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Long hard road into Hell [PV Lance-Matthew]

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MessageSujet: Long hard road into Hell [PV Lance-Matthew] Ven 11 Sep - 14:16


    'Eh bah, c’est vraiment calme ce soir. On est quel jour aujourd’hui ? Ah ouais, le 11 septembre. J’avais presque oublié. En même temps, j’ai pas franchement le temps de regarder la télé. Tout s’explique alors : les gens sont chez eux en famille. Probablement entrain de regarder une émission sur une quelconque théorie du complot au sujet des attentats.' Y’a pas a dire, ils avaient frappé fort. Je rentrais sur New-York ce jour –là et j’avais vu la fumée noire sur Manhattan. J’avais brusquement interrompu les Who et leur ‘generation’ pour mettre la radio. Le mot revenait toutes les 35 secondes : attentats. J’avais suivi la tragédie comme tout le monde et j’avais frémi en entendant le nombre de victimes. Poussant les gaz de ma Ducati Dark Shadows -un petit bijou de bolide- au maximum pour rejoindre la ville, j’étais rentré dans le premier hôpital pour donner mon sang ; ils allaient en avoir besoin. Oui, ils avaient vraiment frappé fort. Après des mois de polémique et des années d’une guerre inutile et pas franchement sur le chemin de la conclusion, les esprits étaient toujours autant marqués par ce drame nationale, et allons, soyons franc, international. 'Allez, si personne ne franchit la porte dans moins de 10 minutes, je ferme la boutique et je rentre me coucher de bonne heure. Pour une fois ! En attendant, voyons voir comment se porte le stock.'
    J’avais à peine eu le temps de compter le nombre de bouteilles de bourbon ‘Four Roses’ entreposées dans le frigo sous le bar que je remarquai une tête qui dépassait du comptoir et qui m’observait. Je levai la tête. Rhaa, saleté de lumière dans les yeux ! Fichu lampe qui m’aveuglait et m’empêchait de voir mon client.
    « Tu sais que t’es mignon quand tu travailles ? »
    Lance. Mon ami Lance Ainsworth me faisait le plaisir de passer chez moi.
    « Mais je suis plus que ça quand je travaille, moi ! Je suis SEXY… Pourquoi ? Tu es jaloux d’autant de beauté concentrée en un seul homme ? »
    Ça faisait longtemps que je ne l’avais pas revu celui-là. Faut dire qu’avec la petite Ellie, du pain sur la planche il en avait. Au moins de quoi ouvrir sa propre chaîne de boulangerie ! Cette ado était un vrai cauchemar. Elle lui en faisait voir des vertes et des pas mûres. En même temps, ils ne s’étaient jamais vu, et jusqu’au jour où il était allé la chercher à la gare, il ne savait même pas qu’elle existait. Et c’était bien là tout le problème. Elle lui en voulait à mort et lui faisait des pieds et des mains pour lui prouver qu’il l’aimait quand même. Je me redressai et allait pour lui serrer la main et lui donner une accolade de bienvenue mais il arrêta mon dernier geste.
    « Euuh… doucement Matt. J’ai mal au bras. Tu sais, le mauvais. »
    « Okay. »

    Hum. Ça ne me disait rien qui vaille. Autant physiquement que moralement. Lance n’aime pas parler de son accident le jour de son mariage. Et le fait qu’il le fasse ce soir, même par un moyen détourné, ne présageait rien de bien joyeux. Nous partagions d’ailleurs cette blessure, lui au bras et moi juste en dessous de la clavicule droite. Et nous avions été touchés le même jour, durant le même évènement, par la même personne. Oui, nous avions été blessés le jour de la fusillade. Et lui, encore plus que moi, car si pour ma part, les blessures n’étaient plus ou moins que physiques, pour lui elles avaient une dimension beaucoup plus dramatique. Il avait perdu un de ses jumeaux, et l’autre était resté dans un fauteuil pendant quelques mois avant de pouvoir reprendre sa vie sur ses deux jambes. Il était encore très marqué par la perte de son frère et il reprenait lentement goût au quotidien. Mais ses liens avec Lance n’avaient pas fait un arrêt sur ‘soleil radieux-temps calme-vent faible’ sur le baromètre des relations père-fils. Il était encore fermé comme une huître et ce pauvre Lance faisait vraiment ce qu’il pouvait pour arranger les choses. Cet homme allait se tuer à la tâche si ça continuait ! Sans parler de la petite, oui enfin ‘petite’ n’est pas franchement le mot idéal pour la qualifier puisque c’est une femme mariée. Enfin. Liberty, sa fille, était aussi un sujet de tracas pour lui. Son mariage était encore plus en péril que le Titanic lui-même 30 minutes avant de sombrer. Et Lance, comme tout bon père attentionné, avait pris le parti de protéger sa fille de son mari et de ses magouilles.
    C’est pour toutes ses raisons, et peut-être même d’autres – allez savoir, avec Lance, on peut s’attendre à tout !- que mon flair de barman avait repéré la préparation imminente d’un ‘London’. Le cocktail, à la base nommé le ‘Stugges’ en hommage au groupe d’Iggy Pop, Iggy and the Stugges était, avant le drame, le cocktail préféré de London lorsqu’il venait prendre du bon temps dans mon bar. Et j’avais peut-être été le premier au courant de son homosexualité. Même si elle m’avait surprise, elle était loin de me déranger. Pour moi, il n’avait rien de monstrueux, d’étrange, de difforme, de génétiquement déglingué (comme je l’avais lu dernièrement dans le Washington Post où un pseudo-scientifique faisait état de sa découverte : un gène déglingué provoquerait l’homosexualité. Et ta sœur ? Elle bat le beurre ?...Conneries homophobes…). J’avais rebaptisé le ‘Stugges’ le soir même de ses funérailles, quand un ‘Client’ m’avait fait remarquer que c’était
    sa boisson fétiche. Je lui avais donné son nom, un peu pour qu’il ne soit pas oublié, un peu parce que savoir qu’une infime partie de lui était encore de ce monde avec ce cocktail me rassurait. Il était devenu LA boisson du drame, du coup de blues, et lorsqu’un proche venait avec la tête en berne comme un ‘Stars and Strippes’ le jour du 11 septembre (coïncidence ? signe du destin ?...Mystèèère…), je me faisais un devoir de le lui offrir.
    « Alors, dis-moi ce qui me vaut l’honneur d’accueillir Monsieur ‘Madame le maire de New Heaven’ dans mon pub ce soir ? Je te préviens, si c’est pour une inspection sanitaire, je dois t’avouer quelque chose tout de suite : j’ai loué mon frigo à une armée de bactéries terroristes et des rats sans domicile fixe sont venus pleurer devant ma porte tout à l’heure. Comme j’ai le cœur sur la main, je pouvais pas les laisser dans le froid et la nuit, seuls et transits de froid. Alors je les ai confortablement installés entre deux caisses de Martini et je leur ai donné une caisse d’oranges à grignoter. "


    Ma tirade lui arracha à grand peine un rictus. ‘Hum, lui, ça va VRAIMENT pas ce soir.’
    « Okay Lance. Je crois que j’ai compris le message : Moins de blabla et plus d’alcool, n’est-ce pas ?. Allez, le premier verre, c’est pour moi. Un ‘London’ s’impose. »
    « Oui, je crois aussi. »

    ‘Mince alors ! Je l’ai jamais vu aussi déprimé. Wooo… ça fait peur.’ Il avait effectivement le teint pâle et fatigué du gars qui réfléchit trop et qui porte le poids de deux planètes sur ses épaules. Au hasard, Uranus et Jupiter. Mais juste au hasard, hein.
    « Allez Lance. Je t’ai jamais vu dans un état pareil, à part peut-être après…enfin après, quoi. »
    Je lui avais dit ces quelques mots tout en lui préparant sa boisson. Quelques secondes d’un silence pesant passèrent pendant que je mettais la touche finale au décor. Je poussai alors le verre dans sa direction et lui dit :
    « Lancelot, je suis sérieux. Qu’est-ce qui ne va pas ? »
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MessageSujet: Re: Long hard road into Hell [PV Lance-Matthew] Sam 12 Sep - 9:23


    Lorsque Lance poussa la porte du « Nouvel Angleterre » sa journée venait tout juste de se terminée, il était près de vingt trois heure et il n’avait pas dormit depuis deux jours, la fatigue se lisait sur ses traits et dans sa façon de marcher les épaules voûtées vers le sol, levant à peine les pieds, il était certes fatiguer mais on pouvait aussi lire sur son visage une grande agitation, de celle qui annonçait un esprit alourdi par le poids des responsabilités et du souci. Il repéra Matthew à l’autre bout du comptoir accroupit sous le bar, cherchant quelque chose sous la surface de bois verni, voir la silhouette de son ami après deux jours passer seul loin de toute présence humaine amicale, Sidney participant à un meeting politique à Seattle, le fit sourire, il se sentait sale et exténué mais il était heureux e voir enfin un visage amical, et non celui en colère ou bien tourmenté de l’un de ses enfants. Matthew était son meilleur ami, totalement différente de sa meilleure amie Candace, l’homme sage qui le conseillait lorsqu’il avait besoin d’un avis typiquement masculin et qui l’aidait à vider son sac avec un ou plusieurs verres. Actuellement on aurait pu comparer les deux hommes à la nuit et au jour. Il était la nuit et Matthew était le jour, sa présence était comme un tonic revigorant qui l’empêchait de broyer du noir. Etrangement Matthew et lui dans une autre vie auraient été rivaux s’ils avaient sévis à New Heaven à la même période. Mais lorsque Matthew était rentré, Lance était déjà un homme amoureux et c’était avec un plaisir non dissimulé que les deux amis s’étaient retrouvés autour d’un verre dans un bar qui n’était pas encore ouvert, le Nouvel Angleterre. Lance comme ses fils avaient et étaient encore un habitué du bar de l’ami familial qu’était devenu Matthew. A la mort de London, Lancelot avait passé beaucoup de temps ici, passant après chacune de ses visites au cimetière pendant sa longue et douloureuse convalescence. Matthew pouvait sur bien des plans comprendre sa douleur physique, Lance avait été blessé en haut du bras, non loin de l’articulation, tandis que Matthew avait prit une balle dans la clavicule. Quant à l’état psychique de Lance personne ne pouvait réellement saisir l’ampleur de sa douleur, de son chagrin. Mais Matthew contrairement aux autres ne cherchait pas à le faire parler, il lui servait le verre qu’il avait baptisé en l’honneur du fils que Lance avait perdu et ils buvaient ensemble avant que Matthew n’appel un taxi pour reconduire Lancelot chez lui, au manoir. Ici Matthew semblait évolué dans son Univers, servant un verre par ci, une tasse de café par là, souriant, blaguant, draguant, le voir ainsi si plein de vie, l’aidait a remonter la pente petit à petit. Matthew lui avait apporté une certaine chaleur lorsqu’il en avait manqué, il l’écoutait sans mot dire, tentait de le faire rire et le conseillait. Matthew avait d’ailleurs été l’un de seul à savoir que chaque jour Lance se rendait sur la tombe de son fils.

