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Awake & Alive {BOBBY & TIM}

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{Candidat à l'élection du rang le plus débile.

★ NOM DE L'AVATAR : Heath Ledger
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MessageSujet: Awake & Alive {BOBBY & TIM} Lun 4 Oct - 13:07


    « At war with the world cause I
    Ain't never gonna sell my soul »

      awake and alive - skillet

    icons © yumita
Bobby H. Jenkins & Timothy L. Goodwin
Awake & Alive

.


    « A jeudi Jerry ! » Plongé dans la lecture de son journal, le gardien du gymnase avait grommelé quelque chose d’in compréhensible sans sortir de derrière les pages de l’édition du soir du quotidien régional, arrachant sans le voir un sourire à Timothy tandis que ce dernier poussait la double porte vitrée menant dehors. Le vieux gardien était aussi bougon qu’un ours mal léché, mais au fond c’était une vraie crème.

Depuis les dix ans qu’il vivait à New Heaven et qu’il fréquentait le club de boxe de la ville, le pasteur Timothy Goodwin en avait vu passer des « A jeudi Jerry », et dans ses entrainements deux fois par semaine tout comme dans le reste s’était installée une sorte de routine. La routine, ce genre de truc que la plupart des gens détestaient parce qu’au fond d’eux ils rêvaient d’une vie aussi trépidante qu’elle était irréalisable, plutôt que de leur existence ennuyeuse à mourir tant elle était répétitive. Peut-être que Tim n’était pas comme tout le monde dans ce cas, peut-être avait-il été monté à l’envers à l’arrivée des pièces détachées … Bref, quelle que soit la raison en tous les cas Timothy ne la détestait pas tant que ça lui, sa routine. Il lui était arrivé tellement de fois de voir ses plans d’avenir contrecarrés au dernier moment qu’il préférait ne plus rien prévoir pour être sûr et certain que plus rien n’allait se casser la figure … Il manquait de courage ? Peut-être, mais si passer pour un trouillard était le seul moyen de ne pas tomber de haut alors il était prêt à faire ce sacrifice. Pour ce qu’il se souciait de ce qu’on pensait de lui de toute manière. Et puis c’est vrai quoi, quand il avait voulu aller à la fac’ il s’était retrouvé derrière les barreaux d’une prison, quand il avait cru se marier pour de bon il avait enterré sa femme trois ans après lui avoir passé la bague au doigt, et maintenant c’était sa sœur avec qui il rêvait de retrouver une relation saine qui lui balançait des horreurs à la figure parce qu’elle le croyait responsable de tout ce qui clochait dans sa vie d’adolescente trop sûre d’elle … Sérieusement, si vous étiez à la place de Timothy, vous aussi vous auriez envie d’aller plusieurs fois par semaine frapper sur un punching-ball, à défaut de frapper sur autre chose. Enfin, tout ça pour dire que sa routine, c’était un moyen pour lui de se garantir que si les choses ne changeaient jamais, alors au moins cela voulait dire qu’elles n’allaient pas tourner mal.

Puisqu’on était dans la routine, inutile que Timothy s’amuse à changer ses petites habitudes et par conséquent le voilà en route, iPod sur les oreilles et album du trio Frank Sinatra – Dean Martin – Sammy Davis Jr enregistré à Las Vegas réglé à fond, direction Apple Street. Oh je vous vois venir hein, un pasteur au beau milieu de ce quartier douteux, c’était comme un loup au milieu d’une bergerie, ou plutôt l’inverse d’ailleurs, un agneau au milieu d’une meute de loups … Mais bon on parlait de Timothy, il n’était pas du genre à s’effrayer pour si peu et d’ailleurs il connaissait Apple Street comme sa poche. Mais ne faites pas non plus les étonnés, quand on regardait la dégaine de Timothy il était clair qu’il était loin du pasteur lambda de toute façon, il aurait fallut être aveugle pour ne pas encore l’avoir remarqué. Apple Street donc, parce que même si ce n’était pas le chemin le plus agréable niveau fréquentation autant que paysage, c’était le chemin le plus court et Timothy n’avait pas l’intention de faire un détour immense par le centre-ville.
Son sac de sport chargé sur l’épaule droite il avait traversé la rue principale pour s’engouffrer dans une rue adjacente, après quoi il jeta un coup d’œil à sa montre. Vingt-deux heures déjà, il avait trainé un peu plus tard qu’habituellement au gymnase, en temps normal à cette heure-ci il était déjà arrivé chez lui. Sortant de sa poche son briquet et son paquet de clopes, il avait allumé d’un geste machinal sa il-ne-savait-plus-combientième cigarette de la journée … Faut dire qu’avec le nombre qu’il fumait par jour, il avait fini par arrêter de compter. Puis, accélérant à nouveau un peu le pas, il fut cependant rapidement stoppé à nouveau par son téléphone qui s’était mis à vibrer au fond de la poche de son jean. Retirant un de ses deux écouteurs de ses oreilles il avait attrapé son téléphone et décroché, avant de porter le combiné à son oreille.

    « Allo ? » Il n’avait pas pour autant arrêté de marcher, et continuait son chemin tout en attendant qu’on lui réponde. « … Quand demain ? J’peux pas non … J’peux pas c’est tout. T’es déjà sacrément gonflé de m’appeler. … Parce que je … Bon d’accord, au China Town demain, à 23h, content ? … C’est ça, toi aus.. » Et VLAN, le téléphone sur le trottoir, face contre terre et batterie à l’air. La faute à Timothy qui s’était pris de plein fouet le gugus qui arrivait en face de lui.

Non pardon, la faute à Timothy qui ne regardait pas devant lui en marchant et qui était rentré dans le gugus en question, qui n’avait sans aucun doute rien demandé à personne, remettons les choses à leur place, pas la peine d’être de mauvaise fois. Dressons le tableau, il faisait sombre, le lampadaire le plus proche était au moins vingt ou vingt-cinq mètres, et le type qu’il venait de bousculer s’apprêtait à se relever en réalisant que ce n’était pas une météorite qui s’était écrasé sur ses pompes, mais simplement le pasteur le plus maladroit qu’on puisse imaginer qui venait d’entrer en collision frontale avec lui. Littéralement.

    « J’suis désolé je … j’regardais pas où j’allais. Désolé. » Coinçant entre ses lèvres la cigarette à moitié consumée qu’il tenait dans son autre main, il avait tendut une main vers l’inconnu de la rue d’Apple Street (y’aurai presque de quoi écrire un bouquin avec un titre pareil). Il l’avait aidé à se relever et s’apprêtait à ramasser les deux morceaux séparés de son téléphone, mais son attention fut retenue par l’identité de l’inconnu en question. Il faisait peut-être sombre, mais Timothy n’était pas complètement aveugle et il avait bien reconnu Bobby.

Du coup il n’avait rien dit de plus, il se maudissait seulement d’avoir été assez stupide pour lui rentrer dedans. Et tant qu’à faire il maudissait aussi un peu celui avec qui il parlait au téléphone ; Déjà que de l’avoir au bout du fil n’était pas un cadeau, mais là Tim avait carrément fait d’une pierre deux coups dans le genre tuile non voulue.

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I've got a really bad disease, it's got me begging on my hands and knees. So take me to the emergency 'cause something seems to be missing. Somebody take the pain away, it's like an ulcer bleeding in my brain. So send me to the pharmacy, so I can lose my memory. I'm elated, medicated, Lord knows I tried to find a way to run away ...


Dernière édition par Timothy L. Goodwin le Dim 13 Mar - 6:24, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Awake & Alive {BOBBY & TIM} Mer 13 Oct - 5:17

Je regardai ma montre : les chiffres lumineux se dédoublaient. Je passai mes deux mains sur mon visage, m'arrêtant net dans la rue. J'avais encore un peu abusé du whisky ce soir. Ça m'avait coûté un paquet de thune d'ailleurs. Et pourtant je n'avais bu que du whisky bas-de-gamme. Aaah, ce n'était pas le moment de me prendre la tête pour ça. Il était plutôt temps, par exemple, de songer à sortir de la chaussée ; non parce qu'il était joli le camion rouge qui m'arrivait droit dessus en klaxonnant, mais je préférais encore la chaleur de la peau d'une femme à celle du moteur de cette carcasse hurlante.
Titubant, je rejoignis le trottoir. Pourquoi est-ce que je m'étais bourré la gu***e, déjà ? Aaah, oui, ça me revenait. February. Oui, qui d'autre, me direz-vous ? (ou vous ne me direz rien, si vous aussi vous avez bu un coup de trop). Enfin, j'avais encore ruminé sur notre histoire tumultueuse, et du coup, le petit verre quotidien de whisky s'était trouvé un tas de copains. Oh et puis zut, j'ai pas à me justifier tout de même !

