cousin surgi de nul part. Cousin, soit dit en passant, qu'elle avait bien imaginé dans son lit quelques minutes auparavant. D'un coup, cette idée lui sembla saugrenue, voire malsaine. Pourtant, elle ne le connaissait ni d'Adam ni d'Eve mais rien que l'idée qu'elle avait ne serait-ce qu'une seconde imaginé coucher avec son cousin lui donnait froid dans le dos. Elle en rirait sans doute un jour... pas aujourd'hui en tout cas. Alors, maintenant qu'il était prêt à partir, qu'il avait la main sur la poignée de la porte d'entrée, elle savait qu'elle devait dire quelque chose. Sa colère, due à la surprise surtout, retomba d'un coup et elle avait dit la première chose qu'il lui était passé par la tête. Pas la chose la plus intelligente, je vous l'accorde mais Heaven était de ses filles qui, parfois, détournait le sujet principal de la conversation pour mieux digérer et, peut-être, y revenir plus tard. Et le seul sujet qui lui était venu était... la drogue ! Je vous avais bien dit que ce n'était pas un sujet intelligent. Surtout prétexter à un flic qu'elle ne pouvait pas arrêter. La jolie brune avait l'impression de s'enfoncer à chaque pas. Elle n'avait jamais été dans des sables mouvants et pourtant, à cet instant, elle avait l'intime conviction que c'est ce que l'on ressentait quand on était pris dedans... c'est-à-dire ce sentiment de ne pas pouvoir en sortir, d'être coincée sans pouvoir rien y faire, ce sentiment que la situation ne dépendant plus de nous, mais plutôt du bon-vouloir d'une personne passant là et acceptant votre appel à l'aide. Seulement voilà, son orgueil lui disait de ne pas appeler à l'aide, de ne pas s'en remettre au bon-vouloir de l'inspecteur Marshall.

      « Vous ne pouvez pas ... ou vous ne voulez pas ? » Dwayne avait donc pris le parti de répondre. Il s'était retourné et la fixait de nouveau. Heaven avait l'impression de lire sur son visage une expression d'incompréhension. À vrai dire, elle-même ne se comprenait plus. Elle ne comprenait pas pourquoi elle avait préféré parler de drogue plutôt que de se remémorer sa mère. Ah si. Elle savait ! Sa mère, pardi ! Elle préférait mieux mourir d'overdose que de demander quelque chose à propos de sa mère. Cette dernière était sans doute la personne qu'elle haïssait le plus au monde. Chaque parcelle de son corps se raidissait rien que par le fait de penser à cette femme. « Je ne peux pas... Je ne veux pas... C'est plus simple comme ça ! » Heaven avait cet air soucieux qui faisait penser à quiconque était à côté d'elle qu'elle avait bien réfléchi à ce qu'elle venait de dire. Mais, à ce moment, cet air avait un air étrange, un air qui disait qu'au fond, elle n'en savait fichtrement rien. Évidemment, qu'elle pouvait si elle avait la volonté, elle l'avait bien fait une fois, par amour pour Hunter. Mais au bout de six mois, il avait décidé de tout gâcher en la trahissant. Il aurait pu la quitter si seule Elya l'intéressait mais non, il lui avait fallu détruire leur amitié aussi. « Qui s'en soucierait aujourd'hui ? »