    Ce soir plus que n’importe quel soir il avait besoin d’un bon verre bien tassé et avait échoué au Nouvel Angleterre. La journée avait été longue, la nuit plus encore. Il était a bout épuisé aussi bien moralement que physiquement. Son épaule le lançait douloureusement tandis que son esprit n’était qu’un imbroglio de sentiments, de pensées, et d’envies. Il était si fatigué, si las, pourtant la simple vu du Nouvel Angleterre l’aida à rester calme, il s’approcha silencieusement du comptoir surprit de ne trouver nul ombre de client dans l’un des recoins du bar discothèque pourtant peuplé d’ordinaire. Pas l’ombre d’un habitué, ni même d’un client occasionnel. Et puis il jeta un coup d’œil sur la petite télé qui diffusait en sourdine l’allocution d’un quelconque sénateur et il comprit. Le 11 septembre 2009. Journée anniversaire des attentats kamikazes. Machinalement Lance adressa une prière a une quelconque entité supérieure recommandant ses âmes arrachés à leur famille à un Dieu quelconque. Accoudé au comptoir il héla le barman avec un sourire amusé et a la fois lasse. Ils se taquinaient depuis des années et la répartie de Matt faisait toujours beaucoup rire ou en tout cas sourire Lancelot.


    « Jaloux ? Je te signale que j’ai à mon doigt une alliance alors que toi mon vieux l’âge te tombe de plus en plus dessus et tu es toujours seul. De nous deux je suis George Clooney, toi t’es Brad Pitt mec ! » Plaisanta Lancelot.

    Ils se serrèrent la main mais alors que Matthew allait lui donner une accolade viril dont l’irlandais de souche qu’il était avait le secret Lancelot le stoppa afin de ne pas raviver plus qu’il ne l’aurait fallut la douleur dans le bras de son ami. Il était rare que Lancelot parlât ou se plaignit de son bras, au contraire il ne se laissait pas vivre mais aujourd’hui il n’avait ressentit aucun répit, il n’avait cessé de sa masser l’épaule avec discrétion, tachant d’atténuer le point de douleur qui subsistait. Mais rien n’y avait fait. Ajouté a cela le poids d’une Ellie fugueuse la nuit qu’il n’avait fait que chercher dans tous les bars de la ville et des alentours et qu’il avait retrouvé a l’aube allongé dans son lit l’air de rien. Et il y avait eut tant et tant d’autre chose : la gifle qu’il avait administré à Liberty, les soucis rencontré face à l’administration de l’école depuis qu’Ellie avait été trouvé en possession de drogue… Tout s’accumulait. Et ses nerfs lâchaient. Sidney qui ne tombait pas enceinte, l’épée de Damoclès des testes de fertilité. Il commençait à se demander si sa vie n’était pas à la croisée d’un changement et que son avenir jusque là tout tracé n’était pas devenu incertain. Même la réplique de son ami a propos de rats et d’inspection sanitaire le dérida à peine. Pourtant il s’était promit de tenter de paraitre sur de lui, chaleureux, drôle, mais il était tellement las de porter ce masque qu’en compagnie des gens en qui il avait toute confiance lui faisait du bien de relâcher sa vigilance. Conscient de la situation tendue au manoir Lance s’efforçait de faire bonne figure devant sa femme même si il savait qu’elle savait qu’il était à bout.

    « Oui je crois aussi. Un double » Commenta t-il avec un pauvre sourire. « Voir même un triple. » Il passa une main lasse dans ses cheveux. Puis il releva la tête et fixa son ami dans les yeux cherchant à faire un peu d’humour histoire de faire rire son ami malgré sa tête de déterré. « Comment ca le premier verre est pour toi ? Depuis quand je n’ai plus le droit de boire à l’œil. Je te signal que ton premier dollar tu me le dois ami indigne. » S’exclama t-il faussement indigné.

    Il était difficile de faire aussi bonne figure en présence de ses deux meilleurs amis qu’avec les autres, Lancelot était un acteur né, il savait quand il devait jouer, malheureusement il savait également que sur certaines personnes sa comédie était sans effet. Trois personnes le perçaient à jour régulièrement, Sidney, Candace et Matthew, aussi ne faisait-il que rarement l’effort de jouer en leur présence. Il préparait son verre à Lance en souriant le silence était pesant lorsqu’il fit glissé le verre jusqu'à Lancelot qui réceptionna et se décida à répondre à la question de son ami lorsqu’il eut vidé à moitié le verre.

    « Je n’en sais rien Matthew. Ellie est ingérable je ne sais comment arriver a l’approché sans me faire mordre, quand je fais un pas en avant elle recule de six. Je n’en peux plus de toute cette programmation pour avoir un enfant, les thermomètres, les courbes de fertilité, les tests de fécondité, j’ai l’impression qu’avoir un enfant serait la plus belle chose arrivant dans mon couple mais aussi ce qui me sépara de mes deux filles. Bert me reproche l’arrivée d’Ellie comme remplaçante de London, Ellie me reproche de l’avoir abandonné et d’avoir laissé sa mère seule. Lawrence refuse toujours de me voir sans Shelby ou mon petit fils… Le directeur menace de faire renvoyé Ellie, a contacté l’assistante sociale… Je crois que rien ne va Matthew… Et cela fait déjà un an que London est mort… Un an. »

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MessageSujet: Re: Long hard road into Hell [PV Lance-Matthew] Dim 13 Sep - 12:46


    L’homme que j’avais devant moi et à qui j’avais tendu un verre comme on tend une bouée de sauvetage à un presque noyé, n’avait rien à voir avec l’homme que j’avais quitté il y a deux jours. Il vivait, bougeait, parlait comme lui mais ce n’était pas lui. Enfin si, c’était Lance, mais le côté ‘Dark Side’ de la force. Le Lance qui était arrivé ce soir dans mon pub avait l’air de vouloir se jeter du pont le plus proche. Mais n’était-il pas venu dans mon bar car il savait pertinemment qu’il pouvait compter sur moi ? Si précisément. Alors je me devais d’être son ami, celui qui tentait d’alléger sa peine et de lui faire oublier ses enfants, ne serait-ce que le temps d’une soirée de beuverie entre potes.
    Nous nous connaissions suffisamment pour qu’il ne soit pas obligé de jouer la comédie. Mais comme un bon professionnel, il tentait de donner le change, même quand il savait que ça ne marcherait pas.

    Quand il nous compara à Brad Pitt et George Clooney, je ris et lui dis en retour :
    « Humm… Merci beaucoup pour le poids des années, c’est cool*. Tu viens de me vieillir de 9-10 ans et toi pareil. Mais tu me laisses Angelina, c’est gentil. Quoique six gosses…Je suis pas à la GMF moi ! Et puis tu sais bien que je suis ‘Born to be wild’ comme mec !»

