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Habitude ou dépendance? [Pv Ashley- Matthew]

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MessageSujet: Habitude ou dépendance? [Pv Ashley- Matthew] Jeu 10 Sep - 13:02

    Encore une autre de ces banales journées qui finissaient pour la petite Ashley. Elle avait été au poste, derrière son comptoir, depuis ce matin et quel soulagement c'était pour elle de voir le dernier étudiant quitter la bibliothèque tout en la saluant au passage. Elle lui rendit les politesses en souriant, toujours aussi gentille qu'elle s'acharnait à être avec eux. Elle pris une quinzaine de minutes pour replacer les ouvrages qui avaient été délaissés sur les tables, cinq autres pour rapporter ceux qu'on avaient méchamment abandonné dans la mauvaise section. Elle quitta enfin les lieux, après avoir vérifié trois fois qu'elle avait bien tout éteint, se dirigeant comme à l'habitude vers l'arrêt de bus du coin. Sa routine était mécanique, huilé comme une montre suisse. C'est d'ailleurs dans le même siège qu'elle prenait place chaque soir pour retourner chez elle, un itinéraire qu'elle aurait probablement pu faire les yeux fermés. En moins de trente minutes elle rejoignait Apple Street, descendant juste devant le petit drugstore. De là, elle pouvait déjà voir les murs de brique rouges qui constituaient son modeste appartement, soupirant déjà d'avoir à y entrer. Elle monta l'escalier d'un pas lourd, saluant la vieille Bradley qui était assise sur son perron. < Votre chat à encore attraper un autre oiseau Miss Cooper. Je lui saurais gré d'aller les enterrer ailleurs que dans mon jardin. > Se plaignit-elle comme à l'habitude. < Je suis vraiment désolé m'dame Bradley. > S'excusa la blonde en dissimulant un petit sourire. Souvent elle aurait bien aimé voir l'expression faciale de la quinquagénaire tombant sur un moineau sans tête en entretenant ses plants de tomates. La dame continua ses jérémiades alors qu'Ash était déjà entrée, soupirant de réaliser à quel point chaque jour était identique au précédent. Elle grimpa rapidement jusqu'au deuxième, Sammy l'attendait déjà derrière la porte en miaulant comme une madeleine abandonnée. < Ça va, ça va gros bêta. Je suis là... > Le rassura t-elle en refermant derrière elle. Elle déposa son sac, se précipitant ensuite pour nourrir le galeux avant qu'il ne commence réellement à l'énerver. Celui-ci se tue aussitôt qu'il eut le nez dans son bol, thon et crevette, c'est ce qu'il préférait. Elle le caressa un instant, le délaissant rapidement en expirant lassement. < Toi aussi tu m'abandonnerais si je ne te nourrissais pas aussi bien, hein... > Acheter l'amour, c'était acheté un chat, enfin, aux yeux d'Ashley. C'est pour cela qu'elle avait payé une centaine de dollar pour cette petite boule de poil grise, comblé la solitude de son grand lit. Malheureusement pour elle, c'était un matou indépendant qui revenait chaque fois qu'il avait suffisamment faim pour ne pas se contenter de ses petits pigeons et dieu seul sait quoi d'autre encore.

    Elle se dirigea vers la douche, attrapant sur sa route une serviette qui était étendue contre le dossier d'une chaise. Une vingtaine de minutes et un demi litre de shampooing, c'était tout ce dont elle avait besoin pour essuyer une partie du poids qui la pesait toujours. Elle en ressorti propre et fraiche, s'arrêtant devant la glace pour se coiffé rapidement avant de se diriger vers la cuisine. Elle ouvrit le frigo, parcourant rapidement le contenu du regard. Elle tira la langue dans une grimace de dégout avant de la refermer en un claquement sourd. C'était habituellement une femme qui adorait cuisiner, mais c'était moins vrai depuis les deux dernières années. Il faut dire que se taper à elle seule la préparation des repas, alors qu'elle savait pertinemment que Sebastian n'allait pas rentrer pour le souper, c'était bien différent de ce qu'elle avait connu à une certaine époque. Le temps béni où elle diminuait les portions de Matt, sachant très bien qu'il demandait un second service juste pour lui faire plaisir. C'est d'ailleurs cette pensée qui la rendit nostalgique, elle se dirigea dans le salon et y alluma sa chaîne stéréo. Dès les premières notes, elle reconnaissait l'air de Back In Black, ce qui la fit sourire instantanément, son bleu s'était envolé aussi rapidement qu'il l'avait écrasé. Elle détourna la tête, posant les yeux sur l'horloge qui prônait sur la bibliothèque. Presque dix-huit heures, il était encore très tôt, mais si elle comptait l'éternité que ça lui prenait pour se préparer, il était temps. Un dilemme de taille se dressait devant elle, que pouvait-elle mettre ce soir? Elle opta pour un chemisier blanc et un jean bootcut, simple et élégant, un coup de peigne et une touche de gloss, elle était fin prête. Ensuite vint la course aux clés et au porte-feuille. Elle trouva son mobile, le perdit juste avant de partir. Le téléphone sonna, encore sa damnée de mère. Ash décida d'ignorer l'appel, soupirant d'exaspération après la dixième sonnerie. Elle se décida enfin à lui répondre, la vieille chouette ne voulait apparemment que prendre des nouvelles de sa fille. N'était-elle pas assez occuper avec son petit Kyle? Il faut croire que non. En moins de quelques minutes elles avaient fait le tour, Ashley fut soulagé de pouvoir enfin reposer le combiner. Son cellulaire lui sauta au visage, posé près du cactus du salon, elle l'attrapa et ressorti finalement de l'appartement. Elle réalisait qu'elle n'avait pas ses clefs au moment ou la porte se referma derrière elle. < Fait chier. > Mais elle n'avait pas le temps pour ça, de plus ça n'allait pas être la première, ni la dernière fois qu'elle serait forcée d'entrée chez elle par le carreau de la salle de bain. Quoi qu'après quelques tournées au Nouvelle-Angleterre, ça devenait rapidement une mission d'envergure.

    Nous pouvons éviter un second trajet en bus pour se concentrer tout de suite à son arrivée sur Suffragettes Road. Dès qu'elle posa les yeux sur l'enseigne qui ornait tout en haut de la grande porte, elle souriait déjà. C'était sans conteste le moment qu'elle préférait de sa journée, alcool, musique et Matt. Tout ce qui lui fallait pour oublier sa banale existence. À l'instant où elle mit pied dans le bar, une odeur rassurante et familière l'enveloppa tel une épaisse couverture. Elle se dirigea instinctivement vers le comptoir, le saluer était toujours la première chose qu'elle se devait de faire. Pourquoi? Elle vous répondrait probablement que c'était simplement une habitude qu'elle avait, elle n'avouerait probablement pas qu'elle aimait simplement qu'il sache qu'elle était là. Elle pris place sur un tabouret, un sourire immaculé afficher sur ses lèvres, s'appuyant sur ses bras contre le bar tout en attendant patiemment que son barman favori termine ses commandes pour, enfin, la remarquer. Lorsque leurs regards se croisèrent, le sourire d'Ashley s'étira davantage. De sa seule présence, il arrivait à lui faire oublier tous ses soucis. < J'ai besoin de quelque chose de très fort ce soir. > Lui dit-elle lorsqu'il fut suffisamment près d'elle. Les formalités d'usage n'étaient plus nécessaires avec Matthew, les sourires remplaçaient les bonjours, elle n'avait pas non plus besoin de lui demander si tout allait bien. Si quelque chose clochait, elle aurait eu tôt fait de le remarquer.
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MessageSujet: Re: Habitude ou dépendance? [Pv Ashley- Matthew] Ven 11 Sep - 9:50


    Ce matin, enfin ce matin à 14h, je m’étais levé avec une barre à la place des sourcils. Howw, la cuite que j’avais prise hier soir avec un ‘Client’ était plutôt sévère. Le dernier verre, j’aurai pas dû, je sais. Mais comment résister à l’appel vicieux mais délicieux d’un ‘Hell Yeah’ (absinthe-gin-vodka…huumm, mon préféré, mais à consommer avec modération !). Enfin, une tasse de café et hop ! j’avais soigné ce vilain mal au crâne. J’avais allumé ma première cigarette au lit. Une habitude que j’avais prise à New-York mais que j’avais bannie de mon rituel quotidien quand Ashley est arrivée dans ma vie.


    Flashback


    « Aah non hein ! Tu vas pas fumer au lit, de bon mat…de bon début d’après-midi ! Tu sais que je déteste quand tu fais ça. D’ailleurs tu devrais arrêter, c’est mauvais pour la santé. »

    Elle avait protesté quand j’avais étendu mon bras en direction de la table de chevet, pour m’emparer de mon paquet de Black Devil à la vanille. J’aimais bien le parfum qu’elles diffusaient et en plus, on n’avait pas l’haleine qui puait comme un cendrier froid et mouillé, avantage considérable quand on ne pouvait s’empêcher d’embrasser sa chérie. J’avais arrêté mon geste et je m’étais tourné vers elle.