    Cette question était sans doute purement rhétorique. À l'époque, Hunter s'en souciait. À l'époque où il était amoureux d'elle. À l'époque où leur histoire débutait et qu'il aurait tout fait pour elle. Cette époque était loin maintenant, et Heaven avait fait son possible pour l'enterrer. Enterrer la fille gentille, clean, et amoureuse. Et, elle ressortit ses mauvais côté : ce fut la naissance de la fille mesquine, droguée et ambitieuse. Non-amoureuse ? Je ne pourrais l'affirmer car pour recoucher avec Hunter, je suis sûre qu'elle en était toujours amoureuse, son envie de vengeance passant bien loin lorsqu'il était près d'elle. Soit, elle avait l'impression que, depuis, personne ne se souciait vraiment de la petite Heaven. Qui souhaiterait sincèrement son bien ? Qui l'aiderait vraiment si elle en faisait la demande ? Je dis bien « si » parce que Heaven demandant de l'aide, c'était comme... voir un éléphant rose dans le ciel. Bien que beaucoup vous affirmeront sans doute que ça leur est déjà arrivé. Ceux-là, ce doit être des copains drogués de Miss Van Wegberg. Finalement, la jeune femme clamait haut et fort qu'elle n'avait besoin de personne mais la vérité était tout autre. Se droguer était la solution de facilité, être une garce était beaucoup plus simple, se cacher derrière son masque lui rendait la vie moins compliquée puisqu'elle ne se souciait de personne à part d'elle-même, et encore. Elle était faible mais voulait affirmer le contraire. Elle avait besoin d'aide mais refusait obstinément de l'admettre ! Les sables mouvants étaient toujours sous ses pieds, et la jeune femme continuait de s'enfoncer dedans. Elle avait éviter le sujet famille, éviter de faire confiance au bon-vouloir de Dwayne. Pourtant, elle devait s'avouer vaincu, et appeler à l'aide. Dans son esprit, elle se dit alors que la première étape était de s'excuser. Elle avait conscience d'avoir réagi beaucoup trop excessivement alors si elle voulait en savoir plus, elle devait prendre les devants après l'avoir pratiquement mis à la porte, il fallait l'avouer.

      « Je l'ai pas dit dans le but de m'en prendre plein la tête ... » Oui, ça, elle s'en doutait. Mais, pourquoi l'avait-il dit au juste ? Il s'attendait à ce qu'elle lui saute dans les bras peut-être. Effectivement, elle avait réagi excessivement mais tout de même, il fallait comprendre sa surprise. « Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise de plus ... » A son expression, elle vit que, comme elle, il ne savait pas quoi faire de tout ça. « Que vous n'allez pas partir. Que vous allez m'aider ou que sais-je encore... que vous allez me haïr peut-être. J'en sais rien, merde ! Mais, dites quelque chose ! »


    Heaven n'avait pas dit cela sur le ton de la colère. Au contraire, elle était redevenu d'un calme olympien, comme si elle venait de prendre une quelconque drogue pour la calmer. Elle se souvenait qu'elle ressentait cet effet de calme quand elle prenait les médicaments contre la douleur après la fusillade. Elle avait plutôt dit sa réflexion d'un ton intéressé, d'un ton ferme, mais presque poli malgré le langage employé. Elle s'interrogeait et devait donc en savoir plus. Il était temps de mettre son orgueil de côté. Elle avait peut-être en face d'elle la seule famille qu'elle ne ferait pas fuir à l'autre bout du pays. Elle tenait là peut-être le seul moyen de se sentir quelqu'un, de devenir, ou plutôt de redevenir la personne qu'elle était... digne d'intérêt. Pas la personne qui cachait ses cicatrices que ce soit ses deux cicatrices physiques ou ses cicatrices morales derrière un masque de haine. Heaven commença avec une question simple, à savoir comment il l'avait su.

      « Contrôle de routine ... le hasard. » Et quel hasard hein ! Bon, maintenant que c'était lancé, elle se sentait plus à même de poser la question suivante. Et pour cela, il fallait qu'elle parle de sa mère. Espérons qu'on arrivera à éviter l'overdose. Mais il fallait vraiment qu'elle sache si Allyson n'avait pas coupé les ponts qu'avec elle. « Non ... Non jamais. Mon père s'est brouillé avec sa famille y a des années, il en parle jamais. » Bizarrement, Heaven n'était pas étonnée, elle ne put même s'empêcher d'ajouter avec un rire ironique. « Elle était donc une salope avec tout le monde. C'est rassurant à savoir ! » Et, effectivement, ça la rassurait de savoir qu'elle n'avait pas seulement abandonné sans scrupules sa fille, la traitant de monstre et autre, mais qu'elle n'avait aussi aucun contact avec son frère. Elle ne connaissait pas l'histoire et pourtant elle avait l'impression qu'Allyson Sullivan était pour beaucoup dans cette brouille familiale. « Pour être totalement honnête il m'a défendu de vous parler ... » Cette phrase interloqua grandement la jolie brune. Pourquoi l'avait-il fait alors ? Envie de savoir si ce qui descendait de sa tante était aussi mauvais qu'elle ? Bingo alors ! Enfin, la jeune femme ne se permit pas de dire ses pensées à haute voix... Pour une fois en tout cas ! « Alors, pourquoi me l'avoir dit ? Si il vous l'a défendu, c'est qu'il a une bonne raison, non ? Il doit penser que je suis comme sa sœur. »