    Pour toute réponse à ma vanne, j’obtins un vague haussement de sourcils. La réponse au nombre de cocktail et à leur force de frappe me confirma ce que je savais déjà : aujourd’hui, Lance en avait marre. Je lui aurais bien prêté mon pull spécial ‘j’en ai marre de la vie’, mais il était au loft, « rangé » dans mon dressing (oui, même un homme a le droit d’avoir son petit côté coquet, c’est pas forcément une exclu’ féminine ! Ils n’ont juste pas la même dimension, c’est tout !). J’avais gardé ce pull datant de mon séjour à l’hôpital. Il était vert et bleu et présentait d’étranges formes dans le tissage. Sûrement des symboles cabalistiques inconnus dans notre dimension…Enfin, tout est-il qu’une autre personne que moi d’une part ne l’aurait jamais acheté (trop moche !) et, d’autre part l’aurait jeté car il était troué de partout, n’avait plus aucune forme et avait une épaule complètement étirée à cause du plâtre que j’avais dû porter et des bandages qui avaient suivit, me faisant ressembler à Toutankhamon, mais en plus sexy, évidemment. Tout est-il que ce pull était resté dans ma garde-robe et que l’idée même de le mettre au rebut me faisait dresser les cheveux sur la tête. Il était le vêtement du réconfort et de la flemme de s’habiller que l’on connait tous dans les moments de déprime.
    Tentant de garder mon sérieux après une vanne qu’il venait de me balancer (comme quoi, je lui devais mon premier dollar en temps que barman. Ce qui n’était pas faux d’ailleurs. Mais s’il regardait mieux la déco du bar, il verrait un petit cadre caché par une lampe verte où à l’intérieur il y avait son dollar. J’avais toujours entendu que le premier dollar gagné était un porte-bonheur dans la profession et qu’il fallait le garder. Et puis venant d’un ami, c’était encore plus précieux.), je pris mon air outré pour lui répondre.
    « Lance, tu me déçois-là. Moi qui pensait qu’une fois complètement déchiré tu me donnerai même le numéro de ton code de carte bleue… L’amitié se perd, je te le dis… Allons, Lance je disais ça pour rire ! Tu sais très bien que tu es ici chez toi, sauf que vu que tu es incapable de doser correctement un mélange, c’est moi qui reste derrière le comptoir ! »
    Ç’a l’avait même pas fait rire. J’avais tenté de le faire réagir un peu plus vigoureusement que comme une huître abandonnée dans la cuisine après le repas de Noël, mais il avait gardé le silence. Je lui avais servi son verre en le priant de croire que j’étais sérieux et de me dire ce qui n’allait pas. Il avait descendu la moitié de son verre et, pendant ce temps dans un silence religieux je m’étais fait un ‘London’ aussi pour l’accompagner. Je savais que ce soir, j’allais boire beaucoup et lui aussi par conséquent. Nous allions avoir besoin d’un taxi pour ramener ce petit monde chez soi. A la moitié du verre, il m’avait tout balancé en mode ‘puzzle’, mais j’avais déjà compris quelques trucs. Ellie, c’était cousu et rebrodé de fil blanc qu’elle allait être une source de cheveux blancs pour lui. Son caractère et sa conviction d’avoir été abandonnée par tous le monde l’avait forcée à montrer les griffes, surtout envers les personnes qui l’aimaient, ou qui tentaient de le lui montrer, comme Lance et Sidney. Le fait que Lawrence refuse de voir son père pouvait encore passer pour concevable. Ils n’avaient jamais été très proches tous les deux, en tout cas bien moins que son jumeau et son père. La mort de London et sa paralysie temporelle n’avaient pas ce qu’on pouvait dire ressouder les liens. Au contraire, Lawrence avait refusé toutes les visites de son père et je pense qu’il n’était pas encore prêt à affronter la réalité de la situation. A ses deux problèmes d’envergure venait se rajouter l’envie de pouponner du couple. Je trouvais l’idée merveilleuse pour eux, mais j’étais inquiet pour le petit être qui serait venu au monde : avec un grand frère qui n’arrivait pas à se remettre de la mort de son jumeau, une demi-sœur qui aurait fomenté un attentat avec Ben Laden si ça avait pu nuire à son père et une autre grande sœur qui était en plein revival de l’enfance et de la jalousie qui la caractérise, je voyais pas franchement comment le gosse allait trouver sa place et surtout, je savais pas comment ses gamins de frangins allaient l’accueillir. J’étais resté un peu sur le cul devant le problème qu’il rencontrait avec Bert. Elle était sa petite dernière, enfin avant l’arrivée d’Ellie, et j’avais toujours pensé que des enfants Ainsworth, elle était celle qui soutenait le plus son père. Mais savoir qu’à son âge, elle était capable de lui faire une crise de jalousie du type ‘Papa aime plus Ellie que moi. La vie est injuste !’, digne d’une gamine de 6 ans, j’en étais comme deux ronds de flan.
    « Ecoute, c’est vrai que comme père, j’y connais rien. Mais moi, je crois qu’il y a des choses sur lesquelles tu dois de focaliser et d’autres où tu dois laisser tomber. A mon avis, la première des choses que tu dois te sortir de la tête est votre difficulté à concevoir avec Sidney. Plus tu te focaliseras là-dessus, moins t’y arriveras. Et puis, t’es pas médecin, donc tu peux rien y faire. Vous faites déjà tous ce que vous pouvez avec ta chère et tendre pour l’avoir naturellement. Mais si ça marche pas ? Pensez-y aussi. Le truc là, comment ça s’appelle déjà ?...Lance aide-moi, tu sais le truc-là… »
    « Non, je vois pas de quoi tu parles. Et je te rappelle que si tu ne m’expliques pas de quoi il s’agit, je peux pas te répondre, je ne fais pas partie des membres honoraires du gang de neurones qui peuplent ton cerveau ! Au fait, mon verre est vide. »
    Je descendais le mien d’un trait. Pas question que je boive moins que lui ! Fierté personnelle ? Peut-être… Tout en lui préparant un nouveau ‘London’, je réfléchissais. On aurait même pu entendre mes neurones rentrer en collision pour tenter de faire jaillir l’étincelle d’intelligence. ‘Bon sang ! C’est quoi le truc de l’éprouvette ?...l’Intro ? non, il manque un truc. L’elitro ? non, c’est pas ça…’
    « L’IN VITRO ! »
    Lance, ainsi que mes deux clients de la soirée, me regardèrent comme si j’avais soudain porté des cornes de bison violettes sur la tête.
    « Euuh, Matt ? T’es sur que ça va ? Pourquoi tu hurles des trucs pareils ? Tu veux faire un bébé tout seul ? »
    Pour camoufler la jolie couleur cramoisie qui avait pris possession de mes joues, je baissai la tête vers mes cocktails.
    « Nnon, c’est pas ça. C’est le mot que je cherchais y’a trois secondes. Alors vous y avez pensé ? »
    « Ah quoi ? »
    Je haussai les yeux au plafond. Non mais, il le faisait exprès ou quoi !
    « Bah, à ça, à l’in vitro. Il paraît que ça marche bien…Enfin, je suis pas médecin, mais ils avaient l’air de dire que ça fonctionnait. »
    « Humm. Je crois que je lui en parlerai. »
    Il n’avait pas franchement l’air emballé par ce que je venais de lui dire. Mais je comprenais sa réaction. Après tout, ils voulaient faire ça à l’ancienne et ils avaient bien raison.
    « Lance, en tout cas, une chose est sûre, c’est que tu peux pas accélérer le court naturel des choses. Patience. Et je vous connais avec Sidney : je parie que vous jouer du thermomètre et du planning comme des pros. Pfff, j’en étais sur ! Lâchez-moi donc toute cette programmation et revenez au naturel. »
    Et à cet instant, je me rendis compte de la conversation que nous étions entrain d’avoir : je parlais reproduction avec Lance et j’avais dans la tête une image assez…dérangeante. J’avais été assailli par une sorte de ‘rêve’ éveillé où je voyais mon ami s’ébattre avec sa femme dans un lit…Euuh…Ouais. D’un coup, je me sentais très mal à l’aise. Ce dernier avait dû sentir mon changement d’attitude, car il me regarda et me demanda ce qui se passait.
    « Eh bien, je suis pas franchement certain que tu veilles vraiment savoir ce que mon pervers de cerveau vient de me balancer comme images. Tu serais p’t’être pas très très content. Eeettt puis, on ferait mieux d’arrêter d’en parler parce que sinon je risque d’être traumatisé jusqu’à la fin de mes jours. En ce qui concerne ta petite femme en tout cas, je crois que je mettrai un moment avant de me remettre de l’image qui vient de me traverser l’esprit… »
    Il sembla avoir compris le message car il ouvrit de grands yeux et des deux mains, il s’écarta du comptoir.
    « Ah ! Ouais, je vois. Parler fécondation in vitro, procréation et autres problèmes d’activité physique, toi, ça te fait fantasmer sur ma femme. Ok, bon à savoir. Bien, je crois que cela met un terme à notre amitié. Tu me déçois Matthew, tu sais ! »
    « Désolé mon ami, mais tu sais, pervers un jour pervers toujours ! C’est comme ça ! »
    Nous rigolâmes de ma bêtise. Le voir rire pouvait signifier deux choses : soit j’étais entrain de lui faire remonter la pente avec mes conseils entremêlés de grosses conneries, soit l’alcool faisait déjà effet. ‘Nooon, ça peut pas être la deuxième solution. Il tient l’alcool comme un chef indien tient le calumet de la paix : comme un pro. ‘ J’avais descendu mon deuxième verre et lui regardait le fond du sien, vide, comme s’il avait contenu toutes les réponses aux questions que l’humanité se posait depuis des millénaires. J’allais lui remettre la même chose mais il arrêta la course de ma main vers la bouteille de cherry en levant la main. Je rencontrai alors son regard et là, la dernière phrase qu’il avait dite me percuta comme un 38 tonnes : London. Mort. Depuis un an. Si mon bar ne m’avait pas déjà soutenu à moitié, je crois que je serais tombé par terre. Confus, je me passais la main sur la nuque, tandis que je prenais appui sur mon fond de bar. Nous nous regardions sans rien dire, comme pour respecter une minute de silence non programmée ainsi que le chagrin de l’autre. Le temps paru duré plus longtemps. Je finis par me secouer et j’empoignai la bouteille de scotch. Un petit truc simple comme le ‘Hard Road’ s’imposait. Sans fioriture mais efficace.
    « Allez, cul sec ! »

    Nous entrechoquâmes nos verres et d’un trait, le liquide couleur caramel sombre rehaussé d’un soupçon de sirop de citron disparut au fond de nos gosiers.
    « J’imagine que c’est pas un bon jour pour toi. Je me trompe ? Laisse-moi te dire un truc : je crois que ce soir, t’as l’impression que le monde te tombe sur la tête parce que la date est lourde de vécu pour toi et pour les tiens. Enfin, c’est ce que je pense. Dis-moi si j’ai raison. »
    « Probablement. »
    Pour le sortir de la pente savonneuse sur laquelle il s’était engagé en abordant ce sujet que je savais plus que douloureux, j’optais pour la technique ninja connue sous le nom de ‘Feinte du panda pour distraire son ami le singe de ses problèmes’ (technique shaolin que m’avait enseigné un gourou tibétain quand j’avais 10 ans et que mes parents vivaient en harmonie avec la nature ; enfin, pendant leur période hippie quoi.).
    « Et ta petite dernière ? C’est quoi déjà sa dernière boulette en date ? Ah oui, possession et revente de drogue dans l’enceinte d’un établissement scolaire. Elle a fait fort dite moi cette fois-ci ! T’as tenté de lui parler un peu plus énergiquement que ce que tu fais d’habitude, ou alors tu lui as encore servi le couplet du gentil papa qui l’aime et qui comprend, même si c’est le plus gros mensonge de tout les temps ? Très franchement Lance, tu peux pas t’en sortir seul avec elle et je pense que l’assistante sociale serait peut-être un moyen comme un autre à tester. Je vais être plus que franc avec toi : tu peux pas toujours tout porter comme ça sur les épaules. Il faut que tu te laisses aider par une personne extérieure. Sinon, je veux pas te faire peur, mais c’est toi qui auras besoin d’aide pour te sortir la tête de l’eau. »
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MessageSujet: Re: Long hard road into Hell [PV Lance-Matthew] Lun 14 Sep - 10:01

    Depuis plus d’un an Lancelot Ainsworth était devenu ce que l’on appelait vulgairement un pilier de bar du Nouvel Angleterre. Il fallait dire que de tout les bars de la ville il était celui qui faisait le plus « vieux club pour gentleman » avec sa population jeune qui « hantait » le sous sol, entendez par là la boite de nuit, et le bar au rez-de-chaussée qui était un lieu plus intime et plus « old school ». En un an Lance était venu de nombreuse fois éclusé et s’empêcher auprès de son ami le grand, l’unique, l’irremplaçable Matthew Schumacher. Lance savait qu’ici il pouvait se laisser aller a boire plus d’un verre et que qu’importe la connerie qu’il dirait ce qui était dit au Nouvel Angleterre, restait au Nouvel Angleterre. Et en un an, après la perte de London, croyez bien que Lancelot avait eut des choses à raconter à son vieil ami. Beaucoup, beaucoup beaucoup de choses… Même si parfois il faisait comme si tout allait bien un moment avant de commencer a parler après quelques cocktails.

    « Mon pauvre Matthew se sont les mecs les plus en vues de la planète… Bon ok je te file Brad, et moi je me tape la vie de célibataire de rêve, pas sur que ca plaise a ma femme tout ça…. Maintenant que t’en parle j’ai plus le profil de Brad avec sa big family et sa bombe de femme… On échange ? » Plaisanta Lance avant de lancer. « Oui d’ailleurs t’es un peu trop « Born to be Wild » pour ma petite Sidney, elle me demande sans arrêt si Ash’ est passé te voir, ca en devient fatiguant. Trouve-toi une blonde, pas une rousse la seule en ville est déjà mariée a ton serviteur, que je puisse retrouver ma béate tranquillité de père et de mari aimant ! »