    « Mais, c’est mon petit rituel du matin. C’est indispensable pour mon bon équilibre ! C’est comme si tu m’enlevais le café du matin ! »

    Elle avait ri, mais était restée ferme.

    « Je sais. Je ne te demande pas d’arrêter de fumer. Juste de ne pas le faire au lit. Je voudrais pouvoir me coucher dans des draps qui ne sentiraient pas la cigarette à la vanille. Tu peux faire ça pour moi ? S’il te plééééé… ? »

    Elle était tellement craquante, tellement enfantine, que je n’avais pas pu résister.

    « Tu sais que tu es la personne la plus dangereuse qui soit ? Je peux rien te refuser. Tiens, si tu me demandais de courir tout nu dans l’appartement en hurlant ‘Je suis une girafe alcoolique !!’, je suis sur que je pourrais pas te dire non. »

    Nous avions ri à ma réflexion stupide et je m’étais levé pour aller fumer (baahh oui !) et pour préparer un bon, grand, et noir café dans le coin cuisine.

    Flashback : Fin.




    Maintenant qu’elle était partie, j’avais repris tous mes vieux vices. Celui-ci était revenu comme une mauvaise blague, mais il m’avait sauvé de la déprime, comme les autres. « Matt, rappelle-toi ce que disait Muse : ‘ Time is running out ‘ et t’es pas en avance pour la compta’ ». Et oui, patron de pub pouvait avoir ses avantages comme celui de voir ses amis souvent et de partager de bons moments avec eux, ou au contraire de soulager leur peine et chagrin, mais il avait aussi ses inconvénients : le fait d’avoir des horaires décalés était probablement le pire de tous. On avait moins le temps de régler les problèmes en une demi-journée, et caler les rendez-vous avec les fournisseurs et la banque relevait parfois de l’organisation d’un G8. J’avais donc établi mon plan de bataille : compta pendant quelques heures, puis direction mon bébé d’amour. Oui, mon pub, le ‘Nouvelle-Angleterre’. J’allais nettoyer un peu le capharnaüm de la veille. Après avoir balayé par terre et, aidé de Mr. Propre, lavé le parquet, j’avais descendu les chaises des tables. A l’ouverture, j’avais salué quelques habitués et Robert Combes avait même fait son apparition. Ce petit allait mal, on avait eu quelques conversations mais il n’avait jamais voulu s’épancher, comme l’aurait fait d’autres. Je l’aimais bien et ça me faisait de la peine de le voir dans cet état. Enfin… Mais je n’avais pas vu Ash. Je ressentis un pincement au niveau du palpitant. Elle n’était pas à l’ouverture. Viendrai-t-elle ? Question stupide en soit puisqu’elle passait tous les soirs, sauf quand Sebastian était là. Sebastian, parlons-en. Il m’arrivait assez souvent de vouloir lui arracher la tête dans le sens propre de l’expression. Il était la source de pas mal de questions et de prise de tête pour Ash. J’étais conscient que lorsque je plaidais la cause de ce demeuré, mes paroles pouvaient sonner creux, mais d’un creux ! Proprement abyssal. Mais le rôle d’un ami n’était-il pas de veiller à ce que son amie ne soit pas la plus heureuse possible avec celui qu’elle aimait ? J’étais perdu dans mes pensées, interrompues assez souvent par une ou plusieurs commandes qui arrivaient quand on m’appela.

    « Matthew. »

    La voix qui avait prononcé mon nom était la seule que je n’avais pas encore entendue ce soir et son écoute me réchauffa le cœur immédiatement.
    Ashley Cooper était dans mon bar... Elle souriait de son sourire éclatant. Pourtant, quelque chose me disait que ce n’était qu’une façade. Mes soupçons se confirmèrent lorsqu’elle me demanda de lui servir quelque chose de très fort. Je décidais de la taquiner un peu pour voir l’étendue des dégâts.

    « Alors, tu viens te saouler chez moi pour quelle raison ce soir ? »

    « J’ai vraiment besoin d’avoir une raison pour rentrer dans ton bar ? Si c’est ça, je peux partir puisque j’en ai aucune. »

    Pieux mensonge, car je voyais que quelque chose clochait.

    « Rhaa, Ash, je te connais comme si je t’avais pondu ! Ne me force pas à jouer mon rôle de ‘gentil barman compréhensif qui tire les vers du nez de la charmante demoiselle’. Dis tout à Tonton Matt. Tu peux même venir t’asseoir sur mes genoux comme une gamine de 8 ans si ç’a t’aide ! »

    Elle me lança un regard peu amène. Je savais qu’elle n’aimait pas lorsque je la traitais comme une gamine. Mais c’était plus fort que moi. Elle était si petite et elle paraissait si fragile que j’avais toujours envie de la protéger du monde extérieur. Elle avait été, et reste encore par certains côté, ma petite princesse. Devant sa frimousse, impossible de garder mon attitude d’enquiquineur.

    « Allez, c’est bon, je te charrie ! Tu changeras jamais, tu courras toujours autant quand je te ferai marcher! C’est bon, assieds-toi, je te sers quoi ? »

    « N’importe, je te dis. Pourvu que ce soit fort. »

    « Hinhin ! Y’a quelque chose qui cloche donc. Ce soir est donc un soir à confidences. Bon, alors pour commencer, je te sers un ‘Double Six’. Après, on verra selon ce que tu me racontes si on va dans l’alcool festif ou dans le ‘plus-déprimant-encore’. »

    Elle acquiesça. Un peu trop vivement peut-être et c’est aussi certainement cela qui m’avait mis la puce à l’oreille. Je la détaillais donc pendant quelques secondes. Elle était vêtue d’un chemisier blanc et d’un jean. Et elle avait même mis cette espèce de truc qui colle sur les lèvres. Mon Dieu, où était passé le bon vieux bâton de rouge à lèvres ? Certes le maquillage laissait des traces, mais les femmes étaient tellllement plus sexy quand elles se refaisaient une beauté ! Là, quand je les voyais faire de loin, j’avais l’impression qu’elles se passaient un coton-tige sur les lèvres. Mais bon, les temps changent. La tenue simple et le maquillage s’était pour respecter la bienséance et le dresscode ‘Tenue correcte exigée’ de mon pub. Si ça n’avait tenu qu’à elle et à son humeur, elle serait arrivée en pyjama et en grosse pantoufle Snoopy, j’en suis sur. Le sourire était là pour me signifier qu’elle était heureuse de me voir. Je n’avais pas de miroir, mais je suis certain que j’affichais le même. Oui mais, tout ça c’était bien joli pour la galerie. Je la regardai donc dans les yeux et je trouvai enfin les vraies réponses que je cherchais. J’y lisais de la tristesse, de la fatigue et aussi de la résignation. Pourtant, j’y voyais aussi autre chose. Mais qu’est-ce que ça pouvait bien être ? La connaissais-je finalement moins bien que ce que je croyais ? Un truc avait changé, mais quoi ? J’avais beau me presser les neurones, je ne voyais pas.

    « Oulaaaa… et après tu me soutiens que tout va bien ? Ashley, tu sais très bien que j’aime pas radoter et que les mots qui sortent de ma bouche sont sincères. Allez, vide-moi ton sac. On verra après pour les bonnes manières et les sourires de façade. »

    Je lui tournai le dos afin de prendre un des verres qui rafraîchissaient dans le frigo. J’étais persuadé qu’elle ne me dirait rien si je ne l’aidais pas un peu. Et c’est avec un charmant sourire innocent et tout en lui préparant son verre que je lui lançais :

    « Au fait, comment va la boule de poil ? Sebastian, hein, pas le chat bien sur. Pour lui, je ne me fais pas trop de souci. Il doit sûrement être obèse avec tous les petits plats que tu dois lui faire. »

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MessageSujet: Re: Habitude ou dépendance? [Pv Ashley- Matthew] Mer 16 Sep - 8:50


Now you're gone,
and you won't come back,
I know that its wrong,
to wear the crown,
stable in my mind,
doorways of the soul,
you were unkind,
days are getting old,

Used to think that you made it easy on me

- Marcus Foster; Make it Easy


***



C'était sans doute les moments qu'elle détestait le plus, mais elle n'avait qu'à s'en prendre à elle-même. Chaque fois que ça n'allait pas, ou pire chaque fois qu'il lui manquait, tout comme ce soir, elle accourait comme un lièvre détalant devant le loup. Quand elle avait une bonne nouvelle à annoncer ou quand plus rien ne semblais vouloir fonctionner, c'était toujours vers lui qu'elle se tournait. Il était un soleil qui la réchauffait mieux que celui qui prônait dans le ciel chaque jour. Elle remarqua qu'il s'attardait sur ce qu'elle portait, pas de chance ça n'était rien pour lui plaire. Son nouvel homme avait des goûts très différents et à vrai dire, même lui n'était pas totalement comblé par le peu d'intérêt qu'elle portait à son étiquette. Elle ne cherchait plus à séduire qui que ce soit et de toute façon, elle aurait besoin de plus qu'un simple relookage pour attirer celui qu'elle convoitait. Plus il soutenait son regard, plus c'était difficile pour elle de rester opaque et d'afficher un sourire. Toute tentative inutile, à chaque fois c'était peine perdue. Il était comme la vieille dame qui l'avait tricoté, quoi qu'encore aujourd'hui elle réalisait qu'il n'avait pas été qu'une partie de sa vie, il était dans chaque petite habitude qui comblait son quotidien. Elle se résigna enfin, laissant ses lèvres retomber en une expression plus sombre. Il lui présenta son dos, elle retroussa légèrement le nez en signe de protestation. Toute guerre était inutile avec M. Schumacher...