Je rabattis ma capuche sur mon visage et entrepris de descendre Apple Street pour rejoindre les deux mètres carrés insalubres qui faisaient office de « chez-moi ». Bilan de ma journée ? Des heures interminables à trimer dans la cuisine surchauffée du restaurant où je travaillais, puis une rapide engueulade avec ma mère au téléphone, et, enfin, le meilleur de ma journée : un « petit » tour au bar. Ne soyez pas jaloux, peut-être que votre vie deviendra un jour aussi trépidante et enviable que la mienne.
Je sortis une cigarette – normale – et l'allumai distraitement, manquant de me cramer un doigt au passage. Je tirai une bouffée, puis l'expirait lentement, marchant d'un pas précipité en fixant mes pieds. Au fond, j'avais conscience que ma vie ne pourrait pas rester aussi vide, il faudrait bien un quelconque changement avant ma mort. Oui mais quel changement ? Le seul vrai changement qui s'était récemment produit était Karen. Et je ne savais pas encore comment l'appréhender.
Je pressai un peu le pas. Il faisait froid, j'avais envie de vomir, et mon lit me tendait les bras. Mais j'avais encore une bonne dizaine de minutes de marche, et ivre comme je l'étais, je risquais de me planter de chemin une fois ou deux. Sans parler du quart d'heure que je passais à chaque fois devant l'interphone à essayer de me souvenir du code, jusqu'à ce que le concierge vienne m'ouvrir en levant les yeux au ciel.

Ce soir-là, j'étais d'humeur cynique. Ça, c'était une façon diplomatique de dire que j'avais envie de me foutre de la gueule de tout et de tout le monde. Ça m'arrivait, parfois, à l'occasion...
Perdu dans mes pensées, je fixai le trottoir devant moi en me coupant complètement du monde : mes pas me guidaient tous seuls, je ne réfléchissais pas, et, surtout, je n'écoutais pas. Jusqu'au moment où mon inattention se retourna contre moi : je percutai violemment un homme. Ou il me percuta, puisque c'est moi qui tombai par terre. Comme par hasard. J'étais plus énervé de m'être laissé surprendre et d'avoir été tiré de mes pensées que d'être tombé par terre. Je levai les yeux vers l'inconnu, qui s'excusa.

    TIMOTHY_ J’suis désolé je … j’regardais pas où j’allais. Désolé. Je ravalai une répliqua cinglante. Ses excuses ne me serviraient à rien. En revanche, il me tendit la main, et je la saisis de bon gré pour me relever. Pas que ça à foutre de rester le c** par terre. En plus, il était trempé.


Reprenant mes esprits, je me passai machinalement une main dans les cheveux, et m'apprêtai à repartir, quand je captai le regard particulier, insistant de l'homme qui me faisait face. Et meeeeerde... Timothy... J'avais vraiment besoin de tomber sur lui... presque littéralement, d'ailleurs. Non, décidément, il manquait plus que ça pour que ma soirée soit à ch***.
Le prêtre demeura silencieux, à me regarder. Okaaay, j'étais censé dire quelque chose peut-être ? S'il s'attendait à des excuses ou une autre futilité dans le genre, il pouvait toujours aller manger de la barbe à papa en Alaska.

Réprimant un soupir excédé, je pris la parole d'un ton particulièrement sarcastique :

    BOBBY_ Timothy... quelle bonne surprise... toujours aussi subtile, ta façon de t'imposer ! Je vous l'avais dit, j'avais envie de me passer les nerfs sur quelque chose. Et là, il y avait un merveilleux quelque chose un peu stupide qui attendait sagement. Je n'allais certainement pas me priver. Qu'est-ce que tu fous là, Timothy ? Oh, je suis bête, c'est pourtant évident... la maison close est juste au coin de la rue ! Il paraît que c'est … « excitant », un pasteur...


Bon, je vous l'accorde, j'y allais un peu fort. Et tant pis pour le...comment ça s'appelait, déjà ? Aaah, oui, le respect. Il faut dire que mon dernier whisky m'était un peu monté à la tête. Et le joint qui avait suivi. Enfin bref, on va dire que je n'étais pas en parfaite possession de mes moyens. Et de toute façon, je sentais la morale accourir à grands pas, pour me dire qu'il fallait que j'arrête de me pourrir la santé et le cœur à cause d'une femme qui n'en valait pas la peine... Non, vraiment, très peu pour moi. Ce qui m'agaçait, c'était que personne n'essayait de se mettre à ma place. Ils n'avaient jamais aimé ? Bon, pour Tim, ça ne marchait pas, mais pour les autres ? Matthew, par exemple ? Il n'avait jamais pensé que j'avais peut-être de bonnes raisons de supporter cette vie ? C'était mon choix, ma liberté. Et les autres, je les emm.... bref.

Non, en fait, ce que je n'arrivais pas à m'avouer, c'était que j'enviais les autres, je les enviais tellement... parce qu'ils savaient aimer un peu, se séparer, ils ne semblaient pas se prendre la tête autant que moi. Ils n'étaient pas dépendants. Oui, j'avais des torts, je le savais, mais il n'existait malheureusement pas de patchs anti-February. Sinon, cela se serait su...

Pour me donner une contenance, je déplissai mon manteau rapidement, et me plantai bien droit devant Tim – enfin, autant que ma vision troublée me le permettait. Pas question de perdre la face devant lui. Car au fond, je me sentais bien inférieur à cet homme qui n'avait besoin que de très peu de choses pour être heureux, et qui pouvait me regarder droit dans les yeux sans se sentir coupable de quoi que ce soit.
Parce que je savais qu'il regrettait notre amitié passée, et qu'il s'était vraiment inquiété pour mois, il y a quelques mois de cela. Mais je ne l'avais pas vu depuis de longs mois, et je devais bien m'avouer que j'avais un peu peur de cet échange. En fait, à chaque fois qu'il me parlait, je sentais le fond de vérité de ses paroles, sans jamais pouvoir admettre qu'il avait raison. J'étais orgueilleux et lâche, mais c'était moi. Et je ne lui avais rien demandé.
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MessageSujet: Re: Awake & Alive {BOBBY & TIM} Dim 17 Oct - 10:26

Timothy n’était pas quelqu’un de vraiment chanceux, à vrai dire c’était même plutôt le contraire. C’était bien simple, sa malchance allait de paire avec sa maladresse compulsive, et ce depuis certainement sa naissance. Glisser sur une plaque de verglas, renverser son café, se couper en faisant la vaisselle, s’ébouillanter en prenant sa douche … c’était là toute l’étendue de ses capacités dans ce domaine. Tuer accidentellement ses deux parents, aussi. Bref, tomber sur Bobby à un moment aussi peu opportun (si tenté qu’il y ait un moment où ça ne le soit pas) n’était qu’une tuile parmi tant d’autres pour notre pasteur. Et ce n’était pas assurément pas la pire. D’autant plus que Timothy n’avait aucune envie de se heurter une fois encore au mur de mépris et de je m’en foutisme du sieur Jenkins. Depuis combien de temps maintenant ne s’étaient-ils pas adressé la parole ? Des mois, on pouvait même compter ça en années depuis le temps, et le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’était pas de l’initiative de Timothy. Sans doute notre pasteur avait-il été trop naïf, naïf de croire que lui et Bobby aient pu être ami à un moment ou un autre, naïf d’espérer qu’il finirait par se montrer un tant soi peu raisonnable … Mais non, Timothy avait attendu, indéfiniment, et Bobby n’avait jamais été capable d’être autre chose que ce qu’il s’évertuait à être depuis toujours, un gamin égoïste et persuadé que le monde entier était contre lui. Comme si le monde entier n’avait pas autre chose à foutre que de s’intéresser à son incapacité à se débrouiller tout seul.
Bon, en tous les cas Timothy n’était vraiment pas d’humeur pour une confrontation quelle qu’elle soit avec Bobby ce soir, ni le soir suivant, ni le mois suivant, ni la semaine des quatre jeudis. Bon d’accord, il pensait ça maintenant parce qu’il n’était pas de la meilleure humeur qui soit, et sans doute que demain toute cette histoire avec Bobby lui courrait moins sur le haricot, mais pour l’heure maintenant qu’il avait « ramassé » Bobby il n’avait qu’une seule intention, celle de passer son chemin. C’était bien ce que faisait Bobby d’ordinaire non ? L’ignorer royalement si par malheur Timothy passait dans le coin, alors en faire de même ne serait que lui rendre la monnaie de sa pièce …

    « Timothy … quelle bonne surprise … toujours aussi subtile ta façon de t’imposer ! » Bah voyons, c’était lequel des deux qui en mettait une couche là peut-être ? Et puis pour ce qui était de s’imposer, Bobby se donnait un peu trop d’importance pour le coup. Puisque Timothy n’était plus qu’un indésirable, il avait cessé de s’imposer justement, mais perdu entre deux bouteilles de Scotch peut-être Bobby ne l’avait-il pas encore remarqué. « Décidément l’amabilité c’est toujours pas ton point fort. » se contenta-t-il de répondre en roulant des yeux d’un air presque blasé.

De mémoire Timothy avait en fait beaucoup de mal à se souvenir d’un Bobby véritablement aimable … surtout s’il avait un verre dans le nez, ce qui sommes toute arrivait souvent. Très souvent. Aux sarcasmes de son ancien « ami » Timothy s’était contenté de répondre d’un ton presque froid, mais toujours neutre. Sans doute parce qu’il espérait couper court rapidement à ce que l’on ne pouvait même pas appeler réellement une conversation. Mais bon de toute évidence si ce soir là Timothy avait envie qu’on lui foute la paix c’était Bobby qui se chargeait d’animer la discussion à lui tout seul … le monde à l’envers quoi. Pour une fois que Tim était sur la même longueur d’onde que lui pour ce qui était du « fais tas vie, j’fais la mienne, foutons nous la paix » il fallait que Bobby se sente lui d’humeur théâtrale. Mieux valait ne même pas se demander ce qu’il avait pu boire, ou pire.