    Bon c’est vrai que sa vanne n’avait pas tiré un sourire à Lancelot, et à la répartie du « vieil » homme manquait ce petit sourire taquin et enfantin qui éclairait d’ordinaire les traits de Lance lorsqu’il commençait une joute verbale avec l’un de ses amis. Enchainant Lance lui commanda la « dose » d’alcool qu’il désirait dans son verre. La journée et la nuit avaient étés éprouvantes et Lance avait besoin de décompressé. Il avait prévenu Sidney de son intention de passer voir Matthew et après un léger soupir, las et compréhensif pourtant, elle lui avait dit d’être prudent, avait assuré qu’il lui manquait et lui avait demandé de ne pas prendre sa moto pour se rendre chez son ami. Il savait qu’il avait du l’inquiété mais depuis que leur mariage avait faillit capoter un an plus tôt sur un malentendu le couple ne se cachait plus rien. Dernier exemple en date ? Lorsque Lance avait été contacté par les services sociaux de New York il n’avait pas prit sa décision seul, il avait d’abord informé Sidney de l’existence d’une fille dont il n’avait rien su jusqu'à présent. La confrontation ce soir là entre les deux amants avait été dur. Sidney à l’époque cherchait a tombé enceinte selon des voies « naturelles » et après plusieurs mois le couple venait de se résigner a consulter un spécialiste faute de résultat. Alors apprendre que votre mari a eut non pas trois mais quatre enfants avec deux autres femmes, il y avait de quoi perdre son sang froid. Il y avait eut des cris, des larmes, des deux côtés, en effet Lance ne savait rien de la mère d’Ellie et son passé de coureur de jupon avait brusquement refait surface, mais aussi la douleur qu’il avait ressentit après le départ de Lily Rose, en effet il avait vécut l’annonce de l’existence d’Ellie comme une nouvelle trahison de la part d’une femme. Et Lance avait raconté l’histoire de la jeune fille, il avait alors dit à sa femme qu’il était de son devoir de se racheté, d’être présent pour cette fille qu’il n’avait pas encore rencontré, après tout ce qu’elle avait vécut le couple pouvait lui offrir un foyer. Il l’avait rassuré également, cela ne changerait rien a leur projet de « bébé », il voulait un enfant d’elle. Ce que Lance n’avait pas prévu était la réaction de ses deux autres enfants. Liberty s’était un peu plus recroquevillé sur elle-même l’accusant de vouloir remplacer London, quant à Lawrence… Il était resté fidèle à lui-même, loin de son père. La mort de London avait séparé leur famille, pourtant tous ses enfants habitaient encore sous son toit, mais on n’aurait dit que les uns comme les autres prenaient le manoir pour un hôtel restaurant. Alors aller expliquer à Ellie qu’il y avait des règles à suivre sous son toit…

    « Bah je savais que tu en avais toujours eut après ma fortune ! Alors je vais te le donner ce code ! » A ses mots les deux ivrognes attablés au comptoir un peu plus loin tendirent l’oreille faisant sourire Lance un peu plus largement. Une gorgée du London avait aidé le quadragénaire à se détendre. Ca y était l’ambiance du Nouvel Angleterre et la bonne humeur de son ami faisaient leur petit effet, Lance se détendait enfin. « Trêve de baliverne. Prépare la suite tavernier ! » Tenta t-il de plaisanter avec un peu plus de facilité, la joie de vivre de Matthew était communicative il fallait bien l’avouer. Voila pourquoi le Nouvel Angleterre était tant apprécié par les gens du coin.

    Lancelot n’était pour autant pas encore totalement détendu, il avait du mal a déconnecté son esprit de tout ce qui partait à l’eau dans sa vie. Son esprit tournait sans cesse a la recherche de la solution idéale à tout ses problèmes, à une solution qui ne pénaliserait personne. Lancelot se sentait emprisonné dans les soucis, depuis un an il n’avait pas eut un instant de répit durant lequel les problèmes s’étaient tenus éloignés de lui. Peu après la mort de London il avait du gérer l’arrivé d’October dans sa famille, la dépression de Lawrence, il avait du être là pour Shelby et Joshua, conjugué le tout à sa sauce rééducation, tout en gérant la crise que traversait son coupe. Petit à petit ce point là et les autres s’étaient réglés, malheureusement a peine avait il mit un point à final à une de ses crises qu’une nouvelle apparaissait. Et c’était repartit pour un tour. Dépression, abattement, cache-cache avec les ses émotions, mise en scène, cris, regrets, colère, chagrin. A croire que le destin avait décidé de brisé totalement cet homme que la vie n’avait pas déjà bien épargné. La seule chose qui l’aidait à tenir était la présence de sa femme à ses côtés. Sidney savait prévenir, prévoir aux moments d’abattements de son mari et leur ménageait une pose loin de ce qui le troublait ainsi. Pourtant sa femme elle aussi avait son lot de problème à gérer. La candidature de Finn Perkins au sénatorial, les crises à la mairie, les problèmes de fécondité, les demandes toujours croissantes de ses administrés… Oui la famille Ainsworth et ses différents protagonistes avaient chacun leur lot commun et personnel de soucis à régler. Lorsque les siens devenaient trop lourds il finissait souvent ici au Nouvel Angleterre, au bien lorsqu’il cherchait le réconfort et la douceur d’une femme au Little Piece of New Heaven. Le silence plana suite à la réplique du professeur préféré de New Heaven, silence que mit Matthew a profit pour se faire un London afin d’accompagner Lance dans sa descente de Sherry. Il allait falloir que le drôle de Duo se trouve un taxi pour rentrer ce soir mais cela promettait de sérieux fou rire ce que Lance était venu chercher ici. Ce qui était bien avec Matthew c’était que tout comme Candace il parlait le « Lance ». La spécialité du « chef » de famille des Ainsworth était les confessions puzzle. Lance avait tellement peu l’habitude de parler de lui, il employait plus souvent le « on », « nous » ou encore « notre », que ses confessions ressemblaient à s’y méprendre à une partie de « motus » on vous donnait les lettres et il fallait que le concurrence assemble les mots ! Les crises d’Ellie, la froideur de Lawrence, la colère de Liberty, les questions d’October sur l’endroit où se trouvait son père, l’incapacité chronique de Sid et de Lance pour avoir enfin l’enfant qu’il désirait… Ils attendaient depuis plus d’un an un miracle sans résultat tant et si bien qu’ils avaient arrêtés de tenter de la méthode naturelle pour établir un planning basé sur des courbes de températures, des jambes remontés en l’air après l’amour… Et tant d’autres petits détails que je vous passerais.

    « Oh tu ferrais un père génial Matt… Bon bien sur tu serrais le papa dont tous les gosses rêves, qui cèdent au caprice, leur prépare a mangé en faisant des tours de magie… Mais un super père… et en plus tes enfants auraient tonton Lance le clown dépressif… JE crois que j’aurais du m’appeler Pierrot plutôt que Lance. » La théorie de Matthew sur la conception du potentiel futur enfant du couple tira un premier éclat de rire à Lance, un son rare ses derniers temps qui sembla gonflé de plaisir Matthew. Ah ca y était le charme de l’endroit marchait vraiment. Et puis parla de la conception In vitro et là Lance ne put retenir son fou rire. Voir son ami galérer autant le faisait rire, bien sur il avait deviné de quoi Matthew voulait lui parler mais il prenait un certain plaisir à le voir ramer. Lance le vanna un peu afin d’en rajouter couche. Parlant du gang de neurones qui peuplaient son cerveau. Pour le plaisir il en rajouta une couche.

    « Penche la tête sur le côté très cher, ca t’aidera peut être à trouver si tes deux neurones survivant qui se battent en duel se rencontre l’idée germera peut être ! » Ne dit-on pas qui aime bien châtie bien ? Ces deux là s’adoraient c’était aussi simple que ça et se le montrait avec un peu trop d’ardeur.

    Depuis leur rencontre il avait semblé que les deux hommes étaient en compétitions pour savoir qui commettrait la plus grosse boulette. En même temps ils avaient commencés leur amitié sur une note particulièrement drôle, dragué la même femme qui s’avérerait être un homme au final avait de quoi en faire rire plus d’un. D’ailleurs lorsqu’ils avaient racontés avec force de détails (plus ou inventé selon le narrateur afin d’embarrasser le plus son collègue) l’anecdote à Sidney et aux jumeaux le fou rire avait général et il avait fallut beaucoup de temps avant qu’ils ne se calment et puissent se regarder sans exploser de rire à nouveau. Lorsque son « hôte » brailla le « in vitro » Lance au bord du fou rire déplaça son tabouret de quelques centimètres l’air de dire je ne le connais pas.

    « Euuh, Matt ? T’es sur que ça va ? Pourquoi tu hurles des trucs pareils ? Tu veux faire un bébé tout seul ? Tu sais qu’il faut un lion et un agneau pour ce genre de chose ? Pas un lion tout seul pas vrai ? Ta Woodstock Mama t’a tout de même expliqué comment on faisait les bébés Matt ? Rassure-moi ! »

    Matthew rosie, et fila tell le vent sous le bar cherché de quoi préparer un cocktail afin de masquer le rose de ses joues. Cela fit rire sous cape Lancelot qui enfin se déridait. Lance se permit même d’en rajouter une seconde couche, histoire l’enfoncer un peu plus.

    « Très bien. Oublions les délais. Si tu veux que je me charge de...alors j'émets une condition… Epouse-moi d'abord » Blague de potache ? Un peu mais c’était tellement drôle de voir son hôte si gêné lui qui prêchait d’ordinaire que le ridicule ne tuait pas.

    Soudainement redevenu lui-même Matt demanda à Lance si Sidney et lui avaient pensés à la fécondation In vitro, même si Matthew était un ami proche et fidèle du couple ce n’était pas vraiment le genre de chose dont on discutait entre homme, aussi Lance tenta t-il d’éluder la question sans succès, aussi prêcha t-il une demi vérité, oui ils y avaient pensés, tant et si bien qu’ils avaient prit rendez vous avec un spécialiste qu’ils n’avaient pas encore rencontré. Lance se contenta de répondre un « hummm. Je crois que je lui en parlerai ».

    « Le naturel le naturel… On dirait que tu prêches le bio là Matt ! Les ovaires de ma femme sont pas encore a vendre sur le marché ! » Le charia Lance pour masquer sa gêne. Il n’était décidément pas douer pour parler de sa vie sexuelle avec un autre mec, comment faisait les femmes ? Lance le vit grimacer et se douta qu’une idée bizarre venait de lui traverser l’esprit, Lance leva les yeux au ciel lorsque se dernier lui avoua ce qu’il avait en « tête ».

    Mon dieu, Matthew Schumacher ne changerait donc jamais. Il fantasmait sur Sidney et lui au lit alors qu’ils parlaient du potentiel futur enfant du couple. Remarquez il y avait déjà fait pire, mais tout de même.

    « Tu vas avoir des ennuis, mon pote. De gros ennuis. Des grizzlis enragés te paraîtront adorables quand tu verras ce qui t'attend si tu t’avises de fantasmer sur ma femme » Le menaça faussement Lance avant d’enchainer. « Ah ! Ouais, je vois ton niveau de perversion. Parler fécondation in vitro, procréation et autres problèmes d’activité physique, toi, ça te fait fantasmer sur ma femme. Ok, bon à savoir. Bien, je crois que cela met un terme à notre amitié. Tu me déçois Matthew, tu sais ! »

    Ils rirent de cette pensée. Sans s’en rendre compte Lance avait déjà sifflé son second verre et contemplait le fond vide de ce dernier l’air surpris. La compagnie de Matthew était-elle si agréable que Lancelot ne sentait pas la brulure du sherry et se désagréable goût d’alcool ? Ou bien était il trop déprimé pour le sentir ? La première solution semblait plutôt la bonne. Quoi que la deuxième semblait plus plausible. Si en ville peu de personne avait pensé au jour d’aujourd’hui, à la date anniversaire, Lance lui ne pouvait l’oublier. Son fils était mort un an plus tôt, et il venait de fêter sa première année de mariage. Matthew sembla secouer et Lance s’en voulut aussitôt d’avoir parlé de London. Cependant le barman se ressaisit et leur servit un verre de scotch en lançant un « aller cul sec ! » Matthew traina a avaler son verre aussi Lance lança t-il.

