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REENA&NOAH ♦ If you want to leave, now is the time.

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MessageSujet: REENA&NOAH ♦ If you want to leave, now is the time. Dim 8 Aoû - 0:27





« I thought my heart could never break, now I know that's one big mistake »
One love - Blue

Noah soupira et referma l’épais dossier qui se trouvait devant lui. Il jeta un coup d’œil à le pendule digitale posée au coin de son bureau et un nouveau soupire lui échappa. Il était définitivement bien trop appliqué dans son travail au point d’en oublier que logiquement à vingt heure il aurait du se trouver bien au chaud dans son salon avec un verre de vin et une jolie blonde blottie contre lui. Un petit raclement de gorge à la porte de son bureau le fit relever les yeux. Beth, sa plus fidèle collaboratrice, son assistante et secrétaire se tenait dans l’encadrement de la porte, un sourire amusé sur les lèvres. De toute évidence elle avait remarqué l’heure depuis longtemps mais ne souhaitait pas que son patron soit le dernier à quitter le bureau, elle avait décidé de rester et de faire remarquer sa présence pour le pousser dehors à une heure décente pour une fois. Il sourit et leva les yeux vers le ciel. De toute évidence si Beth s’était ligué contre lui c’était pour son propre bien. Lui qui se plaignait de ne pas voir assez souvent sa fiancée, elle lui offrait là une porte de sortie pour passer enfin une soirée chez lui auprès de sa femme. Il finit par lui sourire franchement et se leva de son épais fauteuil de cuire, sa cravate fut ôtée rapidement et fourrée dans l’antique serviette en cuir qu’il trimbalait partout avec lui. La soirée n’était pas fraiche, il planait encore sur la ville la chaleur de l’après midi caniculaire de ce mois d’Août, aussi enfila t-il seulement le veston de son costume trois pièce et laissa la veste du costume pendre sur le porte manteau. Demain Beth récupérait le reste du smoking pour l’apporter au teinturier avec le reste des costumes et tailleurs des hommes et des femmes qui travaillaient pour Noah.

« J’ai fais livré des fleurs chez vous à 19 heures, Sawyer vous attends pour vingt et une heure. Ce qui vous laisse le temps de faire une petite course pour moi en échange de mes bons et loyaux services. » Lui apprit-elle en lui tendant ses clés de voiture.
« Une course ? Je croyais que votre chèque de paye rémunérait vos services, mais si vous préférez que cela change au profit de services rendus. » Il n’était pas rare que lorsqu’il rentrait chez lui, a l’opposée du bureau, Beth qui habitait quelques pâtés de maisons plus loin lui confie une tâche qui était sur son chemin. Et il n’était pas rare que Noah se moque de Beth.
« Oui, il faut que vous passiez chez Mademoiselle Salvatore, un fac urgent de New York est arrivée pour elle, après qu’elle soit partie à quatre heures, j’ai besoin que vous le lui apportiez, c’est sur votre chemin et je dois récupérer ma petite fille à la gare dans vingt minutes. » Petit sourire joyeux de la part de sa secrétaire. « J’ai déjà programmé votre GPS pour ce petit détour. Aller oust maintenant, soyez ponctuel pour une fois ! » Lança t-elle en lui tendant une enveloppe où figurait le nom de Reena. Etrangement passer voir la jeune femme chez elle le dérangeait, dans le cadre professionnel du bureau il était beaucoup plus simple pour lui de côtoyer son amour de jeunesse. Depuis l’annonce de son mariage sous peu Reena avait d’ailleurs prit un peu de recul vis-à-vis de lui. « Bon vous filez où je dois demander à José de vous mettre dehors ! »

(…)

Le GPS l’avait conduit non loin de chez lui, à quelques pâtés de maisons de la sienne, il gara l’imposante Lamborghini dans l’allée de la maison victorienne. Coupant phares et moteur il passa une main nerveuse dans sa tignasse de cheveux châtain avant de quitter l’habitacle de la voiture. Il était étrangement nerveux. Il se faisait l’effet d’être un adolescent de quinze ans allant frapper à la porte d’une fille. Ridicule, il était fiancé bon sang, Reena était simplement une vieille amie surgit en ville pour quelques mois seulement et qui avait finit par prendre goût à la vie à New Heaven. L’enveloppe entre les doigts il se demanda s’il ne devrait pas simplement la glisser dans la boite aux lettres. C’était ridicule, de quoi avait-il peur ? Il leva ses doigts repliés et toqua au battant. Un bruit de cavalcade, un appel féminin et la porte s’ouvrir, Noah baissa alors les yeux sur un petit garçon de quelques années seulement qui le regardait avec des yeux ronds, apparemment surpris de voir ce géant d’un mètre quatre vingt trois devant lui. Noah s’accroupit à sa hauteur.