- Flashback -


« Matthew Schumacher! Enlève tes gros doigts de 'dans ma sauce! » L'avait-elle réprimander en entrant dans la cuisine.

« Mais j'ai faim moi! Pourquoi les meilleurs plats sont toujours les plus longs à cuire... »

Aucune excuse pour son ogre. Elle s'était avancée vers lui, posant ses mains contre son épaule pour le repousser. Il s'écartait chaque fois de façon théâtrale, comme si sa petite taille arrivait vraiment à le débalancer de son axe. Elle lui reprit la louche, la replongeant dans le chaudron avant de lui présenter sa main, signe qu'elle lui en mettrait une la prochaine fois qu'elle le surprenait. Il avait alors pris un air qu'elle reconnaissait bien, un petit sourire malin et un sourcil arqué.

« C'est de la provocation ça! »

« Non... Non! Matt nooon! »

Elle avait eu à peine le temps de se retourner qu'il l'avait rejoints d'un seul grand pas, la soulevant de terre de ses bras autour de sa fine taille. Lorsqu'elle était prise ainsi, rien à faire. Non pas qu'il abuserait de sa force contre elle, il n'avait qu'à poser un baiser contre le creux de son épaule comme il l'avait fait à cet instant pour qu'elle abandonne aussitôt le combat.

« Pas maintenant bébé, la sauce va brûler. »

« Tu sais que je l'aime comme ça, et je dois aller travailler tout à l'heure. Tu crois pouvoir attendre jusqu'à demain matin, hum? »


Quelques baisers suavement déposé et elle n'avait pas eu besoin de plus pour craquer. La sauce avait bien évidemment collé, Ashley avait ronchonné et Matt avait dévoré.

- Fin: Flashback -




Elle releva les sourcils d'un air presque endormis, Matt était devant elle toujours souriant, son verre entre les mains. Elle fonça les yeux, essayant de rappeler de quoi ils étaient en train de parler. Du chat? Non, de Sebastian. Petits plats? J'ai faim!

« Il a des horaires de soirs du coup, il n'est pas là quand j'arrive le soir et il dort quand je pars le matin... Hm... »

Quand il revient à la maison... C'est une phrase qui termina entre sa gorge. Elle le savait, il le savait, tout le monde dans cet bon dieu de ville le savait! Heureusement qu'elle ne s'encombrait pas des racontars où elle ne sortirait plus de chez elle!

« Mais ça évite un tas de prise de bec et avec mon régime de céréale aux fruits j'ai retrouvé mon poids santé! »

Autrement dit, elle était trop lasse pour ce faire à manger, néanmoins ça l'augurait bien, elle mangeait. Ash détestait le fastfood et allez au restaurant toute seule, plutôt mourir de faim. Juste de penser qu'elle entrait à nouveau dans son jean était une bénédiction, ce qui eut tôt fait de lui redonner le sourire. Pas question d'être démoralisé en ce moment. Ashley Cooper la petite bibliothécaire insatisfaite était restée à la maison, ici, avec Matt, elle était toujours heureuse. C'est probablement ce qui l'avait tenu fidèle aussi longtemps à Sebastian, le contentement. Il lui apportait plus de satisfaction rien qu'en lui parlant que l'autre dans toute leur relation. Elle n'avait pas besoin de le toucher pour être comblé, quoi que cette idée l'avait souvent effleurer. Non mais, on ne parle pas pas de la même catégorie d'homme! Étonnant qu'aujourd'hui elle semble préférer la compagnie d'homme plus jeune, quoi qu'elle préférait carrément la solitude c'est temps-ci. Matt lui était toujours célibataire, quoi qu'il devait avoir eu quelques femmes entre ses draps depuis le temps. Toujours afférer à préparer son verre, si loin derrière son bar. C'est probablement l'absence de son parfum qui l'incita à se rapprocher, jusqu'à ce qu'elle s'agenouille sur le tabouret tout en s'appuyant sur ses avant-bras contre le comptoir. Placé ainsi, elle avait presque l'impression d'aller lui voler un baiser, comme elle l'avait fait si souvent devant ses clientes vertes de jalousies, mais elle se contentait de lui sourire de pleines dents, le contentement.

« Si un jour tu as un petit creux, tu n'as qu'à me donner un coup de fil. Je pourrais passer chez toi et on se fera une petite bouffe... »

Un sourire angélique, les sourcils relever de manière infantile et des petits yeux crédule, il n'en faut pas plus pour qu'on la prenne pour plus innocente qu'elle ne l'était en réalité. Matt arrivait très souvent à lire derrière ses yeux, néanmoins c'était une tactique qui avait déjà fait ses preuves. La musique jouait à fond, tout le monde parlaient et s'esclaffaient, Ashley elle ne voyait que son beau Matthew. Elle était souvent distraite, mais jamais quand il était là. Pas depuis la dernière année. Il y eut un temps où elle espérait, un autre où elle devait accepter, maintenant ce n'était qu'un grand néant. Le retour au commencement était impossible, pas après autant de temps et une fin aussi drastique. Peut-être était-ce cela que l'agent Dale avait trouvé en elle, une femme étourdie qui n'aurait aucune ambition conjugale avec lui.
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MessageSujet: Re: Habitude ou dépendance? [Pv Ashley- Matthew] Mar 29 Sep - 3:47

    « Miss Ashley, je m’en vais vous faire un petit cocktail dont vous me direz des nouvelles. Et arrêtez de parler de ‘poids santé’, vous allez finir par me fâcher ! »

    J’avais dit ma tirade en lui tournant le dos, après l’avoir écoutée me raconter encore un mensonge à propos de sa relation avec ce freluquet de Sebastian. Elle était malheureuse quelque part du fait qu’il n’était jamais avec elle, et je savais d’après les dire de certains de mes clients, qu’il travaillait comme strip-teaseur, et de temps en temps pour Derefko et Bouwmeester. Rien que de penser à ses deux harpies, j’en avais des envies de meurtres. Alors, comment faire confiance à un homme qui laisse sa petite amie seule tout le temps pour aller frayer avec d’aussi gros requins malfaisants?
    Je sais, j’avais laissé Ashley souvent seule au loft du fait de mon métier. Mais, c’était différent ! De plus, elle pouvait venir tous les soirs et il m’arrivait de laisser le bar au Dj et à mon ancienne serveuse pour pouvoir passer la soirée tranquillement dans les bras d’Ashley, ou seulement devant un film sentimental, assis sur le canapé, moi m’efforçant de la réconforter et de sécher ses larmes lors d’une scène triste, en même temps que je tentais vaillamment de cacher les miennes (moi ? sentimental ? Nooon… ou pas.) J’étais, et suis toujours patron ! Pas strip-teaseur ascendant connard ! Comment pouvait-il lui faire une chose pareille ? Elle qui était un vrai petit rayon de soleil quand elle n’avait pas de gros nuages qui s’amoncelaient au-dessus de sa jolie petite tête blonde !
    Mais qu’est-ce que je pouvais bien y faire, hein ? Nous étions séparés, elle était mon amie, j’étais son ami, point. Elle était blonde, j’étais brun. Elle était petite, j’étais grand. Elle était fragile, j’étais fort. Elle avait besoin de protection et d’affection, j’étais un roc inébranlable et, comme disait Candace, un nounours rempli d’amour, amour que je serai tout prêt à lui donner si elle le demandait… Mais non, non, non !! Je m’égare.

    ‘Matt, tu mérites des baffes, tu le sais ça ?ça va pas de penser à Ashley comme ça ?! Tu sais très bien que si tu te remets avec elle, tu vas la faire souffrir. Et, honnêtement mec, qu’es’t’as à lui proposer de plus que le gigolo ? Tu veux pas te marier, t’as fait une croix sur les enfants parce que t’es trop vieux pour jouer de la couche-culotte et du petit pot, et en plus, tu serais pas près d’elle non plus puisqu’elle est bibliothécaire, et que t’es patron de bar. Excuse-moi du peu, mais mon cher, j’ai rarement vu une bibliothèque ouverte de nuit ! ‘
    La partie intelligente de mon cerveau avait donc fait taire la partie rêveuse à grand coup de morale et de chose plus que très juste, mais mon cœur criait ‘Vengeance !!’. Il aurait voulu pouvoir étreindre cette jolie demoiselle avec force et la couvrir de baisers. Mais vu que cet organe ne commandait pas encore les fonctions nerveuses de ma petite personne, la vengeance n’aurait sûrement pas lieu.
    Et c’est la tête en plein chantier que j’ai fini son cocktail. J’allais lui lancer un truc encore très spirituel pour rebondir sur sa proposition de manger un bout chez moi, tous les deux, un de ces jours, mais pour tout avouer, j’étais resté con. ‘Whoahou’ fut la première pensée qui m’avait traversé l’esprit. ‘Mon dieu qu’elle est belle’ fut la seconde. J’avais les yeux baissés quand j’avais entamé mon célèbre pas, le ‘Demi-tour arrière glissé’, avec le verre bien tenu pour ne pas faire tomber une goutte du mélange que j’allais lui servir, et puis j’avais relevé la tête au dernier moment…pour me retrouver un peu plus que trop près d’elle et de son sourire innocent qui n’avait jamais manqué de me faire fondre. Elle savait qu’elle obtenait ce qu’elle voulait de moi quand elle me regardait comme ça et qu’elle me souriait de cette façon. En moins de temps qu’il n’en fallu pour le dire, un souvenir m’assaillit brutalement.