    En disant cela, Heaven se dit que le père de Dwayne n'avait sans doute pas tort. Comme sa mère, elle avait le don de faire fuir sa famille. Sa mère avait fait fuir la sienne, et Heaven l'avait fait fuir elle, avait fait fuir son père à des kilomètres, et elle ne savait même pas si ses grands-parents étaient encore en vie. Et, comme sa mère, elle était une garce. Pourtant, Heaven était persuadée qu'à l'inverse de sa mère, elle ferait tout pour rester auprès de son enfant, qu'elle ne l'abandonnerait pour rien au monde. Malgré qu'elle doutait être une bonne mère un jour, elle était sûre de ça... qu'elle ne laisserait jamais son enfant sans sa mère, même si elle devait faire des erreurs dans son rôle de mère. Encore fallait-il qu'elle devienne mère un jour... et pour cela, il faudrait qu'elle baisse sa garde et elle avait conscience qu'elle devrait s'ouvrir, et, surtout, redevenir celle qu'elle était. Enfin, si cela faisait des années qu'il s'était brouillé avec sa famille, il n'était, par conséquent, pas au courant que sa sœur avait abandonné sa fille. Au fond, elle voyait en ce nouveau cousin une nouvelle chance. En fait, il était un peu son expérience, l'expérience qu'elle pouvait ne pas faire fuir les gens. Elle avait besoin d'une famille, il fallait qu'elle arrive à l'admettre à un moment ou un autre


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MessageSujet: Re: Des secrets à révéler, lieutenant Marshall ? Jeu 19 Mai - 13:53

Dwayne sentait la jeune femme méfiante, suspicieuse même à son égard. Il ne l'en blâmait pas, après tout elle avait toutes les raisons du monde de se méfier de lui ... Déjà parce qu'il l'avait enfermé dans une cellule du commissariat pendant une nuit entière sans la moindre hésitation, forcément ça n'aidait pas à la confiance, mais en plus en ayant lâché cette révélation il lui avait montré que pour l'heure il semblait en savoir plus qu'il ne voulait bien le dire sur elle. Sans doute qu'à sa place lui aussi serait méfiant, encore plus qu'elle même. Mais bon, est-ce que c'était une raison pour le jeter comme elle l'avait fait ? Pas sûr, ce qui expliquait qu'aussitôt sa valda annoncée il avait eut envie de s'enfoncer sous terre puis de prendre ses jambes à son cou, regrettant déjà ce qu'il considérait comme une grosse bourde de sa part. Pourquoi l'avait-elle rattrapé ? Il n'en savait rien. Qu'espérait-elle apprendre ou découvrir de plus ? Il ne savait pas plus. Ce qui était certain en tout cas c'est qu'autant que pour lui cette révélation apportait beaucoup plus de questions que de réponses.
Et une question il en avait une justement, à cet instant précis. Comment deux personnes ayant un lien de parenté, même sans le savoir, pouvaient finalement être aussi différents, presque opposées ... L'hérédité ce n'était que des foutaises alors ? Parce qu'à les regarder comme ça l'un et l'autre, je défiais n'importe qui de leur trouver l'ombre d'un point commun, il allait falloir chercher longtemps. Physiquement c'était le jour et la nuit, elle était aussi brune et petite qu'il était blond et grand, leur niveau de vie était opposé également, les parents de Dwayne avaient choisit tous les deux d'exercer un métier qui leur plaisait et ne travaillaient pas pour le salaire, alors que pour ce qui était de Heaven elle ne manquait financièrement de rien c'était indéniable ... Ah si, tous les deux exerçaient un métier en rapport avec la loi, mais enfin étudier le droit quand on ne respectait pas la loi en ce qui concernait Heaven il fallait avouer que c'était assez peu typique.