« Salut Bonhomme. » Il remarqua les yeux du petit et en fut un instant troublé.
« MMMMMMMAMMMMMANNNNN ! » Hurla le petit garçon. « POUR TOIIIII ! » Et il s’enfuit en courant dans le salon, surement pour retourner devant les dessins animés. Noah se redressait lorsque Reena surgit depuis une porte attenante, surement son bureau.
« Noah ? » Elle semblait interdite, presque choqué de le trouver sur son perron puis elle se ressaisit. « Il s’est passé quelque chose au bureau ? »
« Non, je devais t’apporter ce fax, il est arrivé après ton départ pour aller chercher ton fils à l’école je suppose. » Il n’y avait pas de reproches dans sa voix, après tout il aurait du s’y attendre, elle ne l’aurait pas attendu éternellement à New York, elle avait de toute évidence refait sa vie. Il aurait du en être heureux. Il lui tendit le fax, elle ne le prit pas, le dévisageant. « Qu’est ce qu’il y a ? »
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MessageSujet: Re: REENA&NOAH ♦ If you want to leave, now is the time. Sam 29 Jan - 5:13

La journée avait été longue, très longue pour Reena. Trop longue. Et si terriblement banale. Elle ressemblait aux dizaines d’autres qui l’avaient précédées depuis que New Heaven avait remplacé New York pour Cole et Caterina. Faits d’une routine absolument terne, les jours s’égrenaient lentement, plus lentement que toute autre chose. Non que cela ait pu déplaire à la jeune femme dont le quotidien, à NYC, était des plus mouvementés, mais elle se rendait peu à peu compte que cette vie qu’elle menait n’était celle à laquelle elle avait aspiré. Ou, plutôt si, mais il manquait quelque chose, quelqu’un pour que cette existence calme et sereine, dans cette ville tranquille, soit parfaite. Noah. Noah avec lequel elle avait grandit ; Noah qui avait passé son enfance à la faire sortir de ses gonds tout en alimentant ses rêves d’avenir ; Noah qui avait pris son coeur à l’adolescence et ne le lui avait jamais rendu, l’emportant avec lui lorsqu’il avait disparu ; Noah pour qui elle se serait volontiers damné ; Noah qu’elle n’avait pas su se résoudre à oublier ; Noah qu’elle avait tant cherché dans les bras d’autres qui lui ressemblaient à l’image de Tyler Douglas ou Duncan Whitcomb. Noah. Noah. Foutu Noah.

Comme toujours depuis vingt-quatre ans, il occupait ses pensées. Le savoir à quelques mètres d’elle durant ses heures de travail ne lui suffisait pas, il fallait encore qu’elle pense à lui et à leur passif commun lorsqu’elle se trouvait chez elle. Furieuse contre elle-même, Reena jeta la pâte à pizza qu’elle avait préparé avec l’aide de Cole sur le plan de travail sans douceur. Espèce d’idiote, songea-t-elle avec amertume. C’était bête, stupide même, complètement stupide. Mais elle avait besoin d’y songer comme de respirer. S’agissait-il là de sa façon de faire le deuil de ses espoirs déçus d’adolescente, de son histoire avortée trop tôt, de cet amour a priori à sens unique qui l’avait projetée plus bas que terre ? Certainement, oui. Il était temps de passer à autre chose, de vivre pleinement une vie qui l’attendait, elle, Reena Salvatore, depuis longtemps, trop longtemps. Elle ne pouvait plus, ne devait plus être ce petit bout de femme tout fragile, blessé par le souvenir d’un baiser. Un pauvre baiser qu’elle avait naïvement pensé être le début d’une grande histoire. Il fallait qu’elle soit forte et qu’elle oublie. Mais avant Caterina éprouvait l’intense besoin de ressasser tout ça, toutes ces années passées en la compagnie de Noah. Elle entendait presque Cameron : « tu es masochiste, querida ». Sans doute l’était-elle. Masochiste de vouloir rester à New Heaven en sachant que chaque jour, elle devrait se lever pour aller travailler à ses côtés. Masochiste d’en avoir envie. Masochiste de trouver un plaisir malsain à lui adresser la parole. Masochiste.