    Flashback :

    « Ashley ! Pour l’amour du ciel et des nuages, veux-tu bien me rendre cette fioutue cravate ! »

    Le petit démon blond, cheveux détachés, petit débardeur bleu foncé et shorty blanc, était perché sur le lit et sautait dessus en hurlant en même temps que Bruce Springsteen ‘I was BORN ON THE USA !! Born on the USA !!’ et n’avait rien trouvé de plus approprié comme micro que la cravate que j’étais sur le point d’enfiler pour aller chez Candace, enfin au ‘Little piece of Heaven’, son restaurant. J’avais rendez-vous avec un entrepreneur pour des travaux dans le pub. Je voulais agrandir et faire une discothèque. La banque m’avait suivi et j’avais pris rendez-vous avec Phil, mon ancien employeur lorsque j’étais un jeune maçon sans le sou pour réparer son chez-lui.

    « Non Matt. Regarde, je suis Bruce Springsteen !! BORN ON THE USA !! »
    « Je te jure que si tu ne me rends pas cette cravate, tu vas avoir des soucis, Mlle Cooper ! »
    « Nananana ! Je t’entends pas !! BORN IN THE USA ! I WAS BORN ON THE USA !! »

    ‘Ah ouais, c’est comme ça. Attends, ma belle, tu vas voir.’ Mon petit kangourou sautait allègrement sur le lit avec ma cravate, maintenant froissée, passée autour du cou. J’avais grimpé sur le lit à mon tour, sauf que lorsque j’avais sauté dessus comme une bête fauve dans l’espoir de lui faire un peu plus peur que ne le faisaient mes avertissements, le lit, mais surtout les lattes dudit lit, émirent une plainte…plaintive. Je m’immobilisais mais elle continuait à sautiller comme si de rien n’était. D’un bond, elle avait rejoint ma position au bord du lit et avait noué ses jambes autour de ma taille.

    « Roaaarr ! C’est le lion qui a attrapé la gazelle ! Je vais te manger !! Miam miam ! »
    Elle m’avait attrapé. J’étais son prisonnier. Elle pouvait faire de moi ce qu’elle voulait. Tout ça parce qu’elle avait son petit sourire et ses yeux de petite fille coquine. N’allez pas penser que je suis attiré par les enfants ! Par toutes les guitares de Keith Richards et les disques de David Bowie, NON ! Mais sur Ashley, les mimiques enfantines étaient craquantes. Un mélange d’ingénuité et de coquinerie, enfin dans le sens ‘catalogue pour adulte’ du terme coquin…

    Je m’étais alors agenouillé sur le lit, ses jambes entourant toujours ma taille.

    « Tiens ? Bruce Springsteen s’est transformé en lion maintenant, c’est nouveau ça ? »
    Elle avait rit un peu, avait essayé de me croquer le nez et avait finalement déposé un bisou sur mes lèvres. Puis elle m’avait regardé droit dans les yeux.

    « S’il te plaiiiiiiit ? Je peux garder la cravate ? Et la chemise ? Et la ceinture ?...et le pantalon ?...le caleçon alors ? Ton cerveau n’a qu’à aller à ton rendez-vous pendant que je garde le corps du délit sous étroite surveillance… »

    Le corps du délit avait finalement cédé, mais il avait dû prendre une douche en quatrième vitesse parce qu’il était en retard (vraiment beaucoup en retard) à son rendez-vous. Jamais je ne remercierai assez Candy pour m’avoir couvert ce jour-là d’ailleurs. Ash avait gardé la cravate autour du cou pendant nos ébats, et elle la portait toujours quand elle s’est redressée sur un coude pour me regarder partir.
    Et elle avait obtenu la cravate et ce qu’elle voulait grâce à ses yeux et à son sourire.


    Flashback : fin.


    ‘Mon corps appelle la base cérébrale ! La base cérébrale, vous m’entendez ? Houston, je crois qu’on a un problème : on a perdu le vaisseau Cerveau. Que fait-on Capitaine Spock ?...Baaaahh, rien.’
    Et effectivement, je ne faisais rien. J’étais comme un abruti, la bouche légèrement entrouverte, derrière mon bar avec son verre à la main. Enfin, si, je faisais quelque chose : je la contemplais. Elle était belle comme jamais. La tristesse lui conférait cette profondeur au fond des yeux que je lui avais rarement vu, sauf pendant la période qui a précédé notre rupture. Pourquoi avait-on rompu d’ailleurs ? Aah, oui. C’était de ma faute.


    Flashback II (le retour…ahah, très drôle…) :

    Après la fusillade, j’avais été un être ténébreux, prompt à la violence et je commençais à hurler pour un rien. J’avais mal, partout, et pas seulement physiquement. Je ne savais plus comment me sortir du bourbier de mes pensées, alors je m’étais jeté à corps perdu dans le travail. De son côté, elle faisait de son mieux pour sauver les bribes de notre amour. Mais je n’étais pas facile du tout, et c’est peu de le dire. Elle était loin d’être stupide. Alors, un petit matin, j’avais trouvé un petit mot sur mon lit. Je rentrai souvent par l’escalier de service qui menait à ma chambre lorsque je rentrais tard, pour être directement au première loge lorsqu’Ashley se réveillerai. Mais je n’avais trouvé aucun corps dans le lit. Rien que le petit mot, qui disait : ‘Je suis dans la cuisine. Nous devons parler. Maintenant.’

    Je n’avais rien vu venir, ou plutôt, je n’avais rien voulu voir venir. Mais elle était appuyée contre le bar de ma cuisine, avec une tasse de café qui devait être froide depuis longtemps vu qu’elle ne fumait plus. Ma petite poupée avait les traits tirés et les yeux rouges, signes qu’elle n’avait pas beaucoup dormi et qu’elle avait beaucoup pleuré. Je me suis donné des baffes mentalement pour l’avoir mise dans cet état. ‘Matt, t’es une ordure, tu le sais ça ? Comment peux-tu laisser une si jolie fille se faire du mal pour toi comme ça ?’
    Mais ma séance de passage à tabac mental n’a rien donné. Je suis resté loin d’elle, debout dans ma cuisine, à attendre qu’elle parle. Elle avait alors tourné sa tête vers moi et m’avait adressé un regard plein de tristesse et de larmes que je trouvais magnifique. Il révélait toute son âme et toute sa gentillesse ainsi que son amour. Mais on voyait aussi à l’intérieur qu’elle était blessée, épuisée et vidée. Elle savait qu’elle n’aurait aucun avenir avec moi, en tout cas avec celui que j’étais à cette époque.

    « Tu as eu mon mot, je vois. »
    Je n’avais rien dit et m’étais seulement contenté d’acquiescer. Elle avait tourné la tête vers le fond de la cuisine (le salon en fait, j’ai pas de mur dans mon loft, que des demi murets pour séparer les pièces), et elle avait débité son discours sans que je l’interrompe. Je ne me souviens pas des mots exacts. Je me souviens seulement qu’elle pleurait en silence lorsqu’elle parlait, qu’elle m’avait regardé une dernière fois en attendant que je réagisse. Mais rien. Je ne pouvais pas. Je n’avais pas ouvert la bouche lorsqu’elle m’avait demandé de lui parler, de lui dire quelque chose. Je n’avais fait aucun mouvement pour la consoler, alors qu’elle pleurait toutes les larmes de son corps. Je n’avais même pas refermé les bras autour d’elle pour lui rendre l’étreinte qu’elle me donnait en même temps qu’elle me jurait de rester à mes côtés en temps qu’amie si je voulais d’elle ; je n’avais pas ouvert la bouche pour lui hurler de revenir ; je ne l’avais pas poursuivie dans la rue pour la rattraper et m’excuser. J’avais raté tous les clichés des films romantiques.
    Je la laissai partir. Oui, c’était la meilleure solution pour elle. Elle ne devait pas vivre avec un homme comme moi, qui ne riait plus, ne faisait plus l’amour, et qui lui avait hurlé dessus un jour pour une histoire de pizza trop cuite. Ma petite étoile méritait mieux. J’étais resté prostré dans la cuisine pendant une heure, sans savoir quoi faire. Puis, comme un automate, j’étais parti dans mon lit, m’étais roulé en boule dans les couvertures et étreint son coussin, encore imprégné de son odeur. J’avais pleuré. Et sans me rendre compte du temps qui passait, j’avais dû m’endormir. C’était Candace et Lance qui m’avaient trouvé entrain de hurler dans un oreiller. Ils m’avaient réveillé et Candy m’avait fait le plus fort des cafés de tous les temps. La seule chose que j’avais été capable d’articuler avait été « Ashley. Partie. ».
    Je m’en étais voulu sur le coup de m’exposer aux deux personnes les plus touchées par le Drame, mais après que Lance m’est tiré une belle grosse baffe retentissante en me disant qu’il ne voulait plus entendre de pareilles conneries sortir de ma bouche, et Candy qui avait menacé de me priver de voir sa petite Naty jusqu’à ce que cette dernière ait atteint sa majorité, j’avais fini par me taire et accepter que mes amis s’occupent de moi. Le bar était resté fermé ce soir là. Le temps avait passé, et un jour Ashley était revenue au Nouvelle-Angleterre. Mais accompagnée. Par un type que je ne connaissais pas. Elle s’était approchée du comptoir, m’avait adressé un timide salut de la main et avait commandé deux shooters ‘Love Love’. J’avais alors compris qu’elle avait suivi mon conseil tacite : à savoir qu’elle méritait mieux que moi. Mais elle semblait triste ou lasse de quelque chose. En même temps que la note, je lui avais glissé un petit billet qui disait : ‘Repasse quand tu veux. Tu es ici chez toi. Mais si je te chope le nez dans mes bouteilles de scotch pendant que j’ai le dos tourné, Gare à toi ! ’.
    Elle était revenue quelques jours après. Puis, presque tous les soirs.