    « Je n'en reviens pas. Comment un être aussi chétif peut-il être aussi lent ? » Il y eut un silence puis Lance murmura « tu sais, je regrette de ne pas lui avoir fait mal à lui. Non ce n’est pas un bon jour. »

    Lance ne s’était pas rendu compte qu’ils venaient de glisser de nouveau dans la déprimer. Matthew ramena Lance dans le droit chemin.

    « Mais non voyons tu me connais, moi la drogue nous sommes de vieux potes, j’ai connu mai 69 mon cher ! J’ai tété de la vodka et du gin et fumé mon premier joint à un an… » Tenta de blaguer Lance. Il était vrai que niveau éducation Lance optait plus pour le dialogue que pour l’action physique, conséquence d’un père abusif, mais ca Matthew ne pouvait le deviner. « Le problème ce que l’assistante sociale est censé évaluer l’épanouissement d’Ellie parmi nous, si elle nous juge mauvais tuteur Ellie sera renvoyé à New York, ce dont elle rêve. Alors j’appréhende. Tu imagines j’ai même fouillé sa chambre et appelé un contact de Sid à la marie pour qu’il m’installe un verrou à alarme sur sa fenêtre pour éviter qu’elle ne vive sa vie la nuit… Cette ambiance me mine, elle ne laisse personne l’approché et cette histoire de drogue… Tu connais la Derefko et la Bouwmeester, il ne faut pas leur laisser une porte d’entrée ouverte sinon elles se précipitent. Ajoute à ca que Sid tente de gérer pour que le scandale Perkins ne devienne pas le scandale Ainsworth ! Avec Ellie rien ne marche, prêché le faux pour qu'elle fasse le vrai, la privée de sortie, hurler, la forcer aux sorties familiales. RIEN !» Il tendit son verre à Matthew. « Remet moi en une dose ! Je sens que je me noie. »
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MessageSujet: Re: Long hard road into Hell [PV Lance-Matthew] Lun 28 Sep - 0:22


    Mon Lance se noyait, effectivement. Mais en bon pote que j’étais, j’allais sûrement pas le laisser faire ça seul. Que non ! Si noyade il y avait, elle devait se faire accompagner et de préférence dans un grand bain d’alcool.
    « Lance, je crois que ce soir, on est bon pour le taxi. Je sens que tu en as besoin. »
    Sur ces bonnes paroles je saisis la carte.
    « Je te propose un truc : on va boire un cocktail chacun au choix en hommage à une personne. On devra dire ce qu’elle nous inspire, et évoquer un souvenir qu’on a d’elle ou avec elle. Me regarde pas comme ça ! Oui, je sais, le jeu est plus qu’enfantin, mais qu’es-tu veux ? On se refait pas. Gamin un jour, gamin toujours. »

    Flashback :

    J’avais inventé ce jeu avec ma mère, sauf qu’à cette époque, on ouvrait un paquet de bonbon et à chaque bonbon avalé, il fallait dire un secret. Avec le temps, j’avais arrêté de jouer à ça avec elle. Bah oui, à 15 ans, on n’a pas franchement envie d’avouer à sa maman qu’on a fait le mur pour aller se saouler avec des copains au bord du lac et en profiter pour perdre son pucelage ! Même une mère hippie ne pouvait pas tout entendre. Je me souviens même du jour où j’étais rentré à la maison, puant la cigarette. Elle m’avait alors sorti le paquet de Dragibus et m’avait fait asseoir sur les poufs en patchwork. Elle avait même allumé un bâton d’encens pour camoufler l’odeur de tabac. Elle m’avait presque ordonné de commencer, ce qui pour une mère ultra permissive ressemble à la pire engueulade de tous les temps. J’avais eu un instant d’hésitation, puis je m’étais lancé : ‘Miom, miom shhuit, slurp mashmash,ish cchiokchiok. Glups. Enfin voilà, tu sais tout.’ Elle m’avait alors demandé de lui redire dans la langue des humains d’Amérique ce que je venais de lui raconter en patois martien. Littéralement, je lui avais dit qu’un ami du quartier avait piqué des cigarettes à son père et qu’il voulait essayer, pour ressembler à un certain James Dean. On avait alors essayé tous les deux et je m’étais révélé bien meilleur que lui au jeu consistant à ne pas s’étouffer avec la fumée. J’avais donc refait mon récit en langage non codé. Elle avait alors serré le poing. Je jure qu’à cet instant, je faisais pas franchement le malin. Mais il ne s’était rien passé. Elle avait juste appuyé son front sur son poing et semblait réfléchir à la meilleure solution pacifiste possible. Au bout de cinq longues minutes où je ne savais pas ce qui allait se produire pour ma charmante petite personne, elle m’avait souri et dit ‘Ecoute mon grand. C’est vrai, tu es un homme maintenant et tu peux faire des choix. Alors voilà, tu as deux options : soit tu arrêtes, soit tu continues. A toi de choisir. Mais réfléchi bien : si tu continues, ne compte pas sur moi pour être ton sponsor et financer ton entreprise personnelle de fumée.’ J’avais choisi : Continuer. Et elle avait tenu sa promesse, j’étais seul dans la dépense.

    Flashback : fin.

    Qu’aurait-elle dit aujourd’hui si elle avait su que son fils transformait ce jeu enfantin en grande beuverie pour adulte ? Probablement rien. Elle avait toujours eu moins de problèmes de conscience avec l’alcool. De plus, elle était une fan absolue de Lance et j’étais prêt à parier ma plus belle chemise hawaïenne (Bleue turquoise avec des fleurs jaunes aux contours blanc et noir. La même qu’Elvis Presley dans un de ses films. Magnifique.) qu’elle m’aurait passé un savon pour ne pas y avoir pensé plus tôt.
    « Lance lâche ce verre pour fillette et laisse-moi te donner ton broc. »
    Je débarrassai les verres et croisai le regard de mon ami. On voyait nettement qu’il avait envie de parler mais qu’il n’était pas encore suffisamment désinhibé pour le faire. ‘Attends mon petit. Tu vas voir, dans quelques minutes, tu seras tellement joyeux que tu me feras des claquettes irlandaises sur le bar en me racontant des blagues sur les blondes.’
    « Et donc, nous allons commencer par…ouuuh ! Le joli ‘Dirty Harry’ que voici ! »
    Un ‘Dirty Harry’ n’était vraiment pas un truc de fillette. Il était plutôt à classer dans la catégorie des ‘Débouche-toilettes’ ou des ‘Retourneurs de tête’. Il était parfait !
    « Lance, si tu veux commencer, y’a pas de problème. »
    Mais pour toute réponse j’eu droit à un
    « Mff, non. T’as l’air super bien parti pour un de tes récits de conquêtes spatiales sur la planète ‘ Serial Tombeur’. Je te laisse ouvrir les festivités. »

    ‘Ok. Il va voir ce qu’il va voir le petit Lance.’ Je sais pas pourquoi j’ai choisi cette personne en premier pour ouvrir le bal, mais je trouvais l’occasion trop belle de le faire évacuer sa rage.

    « Aloors… Le Dirty Harry me fait penser à…Wayne ! Il pourrait briguer le titre pas très honorifique de ‘Plus Grand Crétin du Monde ‘ s’il ne tente pas tout pour récupérer Bert ! Je me souviens qu’un soir il est arrivé et qu’il a commencé à faire le mariole avec deux jeunes filles dans la boîte. J’ai vu mon Dj quitté les platines à la vitesse du TGV japonais et se précipité dans la foule. Son regard fixé sur Wayne et ses deux ‘copines’. Je me souviens m’être demandé ce qu’il se passait, pourquoi il avait quitté son poste. J’ai descendu 3-4 marches et là, PAF !!! J’ai vu voler Wayne à travers la pièce. Il m’est passé devant en slidant sur le dos, les quatre fers en l’air et une tomate à la place du nez. Je me souviens m’être fait un commentaire du genre ‘Euuh…on n’est pas en Romanie ici ! On passe pas devant les gens à toute vitesse comme ça sans leur dire bonjour, c’est pas poli !’. Mais à peine m’étais-je remis de mon fou rire intérieur que j’ai vu notre cher et tendre Tomato-boy se ruer comme un chien enragé sur le dos de mon pauvre petit Dj, déjà au prise avec une des filles. »

    Le regard de Lance se faisait plus rieur au fur et à mesure que j’avançais dans mon récit. Il avait l’œil pétillant de celui qui voit une scène particulièrement intéressante se dérouler devant lui. Voire plus encore : il était sur le point de sauter de joie, un peu comme le ferait un lion qui apercevrait son premier agneau en 10 jours de famine. Il avait descendu son verre tellement il était emballé (excité ?) par l’anecdote. ‘Ça lui donne peut-être des idées pour une hypothétique baston entre son « gendre » et lui. En tout cas, si street-fight il y a entre les deux, j’ai déjà choisi mon camp ! GO, Lance, GO !’
    J’avais interrompu mon récit quelques instants pour boire mon verre et observé son attitude. Je le faisais mariner, histoire de faire monter un peu le suspense. Il me lança un truc genre : « Oui, et ? », complètement détendu en apparence alors que ses yeux rappelaient vaguement ceux d’une gamine de 15 ans à qui on est entrain de raconter le plus gros potin du monde moderne (genre : Gary a trompé Cindy ? Nooon !! Raconteraconteraconte !!!!). Je lui souri. Il pouvait bien faire le nonchalant devant moi, ses yeux le trompaient toujours. Je reposai mon verre sur le comptoir.