    « Je ne peux pas ... Je ne veux pas ... C'est plus simple comme ça ! » Plus simple ? Dwayne ne voyait vraiment pas comment on pouvait préférer se droguer pouvait être une solution préférable dans son propre esprit c'était forcément la mauvaise solution. Mais plus simple soit, disons que c'était choisir la solution de facilité quoi. « Les chemins les plus simples sont rarement les meilleurs ... » Bien entendu, parce que rien n'était jamais simple dans la vie, comme si être heureux était chose facile, bien sûr que non ... Être malheureux ou minable en revanche c'était beaucoup plus aisé. Trop injuste. « Qui s'en soucierait aujourd'hui ? » Question que tout le monde s'était déjà posé un jour, plus ou moins ... S'il m'arrivait tel truc, qui s'inquièterait et qui n'en aurait rien à faire (au mieux) ou rigolerait de mes malheurs dans mon dos (au pire). « Vous ... l'amour-propre, ça ne compte pas ? »

La discussion ressemblait un peu à un dialogue de sourd, après tout qu'en avaient-ils l'un et l'autre à faire de ce que l'autre pensait ? Rien, parce qu'ils avaient beau avec ce lien de parenté tombé du ciel en commun, ils n'en demeuraient pas moins deux étrangers, et ni l'un ni l'autre n'étaient à priori le genre à se soucier de l'avis du premier venu. Et pourtant ils étaient toujours là, comme deux imbéciles, à se faire la conversation tout en sachant pertinemment que ça sonnait abominablement faux ... deux empotés, voilà ce qu'ils étaient en fin de compte. Deux empotés qui se sentaient maintenant obligés de combler les blancs de la conversation sous prétexte qu'ils avaient un chouilla d'ADN en commun. Comme il venait lui-même de le dire il ne savait pas vraiment quoi ajouter de plus face à la situation, il avait après leur lien commun par le plus grand des hasards et jusqu'à preuve du contraire cela ne risquait dans l'immédiat de changer ni sa vie ni celle d'Heaven, alors que dire en effet ? Bonjour je suis ton cousin, allons donc boire un café ensemble et rattrapons les vingt-quatre années de retard que nous avons en commun ? Bien sûr que non, la vérité c'est que pour le moment il ne savait pas quoi dire, pas du tout, il n'avait fait que suivre son instinct qui lui avait dicté de dire la vérité, mais il ne lui avait pas dit en revanche comment se débrouiller une fois que ce serait chose faite.

    « Que vous n'allez pas partir. Que vous allez m'aider ou que sais-je encore... que vous allez me haïr peut-être. J'en sais rien, merde ! Mais, dites quelque chose ! » Dwayne s'était attendu à une réaction assez vive de la part de la jeune femme, du peu qu'il l'avait côtoyé jusque là il avait cru comprendre qu'elle avait un caractère assez volcanique, aussi s'était-il déjà préparé à se faire renvoyer dans ses filets aussi sec. Et puis finalement non, c'était dit avec calme, mais c'en était presque plus angoissant finalement. « Je reste, si c'est ce que vous voulez ... je vous aide si vous voulez de l'aide. Pour vous haïr en revanche c'est assez compromis pour le moment, à moins que vous ne me donniez une bonne raison. » Il faut dire que pour être destinataire de la haine de Dwayne il fallait vraiment y mettre du sien, des gens qu'il n'aimait pas ou bien qu'il méprisait il y en avait bien sûr, mais des gens qu'il y haïssait ... Ils se comptaient sur les doigts d'une seule main, une main qui n'aurait que trois doigts. « Si vous avez quelque chose à dire je vous écouterai, si vous avez quelque chose à demander je vous répondrai ... Mais croyez-moi je suis aussi surpris que vous ... »