    Flashback II : fin (…snif, snif…)

    Et voilà qu’elle arrivait comme une tornade. Vraiment aujourd’hui, le jour où j’avais choisi, Moi, Matthew Schumacher, de mère irlandaise et de père d’origine allemande (Neurone 1 : Joyeux mélange !/ Neurone 2 :…non mais j’vous jure…Alcoolo va ! PAF !/ Neurone 1 : Aïeuuuh !), de faire ma crise d’identité amoureuse !

    « Hum Hum ! Matt ? Ça va ? »
    ‘Oui ? Qui me parle’

    « Hein ? Oh ! Ouais, ouais ! »

    « Alors c’est normal que tu me regardes avec des yeux de merlans frits et que mon cocktail ait fini renversé sur tes chaussures, je suppose ? »

    Quoi ? Mais de quoi elle parlait ? Par acquis de conscience, je vérifiais mes chaussures. Et merde ! Fais chier ! J’avais fait prendre un bain de ‘Double Six’ à mes Stan Smith. Elles étaient bonnes pour un p’tit tour dans la machine à laver.

    « Bien ! Bravo Matt ! T’es un champion du monde ! Mais c’est toi aussi Ash ! Tu me troubles… »

    Je sais pas pourquoi j’ai dit ça, mais sur ce coup-là, mon cerveau et mon cœur semblaient d’accord pour laisser passer cette vérité. A cet instant, plusieurs choses arrivèrent en même temps. Un peu comme dans les films où on sait qu’une histoire d’amour ne peut pas naître, s’épanouir, se manger un mur pour mieux renaître de ses cendres en 1heure et demie, et bah là, pour cette situation précise, si, ça c’est vraiment passé comme ça. J’ai reposé le verre en jurant abondamment, ce qui fit rire Ashley. A ce son, mon cerveau et mon cœur se sont enfin mis d’accord : ‘la vérité mon p’tit Matt ? Tu l’aimes encore mon pote ! Halleluia !’. Je relevais la tête, le regard ardent des flammes de l’Amour et écarquillé par cette révélation. J’ai rencontré son regard, ait rivé le mien au sien, et j’ai pu lire toute son âme : il restait peut-être un espoir pour nous. HIM passait sur la stéréo, chantant ‘Beautiful’. Et la Lumière de l’Amour fut. Et c’est ainsi que, dans le quart de nano seconde qui suivit cette révélation, j’ai dit, le regard rivé au sien, la plus grosse connerie du monde, de tout les temps, voire même de toute la galaxie :

    « Ash…Je…Je t’…Je te ressers la même chose ? »
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MessageSujet: Re: Habitude ou dépendance? [Pv Ashley- Matthew] Jeu 1 Oct - 7:00

***



Sweet dreams are made of these.
Who am I to disagree?
Travel the world and the seven seas.
Everybody's looking for something.

***




L'amour... Qu'est-ce que l'Amour? Comment sait-on lorsqu'on est amoureux? Est-ce notre cœur qui bat plus vite lorsqu'il arrive, notre esprit qui s'embrouille lorsqu'il sourit ou la peine que l'on ressent lorsqu'il est parti au loin? Y'aurait-il quelqu'un sur cette foutu planète qui aurait un mode d'emploi pour ça! Gérer ses sentiments 101 ou encore 1000 façons de dire je t'aime adéquatement. Même les plus grands écrivains romantique tel Sir William S. avait oublié d'inclure une formule magique, quoi que simplement de penser à donner sa vie pour son Amour comme la belle Juliette, c'était suffisant pour lui effacer tous doutes sur les sentiments qu'elle éprouvait à son égard. Ashley avait toujours eu peur de la solitude, une ombre qui la poursuivait dans chacune des relations qu'elle entretenait. Pourquoi avait-elle un penchant pour les hiboux nocturnes? Elle, une simple bibliothécaire de New Heaven. Pourquoi avait-elle choisi ce boulot déjà? Ah oui, les bouquins. La paix aussi, la sécurité, quel clown irait braquer une bibliothèque municipale? C'était un boulot sérieux pour une jeune femme sérieuse, quelle perte de temps, tout ça pour une mère qui la dédaignait toujours. Pourquoi ne s'était-elle pas rebellé conte l'oppression familiale? Ah oui, le beau Matt. À l'époque, il n'avait rien du grand patron qu'il était aujourd'hui, alors pourquoi l'avait-elle choisi lui plus qu'un autre? Peut-être parce que leur différence d'âge était suffisante pour légèrement irrité sa mère ou alors son blouson de cuir qui la scandaliserait totalement. Non. Il n'avait pas été le premier, malgré qu'il l'ait été pour un tas d'autres trucs, mais il dégageait quelque chose qui ne laissait pas la belle indifférente. On a tous quelque chose qui nous est irrésistible, pour Ashley c'était Matt. Un simple regard, une simple caresse et il n'y avait rien en ce monde qu'elle pouvait lui refuser. Encore aujourd'hui, en tant que petite amie d'un ex-mannequin, les deux premières pensées qu'elle eut pour Matthew était tout aussi d'actualité; ce type est la chose la plus sexe que j'ai jamais vue et avec du chocolat et tout un tas de bonnes grosses fraises. Étrange de savoir ensuite qu'il deviendrait la plus grande histoire d'amour de toute sa vie. Évidemment elle l'avait charmé avec ses yeux brillant et sa bouche en cœur, mais ils en étaient restés à un simple verre. Probablement parce que lorsqu'elle croisa son sombre regard pour la première fois, elle avait proprement basculée. Lui, le rockeur au parfum envouteur et elle, la petite pimbêche qui fêtait tout juste son diplôme en littérature. Quel drôle de mélange ils faisaient, quoi que tous ceux qui connaissaient un tantinet Ashley lui reconnaissait une folie momentané et occasionnelle. Elle était gamine que voulez-vous, une mou enfantine ou une complainte abusive, mais ça lui passait souvent aussi vite que ça l'avait frappé. Était-elle légèrement bi-polaire? Dans ce cas, Matt était la personnification de son moi libre et heureux. Ce n'était pas avec Sebastian qu'elle pouvait blaguer et taquiner de la sorte, monsieur était susceptible! De quoi rendre la vie plutôt banale. Heureusement qu'elle avait ces soirées, ici au Nouvelle-Angleterre, avec Matt qui...

Non mais je délire où il me regarde vraiment?

Capter l'attention de M. Schumacher, ça revenait presque à être élue reine du monde pour la petite blonde, car elle n'en convoitait pas d'autre que le sien. Malgré tout, elle ne se faisait pas trop d'illusion, Matt était beaucoup plus difficile que les autres à faire craquer. C'est pourquoi son aveu la réchauffait autant, certains mots que sa voix n'avait pas prononcé pour elle depuis des lustres sonnait si bien à son oreille. Le destin est cruel, quoi que c'était peut-être une coïncidence qu'il jouait une chanson aussi parfaite juste au moment où il la regardait aussi intensément. Toujours accoudé au comptoir, elle en frissonnait de ressentir une telle tension entre eux alors qu'il bégayait incontrôlablement. Pendant un instant, elle s'imaginait l'impossible. Bien évidemment, la phrase ne termina point comme elle l'avait espérée. Pendu à ses lèvres, c'est tellement plus qu'un simple verre qu'elle aurait voulu lui commander. Aucun alcool dans la pièce ne devait être plus chaud et enivrant que ses douces lèvres rosés. Pourquoi ne trouvait-elle pas la force de sauter le comptoir et se jeter à son cou? Peut-être avait-elle peur, peur de trop aimer la sensation que ça lui procurait et d'en devenir encore plus dépendante qu'avant. Elle pinça sa lèvre inférieure entre ses dents, légèrement déçu, mais ça n'était rien pour faire reculer la petite Ashley.