    « Qu’est-ce que tu fous là, Timothy ? Oh, je suis bête, c’est pourtant évident … la maison close est juste au coin de la rue ! Il parait que c’est … « excitant », un pasteur … » Non mais, qu’est-ce que vous pouviez répondre à ça ? Et ce sourire goguenard, typique du poivrot fier de sa connerie, mais qui espérait que cela passerait pour un sourire cynico-sarcastique digne d’un grand maitre du genre … Mieux valait ne pas faire de commentaire là-dessus non plus. « Toujours aussi charmant à c’que j’vois … » répondit-il d’abord, après avoir retiré de sa bouche sa clope quasiment terminée. « Mais il me reste encore un tant soi peu de dignité … on ne peut pas dire que ce soit le cas de tout le monde. » Est-ce que Bobby devait se sentir visé ? Absolument. Mais encore fallait-il qu’il lui reste assez de neurones en état de fonctionner pour le comprendre, au beau milieu des neurones grillés par les litres d’alcool qu’il s’enfilait au fil du temps.

En parlant d’alcool justement, Timothy ne saurait pas dire si c’était parce qu’il ne buvait lui-même pas qu’il se sentait tellement oppressé par cette odeur de Whisky, ou bien si c’était simplement que l’odeur collait à la peau de Bobby à force qu’il avale ça comme de la limonade. Pour la santé de ce dernier il aurait encore mieux valut la première option, mais Timothy avait fini de se remettre en question au profit de Bobby désormais. Ce dernier avait pris l’initiative de se planter droit comme un « I » devant Timothy … du moins il avait essayé, mais titubant à moitié il ressemblait surtout à un équilibriste au bord de la chute … Ce qui ne semblait pas suffire à lui faire perdre le semblant de sérieux qu’il essayait de se donner. Tous les deux s’étaient fixé ainsi pendant plusieurs secondes, sans que Timothy ne sache ce qu’ils attendaient vraiment, ce que Bobby attendait vraiment. Pourquoi ne passait-il pas juste son chemin comme il savait si bien le fait d’habitude ?
Brisant plus ou moins ce court silence (qui n’en était pas moins pesant, pour Tim tout du moins), le pasteur lâcha un léger soupir, pas d’exaspération mais plutôt de dépit. Bobby avait beau ne plus mériter qu’on s’inquiète pour lui Timothy n’arrivait pas à s’en empêcher, il était comme ça … Comme il l’avait dit à February lors de leur dernière entrevue, peu importait que cela soit un non-sens total à ses yeux comme à ceux d’autres, il ne pourrait jamais détester Bobby, même en y mettant toute la bonne volonté du monde. Il ne réussirait même jamais à y être totalement indifférent, et si un jour vous l’entendiez dire qu’il se foutait bien de ce qui pouvait arriver à Mister Jenkins alors ne vous y trompez pas, il ne s’agit ni plus ni moins d’un mensonge. Un mensonge pas seulement pour cacher la vérité un aux autres mais un mensonge pour tenter de se convaincre lui-même.

    « Laisse tomber Bobby, pour une fois c’est moi qui te demande de me foutre la paix … » Et vu toutes les fois où ça avait été le contraire, il pouvait bien faire ça en retour non ? Tim se souciait de Bobby beaucoup plus qu’il ne le méritait, et beaucoup plus qu’il ne le souhaiterait lui-même, alors devoir supporter ses sarcasmes de poivrot au bord du gouffre, une fois de plus, il n’était pas sûr de pouvoir encaisser.

Il avait des sentiments tellement contradictoires à l’égard de Jenkins qu’il en avait lui-même le tournis. D’un côté il lui en voulait et n’avait plus envie de perdre son temps avec lui, mais d’un autre côté il était incapable de s’en foutre totalement … Est-ce n’avait pas été incapable par exemple de s’empêcher de se renseigner sur le cas de Bobby lorsqu’il s’était retrouvé à l’hôpital ? Certes, si Timothy était lui-même à l’hôpital c’était pour d’autres raisons, qui n’avaient aucun lien avec Bobby, mais cela dit cela ne l’avait pas empêché de faire d’une pierre deux coups. Bref, puisque Timothy n’était même pas fichu de savoir réellement ce qu’il ressentait à l’égard de son ancien ami, on comprenait donc qu’il soit partage quant à l’attitude qu’il devait adopter dans la situation présente, ce qui expliquait son désir d’éviter la conversation là où il était en temps normal celui qui cherchait à la provoquer …

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Dernière édition par Timothy L. Goodwin le Dim 13 Mar - 6:25, édité 1 fois
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Je m'intègre. Qui aurait cru que cette ville n'abritait pas que des inadaptés...

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MessageSujet: Re: Awake & Alive {BOBBY & TIM} Dim 13 Mar - 6:05

    Pourquoi fallait-il que je m’arrange constamment pour me comporter comme un abruti ? C’était comme si c’était inimaginable qu’à un moment, je puisse être autre chose que détestable. Je m’arrangeais toujours pour dire les choses les plus horribles, les plus dégueulasse à ceux qui comptaient dans ma vie ou qui avaient compté à un moment donnée. Mes parents, Tim, Feb… ils en faisaient tous les frais. Pratiquement toujours, je regrettais ce que je disais à peine les mots sortis de ma bouche, mais c’était trop tard. Le mal était fait et je n’allais certainement pas montrer que j’avais des remords. Sauf pour February, mais elle c’était particulier. Pour tous les autres, dès qu’il me montrait un peu compassion, je me braquais, je devenais agressif, je les envoyé balader. Je ne voulais pas de leur pitié à deux balles tout simplement parce qu’il faut être honnête, je ne la méritais pas. Je ne voulais pas qu’on fonde des espoirs sur moi, je ne voulais pas qu’on ait des attentes vis-à-vis de moi parce qu’ils y auraient forcément des déceptions. Je ne sais faire que ça. Alors comme ça, il n’y a pas de mauvaise surprise avec moi. Je resterai le type qui refuse qu’on l’aide et fait tout pour s’enfoncer dans al misère encore un peu plus. La preuve j’avais dit vouloir m’en sortir cette fois-ci, et j’étais encore une fois de plus aller m’enivrer de whisky. Le changement c’est trop dur, j’en suis incapable. Je mettais fait en quelques sortes la promesse de calmer mon antipathie. Mais encore fois, ça avait loupé. Je sautais sur l’occasion pour agacer Tim. Avant j’attendais au moins d’avoir l’excuse de dire que je refuser son aide, mais là il n’avait encore rien fait. Où peut-être m’aider à me ramasser. C’était peut-être ça son erreur, m’avoir remis sur mes deux pieds. Il aurait du me laisser à ma place, sur le sol comme un pitoyable ivrogne et drogué. Après tout, c’est que j’étais.

    « Mais il me reste encore un tant soi peu de dignité … on ne peut pas dire que ce soit le cas de tout le monde. » J’agis comme si je ne comprenais pas ce qu’il disait, comme si je n’avais rien entendu, comme si il n’avait rien dit. Mes yeux embrumés d’alcool devaient être tellement vitreux qu’on devait se demandait si j’arrivais encore à être conscient de mes propres réflexions, de mes actions. J’avais du mal à contrôler parfaitement mon corps, l’équilibre était dur à garder mais je tenais debout et encore mieux, chaque mot que le pasteur disait je les saisissais parfaitement. Il avait parfaitement raison, j’avais perdu toute dignité. Je n’essayais même plus de cacher mon alcoolisme. Sauver les apparences, masquer les addictions, ça faisait bien longtemps que j’avais oublié ce que c’était de faire cet effort là. J’avais le mérite de ne pas être hypocrite au moins. Je ne mentais pas vis-à-vis de ma condition.

    Je ne répondis rien mais je souris à ces propos. Ce n’était pas une vraie exclamation de joie. Il n’y avait rien de joyeux dans la situation. Vraiment rien. c’était un rire jaune. Un rire qui se voulait même moqueur. Mais je ne savais pas si je me moquais le lui ou de moi ! mes yeux n’était plus focalisé sur lui. je cherchais un point fixe auquel me raccrocher pour tenir debout, pour garder mon équilibre. J’avais l’impression que ma tête faisait des balancement de droite à gauche sans que je n’en donner l’ordre. Mais ce n’était peut-être qu’une impression. C’était un peu semblable à la sensation qu’on a quand on est fatigué mais qu’on lutte contre le sommeil. On a les yeux fermés, la tête devient lourde et elle tombe doucement. Au bout d’un moment, on est surpris et on se redresse brusquement. Là c’était la même chose…

    « Laisse tomber Bobby, pour une fois c’est moi qui te demande de me foutre la paix … » mon sourire s’agrandit. C’était un véritable sourire moqueur cette fois-ci et Tim en était bien la cible. Le gentil pasteur perdait patience, c’était amusant. Pourtant je n’avais rien fait non ? Je lâchais même un rire provocateur. Il m’était impossible de réagir autrement. Je n’avais rien fait pour le retenir. Si ? je ne savais même plus. Ben qu’est ce qui se passe mon révérend ? On a trop de problèmes, on a plus de temps pour s’occuper de ses brebis égarées ?