« Maman ! » cria Cole, tout près de sa mère. Elle sursauta et lâcha la pâte qu’elle tenait pourtant à deux mains. « Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda-t-elle en passant une main nerveuse - et couverte de farine - sur son visage fatigué. Elle baissa les yeux sur son fils qui éclata de rire. « Tu es toute blanche, maman » fit-il remarquer, un grand sourire sur son petit visage. « Oh, c’est vrai.. Mais toi aussi » rétorqua Reena en barbouillant les petites joues du gamin qui se débattit en riant. Le téléphone, installé quelques jours auparavant, sonna et arracha du même coup le petit des mains enfarinées de sa mère. Elle le regarda courir hors de la pièce, les yeux pétillants de joie et de fierté mêlées. Cole lui ressemblait tellement, tant physiquement que mentalement, que parfois, c’en était effrayant. Il avait les mêmes expressions, les mêmes réactions qu’elle et lorsqu’ils se trouvaient côte à côte, nul ne pouvait ignorer qu’il s’agissait du fils et de la mère. Et cela, Reena ne pouvait qu’en être fière.

Elle l’entendit entamer la conversation avec un naturel déconcertant et n’eut, de ce fait, aucunement besoin de demander l’identité de son interlocuteur. Il devait s’agir, à coup sûr, de Cameron. La californienne les appelait plusieurs fois par semaine et si Caterina avait bien peu de choses à lui raconter, elle l’écoutait avec une attention non feinte et lui racontait à son tour son quotidien, un quotidien qu’elles ne partageaient plus ensemble. C’était étrange et nouveau, pour l’une comme pour l’autre, puisque depuis qu’elles se connaissaient, elle ne s’étaient séparées qu’une seule fois : durant la lune de miel de Cameron. Elle avait duré un peu plus d’un mois et la californienne n’avait pas su résister à l’envie d’appeler son amie trois à quatre fois par semaine. Au début, cette amitié si fusionelle avait étonné et amusé Nolan, le mari de Cameron, puis il avait commencé à en être sérieusement agacé. Il avait eu beau s’énerver et tempêter, rien n’y avait fait. Il lui avait fallu accepter que son épouse passe presque autant de temps avec lui qu’avec sa meilleure amie.

Reena ne put retenir un sourire en y songeant. Durant plusieurs semaines, Nolan s’était montré plus que bougon avec elle. C’était Cole qui avait su l’amadouer. Personne ne résistait bien longtemps à son sourire espiègle, Reena la première. Elle lui cédait souvent et le gâtait beaucoup. C’était là sa manière de compenser l’absence d’un père pour son fils, de combler le vide. Elle-même avait grandit sans mère et avait finit par en souffrir ; alors il était hors de question que le petit garçon qu’elle avait mis au monde seule se retrouve dans une situation similaire.

Aplatissant la pâte comme elle le pouvait au moyen de ses mains, la jeune femme fut bien en peine de prendre le combiné du téléphone que lui tendit soudain son fils. « Cole, je.. Tiens cale ça contre ma joue et va me chercher un torchon » lui souffla-t-elle en appuyant le téléphone contre son oreille avec son épaule. Aurait-elle était seule qu’elle aurait essuyer ses mains sur son tee-shirt - lequel n’était pas des plus propres - mais son fils avait la fâcheuse habitude de reproduire chacun de ses faits et gestes, aussi Reena attendit-elle qu’il lui donne l’un des grands morceaux de tissus informes dont elle se servait pour essuyer la vaiselle. « Eh bien, querida, tu as perdu ta langue ? » demanda Cameron en riant, lorsqu’elle l’entendit remercier le petit garçon. Reena sourit. Il était bon d’entendre cette voix grave aux accents chaleureux. « Salut Cameron » fit-elle, en mettant le torchon sur son épaule. Elle s’attaqua à la découpe des poivrons qui l’attendaient depuis un certain temps déjà sur la petite table de la cuisine, non sans avoir au préalable calé le téléphone. « Alors, querida, raconte.. Tu attends de la visite ? » interrogea-t-elle, en entendant le tintinnabulement de la sonnette. « Non, pas du tout » répliqua Caterina, fronçant les sourcils. « COLE ! Va ouvrir s’il te plaît ! » ajouta-t-elle d’une voix plus forte. « Tu es sûre querida ? Parce que si tu as décidé de ne pas le laisser seul de son espèce, ça ne me dérangerait pas du tout » ricana Cameron. Reena leva les yeux au ciel. C’était bien là son amie, toute en finesse. « Tu en serais la première informée, si jamais ça arrivait » marmonna-t-elle, tandis que son amie éclatait de rire. « MAMAN ! POUR TOI ! » hurla Cole. Cameron soupira bruyamment. Elle n’avait certainement rien de capital à dire mais tout comme Reena, elle attachait une importance toute particulière à leurs conversations téléphoniques, si futiles fussent-elles. « J’espère pour lui et surtout pour toi que c’est un magnifique éphèbe » railla la californienne. Caterina, joinant son rire au sien, quitta la cuisine et son poivron à moitié tranché pour gagner le hall et la porte d’entrée.