    « Et donc, bref. Ton serviteur, c’est-à-dire Moi, s’est lancé à la poursuite de Wayne, pour l’empêcher de faire quelque chose qu’il regretterait plus tard. Je l’ai ceinturé, mais c’est qu’il se débattait sec le petit ! Je lui ai dit assez fortement que je ne voulais pas de bagarre dans ma boîte ou dans mon pub, et que s’il n’arrêtait pas, j’allais être obligé de le foutre dehors. Il a pas lâché l’affaire. »

    « Bon, écoute Matt, si tu comptes jouer les prolongations et faire le commentaire d’après match, il va falloir que tu me donnes du carburant. J’ai fini. »
    Lance aimait les histoires longues, mais il faut bien avouer que je laissais trainer, en ajoutant luxe de détails inutiles. On allait rentrer dans un état !!
    « Ouais, ouais, bouge pas, ça vient ! Et hop ! Un deuxième. »
    J’avalai d’une traite le reste de mon verre et m’en resservi un de suite derrière.
    « Bon, je disais quoi moi, avant cet intermède publicitaire ? Aah, oui. Il se débattait et braillait qu’il allait littéralement casser la gueule de mon Dj, qui lui –et ça, je l’ai su après- était au prise avec sa sœur -mineure en plus- qu’il avait fait rentrer en fraude. Je commençais à en avoir plus que ras-le-bol de ce vermisseau, et pour abréger ses souffrances et les miennes, je l’ai lâché pour lui coller une belle mandale retentissante. »

    Mon Lance était aux anges ! Yes !! Il avait l’air d’une pom-pom girl sur le banc de touche qui hurlait ‘Donnez-moi un M ! Donnez-moi un A ! Donnez-moi un T ! Donnez-moi un autre T ! MAAAATTTTTT !! Youhouououuou !!’. J’étais son équipe gagnante, celle qui avait collé la raclée de sa vie (ou presque) à celle de son abruti de pseudo-gendre à temps partiel. Mais en temps que ‘Monsieur Madame La Maire’, il a joué son rôle de ‘Sainte Nitouche’.
    « Matt, Matt, Matt… La diplomatie et toi, vous êtes vraiment fâchés, ou un accord à l’amiable peut être envisagé entre vous deux ? »
    Ça, il l’avait dit pour la galerie. Derrière son verre et cachés par son torse, il avait levé les deux pouces en signe de victoire absolue. Autre signe physique de sa joie : il m’avait adressé un clin d’œil très appuyé qui voulait dire : ‘Si j’avais été présent et que tu n’étais pas intervenu, laisse-moi te dire que je l’aurai fait à ta place.’
    J’ai ri à la boutade. Nous avons entrechoqué nos verres et on les a vidés d’une traite. Brouhouhou !! Whoua ! On sentait bien par où il passait celui-ci ! Je commençais à ressentir quelques picotements cérébraux, signe que l’alcool était bien là, merci, et qu’elle commençait son petit boulot : triage de neurones. Le principe était simple : elle les triait en deux catégories. Les intelligents qu’elle priait gentiment de rentrer chez eux sans discuter et les débiles, qu’elle invitait à devenir encore plus débile lors d’une fête qu’elle organisait dans mon cerveau. Mais avant que ce tri soit fini, j’avais encore quelques belles heures de lucidité et de joie devant moi.

    « Voilà. A ton tour maintenant. Tu bois quoi et ça parle de qui ? »
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MessageSujet: Re: Long hard road into Hell [PV Lance-Matthew] Jeu 1 Oct - 1:05


    « Bon pour le taxi ? Je penchais plutôt pour l’ambulance si on continue a ce rythme les portes du coma éthylique nous sont ouvertes mon grand ! » Répliqua Lance en esquissant le début, mais alors vraiment le tout début d’un petit sourire un peu tarabiscoté qui faisait fondre d’ordinaire le cœur des femmes comme le beurre fond sur une tartine de pain brioché grillé.

    Et oui constater la référence, il fallait dire que Lance n’avait rien avalé de solide depuis le matin, si tant est qu’une tartine grillé saisit au vol du grille pain et engloutit comme si sa vie en dépendait, ce qui était le cas un être humain normal (ce qu’il n’était pas) avait besoin de se nourrir, pouvait être considéré comme l’ingestion d’un repas convenable censé faire la journée. Il était las, fatigué, épuisé aurait été plus juste, les cours, Ellie, Bert, Lawrence, Sidney loin, trop loin, c’était trop. Il avait prit sa soirée, et quelle soirée… Il allait se saoûler avec son meilleur ami jusqu'à roulé sous la table et trouver la vie magnifiquement belle. C’était ça l’amitié, ne jamais laisser un ami boire seul. Lance avait d’ailleurs, pour les trente ans de son vieux compère, fait gravé une plaque (façon plaque d’immatriculation) avec l’inscription « Never Let a Friend Drink Alone » un présent qui trônait fièrement sur l’un des murs du bar, près du premier dollar que Matthew avait gagné avec le bar.


    « C’est quoi encore que ce jeu Matt… Mon dieu tu te rends compte que c’est un peu la version moderne d’action ou vérité » se moqua t-il.

    Lance retrouvait sa joie de vivre coutumière passé quelques verres, Matthew le savait, et pour cause ce n’était pas la première soirée de beuverie que les deux amis se faisaient, oh que non mes loulous. Ils étaient plutôt coutumier du fait. Lance vivait dans une maison où il était le seul homme, la bonne était même une femme, alors comprenez, il n’avait aucun problème, il aimait les femmes, et au vu de la naissance clandestine d’Ellie il en avait aimé un peu trop, là n’était pas le soucis. Le soucis c’était qu’un homme entouré de femmes, constamment, c’est un peu comme enfermé une souris avec des éléphants, c’est fuit ou crève. Bon ok, je vous l’accorde l’image est un peu abusive, mais c’était l’idée. Il étouffait, avait besoin de se retrouver dans un endroit qui puait la testostérone à plein nez, la « old school » comme on en fait plus. Et voila comment immanquablement il échouait ici un soir toutes les deux semaines environ.

    Et comment Matthew, gaie luron même en cas de crise et encore plus hilarant avec quelques verres de Guiness ou de tout autre mélange dans le nez, lui changeait immanquablement les idée. Une chose était sure les parents de Matthew, contrairement à ceux de Lance, étaient fiers de leur fils, bon les parents de Lance étant décédés y’aurait eut du mal pour qu’ils soient fiers de lui mais même de leur vivant leur fils les avaient déçus… Bref. Les parents de Matt pouvaient être fiers, il gérait avec brio deux affaires : le bar plus la boite de nuit, avait un petit loft cosy et restauré maison dont il n’avait même pas eut a payé une traite, un loyer de sa vie (petite anecdote qui faisait toujours rire l’intéressé lorsqu’il la racontait) et en plus il était plutôt beau garçon (non pas que Lance n’ait pensé un jour à Matthew en ses termes je vous rassure ^^) et avait du succès avec les femmes. Le fils Schumacher avait de quoi faire honneur à ses parents, fidèles woodstockiens que Lance ne manquait pas d’inviter a dîner lorsqu’ils se trouvaient en ville, la famille de Matt était de celle qu’on adore recevoir chez soit tant ils étaient drôles, sympathiques et charmants. En souriant Lance écouta les élucubrations de son meilleurs amis à propos de Wayne en affichant cette bouille réjouie qu’aurait eut un gosse après avoir mangé tous les cookies fait par maman. Ses yeux brillaient et il luttait pour ne pas éclater de rire de peur de voir le récit se terminer. Mais Matthew savait « conté » ses anecdotes et voulant ménagé l’effet de surprise prit le temps d’une pose pour boire un peu de son verre.

    Bien sur l’anecdote lui plaisait, l’amusait, et le ferrait sûrement éclaté de rire lorsque Matthew l’aurait finit et qu’enfin il pourrait se lâcher sans avoir peur de ne pas entendre la fin de l’histoire, mais la mention de Wayne lui rappelait douloureusement un épisode datant de quelques jours en relation avec sa fille, ses filles aurait d’ailleurs été plus juste. En effet sa plus jeune fille, Ellie suivez un peu bon sang, avait été surprise par un surveillant du très select lycée où enseignait Lancelot, en train de réceptionner à travers le grillage entourant l’école, un paquet de cocaïne et le livreur n’était autre que son gendre en personne. Wayne Colleton. Futur ex gendre il s’entend, car sa fille avait décidé de se séparer de ce crétin et de demander le divorce. Fou de rage en apprenant la nouvelle Lance avait attrapé le « gamin » au collier dès que la porte de son supérieur s’était refermée et qu’Ellie s’était éloigné en maugréant comme à son habitude vers la voiture de son père. Dire qu’il avait menacé Wayne était un brillant euphémisme. Il avait juré sur la tête de ses enfants, chose qu’il ne faisait jamais d’ordinaire, que s’il revoyait Wayne à moins d’un mètre de sa famille, il le tuerait. Entendre qu’un mec avait faillit faire le boulot à sa place, parce que Wayne fricotait avec une mineure n’était pas pour déplaire au patriarche de la grande famille, mais cela confirmait ses soupçons ce gamin était louche. Bien sur pensé que cela confirmait ses soupçons ne l’aidait pas non plus, il avait bien vu que Wayne en pinçait encore pour Liberty et vu la scène que Lance avait fait à sa fille, et au vu du tempérament rebelle de cette dernière, il devrait sous peu se prendre en pleine poire l’annonce d’une réconciliation du couple. Comment gérait-il la chose ? Comment arriverait-il a savoir si Ellie se droguait ou si elle n’était qu’une dealeuse ? Bonne question. Aller Lancelot courage que diable ! Sa famille avait traversé bien pire au cours des années, alors pourquoi ne surmonterait-elle pas tout cela ?

    Oui Matthew le faisait rire, et cela lui faisait un bien fou, il avait du mal a se rappeler a quand remontait la dernière fois où il avait « réellement » rie de bon cœur. Il voyait la scène dans son esprit et cela lui faisait du bien d’imaginer que finalement quelqu’un avait donné une leçon à Wayne Colleton. Mais Lance savait une chose, le prédateur le plus dangereux qui soit pour sa famille n’était en rien son futur ex gendre, mais bel et bien sa propre fille, Ellie. Les frasques de la petite dernière menaçaient l’équilibre interne d’une famille qui se remettait tout juste d’un drame. Liberty avait prit son arrivée comme une tentative de son père pour remplacer London, Lawrence avait refusé de la voir seul, Sidney faisait avec bien que la jeune fille lui pourrisse la vie avec acharnement, il n’y avait qu’avec Autumn que l’adolescente se montrait agréable, peut être parce qu’elle n’était qu’une enfant. Sa cible préférée restait tout de même son père. Lance qui n’avait pas fermé l’œil depuis deux jours la cherchant en ville en pleine nuit alors qu’elle s’était simplement cachée dans son placard jusqu'à ce qu’il vienne vérifier qu’elle dormait, laissant la fenêtre ouverte pour qu’il croie qu’elle s’était enfuit.

    La colère l’avait emporté lorsqu’il s’était adressé à Bert, il savait qu’elle n’avait quasiment plus de contacts avec son futur ex mari, seulement lors de leur réunion en présence de leurs avocats respectifs. Sa fille dans sa bonne intelligence avait fait signé (sous demande de Tante Ermitrude, cette femme était beau une folle furieuse elle n’était pas dingo) un contrat de mariage à Wayne a leur retour à New Heaven, protégeant ainsi ses biens. Au moins ce junkie n’aurait pas un sous de leur famille, c’était une faible consolation mais il s’en moquait. Mais lorsqu’il avait parlé a Bert il avait perdu les pédales, trop peu de sommeil, trop de stress, trop de pression. Pour la première fois de sa vie il avait levé la main sur l’un de ses enfants, et il le regrettait sûrement jusqu'à sa mort, tel était Lance Ainsworth. Mais ce qui le rongeait plus encore était ce qui s’était produit après. La bombe que sa fille lui avait lancée à la figure et qu’il avait saisit au vol et serré contre lui. Lily Rose. Deux jours cela datait de seulement deux jours et pourtant c’était déjà deux de trop, il devait parler à Sidney il le savait pourtant il en était incapable. Comment lui avouer ce qu’il avait fait ? Comment lui avouer que la mère de ses enfants, la mère biologique car ses dernières années Sid avait dépassé le simple rôle de Belle mère. Comment dire à la femme que vous aimiez que vous avez fait revenir votre premier amour ?