    Mes yeux s’était posé sur lui le temps de ma brillante réplique. C’est clair que je n’avais pas cherché loin pour la sortir celle-là mais c’est pas comme si j’étais au meilleure de ma forme. Dans ma tête, il y avait comme une épaisse couche de brouillard qui m’empêchait de rester concentré sur quelque chose trop longtemps. Assez vite, je quittais du regard Tim analysant ce que je venais de dire. C’était paradoxal, je lui avais comme fait le reproche de ne pas vouloir m’aider alors que je ne cessais pas de le repousser. Et il était certain que si avait m’avait abordé en me demandant si j’allais bien, je me serais empressé de le fuir. Mon attention quitta celui qui fut mon ami il y a bien longtemps. Mes yeux fixaient à présent ma main droite, la paume était retourné vers le haut. Je devais avoir l’être d’un débile de l’extérieur, là plate à observer ma main. Mais je ne faisais pas ça sans raison. Il y avait une trace de sang. Je ne savais même pas d’où ça venait. J’étais incapable de dire si je mettais fait ça en tombant à l’instant sur le sol ou si ça venait du bar que je venais de quitter. J’avais peut-être amoché quelqu’un ou j’avais tout simplement brisé un verre en serrant trop fort… enfin ce n’était finalement qu’une égratignure, je n’allait pas en mourir. Ce qui me sidérait tout de même c’est que je ne sentais aucune douleur. Même pas de brulure. Le whisky avait du endormir la douleur immédiatement. Vous voyez que ça a du bon de boire. Au moins je n’ai pas mal. Quand ma tête fut fatiguée de comprendre en vain d’où venait ce sang, j’essuyais sur mon jeans toute trace de blessure. Je relevais là tête, Tim était toujours là. Il n’avait pas dit qu’il voulait partir ?

    - Bon j’ai à faire moi ! je lâchais ça comme si on venait d’avoir une conversation moralisatrice d’une bonne heure et que j’en avais assez. Ma tête n’en pouvait tellement plus que j’avais oublié de continuer le jeu de l’agressivité. Sans m’attarder sur sa réaction je fis quelques pas pour aller me poser pas bien loin. En faite j’étais incapable de marcher bien plus pour le moment, il fallait que j’attende que l’alcool se dissipe un peu. Je me résignais alors à me poser contre un mur. La tête légèrement en arrière, je fis glissais mon dos contre la paroi pour m’asseoir sur le trottoir. Il aurait peut-être fallut que je reste debout. Je n’en savais rien, mais la fatigue venait à moi, je fis ce que mon corps me dictait. Je n’avais plus la motivation à réfléchir. Je ferma tout simplement les yeux. Avec un peu de chance quand je les rouvrirai, je serrai chez moi dans mon lit en ayant oublié toute cette rencontre.
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MessageSujet: Re: Awake & Alive {BOBBY & TIM} Mar 15 Mar - 5:27

Même dans la pénombre environnante Timothy ne pouvait ignorer le sourire goguenard de Bobby. Enfin, sans doute que ce dernier essayait d'arborer un sourire cynique, mais avec tout ce qu'il avait déjà sans doute bu il n'était pas dans les meilleures dispositions pour paraitre convaincant ... Et puis surtout, ce n'était pas demain la veille que Tim se retrouverait impressionné par Bobby. Comment pourrait-il impressionner qui que ce soit d'ailleurs avec une dégaine d'ivrogne comme la sienne ... Tim n'était pas homme à tourner le dos aux gens ou à les juger à la hâte, mais il devait bien reconnaitre que son ancien ami n'inspirait plus rien d'autre que la pitié, et éventuellement le mépris. Et vous n'imagez même pas ce que cette perspective pouvait coûter au pasteur, qui avait comme principale qualité mais peut-être aussi comme principal défaut de toujours essayer de voir le meilleur en chacun. Et avec Bobby il avait essayé, il avait vraiment fait tout ce qu'il pouvait et lui avait trouvé toutes les excuses du monde pour tenter d'excuser son comportement, mais aujourd'hui il n'avait plus aucunes excuses en réserve ... Il devait bien se rendre à l'évidence, Bobby n'avait pas envie d'aller mieux, il n'avait pas envie qu'on l'aide. Et Timothy lui était fatigué de faire des efforts qui ne menaient à rien, si ce n'est à ce que Bobby le haïsse encore plus, simplement parce qu'il avait le tort de vouloir l'aider, comme était censé le faire un ami.
D'ailleurs amis, Timothy commençaient à douter qu'ils l'aient un jour vraiment été. Quand on les voyait désormais on avait peine à le croire, et le comportement de Bobby avait de quoi laisser penser au pasteur qu'il n'avait peut-être été qu'un objet pour lui. Un objet devenu ensuite trop encombrant et désuet pour qu'on veuille le garder, et dont on préférait se débarrasser. Et bien que jamais il ne l'avouerait, même pas à lui-même, cette sensation blessait Tim dans son fort intérieur ... Pas seulement dans son amour propre, mais aussi dans ses illusions. Ouais, sans doute qu'ils n'avaient jamais été vraiment amis, pas de façon réciproque ... Ils n'avaient même rien en commun à vrai dire. L'un était aussi raisonnable que l'autre était un électron libre, l'un était trop bonne pâte tandis que l'autre était trop brusque, l'un buvait comme un trou alors que l'autre n'avait pas bu une seule goutte d'alcool depuis la désastreuse Saint Sylvestre de ses dix-huit ans ... et la liste était encore longue. A vrai dire la seule chose qu'ils partageaient tous les deux c'était d'avoir visité l'intérieur d'une cellule de prison, et même là-dessus les deux situations n'avaient rien de similaire.

Bref, Timothy finissait sans doute par se faire une raison, non pas qu'il le fasse de gaité de cœur mais il n'avait à vrai dire pas vraiment le choix. Bobby avait décidé de faire de sa propre vie un enfer long et douloureux, et rien ni personne ne réussirait à lui mettre du plomb dans la tête ; Timothy lui non plus n'avait plus le temps pour ça, il y avait un moment où même le plus motivé des hommes finissait par déclarer forfait. Et Timothy sentait que ce moment était arrivé pour lui. Oh il ne venait pas de décider cela à l'instant, en ramassant Bobby, à vrai dire il y réfléchissait depuis un petit moment. Depuis il avait compris, lors de sa dernière entrevue avec la Bouwmeester, que Bobby ne serait jamais rien d'autre qu'un papillon de nuit attiré par la lumière, même si cela devait causer sa perte ... Et la lumière dans le cas présent se nommait February.

    « Ben qu’est ce qui se passe mon révérend ? On a trop de problèmes, on a plus de temps pour s’occuper de ses brebis égarées ? » C'était à peine l'hôpital qui se fou de la charité cette réponse, d'ailleurs Timothy se targua d'un rire moqueur avant de répondre d'un ton cynique « C'est assez drôle venant du type persuadé que ses propres problèmes sont le centre de l'univers. » Parallèle intéressant cela dit, où Bobby serait cependant bien plus une brebis trop têtue qu'une brebis égarée. Tellement têtue qu'elle finira forcément par se faire bouffer par le loup rôdant dans les parages ... Et dans le rôle du loup on ne savait pas très bien s'il fallait choisir l'alcool, la drogue ou February Bouwmeester. « Rentre chez toi Bobby, tu tiens à peine debout ... » Il avait ajouté cela d'un air résigné, sachant très bien que Bobby n'avait que faire de ses conseils.

D'ordinaire Timothy aurait tilté sur le fait d'avoir été appelé révérend, il n'était que trop habitué à cette confusion entre pasteur, révérend ou prêtre de la part de ceux qui n'avaient même jamais mis les pieds dans une église. Mais ce soir là même pas, il n'avait même pas relevé, que ce soit à haute voix où dans son fort intérieur. Il était bien trop occupé à contempler les débris de sa relation avec Bobby ... Ils n'avaient pas eut une "conversation" aussi longue depuis le jour où Bobby lui avait dit qu'il ne voulait plus jamais le revoir dans son paysage ; C'était il y a un peu plus de quatre ans. Et alors qu'il avait essayé avant ça pendant de long mois de maintenir Bobby hors de l'eau il n'avait après ça plus jamais insisté ... Parce que Timothy avait compris qu'il ne pourrait jamais rien attendre de Bobby. Tim ne demandait en général jamais rien à personne, et il n'avait jamais demandé la moindre faveur à Bobby tout en ayant l'espoir stupide que le jour où il aurait vraiment besoin de lui, peut-être serait-il là ... Foutaises. Une fois, une seule fois Tim aurait eut besoin que Bobby se comporte en ami, et même ça il avait été infoutu de le faire, bien trop occupé à s'apitoyer égoïstement sur son propre sort. Alors non, Timothy avait peut-être longtemps considéré Bobby comme un ami, mais il avait compris que pour Bobby jamais il n'avait été un ami. Et cette vérité faisait mal, bien plus qu'il ne le souhaiterait.
C'était à cela qu'il pensait en se persuadant qu'il était temps pour lui de passer son chemin, et de laisser là Bobby et ses divagations d'alcoolique notoire. Il était déjà en retard, et si Nancy était à la maison elle finirait par s'inquiéter de ne pas le voir rentrer ... Non pas que Tim et elle aient des comptes à se rendre, Nancy vivait sa vie autant qu'il vivait la sienne, mais enfin elle savait aussi que Tim n'était pas du genre à s'absenter sans prévenir. Et comme elle avait le cœur tendre et la fâcheuse habitude de s'inquiéter pour pas grand chose ...