Toute envie de rire la déserta lorsqu’elle croisa le regard du visiteur. Les coins de sa bouche s’affaissèrent lentement, comme si on avait appuyé sur la touche du mode ralenti de la caméra. Reena oublia soudain tout ce qui l’entourait : le téléphone et Cameron qui était si silencieuse pour une fois ; Cole dans la pièce à côté, qui regardait la télévision un peu trop fort ; le hall dont les murs jaune pâle avaient été ornés de photos de famille, de vacances, de fac ; elle oublia tout. Pour plonger dans ces deux lacs qui savaient si bien la captiver et la faire rougir autrefois. Elle oublia à tout. A cause de Noah. Noah. Noah. Foutu Noah.

La voix de Cameron la ramena sur Terre, lui rappela soudainement qu’il fallait respirer, que fixer quelqu’un ainsi était impoli. Cameron, encore une fois, lui sauvait la mise, la rattrapait alors qu’elle allait sauter dans le vide, dans ce gouffre sans fond qui l’avait happée une fois déjà. « Querida, je te préviens, je ne veux pas entendre vos cochonneries. C’est malsain. Je vais raccrocher » fit-elle, d’un ton où se mêlaient ironie, agacement et humour. En d’autres circonstances, la jeune femme aurait éclaté de rire et détrompé son amie. Mais pas devant lui. Non, elle ne pouvait pas rire, sembler heureuse devant Noah. Son départ, sa défection l’avaient détruite. Faire comme si rien ne s’était passé, comme si ils avaient continué de se côtoyer durant des années, ces années où elle avait touché le fond par sa faute, tout ça était strictement et définitivement hors de question.

Consciente de son piètre état, Reena essuya maladroitement ses joues encore blanches de farines du dos de sa main gauche. « Cameron, je.. Je te rappelle plus tard » bredouilla-t-elle, et sans attendre la réponse de son amie, elle raccrocha. Après avoir déposé le combiné du téléphone sur le petit guéridon de l’entrée, Caterina avança jusqu’au seuil, le visage fermé. Peut-être n’avait-elle pas été assez précise ou intelligible, ou à l’inverse, trop subtile lors de leurs rares entrevues. Être non loin de Noah durant ses journées troublait assez la jeune femme pour qu’elle n’ait pas envie de le voir en dehors de ses heures de travail. De plus, elle ne souhaitait aucunement replonger dans cet océan de chagrin et de frustration qui l’avait submergée lorsqu’il était parti. Mieux valait laisser la colère prendre le dessus sur le chagrin. Oui, c’était mieux ou elle serait encore capable de se laisser embobiner, comme avant. Avant. Qu’est-ce que cela pouvait bien représenter, avant ? Avant ces années où elle avait cru dur comme fer à cet avenir ensemble, à ce futur à deux ? Ces années où il avait alimenté ses rêveries de gamine ? Ou avant celles qu’il lui avait volé en s’enfuyant lâchement ? Peu importait, en fait. Tout ça appartenait au passé. Il fallait oublier. Oublier et avancer. Oublier, avec Noah vivant sa parfaite petite romance sous ses yeux ? Ce serait compliqué. Très compliqué. Du moins, tant qu’elle le verrait ailleurs qu’au bureau. D’ailleurs, pourquoi était-il là ? « Noah ? Il s’est passé quelque chose au bureau ? » demanda-t-elle sans aménité. C’était quelqu’un de bien, elle le savait. Il devait avoir compris sinon remarqué que Reena supportait difficilement sa présence. Il ne pouvait pas la lui imposer en sachant qu’elle en souffrirait. Pas consciemment. Tu lui trouves des excuses, pensa-t-elle. Après tout, il l’avait bien laissée tomber alors qu’il savait parfaitement qu’elle l’aimait, juste après lui avoir fait croire qu’ils pourraient construire quelque chose ensemble. Non, il avait changé. Et ça ne datait pas d’aujourd’hui ; seulement, elle avait fermé les yeux. Elle n’avait pas voulu voir, un soir d’été, huit ans plus tôt, que le garçon qui était allongé sur ce lit d’hôpital n’était pas celui qu’elle connaissait. Ce n’était plus son Noah.