En même temps on ne pouvait qu'être surpris en découvrant par hasard que non seulement on avait un membre de sa famille dont on ignorait jusque là l'existence, ce qui soit pouvait arriver cela dit, mais en plus de ça on découvrait que ce même membre inconnu de la famille se trimbalait sous vos yeux depuis plusieurs années sans que vous ne vous doutiez de rien. Heaven était née à New Heaven, Dwayne l'avait lu en se renseignant sur elle lorsqu'il l'avait arrêté la semaine précédente, il s'en souvenait pare qu'il s'était amusé à se demander si cela avait un rapport avec le fait de s'appeler ainsi ... Du coup, il se demandait maintenant s'il leur était déjà arrivé de se croiser sans le savoir auparavant. Sans doute que oui, après tout New Heaven restait une petite ville et lorsque l'on y vivait plus de quelques semaines on finissait toujours par retomber sur les mêmes têtes, par recroiser les gens à de nombreuses reprises parfois - souvent même - sans s'en rendre compte. Était-elle au mariage des Ainsworth ? Il espérait que non, aucune envie qu'elle fasse le rapprochement entre lui et le flic qui avait abattu Jackson Everson, Dwayne avait eut assez de mal comme ça à se défaire de cette image qui ne lui plaisaient pas, celui d'un "héros" qui restait tout de même aussi un assassin ... par la force des choses mais tout de même. Dire que s'il avait hésité à entrer dans la police c'était justement parce qu'il n'aimait pas les armes à feu, c'était plutôt râpé.
Il n'eut cependant pas le loisir de s'appesantir plus longtemps sur cette réflexion puisque incitée à poser des questions la jeune femme lui en avait justement donné une, qui semblait bien lui brûler les lèvres depuis un moment bien qu'elle tenta de garder un air détaché, comme si cela ne comptait pas vraiment ... Avait-il déjà rencontré sa mère ? Quelle drôle d'idée, si tel avait été le cas il aurait sans doute su qu'elle était sa cousine depuis bien avant, il n'avait jamais eut de cousins ou de cousines. Il faut dire que si du côté de son père les Sullivan étaient un sjet tabou, du côté de sa mère c'était loin d'être la famille Ingalls aussi, et pour dire vrai il n'avait de ce côté là qu'un seul oncle. Derek, le petit frère de sa mère, était un éternel célibataire de quarante ans à peine qui coulait des jours heureux à Las Vegas comme agent de sécurité dans un casino. Voilà à quoi se résumait la famille de Dwayne, ses deux parents, un frère mort, un oncle resté psychologiquement bloqué à l'adolescence, et dieu merci une belle-soeur et une nièce qui valaient tout l'or du monde à ses yeux. Cela ne faisait pas lourd, mais il savait que c'était bien plus que ce que certains souhaiteraient, il n'était pas à plaindre. Quoi qu'il en soit comme il le lui avait répondu les Sullivan était quelque chose dont on ne parlait jamais à la maison, et Dwayne savait très bien que s'il demandait à son père pourquoi il avait coupé les ponts avec sa famille ce dernier ne lui répondrait sans doute pas ... Mais Dwayne ne poserait de toute façon pas la question, certes cela l'intriguait mais jamais il n'oserait se montrer curieux à ce sujet.

    « Elle était donc une salope avec tout le monde. C'est rassurant à savoir ! » Tellement de haine envers cette femme qui était sa mère. En définitive bien plus que Dwayne n'avait de griefs envers la sienne, car malgré toutes les choses qu'il lui reprochait et malgré toute la rancœur qu'il avait à son égard elle restait toujours sa mère et il l'aimerait quoi qu'il arrive. « Avec tout le monde je ne sais pas ... Mais avec lui elle n'a pas du être tendre. » Et ça il n'avait pas besoin de le demander à son père pour le savoir. Jeremiah Sullivan était une vraie crème, il n'était pas le genre à haïr les gens sans raison, et puisque pour lui la famille était quelque chose d'aussi important que ça l'était pour Dwayne, il devait vraiment avoir du en baver pour tirer un trait de cette manière. « Alors, pourquoi me l'avoir dit ? Si il vous l'a défendu, c'est qu'il a une bonne raison, non ? Il doit penser que je suis comme sa sœur. » Pourquoi lui avoir dit que son père lui avait défendu surtout, c'était ce que se demandait Dwayne à l'instant. Il se sentait stupide, était-ce vraiment utile de révéler ce détail ? Non, et pourtant il venait de le faire comme un gros imbécile. Stupide, stupide, stupide. Mais bon, puisque c'était fait maintenant il s'agissait surtout de ne pas laisser Heaven se faire des idées à ce sujet, comme c'était visiblement le cas « Il ne penserait jamais ça ... Il est visiblement assez bien placé pour savoir qu'on ne choisit pas sa famille. » Et justement le fait que Heaven n'ait plus aucunes relations avec sa propre mère en était la preuve, on ne choisissait pas sa famille, on la subissait ... Même si pour Dwayne la famille restait toujours la clef de tout, mais sans doute pensait-il ainsi parce qu'il avait été dans ce principe. « Je crois qu'il a seulement peur ... de se retrouver nez-à-nez avec sa famille peut-être, je ne sais pas ... »