    « Bon, écoute Matt, si tu comptes jouer les prolongations et faire le commentaire d’après match, il va falloir que tu me donnes du carburant. J’ai fini. »

    Lança Lance d’une voix de basse, il tentait d’imitié un pochtron, et pour tout dire il s’en tirait plutôt pas mal. Ahhh les joies du théâtre sans se forcer. Peut être parce qu’il commençait doucement a sentir la torpeur l’embrasser de ses bras blanc et tendre. Un deuxième Dirty Harry plus tard et l’histoire reprenait, et Lance écoutait en sirotant son verre taille size. C’était comme dans un starbuck ici, la taille de la « chopine » était négociable en fonction de votre besoin d’oublier. Lance ce soir chaussait dans le King Size, il en avait besoin.

    Lorsque Matthew termina sa petite histoire Lance se mit a agité les mains devant lui, puis en l’air, et sur les côtés, secouant des pompoms imaginaires en imitant une pompom girl avec un certain succès d’ailleurs. Matthew était devenu brusquement son idole en plus d’un de ses amis de cuite (^^) c’est qu’il montait en grade le Matt ! Cependant en tant qu’homme civilisé, devant respecter un certain nombre de règle de conduite (Mr Madame le maire qui encourageait son meilleur ami a la violence sur un streap teaseur dealer, pas sur que les administrés de Sid aimerait). Aussi se força t-il a râlé alors qu’un sourire déformait sa bouche et qu’il luttait contre le fou rire qui menaçait de lui échapper.

    « Matt, Matt, Matt… La diplomatie et toi, vous êtes vraiment fâchés, ou un accord à l’amiable peut être envisagé entre vous deux ? » Contre disant un peu plus ses paroles il donna une accolade à Matt par-dessus le bar. Ce mec c’était son héro, son superman, non encore mieux que Superman ! Il leva ensuite les deux pouces appréciant toujours. Ah ce Matthew, s’il existait pas il faudrait l’inventer.

    « Voilà. A ton tour maintenant. Tu bois quoi et ça parle de qui ? »

    Bonne question mon petit Matthew. Lance fit fonctionné ses neurones quelques secondes avant de trouver une réponse à cette question.


    « Un Manhattan Julep (vermouth, double dose de bourbon, menthe, sucre) ça me fait penser a Candace. Et à Ellie aussi. On va dire Ellie… Ma petite Ellie, la gamine rebelle qui s’amuse a me pourrir la vie au maximum, c’est devenu son nouvel objectif. Tiens je vais te raconter un truc drôle. Elle a trouvé un nouveau moyen de m’emmerder, bon bien sur y’a eut le deale de drogue au lycée einh mais ça c’est de la nioniotte… Devine pour qui deal mon adorable rejeton ? Les Bouwmeester… Rien que ça… Et la Derefko, ta grande copine et bien c’est elle qui emploie mon cher et tendre gendre qui livre à ma fille sa came… Quand déduis tu mon petit Matt ? Que ta grande copine s’est accoquiné avec la racaille… Ellie parlons en un peu tiens. » L’alcool faisant effet sur son estomac criant famine le petit devenait incohérent, sautant d’une phrase à l’autre. Il lui en faudrait encore pas mal pour l’achever mais il était partit sur la bonne voie là. « A toi je peux te le dire pas vrai ? Je l’aimais bien la mère d’Ellie, j’ai passé deux semaines géniales avec elle à New York quand je jouais dans la pièce de Shakes’, mais Ellie me laisse a peine le temps de parler à Sidney alors imagine parler à Ellie de ma relation avec sa mère… » Décousue pas vrai ? Mais Matt parlait le Ainsworth en deuxième langue. « Et puis les deux autres… Bert et Law… Je te le dis Matt être père c’est le pied jusqu'à ce que les gamins arrivent a parler. Tu veux que je te dise pourquoi ce truc me fait penser à Ellie ? Parce qu'elle vient de New York et parce que comme lui il semble fort, revêche mais que tu sais qu'il y a un coté sucré qui apaiserait a un moment donné la brûlure dans ta gorge. Y'a la phase amère il suffit d'attendre la doucereuse qui te calmera. »
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MessageSujet: Re: Long hard road into Hell [PV Lance-Matthew] Lun 12 Oct - 9:15


    ‘Que faire, mon Dieu, que faire ?’
    Lance avait l’alcool triste ce soir et c’était la première fois que je n’arrivais pas à le sortir de là. J’avais tenté de faire dévier la conversation sur un autre terrain que celui de sa famille, sur Candace et moi par exemple, ou sur une bourde d’un de ses élèves, mais RIEN à FAIRE ! Monsieur avait décidé de rester embourbé dans le dramatique. Eh ben si c’était comme ça, et si il voulait rester dans cette optique là, on allait pas s’en sortir et il devrait probablement venir dormir sur le canapé du salon parce que je n’aurais sûrement pas la force d’articuler son adresse et ensuite la mienne de façon intelligible au pauvre chauffeur de taxi - ou d’ambulance comme me l’avait suggéré Lance plus tôt – qui serait en charge de nous ramener.
    Je m’inquiétais aussi d’une autre chose : ne parlais-je donc plus le Lance des heures sombres ? Avais-je perdu cette faculté presque surnaturelle que j’avais de le faire sortir de tous ses cauchemars avec une bonne vieille vanne ? Est-ce que ça pouvait avoir un rapport avec ce que j’étais en train de vivre en ce moment avec Ashley ? Etais-je trop troublé par autre chose pour REELLEMENT m’intéresser à ce que me racontait mon meilleur ami ?
    Je balayais la dernière question d’un geste de la tête. Bien sur que non voyons ! Je ne faisais pas partie de ces gens qui n’ont qu’une seule case émotion dans le cerveau et qui pensent que leurs problèmes sont les plus importants du monde connu. Mon ami avait des problèmes et il était de mon devoir de l’aider à les régler.
    Je m’appuyais au comptoir. Yeahh…Mal de mer begin ! Drôle que j’en sois déjà réduit à cet état après si peu de verre…
    ‘Mais c’est p’t’être parce que t’as rien avalé depuis le p’tit dèj’ mon cher ami…’, me susurra perversement la partie intelligente de mon cerveau encore vivante. ‘Ah ouais !’

    « Ecoute mon tit Lance, je sais que ta famille et tout ça, c’est super important pour toi. Je vais te parler plus que franchement, quitte à te dire des trucs qui te plairont p’t’être pas, mais faut que ça sorte. Regarde deux secondes la réalité en face : depuis combien de temps tes enfants ne sont pas venus vers toi avec JUSTE l’idée de te faire un câlin ? Et je sais de source sûre que le cas d’Ellie ne s’arrangera pas tout seul. Il va falloir que tu sois un chouilla plus Papa Dur que Papa Coule ! »

    Je continuais sur ma lancée, tout en surveillant l’expression de Lance. J’avais peur d’aller trop loin et d’outrepasser mes droits de meilleur ami et conseiller.

    « Tu sais, tu devrais me l’envoyer. »

    Lance me regarda alors avec des yeux de merlans frits à l’huile de palme transgénique.

    « Matt ? Mais qu’es-tu raconte ? Tu yoyottes de la cafetière en ce moment ? Tu tiens vraiment à ce que j’ai des problèmes, c’est ça ? »

    Non, je ne tenais pas à ce que mon ami ait des problèmes. Sa gosse avait vraiment envie de bosser, hein ? Dans un milieu alternatif et noctambule ? Alors j’étais parfait pour ça.

    « Non Lance. Mais réfléchis. Mis à part le fait qu’elle soit mineure, elle a envie de bosser d’après ce que j’en déduis, si elle vend déjà. Bon, c’est vrai que je ne te garantis pas qu’un stage chez moi remette toutes les choses au point, mais au moins, elle serait obligée de la fermer avec toi et de te servir. Un bon moyen d’enseigner le respect. Le client est roi, même si c’est ton père et que – excuse moi – tu peux pas le sentir, t’es obligé d’être agréable. »

    J’y suis allé fort là pour le coup, mais l’alcool me montait à la tête. Bref, je suis pas sûr d’avoir bien saisi ce que je devais lui dire pour le rassurer.

    Un long moment de silence pesant s’installa. Pendant un instant, j’ai bien cru qu’il s’était endormi sur mon comptoir. Au bout d’un moment, j’ai allongé le bras pour lui toucher l’épaule. Il s’est redressé, comme s’il n’avait pas entendu les derniers mots que je lui avais dits.

    « Eh ! Mec, ça va ? »

    Lance était tout pâle, mais il me fit signe de continuer à le servir.

    « Je suis pas bien sur que ce soit une bonne idée bonhomme. T’as l’air malade, tu veux pas plutôt que je te fasse un café ? »

    Il me répondit par la négative. Je ne voyais pas ce que je pouvais faire. Je me servis donc un petit shooter, un Hell Yeah, juste histoire de me donner du courage. ‘Bon, vu que je suis à moitié du trois quart bourré, et que je commences à raconter des conneries, autant y aller franchement dans l’alcool.’ Je descendis le shooter d’un trait. Lance me regarda.

    « Et moi ? »

    Oups ! J’avais oublié !

    « Ouais, pardon excuse-moi. Tiens, un Hell. On reprend notre petit jeu. Bien… Ce shooter Absinthe-Gin-Vodka me fait penser à… Ashley. J’ai la sensation que je vais faire une super connerie avec elle. Du moins, je sens bien que je l’aime encore, et aux dernières nouvelles, apparemment, elle m’aime encore aussi… eeet, bref, je crois que je vais lui proposer de venir habiter chez moi. Et…Lance, je vais faire une grosse connerie, je crois… »

    Mon histoire avec Ashley était revenue sur le devant de la scène et je n’en avais parlé à personne. Je me sentais bête, comme un gamin dans ses premières amours, pris en flagrant délit d’amour. Et puis, je me sentais nul de profiter du fait que mon ami était venu dans ma deuxième maison pour me parler de ses problèmes pour inverser la situation, et vider mon sac, au lieu de le laisser vider le sien.
    Enfin, voilà. On en était au moment des grandes révélations. Je savais déjà que ce que j’allais lui dire était sincère, mais je savais aussi que c’était une grosse connerie.

    « Bref, je crois que vous aviez raison tous les trois. Candy, Sid et toi, hein. Je crois, je crois… »

    « Oh ! Matt’, accouche ! On va pas y passer le réveillon et le prochain Halloween ! Qu’estu crois ? »

    ‘Ouais, allez Matthew ! T’es grand, t’es un homme un vrai ! Hein, ‘Bad to the bone’ comme dit Thorogood dans sa chanson.’

    « Baaaahhhh, voilà. Je crois que je vais la demander en mariage. »

    BRAOUM !!!! Lance était presque tombé de son siège.