« S'il te plait, mais cette fois j'aimerais bien y goûter si ça ne te dérange pas trop. » Lui lança t-elle en souriant

Depuis le temps, elle savait bien que Matthew n'était pas le genre de gros poissons qu'on pêche, il était plutôt comme un grand requin qu'on devait appâté. Elle n'avait jamais sérieusement pensé à tromper Sebastian, quoi que l'idée l'avait souvent effleuré alors qu'elle était assise à ce même bar. Cependant, elle savait qu'un seul faux pas de sa part et elle ne vaudrait pas mieux que son crétin de copain. Elle était prisonnière des fantômes du passé, tentait désespérément d'éviter les démons du présent. Y'avait-il eu une quelconque romance entre elle et l'agent Dale? Pas à sa connaissance, même l'uniforme la laissait indifférente, contrairement aux vieux t-shirts délavés de son adoré. Il avait été un bon coup qui était arrivé au moment où elle en avait eu le plus besoin. Il lui avait dit les mots qu'elle voulait entendre, sa dépendance affective l'avait bien embrouiller jusqu'à ce qu'elle se lève un matin en se demandant ce qui avait bien pu lui arriver.


[Flashback]


C'était l'un de ces matins où il nous est impossible de s'extirper de sous les couvertures. Une lueur matinale et une brise fraiche qui caresse le bout de son nez, c'était ainsi qu'elle s'en rappelait, quoi qu'elle n'était pas totalement éveillée à ce moment précis. Allongé sur le côté, les yeux clos, elle s'était retournée pour atteindre la masse qui se trouvait à sa gauche tout en souriant. Curieux qu'elle n'était pas blottie contre lui comme à son habitude. Lorsque des bras l'étreignirent, ses sourcils se foncèrent aussitôt alors qu'elle ouvrait les yeux. Sebastian. Pendant un instant, elle s'était revue une année plus tôt. Comment un corps aussi chaud pouvait lui sembler aussi glacé? Elle avait posé ses mains contre son torse, le repoussant délicatement. Il s'était retourné pour plonger la tête dans son oreiller et s'endormir après une longue nuit de travail, peu soucieux du départ de sa compagne. Elle était d'ailleurs restée étendu pendant quelques minutes, fixant le plafond de l'appartement. Pourquoi était-elle avec ce type? Ah oui, parce que Matt ne l'aimait plus, enfin peut-être quelque part au fond de lui restait-il une poussière de sentiments à son égard, mais il persistait avec toute la ténacité dont il était flanqué à les ignorer. Mourir aurait été moins douloureux que le visage figé de Matthew devant ses ultimes cris du coeur. Ashley se refusait à croire que tout était bien terminé, c'était quelque chose qu'elle n'accepterait jamais. Peut-être avait-il besoin de temps, besoin d'être seul pour faire le point. Un mois, peut-être deux. Un an, jamais elle n'aurait cru être séparé de Matt si longtemps. La blonde se leva lentement du lit, essayant désespérément de ne pas réveiller le brun qui dormait tout près. Elle se dirigea vers sa commode, là où elle trouvait toujours un réconfort à son mal bien ancré au fond de son coeur blessé. Elle ouvrit la porte, tirant le petit tiroir du haut. Elle eut d'abord une mou perplexe, se montant sur le bout de ses orteil pour approfondir les recherches. Lorsque son oeil se heurta au fond couleur acajou, ses joues prirent une couleur écarlate.

« Sebastian! Sebastian! Réveille toi gros imbécile. Où tu l'as mis, hein? Rend la moi tout de suite! Allez! » Avait-elle rager contre lui en le secouant vigoureusement
« Hum? Quoi? Qu'est-ce qu'il y a encore? » Répondit le jeune homme à moitié endormi
« Je sais que c'est toi qui la prise! Rend la moi ou tu t'en repentira! Tu entends ce que je te dis! »
« Mais de quoi tu parle! Ça te tuerait d'être plus claire pour une fois! »
« Ma cravate, tête de banane! Je sais que c'est toi qui la prise! »
« Tu ne la porte jamais et j'en avais besoin pour allez travailler. Je ne vois pas pourquoi tu fais une histoire pour une stupide cravate! T'avait qu'à faire la lessive et j'en aurais pas eu besoin... »

Le visage ridé de colère, Ashley s'était rabattu sur le tas de vêtements qui prônaient à la droite du lit. Parmi les effets de Sebastian elle avait enfin mis la main sur son trophée, soupirant de soulagement. Un claquement de porte et elle s'était retrouvée assise au cabinet, le tissu noir serrer entre ses doigts. Pourquoi ne comprenait-il pas! Elle ne touchait pas à ses affaires elle, qu'est-ce qui lui conférait le droit de se servir à sa guise? Juste de savoir qu'il l'avait porté semblait détruire toute la douceur de ses souvenirs. Posant à nouveau les yeux sur la pièce de complet, elle avait réalisé à quel point elle était pathétique de s'accrocher ainsi à un vestige du passé. Combien de temps encore cette comédie durerait-elle? À quand le jour où elle accepterait le fait que l'homme de sa vie ne voulait pas entendre parler de mariage ou d'enfant? Quand ouvrirait-il ses beaux grands yeux pour réalisé qu'elle était juste là, devant lui, avec lui, pour lui... Certainement pas aujourd'hui.

[Fin Flashback]


Jusqu'où peut-on qualifier une relation d'innocente? Est-ce que c'est les actions que l'on pose, ou l'esprit suffit à faire tout le boulot? Devait-elle se sentir mal d'être là, devant lui, à ressentir des choses qu'elle ne devrait pas. Pourquoi lui rappelait-il toujours que c'était elle qui était partie de part son simple regard. Y'avait-il encore une chance pour elle, pour eux? La lueur au fond des yeux de Matt la ramena rapidement vers les rives de l'espoir. Comment pouvait-on lui en vouloir de la jalousie qui la rongeait alors que tous vivait leur petit bonheur. Amoureux, mariés ou enceintes, tous avait quelque chose auquel elle n'avait pas droit. Bien sûr elle aurait pu consciemment oublier de prendre sa pilule, offrant ensuite à son apollon une scène plaintive contre le meurtre de petits fœtus, probablement le titre qu'elle aurait choisi si la conversation aurait eu lieu, mais ça n'était pas ce qu'elle voulait vraiment. Elle voulait voir le visage de Matt s'illuminer lorsqu'elle lui annoncerait la bonne nouvelle. Oui, un joli bébé avec ses yeux à elle et son sourire à lui. Elle n'avait aucun mal à imaginer Matthew allez frapper quelques balles avec leur fiston accompagner du chien de la famille, elle était d'ailleurs persuadée qu'il serait un excellent père. Peut-être jouait-il les sauvages de temps en temps, mais Ashley ne doutait jamais de la grandeur de son coeur. Avait-elle le droit d'en espérer un peu plus de sa part?

« Alors comme ça je vous trouble M. Schumacher, dit-elle sur un ton amusé. Moi qui n'avait pas encore enfilé le complet. » Ajouta t-elle sur un couinement familier

Votre complet aurait-elle du dire. Jouait-elle avec le feu? Probablement, mais valait mieux se brûler que de ne rien ressentir du tout. Il était la plus grande tentation de sa vie et, bien évidemment, c'était d'autant plus tiraillant depuis qu'ils s'étaient quittés. Ce qui avait raviver sa flamme à elle semblait avoir éteint la sienne. Elle se souvenait encore du baiser qu'elle avait posé contre la cicatrice de son épaule, sans doute le geste le plus doux qu'elle lui ait jamais porté. Il aurait donné sa vie pour elle, d'ailleurs il l'avait presque fait. Comment avait-il pu lui offrir aussi belle preuve d'amour pour ensuite s'en détacher? London était mort et avec lui une partie de Matthew. Il avait soudainement cessé de se confier à elle, il s'était tapis dans un silence qui était insoutenable à la petite Ashley. Les temps avaient-ils changer? Retrouverait-elle un jour celui qui l'avait quitté sans se retourner. Ou était-ce elle? Non, car elle, elle avait fait volte-face d'innombrable fois, espérant le voir apparaitre dans la rue à sa recherche. Son homme n'était pas ce genre de romantique, pour lui c'était plutôt une bonne blague salé et une chanson rock pour la parfaite ambiance entre amoureux, ce qui convenait très bien à la miss Cooper. Cette fois là par contre, elle aurait aimé que les choses soient différentes. Elle aurait voulu qu'il la serre dans ses bras et qu'il lui promette que tout allait bien aller et qu'il serait toujours là pour elle, comme il l'avait toujours été auparavant. Comme Ville Valo le disait si bien, When love is a gun, Separating me from you. She was the sun shining upon. The tomb of your hopes and dreams so frail. He was the moon painting you. With it's glow so vulnerable and pale. Love's the funeral of hearts and an ode for cruelty...