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MessageSujet: Re: Des secrets à révéler, lieutenant Marshall ? Mer 3 Aoû - 8:23

      « Les chemins les plus simples sont rarement les meilleurs ... » Heaven eut un sourire. Un sourire assez difficile à cerner, à interpréter. La jeune femme pouvait faire preuve de mystère et c'en était déroutant. Tantôt, elle était, disons, vulnérable, tantôt elle redevenait sûre d'elle et agaçante. « On dit aussi que le chemin le plus court est la ligne droite ? C'est aussi une solution de facilité, non ? Tracer sa route en une longue ligne qui n'en finit pas. Ça en devient lassant. Il faut se casser la gueule pour y arriver, il faut emprunter des chemins différents. » Même si ce n'était pas forcément les meilleurs chemins d'ailleurs. Heaven avait le don de réfléchir trop, et, accessoirement, de parler trop pour ne rien dire. Mais, elle était assez fière de sa tirade. Il ne faut pas grand chose vous allez me dire. « Vous ... l'amour-propre, ça ne compte pas ? » L'amour-propre ? Quelque chose qui revenait souvent sur le tapis. Entre les mots dignité et fierté. [color:a7ae=#CF0024ve la ]« Pourquoi ça entacherait mon amour-propre ? J'ai ma fierté, ma dignité. Je me suis toujours dit qu'il fallait que je m'aime, sinon qui le ferait ? personne ne le ferait à ma place, n'est-ce pas ? »


    Réflexion bien puérile si vous voulez mon avis. C'était sans aucun doute le style de la jolie brune. Puérile, qui se moque de tout. Du moins, en apparence et si elle continuait sur cette voie là, Dwayne s'en rendrait bien vite compte. Peut-être le pensait-il déjà ? Il est vrai qu'elle s'était montrée étrangement plus ouverte face à cet homme qui lui annonçait qu'il était son cousin. Homme qu'elle ne connaissait pour ainsi dire pas. Mais, tout en étant méfiante, elle savait qu'il lui disait la vérité. Mais, il est vrai qu'elle ne pouvait pas s'empêcher d'être méfiante. Après tout, elle étudiait pour devenir avocate, et elle s'était toujours dit que, plus tard, il lui arriverait peut-être de devoir défendre des coupables alors qu'il fallait donc qu'elle se méfie. En y réfléchissant bien, depuis son plus jeune âge, elle avait appris à se méfier des gens. Il faut dire qu'elle était très jeune quand sa mère était partie. Et Heaven gardait un souvenir amer de la dernière lettre que celle-ci lui avait envoyée il y a quelques mois déjà. Forcément, ça n'entraîne pas la confiance suprême en n'importe qui. Et, effectivement, Dwayne faisait l'objet de sa méfiance. Cependant, elle voulait qu'il lui dise quelque chose. C'était comme si elle voyait en lui une bouée de sauvetage à laquelle se raccrocher pour sortir la tête hors de l'eau. Naïve, se dit-elle. Qu'est-ce qu'il pouvait bien en avoir à faire de cette gosse de riches qui pensait que tout lui était du et qui trouvait parfaitement normale de se droguer alors que beaucoup se damnerait pour avoir la vie qu'elle avait. Et pourtant...