    « Bon j’ai à faire moi ! » Là où il avait juste avant trouvé la tentative désastreuse de Bobby à se donner une contenance presque comique, il était cette fois-ci resté de marbre. Complètement blasé devant le comportement irresponsable de son interlocuteur le Tim. Réajustant son sac de sport sur son épaule et vérifiant machinalement que son téléphone avait bien regagné la poche de son jean, il resta impassible tandis que Bobby faisait deux pas pour s'éloigner. « T'aurais pu être quelqu'un tu sais ? Si tu l'avais voulu ... T'aurais pu être quelqu'un de bien. » Il n'avait pas prit la peine de se retourner pour s'adresser à lui. Qu'importe qu'il le regarde ou non, il faisait d toute façon trop sombre ... et surtout si Timothy pouvait éviter de croiser une dernière fois le regard presque assassin de Bobby il n'allait pas s'en plaindre.

Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait balancé cette dernière phrase ... Enfin, autre le fait qu'il le pensait, bien sûr. C'est vrai, Timothy considérait que le comportement de Bobby était un vrai gâchis, et que le jeune homme valait mieux que la réputation d'alcoolique et de mauvais numéro qu'il s'était créé tout seul. Mais à quoi bon continuer à se bercer d'illusions, ce n'était pas son ton résigné qui persuaderait Bobby de changer d'avis, si il avait voulu changer il l'aurait fait il y a bien longtemps, sans doute que passer pour une minable avait un côté plaisant pour lui. Masochisme.

Presque involontairement et alors qu'il s'apprêtait à partir, Timothy avait furtivement jeté un coup d'oeil derrière lui, juste de quoi avoir le temps de voir Bobby se laisser glisser contre le mur le plus proche, comme un mendiant qui aurait trouvé une place de choix pour quémander quelque pièces. Était-il donc tombé si bas désormais ? Après l'accident de voiture dont il avait été victime Timothy avait presque espéré que Bobby changerait, mais finalement il n'avait fait que s'enfoncer encore plus dans un pathos déjà profond. Lâchant un soupir de désapprobation le pasteur s'était décidé à reprendre sa route, tant pis pour Bobby, il resterait vautré sur ce trottoir toute la nuit et ça lui ferait bien les pieds ... Au point où il en était, un peu plus ou un peu moins pathétique il ne devait plus être à ça près.
Oui mais voilà, il n'avait pas fait deux pas que ses mauvaises habitudes reprirent le dessus. Est-ce que vous pensiez vraiment que c'était le genre de notre bonne vieille guimauve de pasteur de laisser quelqu'un - quelqu'un qu'il connaissait de surcroît - s'affaler sur le trottoir d'une rue sombre d'Apple Street, saoul comme un porc et tellement plus capable de se tenir debout que même une petite vieille réussirait à avoir le dessus sur lui ? Bien sûr que non. Parce que Timothy était un imbécile, un imbécile remplit de bons sentiments, mais un imbécile quand même. Et c'est pour cette raison qu'à peine après avoir fait deux pas il s'était stoppé net, avait hésité quelques secondes, et lâchant un nouveau soupir il avait prit son courage à demain et fait demi-tour. D'un air décidé il avait rebroussé chemin et allant se planter devant Bobby il s'adressa à lui de façon plus ou moins brusque.

    « Allez debout. Lève-toi ! » C'était le manque total de réaction de Bobby qui faisait ainsi perdre patience à Timothy, d'ailleurs ce ne serait pas la première fois que Tim perdait patience devant un Bobby totalement ivre, la chose était déjà arrivée plus d'une fois avant qu'ils ne se brouillent pour de bon. « Lève-toi bordel ! » Il perdait patience et en plus il était de mauvaise humeur, autant vous dire que ça n'aidait pas. Seulement comme d'habitude l'énervement de Bobby retombait comme un soufflé, aussi sa dernière phrase fut prononcée de façon beaucoup moins virulente « J'vais t'appeler un taxi ... »

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MessageSujet: Re: Awake & Alive {BOBBY & TIM} Lun 21 Mar - 12:34

    je fermai les yeux pour m'offrir le droit de m'évader de cette réalité qui me dégoutait un peu plus chaque jour. J'en étais devenu à m'étouffer moi-même. Je n'aimais pas ce que j'étais devenu, je n'avais jamais aimé ce que j'étais en train e devenir de toute façon. Je ne me supportais tout simplement pas et je ne comprenais pas du tout comment certains faisaient encore pour m'accepter. En fermant les yeux, je gagnais une certaine liberté que je ne méritais peut-être pas mais je me l’appropriai. Ainsi dans l’obscurité, je pouvais aller où bon me semble, par mon imagination, j’étais capable de tout, je ne ressentais plus aucune barrières. Une sensation que je n’arrivai plus depuis longtemps à retrouver. Depuis que j’étais dépendant de toutes ces drogues qui pourrissaient littéralement ma vie. Quand j’y repense c’est assez paradoxal, la drogue à la base était pour moi, une façon d’accéder à une plus grande liberté. Les premiers verres, les premières injections, les premiers rails, c’était toujours pour m’émanciper des contraintes de la réalité et ne pas rester un simple prisonnier d’un monde que je ne comprenais pas. Quand on est stone, on affranchis de toutes ces idées préconçues, il n’y a plus d’obstacle dans notre réflexions, il n’existe plus aucune interdiction. On chose faire des choses qu’on se refusait même envisager avant. On trouve soudainement le courage.

    Mais au final, tout ce qu’on entreprend dans cet état n’est pas réel, ce n’est qu’une impression, tout est faux, puisque ce n’est pas véritablement nous les acteurs. On agit mais n est pas tout à fait nous même, c’est une autre version de nous qui résonne à notre place. Les drogues forment leurs propres réalités, une réalité totalement fausse. Cette prétendue liberté gagnée n’existe pas. Tout ce qu’on gagne c’est dépendance qui est l’opposé de ce qu’on recherche, de ce que je recherchais.

    Alors pour moi fermer les yeux c’est une façon comme les autres de reconquérir cette impression de liberté. Les yeux clos, tout devient envisageable. Je peux imaginer ce que je veux. Je peux me convaincre que ce verre était vraiment le dernier. Mieux encore, je peux revenir plus tôt dans le passé et dire non à toutes ces bouteilles, dire non à toutes ces injections, dire non à toutes ces choses qui m’ont bousillé et je peux m’imaginer être « normal » c’est à dire vivre sainement. En faite, je peux m’imaginer être enfin fort et résistant. Et si tout ceci était vrai ? qu’est ce que je ferai ? Aucune idée. Je n’avais même plus le moindre espoir pour rien du tout.

    En fait, quand je fermai les yeux aujourd’hui, tout ce que j’espérai c’était le néant. Plus de passé, plus de présent, plus de futur. Simplement du vide. C’était tellement plus simple, plus paisible. Fermer les yeux et ne plus rien éprouver, c’est cela que je recherchai. Sauf que même ça je n’y arrivais pas, qu’importe le nombre de litres d’alcool avalé. Ca faisait des semaines que je ne parvenais plus à trouver le calme. Mon esprit sans cesse me renvoyait des souvenirs que je n’avais même pas conscience d’avoir vécus. Je pense qu’on désigne ça par « les remords ». Ils hantaient mes nuits et mes jours également. Si je me souviens bien, la dernière fois que j’avais véritablement réussi faire le vide totale dans mon esprit, et bien je me suis réveillé avec un mal de tête abominable. La moindre parcelle de mon corps me faisaient souffrir. Je ressentais des brulures partout sur ma peau. Je ne comprenais strictement rien. Malgré ma vision floue, je pouvais distinguer tout autour de moi que les décors n’étaient pas familiers. La pièce dans laquelle j’étais allongé était lumineuse et rayonnante, le contraire de mon appartement. Il n’y avait pas de bruit autour de moi en dehors que les bip réguliers de machines électroniques. Et puis une silhouette apparue devant moi me disant de ne pas bouger, que j’étais à l’hôpital et que j’avais eu un accident. Je ne voulais pas la croire, je ne me souvenais de rien. et pourtant c’était bien vrai. Je ne rappellerai sans doute à vie le moment où j’ai croisé pour la première fois le regard de cette jeune fille que j’avais blessé. Il n’y avait aucune colère et pourtant c’était bien la seule réaction que je méritais. C’est ces yeux bleus perçants qui m’apparaissaient constamment quand je fermais mes yeux. Sauf que je ne les voyais pas souriant et plein de vie mais ils étaient toujours vides et inhabités. Je ne pouvais pas ôter cette idée que j’avais pu la tuer, et ce regard livide venait me le rappeler avec un malin plaisir. Ce n’était rien d’autre que la manifestation de ma conscience et elle me torturait.

    Et c’est exactement ce qui était en train de passé quand je pris place sur le trottoir. J’avais beau fermer les yeux, ce regard était constamment devant moi. Il me terrifiait et je ne pouvais pas m’en défaire. Une voix me sortit de ma torpeur. Je regardai mon interlocuteur. C’était encore Tim. J’avais eu l’impression que ça faisait des heures que je m’étais assis et en le reconnaissant encore je me rendis compte que cela ne devait faire que quelques minutes. Enfin je crois. Il voulait que je me lève, mais j’étais incapable de bouger. Et puis pourquoi je devrais lui obéir après tout ? Il semblait impatient comme beaucoup de monde en ce moment avec moi. J’avais presque l’habitude qu’on s’adresse à moi ainsi maintenant. Mais sa voix se radoucit et moi je n’avais pas la force de continuer sur le ton de l’arrogance ; c’était bien trop épuisant pour l’heure. Mon regard quitta le visage du pasteur pour regagner le sol. Avec une voix faible, je lui répondis : c’est pas maintenant que j’ai besoin d’un taxi…. C’était y’a deux mois….