    « Lance ! Eh ! Lance, ça va ??? Réponds-moi ? »
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MessageSujet: Re: Long hard road into Hell [PV Lance-Matthew] Dim 25 Oct - 8:21

    Lance Ainsworth savait apprécier à sa juste valeur une amitié, et celle qu’il entretenait avec Matthew comptait énormément à ses yeux. Il connaissait aussi la douleur du poids des secrets, et longtemps il avait prit sur lui pour cacher son mal être aux yeux des autres, il était un chef de famille et il se devait d’être fort pour ses proches. Mais depuis près d’un an il avait été incapable de cacher ce qu’il ressentait, ou alors en de très rare occasion, un peu comme si les décennies de silence qu’il avait accumulé s’étaient brusquement retourné contre lui, rendant impossible le recours a la dissimulation. C’était d’ailleurs une des choses que lui reprochait Liberty, de se complaire dans la douleur de la perte de son fils. Parfois il pensait que Liberty ne comprendrait jamais, qu’elle n’était pas faite du même bois que lui pour comprendre sa douleur, à d’autre moment il pensait seulement qu’elle avait avancé, lui non. Il savait que depuis plus d’un an il n’était plus le même homme qu’autrefois. Il le savait mais était incapable de redevenir comme avant. Le Lance plein d’humour et toujours optimiste avait laissé place à un homme plus taciturne, moins prompt à la détente, toujours sur le qui-vive lorsqu’il se trouvait avec les siens, maintenant son masque en place. Mais lorsqu’il se trouvait avec ses deux meilleurs amis, eux qu’ils n’avaient pas à protéger de sa propre souffrance parce qu’une part d’eux connaissait déjà cela. Il ne s’expliquait pas ce besoin maladif qu’il avait de masquer sa souffrance aux yeux de sa famille mais pas à ceux de ses deux meilleurs amis. Lance se savait un fardeau, ses derniers temps lorsqu’il se rendait chez Candace ou chez Matthew il arrivait avec le poids de sa souffrance, de ses cas de conscience en bandoulière. Il se savait lourd, épuisant, une charge. Et il luttait contre ça. Mais ses deux là étaient ses meilleurs anti dépresseur du moment face à trois enfants en colère, et l’incapacité a en donné un bien à elle à Sidney. Il était las de devoir masquer que les remarques d’Ellie le blessait, fatigué de voir Lawrence quitter une pièce lorsqu’ils se retrouvaient seuls dans la même pièce, épuisé de lutter sans cesse contre Liberty… Mais plus que tout il était éreinté moralement de voir se succéder les tests de grossesse négatif de Sidney, las de voir la tristesse dans ses grands yeux à chaque fois. Ces moments de laissez aller avec ses amis il en avait de plus en plus besoin, lui qui s’était toujours complut dans ce bain familial ressentait de plus en plus le besoin de s’échapper de la présence de ses enfants. Lorsque Sidney n’était pas là, ce devenait trop dur. L’absence de London était encore plus palpable. Il aurait eut besoin d’une thérapie il le savait mais comme je vous l’ai dis Lance était un homme mystérieux, et plus que tout il redoutait de voir ressurgir un passé qu’il s’employait à enterré depuis trente ans.

    Sa thérapie c’était ses moments de total relâchement avec Matthew, quoi qu’il se passait jamais au grand jamais le barman ne le jugeait, et pourtant Matthew en avait entendu des confessions de Lancelot… Leur amitié était de celle que l’on ne voit pas passé. Ils se connaissaient depuis longtemps maintenant, en tout cas même si ce n’était que depuis quelques années elle semblait durée depuis toujours. Et ils en avaient eut des souvenirs dans ce bar. La première conso que Lance avait bu ici offrant son premier dollar à Matt, leur première cuite entre pote, l’annonce des fiançailles entre Syd et Lance, la mort de London et son toast post enterrement … Beaucoup de souvenirs étaient attachés à ce lieu et il fallait bien l’avouer revenir ici c’était un peu comme refaire un saut dans le passé. Mais heureusement que son meilleur ami était là pour l’empêcher de broyer du noir parce que franchement il n’était pas très doué en ce moment pour la gaieté mais après quelques verres et quelques plaisanteries du trentenaire il se sentait mieux. Sauf que ce soir le charme de l’endroit ne semblait pas fonctionner ou bien était ce Lance qui n’était pas encore assez imbibé ? Il fallait dire que même dans la limite de rouler sous la table il n’aurait pu contester la véracité des propos de son ami, il était trop gentil… Enfin trop compréhensif et il se torturait trop. Ses enfants lui reprochait une chose qu’il n’avait en rien prémédité, avant qu’Ellie débarque il ignorait totalement son existence, et il n’était en rien dans la mort de la mère de la jeune fille, pourtant ses enfants lui reprochait son arrivée dans leur vie. Qu’aurait du t-il faire ? L’abandonner à un foyer ? Après avoir élevé seul trois enfants ? Pour qui le prenait-il ? Aujourd’hui il avait un foyer stable, une femme, deux grands enfants. Il n’avait aucune raison de refuser de la « garder » avec eux. Pour lui jamais Lance ne disparaitrait de sa mémoire, jamais, son fils ne serait jamais remplacer dans son cœur par une ou un autre. Jamais. Mais ses deux enfants, ses deux premiers enfants serait plus juste, avait vu son acceptation comme la preuve qu’il désirait effacer le souvenir de London. Depuis un an déjà sa relation avec ses enfants s’était considérablement dégradée et Lance savait au fond de lui qu’ils lui reprochaient la mort de leur frère. Il soupira et passa une main sur sa nuque alors que Matthew lui proposait une solution.

    « Te l’envoyer ? Matt ? Mais qu’es-tu raconte ? Tu yoyottes de la cafetière en ce moment ? Tu tiens vraiment à ce que j’ai des problèmes, c’est ça ? Ou tu as simplement prémédité avec Sidney qu’Ellie me tue histoire qu’elle devienne propriétaire de mes biens ? »

    Lui envoyer Ellie ? Sérieux ? C’était comme mettre sous le nez d’un junkie une seringue d’héroïne ! Il avait fumé quoi le Matthew là ? Bon ok son raisonnement tenait la route, c’était clair que pouvoir passer du temps avec sa fille sans l’entendre râler, grogner, jurer serait un soulagement pour ses oreilles de « grand père », ouais peut être faudrait tout de même y réfléchir avant d’envisager la chose… Par réfléchir il entendait attendre d’avoir dessaouler, parce que mine de rien, ils n’en étaient plus à leur premier verre. L’alcool commençait à leur monter à la tête, la preuve Matt envisageait de prendre sous son aile la protéger des Bouwmeester, sachant ce que faisait les Bouwmeester à ceux qui n’étaient pas des grands « protecteurs » locaux il fallait du cran. Bien sur personne n’ignorait que Lance Ainsworth était l’ami de Candace Ingahms et de Matthew Schumacher mais bon quand même fallait pas pousser mamie dans les orties ! Lancelot réfléchissait à l’offre en silence, un silence pesant dont il n’avait même pas prit conscience, il fallait dire qu’il repensait au comportement de sa fille en essayant de l’imaginer différente, il n’aurait su dire si un « stage » au Nouvel Angleterre aurait été une bonne chose. Personne n’ignorait en ville que le bar/discothèque de Matthew était une des terres non touchées par l’influence de February et de sa clique, laisser Ellie bosser ici n’était ce pas introduire le loup dans la bergerie ?

    « Eh ! Mec, ça va ? » Il avait conscience d’être soudainement devenu très pale, a vrai dire son estomac se révulsait à la simple idée d’imaginer sa fille entre les pates de Febr’ c’était plus fort que lui, son côté protecteur. Pourtant, sa fille lui avait très bien fait comprendre ce qu’elle pensait de son avis. Il soupira et fit signe à Matt qui lui avait touché le bras pour le faire sortir de son mutisme, de lui resservir un verre. Inquiet il lui proposa plutôt d’enchainer avec quelque chose de plus commun comme un café mais Lance refusa la proposition d’un signe de tête. Matt se prépara un Shooter et l’avala d’un trait, soulevant un sourcil amusé Lance lança.

    « Et moi ? Tu m’oublies ? Je croyais que le client était roi, si c’est ça que tu veux enseigner a la gosse elle se débrouille très bien toute seule. » Il plaisantait sincèrement et son visage avait retrouvé ses couleurs.

    Matt enchaina sur la personne à laquelle ce shooter lui faisait penser et le cerveau de Lance fit bipbip ! Hey mec ton pote essaye de te faire passer un message !

    « Ash et toi êtes de nouveau ensemble ? Première nouvelle tiens ! Enfin tu vas me dire c’est Sid qui va hurler de joie, je crois bien qu’elle pense que t’aurais pu être un peu attiré par moi Mec ! » Il plaisantait mais était sincèrement heureux pour son ami sauf que… « Heu Matt ôte moi d’un doute Ash ne vit pas DEJA avec quelqu’un ? Et n’était ce pas toi qui l’a largué parce qu’elle en demandait trop pour ton cerveau de mec rester à la période pré pubère ? » Ouais… Bref l’alcool n’avait peut être pas QUE des bons côtés sur Lance…


    « Bref, je crois que vous aviez raison tous les trois. Candy, Sid et toi, hein. Je crois, je crois… » Bafouilla Matt, Lance en bon ami qu’il était et en bon convive que le rendait l’alcool s’amusa à le taquiner sur son cafouillage.

    « Oh ! Matt’, accouche ! On ne va pas y passer le réveillon et le prochain Halloween ! Qu’es-tu crois ? » Les amis c’est fait pour ça non ? Vous enfoncez quand vous avez déjà la tête sous l’eau. Sauf que le coup de rame dans la tronche allait pas tarder à arriver, mais ca Lance l’ignorait encore. Et soudainement Matt lança THE Bombe H.

    « Baaaahhhh, voilà. Je crois que je vais la demander en mariage. »

    BRAOUM !!!! Lance était presque tombé de son siège. Et encore presque était un doux euphémisme, ses fesses heurtèrent douloureusement le plancher. Aieeeeuuuh. Matt se pencha aussitôt au dessus du comptoir l’air affolé.

    « Lance ! Eh ! Lance, ça va ??? Réponds-moi ? »

    « Ca va ca va, c’est le gras qui a tout prix. Put’ain Matt t’envisages sérieusement de me tuer ? J’ai 50 ans bientôt tu sais quel effet peut faire ce genre d’annonce nonchalante sur mon cœur ! »
    Il râla et se releva difficilement, c’était lui où bien la terre tournait sérieusement là ? Ah non c’était la faute au dernier verre ! « Tu veux lui demander de t’épouser ? TOI ? Toi Matt Schumacher tu veux épouser Ashley Cooper ? Toi qui l’as envoyé paitre dans le champ d’à côté parce qu’elle te mettait la pression ? T’es vraiment un mec bizarre Matt. Ressert moi un verre faut que je me remette pour arriver a penser a ce que tu viens de me dire. »
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Long hard road into Hell [PV Lance-Matthew]

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