Elle l’écouta, fronçant légèrement les sourcils lorsqu’il parla du fax et de son fils. Il n’y avait pas réellement de reproche, dans sa voix mais Reena avait la très nette impression que l’existence de Cole le gênait. Il ne croyait quand même pas que j’allais me faire nonne après avoir quitté Hell’s Kitchen, ricana-t-elle intérieurement. Lorsqu’elle avait découvert sa grossesse, quelques années plus tôt, la jeune femme avait toutefois commencé par s’en vouloir. Accepter l’enfant n’avait pas été facile : il était la preuve même qu’elle avait refait sa vie, qu’elle l’avait oublié. Pourtant, ça n’était pas le cas. Du moins, pas à l’époque. Elle se raccrochait encore à l’espoir de le retrouver comme une junkie à l’idée de se droguer. C’était stupide mais c’était la seule chose pour laquelle elle se levait. Toutefois, la naissance de son fils avait tout changé. Elle avait compris que vivre dans le souvenir d’un homme qu’elle ne reverrait probablement jamais était idiot et dénué de sens. Reena avait donc commencé à vivre pour son fils, sans rayer Noah Berlington de sa mémoire cependant.

Cole déboulant une nouvelle fois à une vitesse incroyable, prit la main de sa mère. Elle baissa les yeux sur lui. « Dis, tu avais promis qu’on cuisinerait ensemble » chuchota-t-il en donnant quelques coups d’oeil suspicieux à Noah, qu’il ne connaissait pas. « C’est qui ? » ajouta-t-il, plus bas. Reena esquissa un sourire tendre. S’accroupissant à hauteur de son fils, elle lui ébouriffa les cheveux et caressa sa joue. « C’est.. Un collègue, chéri. Va te laver la figure, tu es tout blanc. J’en ai pour deux minutes » lui souffla-t-elle. Il lui sourit, rassuré et fila aussi vite qu’il était arrivé. Cole n’avait pas à connaître les liens qu’avaient pu entretenir sa mère et Noah. Il n’avait pas à savoir. Lui dire la vérité était inutile. Reena se releva, un vague sourire flottant sur ses lèvres. Lorsqu’elle croisa le regard de Noah, la paix sereine que lui procurait chaque jour la présence de son fils ne disparut pas, se renforça plutôt. Elle dévisagea un instant celui qui, dans ses souvenirs, remportait largement les suffrages auprès des adolescentes de leur quartier. Sa question la prit au dépourvu, tant étaient nombreuses les réponses qu’elle pouvait y apporter. C’était comme lui demander si des choses avaient changé dans sa vie, dernièrement. « Je.. Rien, excuse-moi, j’ai.. Eu un moment d’égarement » murmura-t-elle, sans toutefois prendre le fax qu’il lui tendait. « Tu aurais dû le laisser dans la boîte aux lettres » ajouta-t-elle, sans douceur. Il avait sans doute voulu bien faire mais Reena aurait préféré qu’il agisse ainsi, plutôt que venir sonner à sa porte. Tout aurait mieux valu que se retrouver face à lui, alors qu’une part d’elle-même voulait l’oublier, tandis que l’autre - si elle n’avait pas été réduite momentanément au silence par sa raison - désirait ardemment renouer, retrouver cette amitié et cette camaraderie qui l’avaient, elle, bercée d’illusions, au risque d’en souffrir encore une fois.

Sentant ses bonnes résolutions et sa raison sur le point de vaciller, Reena recula vivement, sans prendre la feuille qu’il lui tendait, et détourna les yeux. « Je ne t’invite pas à entrer, j’ai.. Des choses à faire. Toi aussi, je pense » balbutia-t-elle, crispée. Ce comportement était totalement absurde, puéril même. Mais, déjà à l’époque où ils étaient adolescents, Caterina perdait tous ses moyens lorsqu’il la regardait droit dans les yeux. Inspirant profondément et en prenant soin de ne pas le toucher, elle prit le fax. Un peu trop brusquement, peut-être. Tant pis, si ça peut le faire déguerpir, songea-t-elle en parcourant rapidement la feuille des yeux. Le procureur de l’état de New York, Ethan Jefferson, son patron, réclamait sa présence à New York. Ca n’était pas la première fois. Reena nota mentalement qu’elle devrait aller le voir rapidement, ou il finirait par s’énerver. Et elle refusait de perdre son travail, du moins tant qu’elle travaillerait à côté de Noah. Ce serait humiliant si il l’apprenait.