« Dommage que tu doit bosser. J'aurais bien aimé danser avec toi » Dit-elle d'un sourire excessivement étirer

[Flashback]


Il s'était assis dans le canapé, les prunelles rivés sur son petit corps qui se déhanchait pour son seul et unique plaisir. Ashley n'était pas de celle qui sont timide. Un rouge à lèvre rose bien appliqué, une petite robe cocktail et quelques verres de trop, l'atmosphère retombait lourdement sur ses épaules alors qu'elle s'avançait à pas de félin vers son colosse. La demoiselle était plus que charmante et sa démonstration plus qu'invitante, Matthew n'avait pu que la contempler de sa langue bien pendu.

« Ashley. Tu es saoule! » Lui avait-il fait remarquer

Trop tard, elle avait déjà posé ses mains contre ses épaules, se glissant lentement contre lui jusqu'à le chevauché. Les joues rougies d'alcool, les yeux embuer d'envies, elle lui avait sourie incontrôlablement tout en lui répondant.


« Toi aussi je te signale. »

Alors qu'elle posait ses yeux gras d'amour dans ceux de Matthew, celui-ci, bien dégourdie par le whisky, n'avait rien de mieux en tête que son boulot. Une vraie machine, quoi que, n'était ce pas pour cela qu'elle l'aimait? Son amour prisonnier de ses cuisses, elle avait décidé ce soir-là qu'il était tout ce qu'elle voudrait et, bien entendu, il lui était hors de question de se refuser à elle. Il lui avait parlé de ses projets avec une vivacité qui lui était commune, la belle n'avait fait qu'acquiescer de la tête tout en se mordant la lèvre d'impatience. Non pas qu'à l'époque elle doutait de lui, c'était un homme indépendant, entreprenant et brillant, autrement dit il avait tout pour réussir. Mais les hormones surpassaient quelquefois son bon sens. C'est lorsque le bout de ses petits doigts s'étaient afféré à détacher lentement les boutons de sa chemise que le brun avait réalisé l'assaut dont il était victime.

« Ashley, qu... Qu'est-ce que tu fait? »

« D'après toi, hm. Qu'est-ce qu'une innocente jeune fille comme moi fait sur les genoux d'un homme comme vous M. Schumacher? »

L'alcool change notre vision du monde, c'est pourquoi il aurait dû l'éloigner. Elle avait la peau terriblement chaude et ses yeux brillaient comme jamais, difficile de la repousser alors qu'elle se déhanchait habilement contre son bassin. Il avait vainement tenté d'argumenter, juste avant qu'elle ne pose ses mains frêles de chaque côté de son visage bien carré. Elle s'était penchée lentement sur lui, caressant le bout de son nez du sien avant de l'embrasser tendrement.

[Fin flashback]


Il y avait maintenant longtemps qu'elle n'avait pas dansé et de toute façon, elle avait toujours eu l'air d'une timbrée qui s'agite dans tous les sens. Peut-être Matt lui avait-il fait découvrir le monde de la musique, celui-ci avait oublié de préciser qu'il n'y avait pas de pas précis pour se trémousser sur du Aerosmith. Peut-être avait-elle l'air folle quelquefois, mais c'était une envie incontrôlable qu'elle n'arrivait jamais à réfréner avec lui. Ses doigts se mirent à tapoter le bois lustré au rythme de la musique. Elle détourna la tête un instant, essayant d'oublier toutes ses idées perverses qui lui traversait l'esprit. C'était bête de s'emplir la tête de toute sorte d'image qui ne prendrait jamais forme. Deux ans, deux ans qu'elle venait chaque soir et à tous les matins, c'était seule qu'elle s'éveillait. Il était aussi complice que distant, aussi loquace qu'incompréhensible. Jusqu'où pouvait-elle allez pour son beau petit Matt? Jusqu'au bout du monde, elle n'en doutait pas un instant. Voilà ce qu'elle voulait, rêver, comme elle le faisait avant avec lui. D'une grande maison bourré d'enfants, de magnifique noce d'argent à Venise ou simplement s'imaginer qu'ils se berceraient un jour ensemble dans leur maison de retraiter trop cher payer. Le moment et le lieu n'avait aucune importance, puisque tout ce qui comptait aux yeux d'Ashley, c'était Matt. La blonde rabaissa la tête, incapable de soutenir le regard de son amour plus longtemps.

« Tu... Tu me manques... Beaucoup. » Souffla t-elle comme si elle avait espéré passer sous silence, car ne l'oublions pas, peut-être le détestait-elle, elle restait la propriété de Sebastian, du moins, pour l'instant.
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MessageSujet: Re: Habitude ou dépendance? [Pv Ashley- Matthew] Ven 9 Oct - 4:25




    Je me serais mis des grandes claques si j’avais pu. ‘Non mais tu délire ou quoi mon pauvre Matt? Et puis quoi encore ? Demande-lui carrément si elle veut pas t’épouser pendant que tu y es !’

    Je m’étais raccroché aux branchettes sur ce coup là. Il s’en était fallu de peu que je fasse une super gaffe. Et dire que j’avais mis plus d’un an à m’apercevoir que ma petite étoile, ma petite Ashley était ce que Candy appelait « la bonne personne ». Elle et Lance, ainsi que Sidney, lors d’un déjeuner au Little Piece of Heaven m’avaient fait la morale en me martelant la tête d’idées telles que :

    ‘Ashley est une chic fille, il serait temps que tu te rendes compte de la chance que tu as ! ‘(Lance)

    ‘Tu sais, Matthew, je pense que tu laisses trop trainer les choses. Elle ne va pas passer sa vie à attendre que tu veuilles bien arrêter d’avoir peur du mariage et d’autres bêtises du même genre.’ (Sidney)

    ‘Ecoute moi bien, espèce de gros ours mal léché, elle est la seule qui ait jamais réussi à te faire presque arrêter de fumer, de dire des gros mots particulièrement colorés et qui t’ait supporté plus de deux semaines. Et fais pas semblant de rien entendre, tu es entrain de rougir plus vite qu’une tomate au soleil.’ (Candace)

    Ces trois là avaient visé plus que juste. Mais, et maintenant ? Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir faire avec mon petit cœur qui tambourinait dans ma poitrine, et ma tête qui s’était mise à penser ‘Flower Power ! Love is all ! ‘ ?

    J’étais pas dans la mouise, surtout que je savais pertinemment que même si je faisais ma déclaration à Ashley là, maintenant, tout de suite, elle me dirait non. Il n’était pas dans son caractère de tromper son actuel fiancé, quel qu’il soit et peut importe le mal qu’il lui faisait. C’était juste inenvisageable pour elle. C’est aussi pour cela que je l’aimais, et que je l’aime encore. Elle était mon opposée. Mais attention ! Je ne suis pas sur le point de confesser que je l’ai trompée, God of Rock (Elvis) non ! Justement, c’était le contraire. En un tour de main, elle avait changé cette facette de ma personnalité.
    Sans brutalité, mais avec force, elle avait su se rendre indispensable pour moi, mon corps, mon cœur et ma tête. Et elle avait réussi le tour de force de plaire à mes Quadras. En tout cas, c’était ce qu’il semblait ressortir de leur longs discours à propos du couple que nous formions à l’époque. Et croyez moi, ce n’était pas un truc à la portée de tout le monde de leur plaire à ces 3 zigotos. Pour toutes ces raisons, je n’étais jamais allé voir ailleurs. Et j’avoue que pendant toute la durée de notre histoire, j’ai vraiment pensé que le paradis était arrivé sur Terre. Je ne voulais plus d’autres femmes autour de moi, leur charme n’agissait plus et je ne les voyais carrément plus, même si certaines irréductibles tentaient parfois de me faire du gringue. Elles se heurtaient au mur de mon amour, un mur que j’avais baptisé le « Mur Ashley ». Il protégeait mon cœur des attaques vicieuses et des tentations qui auraient ravies le Matt d’autrefois, ou mon ‘cerveau masculin’ comme certaines filles disaient. (Mais si, vous savez bien, la p’tite phrase mesdames : « Il a le cerveau coincé entre le nombril et les genoux celui-là ! »)
    Bref, la déclaration, c’était pas pour ce soir !
    Je baissai la tête de peur qu’elle ne lise clair dans mes yeux. Je pataugeais littéralement dans le ‘Double Six’ et mes chaussures collaient au parquet. Un petit rire discret venant du bar me fit relever la tête. Elle souriait. J’aurais pu rester des heures à regarder ses lèvres s’étirées pour me sourire… ‘MATT ! Concentre-toi nom de Diou !’ Effectivement, elle était entrain de me répondre.