    Y’a deux mois, juste avant de prendre le volant et d’encastrer ma voiture dans celle de karen…. Même si ça y ressemblait je ne lui faisais pas de reproche. Je ne l’accusais pas de ne pas m’avoir empêcher de provoquer cette accident. J’en avais pas le droit et il n’y était strictement pour rien. Mais s’il voulait tant me sauver, cela aurait été le bon moment sauf bien sur que je n’en aurais pas eu conscience mais c’est un autre histoire ça. En fait c’était à moi-même que je me faisais le reproche. J’aurai du me faire ramener, ou alors dormir en pleine rue, mais pas monter dans ma voiture. D’ailleurs depuis ce jour, je ne conduisais plus. Je n’avais même pas cherché à posséder une nouvelle voiture.

    Pourquoi est-ce que tu es encore là ? tu devrais faire comme tous les autres, et m’oublier. Ça t’évitera bien des déceptions quand à mon compte.
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MessageSujet: Re: Awake & Alive {BOBBY & TIM} Mer 6 Avr - 2:49

Est-ce que Timothy avait conscience du désintérêt total de Bobby à son égard ? Oui. Est-ce qu'il avait conscience de parler sans doute une nouvelle fois dans le vide ? Oui. Est-ce que pour autant il lui venait à l'esprit de prendre ses clics et ses clac et de laisser Bobby se débrouiller tout seul ? Non. Parce que Timothy était comme ça, lorsqu'il avait une idée en tête il ne lâchait jamais l'affaire, et son idée fixe en ce qui concernait Bobby c'était de réussir à lui faire comprendre un jour qu'il n'était pas juste le gouffre à alcool qu'il se plaisait à devenir. Tim était ce genre de personne qui ne pouvait pas croire qu'on puisse seulement s'avouer vaincu, et qui à défaut de pouvoir s'aider lui-même espérait trouver la paix en sauvant les autres. Il faisait partie de ces gens qui malgré tout ce qu'ils voyaient continuer à croire et à avoir foi en l'homme, et en sa capacité à devenir meilleur. Même dans le cas de personnes comme Bobby ... Surtout dans le cas de personnes comme Bobby.
Alors peut-être qu'il était stupide au fond, sans doute d'ailleurs, car il y avait fort à parier que sa confiance en l'autre et sa tendance à toujours vouloir trouver du bon en chacun avait déjà valut à Timothy de se faire avoir comme le dernier des imbéciles. Mais si vous alliez lui dire cela il vous répondrait sans doute simplement que ce sont les risques du métier, rien de plus. On a tendance à dire que plus on vieillit plus on devient impatient et intolérant, mais pour Timothy c'était plutôt le contraire, et si adolescent il savait se montrer un peu - beaucoup - trop arrogant il n'y avait aujourd'hui pas plus chamallow que lui. Exception faite de sa soeur Dana cela dit, mais la demoiselle n'avait pas son pareil pour déclencher son énervement en une minute à peine tant elle poussait le bouchon de plus en plus loin.

Le fait était en tout cas que Timothy se tenait devant Bobby, à être une fois de plus celui qui s'énerve, qui tente quelque chose, qui essaye de réagir, là où l'alcool avait prit tout le contrôle de la loque humaine qu'était devenu Bobby. Et n'allez pas croire que ce soit là une manifestation d'un hypothétique désir sournois de la part du pasteur de vouloir contrôler la vie de Bobby (n'en déplaise à une certaine trafiquante de drogue que cela arrangerait bien) ... Non, tout ce que voulais Timothy en réalité c'était que Bobby réagisse, et qu'il le fasse avant d'avoir plus qu'un pied dans la tombe. Enterrer une autre personne ? Hors de question pour Timothy qui avait déjà bien assez donné de ce côté là, et payé un tribut qu'il trouvait déjà bien lourd.
Il y avait pourtant cette petite partie de Timothy qui en voulait terriblement à Bobby, pour ce qu'il avait fait à Karen mais également et surtout pour ne pas avoir été capable de se servir de cet évènement comme d'un électrochoc pour repartir du bon pied. C'était un tel gâchis selon le pasteur de voir que même cet accident n'avait pas réellement servit de leçon à son ancien ami, puisqu'il continuait à boire jusqu'à plus soif et bien au-delà encore. Avoir failli ôter la vie à une pauvre fille qui n'avait rien demandé et avoir faillit se tuer n'était donc pas suffisant aux yeux de Bobby ? Que lui fallait-il de plus ? Si ce n'était une bonne pire de baffes que jamais Timothy ne se permettrait de lui donner. La vérité c'est que pour Tim il était presque insupportable de voir Bobby continuer sa déchéance sans réaliser la chance qu'il avait eut dans cet accident, que ce soit vis-à-vis de lui-même ou bien de Karen ... Tim lui n'avait pas eut cette chance là, celle de voir d'un accident qui n'aurait pas fait de victimes, et parce que Bobby ne semblait pas s'en rendre compte il lui en voulait terriblement.

Et pourtant, le voilà qui une fois de plus pliait devant la détresse de Bobby, incapable de tourner les talons pour la simple et bonne raison que Timothy n'était jamais celui qui tournait le dos. C'était ce qui faisait de lui un bon pasteur et quelqu'un de tolérant. Mais c'était aussi ce qui faisait de lui une personne vulnérable, et ça c'était beaucoup moins pour lui plaire.

    « C’est pas maintenant que j’ai besoin d’un taxi … C’était y’a deux mois … » Et si Bobby avait quelques instants plus tôt vaguement levé les yeux vers Tim, il avait bien vite repris sa contemplation du sol en répondant. Comme si même là il essayait encore de fuir un petit peu, autant qu'il le pouvait. « C'est un peu tard pour ça maintenant ... » Il aurait voulu répondre que cela ne lui avait pas servit de leçon pour autant visiblement, mais il s'était retenu. Parce qu'il avait réussi à obtenir un semblant de réponse de la part de Bobby, et que même si ce n'était pas grand chose c'était déjà beaucoup pour le pasteur, qui ne souhaitait pas braquer son ancien ami une nouvelle fois. « T'aurais pu la tuer ... tu réalises ? » Il avait murmuré cette phrase, à vrai dire il avait pratiquement pensé tout haut, sans réelle intention de renvoyer cette réalité au visage de Bobby une nouvelle fois.

La dernière fois qu'il avait revu Karen, c'était elle qui de sa propre initiative avait mis les pieds à la chapelle. Timothy lui avait trouvé meilleure mine que lors des fois précédentes, comme si peu à peu l'accident était relégué au plan des souvenirs pour elle, doucement mais sûrement. Du moins c'est ce qu'elle se plaisait à dire, plus ou moins, comme pour tenter d'éloigner elle aussi ceux qui auraient le malheur de s'inquiéter pour elle ... Un trait commun qu'elle partageait avec Bobby en fin de compte, ces deux là s'étaient peut-être bien trouvés sur certains points. En assurant qu'elle allait mieux, la toute jeune femme avait cet air sur le visage, cet air que Timothy lui avait déjà vu deux ou trois fois lorsque, enfant elle tentait de masquer sa déception quand une de ses innombrables nounou lui annonçait que ses parents s'absentaient encore. Pour elle cela devait sans doute sembler être il y a une éternité, car après tout c'est ce que représentait dix ans pour une jeune fille qui n'en avait que dix-neuf, mais pour Timothy qui avait déjà du mal à réaliser à quel point Dana avait grandit à vitesse grand V cela lui semblait encore être hier à peine. Il se souvenait encore de ces samedis après-midi où tandis qu'il s'occupait de remettre la maison en ordre il entendait les deux demoiselles, alors encore des enfants, glousser dans la chambre de Dana ou bien dans le jardin devant leur maison. Et pourtant, c'était il y a bien longtemps ... A une époque où sa femme était encore de ce monde, où Karen et Dana étaient encore inséparables, et où Dana ne le détestait pas.

Il avait ressortit son téléphone portable de sa poche, et tenté de le rallumer après que son vol plané quelques minutes plus tôt ait finit de l'éteindre. Il faisait sombre, mais même ainsi il pouvait sentir en passant son doigts sur l'écran que celui-ci possédait une belle balafre. Néanmoins il pressa le bouton d'allumage et attendit plusieurs secondes, avant de lever à nouveau les yeux vers Bobby qui s'était à nouveau adressé à lui.

    « Pourquoi est-ce que tu es encore là ? tu devrais faire comme tous les autres, et m’oublier. Ça t’évitera bien des déceptions quand à mon compte. » Très bonne question, à laquelle Timothy n'avait pas de réponse sérieuse à vrai dire. Lui-même se demandait ce qui le poussait à rester là, à vouloir venir en aide à quelqu'un qui n'en avait fichtrement rien à foutre. « Je dois avoir un faible pour les causes perdues sans doute. » Avait-il répondu avec cynisme. Ce n'était pas Bobby qui était une cause perdue cela dit, mais plutôt les tentatives de Timothy à lui ouvrir les yeux. Il savait qu'il n'y arriverait plus, que Bobby probablement arrivé à un stade où plus rien ni personne ne lui ferait entendre raison et où il serait seul s'il décidait de se racheter une conduite, mais pour autant il n'arrêterait jamais d'essayer, même si cela devait se solder à chaque fois par de cuisants échecs. Et puis quoi, il ne pouvait pas répondre "parce que espèce d'imbécile, t'as beau être le pire abruti que j'ai jamais rencontré j'ai cet irrépressible besoin de te sortir du pétrin dès que j'en ait l'occasion" ... Non, il avait encore sa fierté. « J'ai fini d'être déçu Bobby, y'a longtemps ... » C'était vrai, Timothy avait finit par se faire une raison sur le fait que Bobby n'en ferait toujours qu'à sa tête, il avait finit par l'accepter et il n'espérait plus depuis bien longtemps déjà que ce qu'il dise ou fasse ne ressorte par l'autre oreille de Bobby aussi vite que c'était entré.