Désolée, la fin craint du boudin.
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MessageSujet: Re: REENA&NOAH ♦ If you want to leave, now is the time. Lun 7 Fév - 3:15




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Certains disent que l’on n’oublie jamais son premier amour. Et ils ont raisons. Qui ne se rappellent pas la première personne à avoir touché son cœur ? A l’avoir comprit mieux que lui-même ? Qui ne se rappelle pas de son premier baiser ? De sa première fois ? Reena Salvatore avait été la première fille que Noah avait embrassée. La première femme qui avait compté dans sa vie après sa mère. Et la seule qui ait compté avant qu’il ne rencontre Sawyer Daniels. Reena Salvatore, sa meilleure amie, son premier amour, son premier chagrin. Le seul témoin encore vivant de son passé. La seule qui savait qui il était réellement. Reena Salvatore avait et resterait son premier amour. Il savait au fond de lui que qu’ils étaient passés à côté d’un « eux » à cause de son aveuglement. Il avait réalisé bien trop tard qu’il était amoureux d’elle. Alors qu’il lui fallait s’en aller. Des regrets. Voila ce qui lui restait de cette période de sa vie. Tant de regrets. Ceux de l’avoir abandonné alors que il lui avait fait la promesse d’un avenir ensemble. Ceux d’avoir tué deux hommes. D’avoir fait souffrir celle qu’il aimait primait sur le reste. Il l’avait blessé, durablement. Il s’était blessé lui-même en la laissant à New York alors qu’il n’aspirait qu’à une chose, l’emmener avec lui. Mais, il l’avait laissé. Pour fuir celui qu’il était devenu. Ce serait mentir que de prétendre qu’il n’avait pas pensé à elle durant les années qui les avaient maintenues éloignées l’un de l’autre. Il n’avait jamais eut de cesse de penser à elle. De prétendre que son absence n’était pas douloureuse. Que vivre sans elle n’était pas douloureux. Que de la savoir si proche et si loin n’était pas douloureux. La vérité ? Elle lui avait manqué. Et sa présence le troublait. Elle aurait troublé n’importe quel homme sain d’esprit. Elle avait si peu changée depuis son départ de New York, sa beauté ne s’était en rien fanée, tout comme son intelligence. Elle était la même qu’autrefois, si ce n’était qu’elle semblait…blessée. Il savait qu’il était responsable de tout cela. Qu’il était la cause de sa souffrance. Il avait conscience qu’évoluer auprès de lui, dans son cabinet, avec son équipe, avec lui, tout cela était une torture pour elle. Il lui avait brisé le cœur, trahit sa confiance, fait d’elle une victime de plus dans son sillage. Il essayait de garder ses distances depuis que l’affaire Perkins semblait s’être résolue d’elle-même. Le temps pour elle de quitter la ville. Il ne voulait pas la blesser un peu plus. Il avait vu sa réaction lorsqu’il lui avait annoncé qu’il était fiancé à Sawyer…. Il savait au fond de lui qu’elle l’aimait encore.