      « Je reste, si c'est ce que vous voulez ... je vous aide si vous voulez de l'aide. Pour vous haïr en revanche c'est assez compromis pour le moment, à moins que vous ne me donniez une bonne raison. » Heaven resta toute penaude. Elle se rendit compte qu'elle le connaissait très mal. Bien sûr, elle n'aurait pas eu la prétention de dire qu'elle savait comment il était, mais elle était assez surprise en fait. Alors, elle avait envie de lui dire de rester, elle avait une soudaine envie de ne pas le faire fuir. Pourtant, c'était inévitable, n'est-ce pas ? Elle avait tellement l'habitude que sa famille la fuit. Pourquoi ne le ferait-il pas ? La jeune femme baissa la tête quelques instants puis releva la tête. Elle n'était pas du genre à se montrer vulnérable. Et elle ne le serait pas, elle se l'était promis après la fusillade. Et même dans ces moments-là, elle voulait rester franche. « J'ai l'habitude de faire fuir ma famille... même quand je ne le veux pas. » La jeune femme tenta de sourire, de paraître détachée en disant cela. Même si, au fond, elle était blessée. Mais, son côté sûre d'elle la poussait à se montrer forte, malgré sa part de fragilité. « Si vous avez quelque chose à dire je vous écouterai, si vous avez quelque chose à demander je vous répondrai ... Mais croyez-moi je suis aussi surpris que vous ... »


    Comment ne pas l'être ? Se découvrir une cousine sortie de nul part. Une cousine qui était surtout à des années lumières de vous. Dwayne et elle ne se ressemblaient en rien. Heaven le connaissait mais elle ne s'était jamais doutée qu'il était de la même famille qu'elle. Pour elle, il était un flic. Elle se souvenait de lui lors de la fusillade au mariage. Évidemment, elle se souvenait de cet événement. Chaque matin en se regardant dans le miroir, ses deux cicatrices lui rappelaient cet événement. Ces cicatrices faisaient à présent partie d'elles mais ça lui rappelait ce jour-là et surtout les jours d'après. Ce n'était pas elle qui était visée et pourtant elle avait été terriblement touchée et anéantie après ça. C'était plutôt étrange... ou plutôt ridicule dirons certains. Quiconque connaissait cette ville comme la jeune femme la connaissait se devait de savoir quelque chose sur la mariage des Ainsworth. Elle était née ici. Elle savait qui aller voir pour quoi que ce soit. Et aussi qui ne pas aller voir également. Si vous voulez mon avis, la jolie brune classait l'inspecteur -toujours debout face à elle, comme un imbécile- dans la deuxième catégorie. Une droguée ne côtoyait pas véritablement de flic sauf si c'était dans le cadre d'un dossier au cabinet dans le cas d'Heaven en tout cas. Si on lui avait dit, une semaine plus tôt, que le flic qui l'avait arrêté pour possession d'un peu de coke, se présenterait comme son cousin, elle en aurait surement ri. Se découvrir de la famille était assez risible pour elle. Surtout, de la famille provenant de sa branche maternelle. Pourquoi ? Et bien, au plus loin qu'elle se souvienne, elle n'avait jamais entendu de sa vie qu'Allyson Sullivan avait un frère. Elle ne savait rien de ce côté là. Et du côté de son père, il y avait eu ses grands-parents qu'elle adorait -à présent décédés tous les deux- et une tante qu'elle n'avait pour ainsi vu qu'une ou deux fois dans toute sa vie. Tellement peu qu'elle en oubliait souvent son existence. En y repensant, elle se souvenait avoir entendu parler d'un cousin, Ethan, Matt, Blaise, Camron, Pitt, Toby, enfin un truc comme ça. Vous voyez le genre quoi... mais du côté de sa mère, elle en savait encore moins. Elle n'avait jamais vu ses grands-parents maternels, n'avait jamais entendu parler d'un frère et, évidemment, jamais entendu la mention d'un cousin. Que s'était-il bien passé pour qu'elle soit apparemment isolée de sa famille ? Elle s'était toujours dit que si elle n'avait jamais vu la famille du côté de sa mère, c'était parce que cette dernière l'avait abandonnée alors qu'elle était petite donc qu'elle ne s'en souvenait pas. Finalement, à cause de -ou grâce à- Dwayne, elle se rendait compte que d'une certaine manière, sa mère était comme elle, haït par sa famille... Heaven eut la sensation détestable que ça la rapprochait de sa mère. Mais, elle n'en avait aucune envie. Si il y avait bien une personne sur cette Terre que la jeune étudiante en droit détestait, c'était bien sa mère. Bien sûr, comprenez dans la famille, parce que sinon elle inclurait aussi Hunter et Elya. Ces deux là ne perdaient rien pour attendre ! Enfin, surtout Elya si vous voulez mon avis. Heaven avait trop donné d'elle-même au jeune homme pour réussir à ne plus jamais l'aimer. Soit, c'était quelque chose de difficile à dire mais elle ne voulait plus entendre parler de sa mère. Après tout, sa mère lui avait bien fait comprendre qu'elle ne l'aimerait jamais. Alors, oui, Heav' avouait sans mal qu'elle pensait que sa mère était plus que mauvaise.