Lâchant un léger soupir, se demandant même quel besoin il avait d'essayé de se justifier face à quelqu'un qui avait tellement bu qu'il ne comprenait peut-être même pas la moitié de ce qu'il disait, Timothy reporta à nouveau son attention sur son téléphone, toujours éteint. Rappuyant sur le bouton d'allumage une, deux fois de plus, il lâcha juron entre ses dents avant de se rendre à l'évidence, la chute du téléphone sur le trottoir n'avait pas été sans conséquences. Quand je vous disais que Timothy attirait la poisse comme un pied de lavande attirait les guêpes et les abeilles. Mais bon du coup quelle solution lui restait-il ... Laisser Bobby ici ? Ce n'était pas envisageable pour Tim. Le raccompagner lui-même jusqu'à chez lui ? C'était tout aussi peu envisageable, en majeure partie parce que Bobby ne le laisserait sans aucun doute pas faire et qu'il ne l'y forcerait pas.
Rangeant rageusement son téléphone dans la poche de son jean, et posant à ses pieds son sac de sport qui commençait à lui peser lourd sur l'épaule, le pasteur se tourne à nouveau vers Bobby. Un Bobby qui bien entendu n'avait pas bougé d'un pouce, toujours assis dos au mur, sur le trottoir, tellement dans le cirage qu'on le croirait presque endormi pour de bon.

    « T'as ton téléphone ? » Question rhétorique, parce que Bobby avait forcément son téléphone, il DEVAIT avoir on téléphone, et en état de fonctionner qui plus est. Sinon Timothy devrait choisir entre les deux autres options qui lui étaient venues à l'esprit juste avant, et il ne préférait même pas y penser.

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MessageSujet: Re: Awake & Alive {BOBBY & TIM} Ven 15 Avr - 8:46

    C'est faux, je ne me désintéressais pas de Tim. Ou du moins pas totalement, pas comme il le pensait. Cela serait mentir que d'affirmer que s'il lui arriverait les pires malheurs, je m'en moquerais absolument, ou que cela me ferait ni chaud ni froid. Bien sur que ça me toucherait quelque part. Je suis peut-être une épave, mais il me reste un semblant de bonne conscience et d'humanité au fond de moi. Ou alors j'aimais penser cela. Je n'avais certes pas souvent la main sur le cœur comme lui, ce cher mon pasteur de New Heaven et il était vrai que je refusais tout geste de sympathie envers moi ces derniers temps, mais il m'arrivait de m'inquiéter pour les autres, de me faire du soucis sans forcément le témoigner. Si par exemple, pour une quelconque raison je me retrouvais dans la situation de passer à côté de Tim ou quelqu'un d'autre et que celui-ci soit mal au point, mais vraiment mal au point, dans une situation extrêmement grave, presque à deux doigts de la mort, je ne continuerais pas mon chemin sans m'arrêter. Déjà parce que cela peut être considéré comme un délit de ne pas aider toute personne en danger mais surtout parce que je ne voulais pas aggraver mon cas et me reprocher la mort de quelqu'un d'autre sur la conscience. Mon cas était déjà bien fichu comme cela pas la peine d'en ajouter encore plus. Je ne sais pas comment j'agirai, je n'ai pas l'étoffe d'un héros mais plutôt d'un planqué. J'imagine que pour le soutenir dans cette épreuve je lui offrirai un verre de whisky. Non ke me juger pas mal, je ne connais que ça, je ne sais pas agir autrement. Moi ça me plairait qu’on vienne me réconforter avec de l’alcool.

    Enfin bref, je ne me désintéressais pas de Tim, de ce qui pouvait lui arriver mais en revanche, je me moquais royalement de ce qu’il pouvait me dire, de son soutien. Pour moi ce n’est pas la même chose. Il y a une nuance importante. Ce n’était pas contre lui personnellement. C’était le même traitement pour tout le monde. A un moment de ma vie, je ne sais plus clairement quand, j’avais décidé d’agir seul, totalement seul, selon ma propre envie, selon mon instinct et sans être influencé par qui que ce soit. Ainsi si quelque chose de bien m’arrive, tout le mérite me reviendrait entièrement. J’en serais le seul responsable et ayant droit, je n’aurais pas à me sentir reconnaissant auprès de quelqu’un. Dans le cas contraire, quand je me retrouve face à des ennuis, c’est que je l’avais cherché et je n’aurai au moins pas cette sensation d’être coupable envers un autre puisqu’il n’y aurait que moi d’impliqué. Cette façon de penser, avait toujours fonctionné – jusqu’à l’évènement avec Karen - en tout cas c’est ce que je me disais. Parce que si moi j’ai décidé de me foutre des autres cela ne voulait pas dire que c’était leur cas également. Je m’explique. Je faisais abstraction des critiques mais aussi des comportements indifférents des autres envers moi. Qu’on ne me traite pas avec respect, qu’on ne m’accorde aucune attention, tout ça ne me touchait plus. Je n’y prêtais jamais attention. Alors je me permettais d’agir pareillement. Parfois arrogant, ignorant, indifférent. Or, ceux qui subissent mon attitude, eux ne réagissent pas forcément comme moi. Peut-être qu’eux ça les blesse qu’on leur parle mal, qu’on les ignores. Et ça je n’en tenais jamais compte. Je m’en moquais. Ce n’était pas important. Tant que j’avais ce dont j’avais besoin, un toit sous lequel dormir, à manger, mes doses d’héroïne, tout allait pour le mieux. Pourquoi je m’occuperai de savoir comment les autres vont ? Chacun sa misère, non ?

    Des types comme moi il y en a des tas, très certainement. Des types comme Tim, sont bien plus rares. Il n’y a pas plus égoïste qu’un être humain. Tout acte dit "fait par générosité" n'est que mensonge. Tout est en fait intéressé. C’est inévitable. L’homme cherchera toujours son propre bénéfice. L’altruisme pur et dur n’existe pas. Et j’affirme cela comme un vérité générale. Et comme dans toute généralité, il y a une exception qui confirme la règle. Tim était pour moi cette exception. C’est probablement pour cela que je l’évitais quand je commençais sérieusement à plonger dans la drogue et l’alcool. Parce que je savais au fond de moi que c’était la mauvaise pente à prendre. Et si jamais j’en venais à le croiser, je savais qu’il allais me faire sa morale ce que je n’avais surtout pas envie. Je ne le désire toujours pas aujourd’hui. Personne ne veut rester à vie un toxicomane, moi le premier. La drogue a beau être une source de bien être jouissif, on sait pertinemment qu’il y a une fin. Et quand on ne plane plus tout devient horrible, c’est une douleur à vif. On sait donc très bien à quel point cette drogue peut-être mauvaise, ça ne sert à rien que les autres ne nous le répètent sans arrêt. C'est la même chose pour le tabac. Combien de personnes sont accroc à la nicotine? Des milliers, des millions même. Chaque fumeur sait pertinemment que cette habitude a un mauvais effet sur son corps, sur sa santé mais aussi celle des autres. Savoir cela ne pousse pas vraiment à arrêter malgré toutes les campagnes anti-tabac que le gouvernement peut faire. Et puis, il n'y a rien de pire que de ce faire harceler par les non-fumeur, fiers de l'être qui répètent sans cesse "c'est mauvais de fumer tu sais". Qu’on l'entende une fois, voir deux fois par jours ça passe encore, mais qu'on nous fasse la remarque à la moindre cigarettes qu'on allume, c'est horriblement agaçant. C’est ce genre de comportement qui pousse le clivage entre les fumeurs et non fumeur. Et c'est précisément ce type de comportement je fuyais. J’avais l'impression que Tim serait comme un de ces non-fumeur à me dire « c'est pas bien ce que tu es en train de faire ». Je fuyais, j'étais détestable avec tout ceux susceptibles de me faire la morale. Et je crois que mes intuitions sur le pasteur était fondées. « T'aurais pu la tuer ... tu réalises ? » il y avait quelque chose de moralisateur là-dedans non? Mais cette remarque je la méritais entièrement parce que mon comportement dangereux avait impliqué quelqu'un d'autre que ma propre personne. J’étais entièrement fautif et bien que je m'en voulais déjà terriblement, je n'avais pas à être agacé qu'on me le rappelle. C’était bien plus important, plus grave que les remarques sur la cigarette. Et qu'est ce que j'avais à répondre? Rien. Je n'avais pas explication, pas d'excuse. Je répliquai sur le même murmure que lui "je sais..."