Qu’est ce qu’il venait faire ici ? Ce n’était pas sa place. Il aurait du se trouver avec Sawyer, chez eux et pas ici. Pas devant cette porte, son index pressé sur la sonnette de la porte d’entrée. Il n’aurait pas dû. Ce n’était … correct. Ni pour elle, ni pour Sawyer et encore moins pour lui. Pourtant c’était ici qu’il se trouvait. Et pas dans sa voiture en route pour leur maison. Pourquoi ? Pourquoi leurs infligeaient-ils cela ? Il n’y avait pas de « Noah & Reena », il ne leur avait pas laissé la chance de voir cette association s’épanouir. Alors, pourquoi quoi qu’il fasse revenait-elle toujours vers lui ? Pourquoi revenait-il toujours vers elle ? Elle représentait tout ce que il avait cherché à oublier : son passé, sa vie à New York. Tout. Alors pourquoi est-ce qu’il n’avait pas simplement glissé ce fax dans sa boite aux lettres ? Pourquoi ressentait-il l’étrange besoin de la voir. De lui parler ? POURQUOI ? Il connaissait la réponse au fond de lui-même, seulement il ne voulait pas l’admettre. Il ne voulait pas s’avouer qu’il éprouvait encore quelque chose pour elle. Que leur histoire était restée en suspension et que son cœur n’avait eut de cesse de l’attendre durant des années. Il avait besoin de mettre un point à cette love story qui avait avortée si précipitamment. Il avait besoin de lui parler, de la remettre dans sa boite de « meilleure amie d’enfance » pour ensuite l’oublier. Etait-ce la mort de sa mère quelques jours auparavant qui l’avait ainsi forcé à admettre la vérité ? Peut être, il n’était sur de rien. Mais il savait désormais qu’il avait besoin de donner suite à ce baiser, de comprendre, de faire le point avant de s’engager. Il aimait Sawyer. Et ce qu’il s’apprêtait à faire n’était pas bien. Il l’aimait mais, il avait besoin de savoir. Voila pourquoi il se trouvait ici. S’il voulait être honnête avec lui-même, il savait qu’il risquait ce soir d’être infidèle à la superbe jeune femme qui se languissait de lui dans leur maison. Et il se détestait pour cela.

Il n’avait jamais oublié l’amour de son enfance, son premier amour. Celle qui savait tout de lui. Celle qui avait continué de l’aimer et de l’aider alors qu’il avait passé près d’un an à l’hôpital. Celle qui l’avait alerté sans le savoir sur les premiers signes de la maladie de sa mère. Celle qui avait toujours cru en lui. Comment avait-il pu faire semblant de ne pas avoir besoin d’elle, de sa présence pendant près de dix ans. Comment ? Il savait qu’il risquait de les blesser l’un et l’autre. Il le savait. Mais il avait besoin de savoir, de comprendre. Il avait besoin de parler avec elle comme autrefois, et de savoir ce qu’elle attendait de lui. Sa présence était autant une torture pour lui, que sa présence en était une pour elle. Il avait besoin de réponses mais le silence qu’elle opposait à chacune de ses apparitions lui faisait clairement comprendre qu’elle n’était plus disposée à lui fournir le moindre terrain amical. En quittant New York il savait qu’il lui ferrait du mal. Que lui avait-elle dit après sa sixième intervention ? Ah oui. « Quand les garçons obtiennent ce qu’ils veulent, en l’occurrence un « moi aussi je t’aime » ils s’en vont… Je ne veux pas que tu t’en ailles…». Il était parti. Pourtant il n’avait pas disparu de la circulation. Il avait continué sa route selon ses plans, Harvard, puis un prestigieux cabinet d’avocat dans la Grosse Pomme. Il n’avait pas changé de nom, ni modifié ses plans. Il aurait pu. Mais étrangement il était resté Noah Berlington. Pourquoi ? Parce qu’il avait l’espoir que s‘il avait été assez lâche pour la quitter sans un au revoir, elle trouverait suffisamment de courage en elle pour venir l’enguirlander. Oui, il avait eut espoir qu’elle lui revienne. Qu’elle le cherche. Mais elle ne l’avait pas fait. Et il ne s’était pas senti capable de resurgir dans sa vie. Il était un monstre, il avait tué deux hommes. Il était temps pour lui de la laisser en paix.

Lorsque la porte s’ouvrit le souffle lui manqua soudainement. Cet enfant… Ces yeux. Elle avait eut un fils. Un fils adorable. Magnifique qui lui ressemblait tant. Et qui étrangement avait quelque chose de Noah en lui. Ce fut ce qui le troubla autant lorsque l’enfant lui ouvrit la porte et appela sa mère. On aurait dit le parfais mélange qu’aurait donné un enfant conçus ensemble. Ce petit garçon ne pouvait pas être son fils bien entendu, il n’avait échangé qu’un baiser avec Reena. Et quel baiser. Mais pourtant, cet enfant leur ressemblait tant. Il tenait tant d’elle. Elle ne lui avait pas dit qu’elle avait un fils. Elle n’avait rien dit. Pourquoi ? Où était le père de cet enfant ? Etait-il ici ? Etait-il trop tard ? N’aurait il pas dû partir sur le champ ? La laisser en paix. Retrouver la femme qui attendait désespérément leur mariage, leur enfant, leur fils. Elle avait un fils. Cela changeait tout. On ne jouait pas lorsqu’un enfant se trouvait au milieu. Il avait connu cela. Tout comme Reena. Pourquoi souffrait-il autant à l’idée qu’un autre soit le père de cet enfant ? Pourquoi cet enfant le troublait-il autant ? Pourquoi elle le troublait autant d’un simple regard ? Tout dans son attitude lui soufflait qu’il n’était pas le bienvenu. Ses fiançailles avaient été la goutte d’eau faisant déborder le vase, elle avait eut son compte de souffrance et de Noah Berlington. Elle avait décidé de mettre le holà à cette torture. Il savait qu’elle repartirait bientôt et que rien ne la forçait à se montrer courtoise en dehors du travail. Il avait merdé. Il n’avait que quinze ans à l’époque. On venait de diagnostiquer à sa mère une démence sénile précoce. Il avait voulut sauver leur famille. Oublier ce qu’il avait fait. Il n’était qu’un môme bon sang !