      « Avec tout le monde je ne sais pas ... Mais avec lui elle n'a pas du être tendre. » Heaven eut un rire nerveux, un rire ironique. Pas un grand éclat de rire, hein, ne vous trompez pas, mais un petit rire. Petit rire ne passant pas inaperçu. Rire signifiant sans doute que les réactions du lieutenant la surprendrait toujours. Et bien oui, son propre père avait coupé les ponts avec sa sœur, et il découvrait que sa cousine également, et pourtant il trouvait le moyen d'être dubitatif quant à cette femme. « ça ne m'étonne pas d'elle. J'espère qu'elle ne lui a pas envoyé de lettre » Oui, Heaven détestait sa mère et le montrait sans honte. Elle avait beau être la personne qui lui avait donné la vie, elle était aussi la personne qui l'avait traitée comme fautive de tout ce qui lui arrivait. Il est vrai que même petite, la jeune femme n'avait jamais été un ange mais elle n'était pas un monstre non plus. Elle voulait simplement de l'attention, et il n'y avait que son père pour ça. Son père qui la traitait comme une princesse. Ça avait bien changé aussi puisqu'il était parti. Tout le monde part un jour, il fallait se faire une raison. C'était ce qu'avait fait la jolie brune, elle s'était faite une raison et avait fermé son cœur. « Il ne penserait jamais ça ... Il est visiblement assez bien placé pour savoir qu'on ne choisit pas sa famille. » Heaven était d'accord avec lui. On ne choisissait pas sa famille. Mais les parents, en général, choisissait d'avoir un enfant, non ? Parfois, c'était un accident, mais à ce qu'elle sache, Allyson et Alexander voulait un enfant et l'avait eue elle. Et voilà où elle en était, dans un grand loft, abandonnée et haït par sa mère, abandonné par son père parti à Rhodes Island et sautant sans doute on ne sait quelle femme de passage. À dire vrai, il ne lui avait jamais parlé de ses aventures. En y réfléchissant, peut-être avait-il trouvé une nouvelle femme avec des enfants merveilleux. Et elle ? Elle, elle était seule à New Heaven. Dwayne la fit sortir de ses pensées en ajoutant autre chose. « Je crois qu'il a seulement peur ... de se retrouver nez-à-nez avec sa famille peut-être, je ne sais pas ... » Heaven imprima cette phrase, et essaya de méditer dessus. Remarquant qu'elle était encore debout comme une idiote, elle se dirigea vers le sofa où elle s'assit. « Et vous ? » Spontanément, n'importe qui lui aurait répondu « et vous quoi ? » alors elle continua dans sa lancée « comment avez-vous réagi en comprenant que j'étais votre cousine, sachant... ce que je suis ? » Ce qu'elle était sous-entendait une garce brune droguée jusqu'au bout des doigts. « Je ne suis pas la cousine rêvée... »
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Des secrets à révéler, lieutenant Marshall ?

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