    « J'ai fini d'être déçu Bobby, y'a longtemps ... » Après ces paroles je restais longuement silencieux. D'une part parce que plus les minutes passaient, plus l'alcool cumulé à ma fatigue, retardait ma compréhension des mots. Mon temps de réaction se rallongeait de plus en plus dangereusement. Et d'autre part, je gardais le silence, parce que cette révélation me laissait sans voix. Tim n'attendait plus rien de moi. J'avais finalement réussi ce à quoi je m'acharnais depuis tant d'années. C'est à dire faire fuir tout le monde jusqu'à qu'ils abandonnent l'idée qu'on puisse croire en moi. Et voilà que j'apprenais que mon arrogance, mon m'enfoustisme général payaient finalement. Mais bizarrement, entendre ces mots-là de la bouche de Tim ne ma faisait guerre plaisir. j'en n'en retenait aucune satisfaction. Au contraire, j'en ressentais même un sentiment de honte. J’étais mal de savoir ça. Il faut croire que ce n'était pas ce que je voulais être. peut-être que j'attendais qu'on me fasse confiance, qu'on attendent de moi de grande choses, que je sois respectable tout simplement.... mais c'était trop dur à assumer ce profond désir. J’en serai le premier déçu en cas d'échec. Et c'est en ça que la drogue m'aidait beaucoup. Quand je suis sous héroïne, ou crack, je ne pense plus à ça. Je suis parfaitement bien.

    « T'as ton téléphone ? » je mis du temps à percuter que cette question s'adressait à moi. C’était le plus en plus fatiguant de rester concentré pour parler. Je crois que je somnolais de plus en plus, comme achevé par ces verres de whisky. Me rendant compte d'avoir entendu une voix mais sans comprendre les mots je demandais à Tim de répéter en m'exprimant seulement avec un pitoyable "Quoi?". Il voulait mon téléphone. Ok pourquoi pas. Assez péniblement je commençais à fouiller dans les poches de mon jeans. Je sorti rapidement l'objet et je lui tendis.je ne sais pas si tu pourras appeler. Parfois on me le coupe. Il m'arrive souvent de me retrouver avec une ligne bloquée. Tout dépend de ma consommation mensuelle d'alcool et d'héro. Le téléphone passant après ces deux substances vitales, je n'effectuais pas toujours les versements.

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MessageSujet: Re: Awake & Alive {BOBBY & TIM} Dim 24 Avr - 14:05

Timothy ne savait pas trop sur quel pied danser en ce qui concernait Bobby ce soir, il y avait comme un truc qui le chiffonnait. En temps normal face à un Bobby complètement saoul le pasteur n'aurait pas pu espérer autre chose qu'une pluie d'insulte avec plus ou moins de sens, entre deux reproches sur le fait qu'on ne pouvait même plus se mettre minable tranquille. Mais ce soir non, ce soir Bobby semblait trop abattu pour opposer quoi que ce soit, et Timothy avait du mal à se décider entre le fait qu'il soit plus saoul que d'ordinaire, ou plus déprimé que d'ordinaire. Quelque soit la solution en tout cas cela n'était pas pour le rassurer. Naïvement une fois de plus, le pasteur s'était laissé à croire que peut-être l'accident de Bobby lui ouvrirait enfin les yeux sur son état, assez pour lui permettre de changer ... La prison avait été un électrochoc suffisant pour Timothy, mais pour Bobby cela ne semblait pas avoir porté ses fruits avec autant d'efficacité, alors Timothy se disait que d'avoir bien faillit y passer aurait peut-être été le vrai choc de Bobby. Mais non, à priori cela n'avait rien changé du tout et il y avait de quoi trouver cela désolant, bien que triste également.
Seulement comme il l'avait fait remarqué à l'intéressé il avait finit d'être déçu de son comportement. Il ne s'en foutait pas pour autant, ce serait trop en demander à Timothy que de passer de l'inquiétude au désintérêt total, mais il arrêtait d'espérer un quelconque changement de la part de quelqu'un qui de toute évidence n'avait aucune envie de changer ... Il trouvait simplement cela dommage, pour lui Bobby valait beaucoup mieux que ça, il pourrait être un tout autre homme si seulement il acceptait le fait qu'il avait un problème et bien plus encore s'il acceptait de résoudre le problème en question. Etait-ce par lâcheté qu'il refusait de le faire ? Par peur ? Timothy renonçait à comprendre, il n'arrivait de toute façon pas à suivre le raisonnement de Bobby, l'un et l'autre n'étaient sans doute pas montés d'après le même mode d'emploi.

Bobby n'ayant pas dit un mot de plus, sans doute que de toute manière l'alcool l'abrutissait bien trop pour espérer avoir une véritable conversation avec lui, Timothy n'avait pas attendu son avis et encore moins ses éventuelles protestations pour se mettre en quête d'un taxi, mais son téléphone étant tombé rade (à moins qu'il ne soit destiné à finit au paradis du multimédia, avec son précédent téléphone malencontreusement écrabouillé sous un pack d'eau gazeuse trois mois plus tôt) il avait donc du se rabattre - en croisant les doigts - sur le téléphone d'un Bobby qui redescendait à peine sur terre quand on s'adressait à lui. « Quoi ? » ALLOOO ici la planète terre, y'a quelqu'un là-dessous ? voilà ce que Timothy aurait eut envie de répondre d'un air cynique, mais il se contenta au lieu de ça de simplement lever les yeux au ciel en soupirant. Comme si le grand chevelu, là-haut, allait pouvoir y faire quelque chose.

    « Je ne sais pas si tu pourras appeler. Parfois on me le coupe. » Bah voyons, de mieux en mieux, et en plus le voilà qui te disait ça d'un air détaché, comme si c'était totalement normal. « De mieux en mieux ... » Non mais quoi, il espérait qu'on allait lui tenir la main pour qu'il paye ses factures aussi ? Pour un peu Timothy aurait pesté à nouveau, mais il préféra reporter son attention sur le téléphone. « La validité de la ligne utilisée est arrivée à expiration, pour plus d'informations veuillez contacter notre service client. » Timothy avait toujours détesté la voix synthétique des répondeurs automatiques, mais aujourd'hui il la détestait encore plus. « Parfait ! C'est ce qu'il manquait à ma soirée ... » Raccompagner un ivrogne chez lui à pieds, un ivrogne qui le détestait simplement parce qu'il avait - avait eut - foi en lui, c'est vraiment ce dont Tim avait toujours rêvé, hemhem.

D'ailleurs en avait-il réellement envie ? Pour être honnête, pas franchement. Il estimait avoir déjà fait assez les frais du sale caractère de Bobby et surtout de son obstination à se laisser aller dans sa déchéance aussi pathétique que prévisible (c'est qu'on finit par le connaitre le lascar), alors il n'avait pas spécialement envie de donner une nouvelle fois le bâton pour se faire battre. Il voulait bien être gentil, d'ailleurs même quand il ne le voulait pas il ne pouvait que très rarement s'empêcher de l'être parfois à son plus grand désespoir, mais il ne fallait pas non plus le prendre pour plus stupide qu'il ne l'était, et justement face à Bobby il avait l'impression que tenter la gentillesse revenait un peu au même que de se montrer stupide ... Au final on avait le même type de dédain ou de regard moqueur en guise de réponse.
Mais au final, envie ou non il n'avait pas vraiment le choix. Tout d'abord parce que, il le savait, s'il laissait Bobby sur son morceau de trottoir il ne réussirait pas à fermer l'œil sans penser à ce qui pourrait lui arriver en pleine rue, dans ce quartier, trop ivre pour se défendre contre quoi que ce soit, et en plus de cette culpabilité certaine qu'il ressentirait il y avait aussi le fait qu'avec quelqu'un d'autre Timothy ne passerait pas son chemin. A vrai dire avec quelqu'u d'autre la question ne se poserait même pas, là c'était surtout ses antécédents vis-à-vis de Bobby qui le faisait freiner des quatre fers. Mais enfin, ce n'était certainement pas aujourd'hui ni un autre jour que l'on coffrerait le pasteur Goodwin pour non assistance à personne en danger (parce que laisser un alcoolique sur un bord de trottoir dans un quartier pareil, pour Timothy c'était le mettre en danger), et ce même si la personne en question était un imbécile médaillé d'or dans sa catégorie.

    « Allez lève-toi j'te ramène chez toi ... » Disant cela Timothy avait tendu un main vers Bobby pour l'aider à se remettre debout, après avoir à nouveau chargé son sac de sport sur son épaule. « Et pas la peine de protester, ça changera rien, j'ai l'habitude. » De toute façon avec Tmothy Bobby ne savait faire que ça, protester. C'est vrai quoi, si on peut même plus s'envoyer vers la tombe à petit feu maintenant.

Timothy se disait qu'avec un peu de chance, Bobby avait tellement bu qu'il ne se souviendrait pas de comment il était rentré chez lui, peut-être même qu'il ne se rappellerait pas du tout avoir croisé le chemin de Timothy, et l'un et l'autre recommenceraient à s'ignorer lorsqu'ils se croiseraient. Est-ce que c'était ce que Tim souhaitait ? Oui, faute de mieux dirons-nous. Est-ce que c'était ce qui lui plaisait ? Non, mais on a pas toujours ce qu'on veut dans la vie.


HJ ; Désolée j'ai été un peu longue à répondre silent

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I've got a really bad disease, it's got me begging on my hands and knees. So take me to the emergency 'cause something seems to be missing. Somebody take the pain away, it's like an ulcer bleeding in my brain. So send me to the pharmacy, so I can lose my memory. I'm elated, medicated, Lord knows I tried to find a way to run away ...
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Je m'intègre. Qui aurait cru que cette ville n'abritait pas que des inadaptés...

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MessageSujet: Re: Awake & Alive {BOBBY & TIM} Sam 30 Avr - 4:14

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MessageSujet: Re: Awake & Alive {BOBBY & TIM}

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Awake & Alive {BOBBY & TIM}

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