Elle qui riait quelques secondes plus tôt s’était muée en un iceberg en l’espace d’un instant. L’expression passer des rires aux larmes prenait soudainement tout son sens. Professionnelle, c’était le mot qu’il aurait employé pour décrire son attitude. Elle donnait l’impression de se trouver devant un simple collègue, que rien d’autre n’était en cause, qu’il n’y avait rien d’autre entre eux. Mais n’était-ce pas le cas ? Après dix ans pouvait-il revenir et tout bouleverser dans la vie de la jeune mère ? Essayer d’obtenir des réponses en prenant le risque de bousculer deux couples et la vie d’un enfant ? Elle s’était débrouillée sans lui de manière exemplaire, elle avait menée une carrière aussi brillante que celle de Noah dans le public alors que lui avait choisit le privé et les grosses fortunes. Il lisait dans ses yeux avec une facilité déconcertante malgré les années qui s’étaient écoulés sans qu’ils ne se voient. Elle lui en voulait, mais elle était aussi profondément blessée, il lisait sa souffrance dans ses yeux et sa peur. Il l’effrayait. En sa présence elle ne se sentait pas en sécurité. Sa posture témoignait de cet état de fait. Les bras croisés, ses yeux fuyant les siens, parcourant le hall, examinant la situation. Il ne voulait pas lui faire du mal, lui imposer sa présence. Mais il avait trop fuit. Il ne pouvait plus reculer. Dans deux semaines tout au plus il deviendra le mari d’une jeune femme qui ne méritait pas qu’il doute de leur engagement. Il avait besoin d’être sur de lui avait d’épouser Sawyer. Il ne voulait pas lui être infidèle ensuite. Le mariage était une affaire sérieuse, un serment qui, à ses yeux, avait une grande importance. Il avait besoin de savoir. Elle aussi avait besoin de comprendre. Il n’avait parlé de personne de ce qu’il s’était passé il y a dix ans. Ce soir, il tenterait de faire le jour sur cette affaire. Il en avait besoin. Pour les libérer ou les enchaine tous les deux.

« Oui, j’aurais du. » Souffla t-il en ancrant son regard dans le sien. Elle recula comme s’il avait eut l’intention de la frapper, et la colère enfla si brusquement en lui qu’il s’en étonna lui-même. « Je ne vais pas m’en aller Reena. Je peux repasser plus tard, quand tu auras couchés ton fils si tu veux. Mais nous devons parler. » il se força à détendre les poings et a enfermé sa colère derrière une barrière mentale. Il avait apprit à se maitriser après « l’incendie », a museler sa colère, à la maintenir en laisse. Aussi soudainement qu’elle était apparue la flamme de colère dans ses yeux fut soufflée. « J’ai besoin de te parler de ce qui s’est passé. Je ne veux pas te faire de mal Reena, je t’ai assez fait souffrir pour ne pas avoir envie de recommencer. Mais je crois que tu as besoin d’entendre ce que j’ai à dire. » il passa une main dans ses cheveux. Incertain de la décision qu’elle prendrait. Il avait besoin de lui parler. « S’il te plait Reena. » Il se moquait de devoir repasser plus tard, il brûlait d’envie de connaitre cette vie qu’elle lui avait cachée légitimement à son retour. D’élucider le mystère de sa potentielle vie de couple secrète. De connaitre ce fils qui ressemblait tant à sa mère à son âge.



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REENA&NOAH ♦ If you want to leave, now is the time.

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