    « S’il te plait, mais cette fois j’aimerais bien y goûter si ça ne te dérange pas trop. »

    A cet instant, une idée folle m’avait traversée l’esprit : j’imaginais une scène pareille à celle-ci, mais au lieu de lui verser le contenu de sa boisson dans un verre, je m’en aspergeais tout le corps et lui lançait un coup d’œil aguicheur. Elle se mettait alors à genoux sur le bar pour « goûter » son cocktail. ‘Non mais Matthew, mais mon pauvre, mais tu débloques ! Tu yoyottes de la cafetière ! T’es pas bien comme mec, c’est pas vrai ! Faut te faire soigner !’
    Et comme pour renforcer mon esprit tordu, la demoiselle lança alors :

    « Alors comme ça je vous trouble M. Schumacher ? Moi qui n’avais pas encore enfilé le complet. »

    Je me raclai la gorge. ‘Sors une super répartie mon grand, c’est le moment de montrer que t’as de l’esprit !’ Mais c’est bizarre comme dans ce genre de situation, tout ce qui nous vient à l’esprit est mauvais, mais alors, mauvais ! Je m’essayai toutefois à l’humour :

    « Un complet ? Mais dis-moi, t’as été virée de la Franklin et tu cherches du boulot, c’est ça ? Depuis quand mademoiselle ‘Jeans-baskets-T shirt’ a-t-elle un complet ? Attends ! Si, je sais ! Les Blues Brothers reviennent et ils veulent que tu sois leur ‘Sister’. J’ai bon ? »

    J’arrêtais là le discours. Sa fin impliquait une image assez saisissante d’Ash en secrétaire perverse, et je ne voulais pas me pousser plus avant dans les fantasmes. De toute façon, je n’y avais pas droit. Je savais, je sais et je saurais toujours que je n’étais pas la bonne personne pour elle. Même si j’en étais éperdument amoureux – je devais au moins reconnaître ça – je n’avais pas le droit de lui demander de sacrifier sa vie avec Sebastian sous prétexte que ça y était ! Toutes les pièces avaient finalement la lumière dans le cerveau de Matthew Schumacher !
    J’exécutais un petit pas de danse pour remplacer la fin de ma tirade. Mais tout petit le pas de danse alors, tout petit. Il est vrai que même si j’ai l’oreille musicale, j’ai deux pieds gauches et c’est une catastrophe de me voir danser. J’ai l’air d’un gorille échappé du zoo. Sans rire !


    Flashback :

    « Wéééé !! Je suis MJ ! Regardez-moi ! »

    Fin saoul, j’étais monté sur une des tables basses de la boîte de nuit que je venais à peine d’ouvrir. Il était 5 heures du matin et j’avais un parterre de ‘fans’ en délire. Ou plutôt en fou rire. J’avais un costard noir et une chemise de la même couleur. Ma cravate, à sa bonne habitude, était partie depuis longtemps dans les mains d’Ash. D’ailleurs, je ne savais pas ce qu’elle avait avec cette cravate. Elle la vénérait, et lorsque je voulais la mettre, il fallait presque que je lui demande une autorisation écrite en 4 exemplaires.
    L’inauguration s’était superbement bien passée et tous mes amis étaient là : Lance accompagné de Sidney, London et Nathan, Lawrence et Shelby, Candace mais sans Graham. Il était pourtant de la partie, mais pas encore son fiancé. Il nous jetait de temps à autre quelques coups d’œil, mais rien qui laissait présager qu’il était intéressé par Candy. Ashley était dans le groupe, pas franchement plus en forme que moi, ou que les autres d’ailleurs. Tous sautions et nous déhanchions sur un rythme improbable, qui n’avait rien à voir avec George Mickael et les Wham ! (pour l’info, la chanson c’était : ‘Wake me up before you go, go !’, le problème c’est qu’on était ni près de partir, ni près d’aller ce coucher !)

    « Matt ! Mais c’est pas Mickael Jackson qui chante ça, c’est George ! George Mickael ! » m’avait alors lancé London entre deux éclats de rire.

    Et il riait aussi bien pour son degré d’alcool, que pour la bêtise que je venais de dire, mais surtout, il riait parce que je faisais plus penser à un babouin qui dansait qu’à un être humain normal. Je tordais des fesses tout en marchant les épaules en avant sur la table. On aurait dit Aldo Maccione.
    La chanson changea. ‘Maria Maria’ de Santana. Et me voilà parti dans une imitation de flamenco espagnol, la bouche ouverte et la langue un peu sortie, comme les gosses lorsqu’ils s’appliquent. Je frappais des mains et des talons par terre, certes,
    mais je pense que même un bulldozer aurait fait mieux que ça. Heureusement, Ashley vint à mon secours et dansa avec moi. Il faut avouer tout de même que j’étais beaucoup plus doué pur la danse en couple que pour celle en individuel.

    Flashback [fin]

    Je captais le regard d’Ashley. Elle me souriait toujours, et sur le ton de la rigolade -enfin je suppose- elle me lança :

    « Dommage que tu doives bosser. J’aurais bien aimé danser avec toi. »

    Je m’immobilisais immédiatement. La position que j’avais n’était pas franchement stable (en équilibre sur le côté du pied gauche, la jambe droite ayant amorcé un mouvement pour passer devant la gauche, le tout accompagné d’un petit déhanché et les index en l’air. Ridicule, n’est-ce pas ?). ‘Elle se paye ma tête, là ? Non ?’, pensai-je tout en recouvrant mon équilibre.

    « Ashley, c’est pas cool de te moquer de moi comme ça ! Tu sais très bien que je vaux pas un clou comme danseur quand je danse tout seul. »

    Parti sur ma lancée, je n’avais pas remarqué qu’elle avait l’air préoccupé par quelque chose. Je continuais donc.

    « D’ailleurs, je crois que je t’ai percée à jour ! En fait, toutes tes insinuations sur la danse et le complet, c’est pour me convaincre de t’accompagner sur la tournée que tu vas faire avec les Blues Brothers ! Aaaah… mais je suis désolé, mon bar me demande trop de temps, et puis, chez qui tu viendrais te souler pour oublier tous les fans en délire et trouver un peu de chaleur amicale lorsque tu rentrerai de tournée ? »

    Elle me regardait de ses beaux yeux bleus. Puis, comme si elle avait quelque chose à cacher, elle détourna le regard. J’aurais aimé pouvoir lui prendre le menton pour faire tourner délicatement son joli visage vers moi, comme je le faisais avant, quand elle avait honte de quelque chose ou qu’elle avait un secret pour moi. Je savais que mon regard plein d’amour et de confiance était la seule chose qui pouvait lui faire tout avouer. Mes paroles étaient vaines, mais rien ne valait le regard de Matt l’Amoureux pour faire dire à Ashley ce qu’elle avait sur le cœur et dans la tête.

    J’aurais vraiment aimé pouvoir le faire. Je vis ses lèvres s’entrouvrir, j’entendis un début de phrase, mais je ne le compris pas.


    «Wououhéééé !!Hé, mon gars t’aurais pas un truc pou’ m’copain qu’è dans l’toilettes. L’es schlasse, le pote et y vomi paaaarrtout!»

    Saloperie de mecs bourrés de mes deux !!!!!! Je me retournais vers Ashley. Elle avait fini de parler, et je n’avais rien entendu à cause de ce crétin et de son copain encore plus crétin. J’allais devoir nettoyer ce que son estomac avait rendu sous la pression et les degrés d’alcool et, la chose qui me faisait le plus ragé après le fait de ne pas avoir entendu ce que ma petite étoile disait, c’était que ces deux abrutis de mecs bourrés avaient percé ma petite bulle de bonheur. Automatiquement, la partie sérieuse de mon cerveau était revenue et avait collé une déculottée à mon cœur. Le côté ‘Patron’ repris le dessus. Je farfouillais déjà derrière le bar à la recherche du balai, de la serpillère et du seau. Tout en cherchant, je coulais un regard à Ashley, et lui dis d’une voix que je voulais douce pour elle, mais qui dû paraître pleine de colère contenue :

    « Ne bouge pas. J’ai pas compris ce que tu m’as dit, mais je t’en pris, ne pars pas avant de me l’avoir répéter. Et je te connais, pas question de trouver une phrase banale à me dire. Je veux la VO, la version originale de ce que tu m’as dit. Tu avais l’air bouleversée, c’est que ça doit être important. »

    Elle n’eue pas l’air tout à fait d’accord sur ce dernier point. Comment faire dans ce cas pour avoir sa confession ? Je fis alors un truc que je n’aime pas trop lui faire : je lui fis le coup du tombeur. Yeux de braise et sourires en coin à volonté ! Me penchant un peu plus vers elle que ne le voudrait le respect des distances de sécurités requises pour ce qui concerne un ex-couple, dont la flamme était entrain de se réveiller chez l’un d’eux, je frôlais son oreille de mon nez en lui murmurant :

    « Je serais là dans quelques instants. En attendant, n’en profites pas pour m’inventer une histoire que je ne croirais pas. Et si tu le fais, je serais forcé de te retenir prisonnière dans ce bar toute la nuit avec moi. Jusqu’à ce que tu craches le morceau. »

    Elle frémit, à moins que ce n’ait été moi. Sa peau était encore plus douce que dans mon souvenir et le parfum de son shampoing faisait remonter d’innombrables souvenirs. Enlever ma joue de la sienne était comme m’arracher un bras : extrêmement douloureux. Ce fut comme si on avait ouvert les vannes à la tristesse. J’allais me décrocher d’elle pour aller faire mon travail, mais je n’en avais pas la moindre envie. La tristesse déferla par vague lorsque lentement, pour profiter des derniers millimètres carrés de sa peau, je retirais ma joue de la sienne.

    Sur une impulsion de mon cœur, je tournais légèrement ma tête vers la sienne et déposait un baiser sur sa tempe. Mon ‘moi’ intérieur s’était tût depuis un bail, mais lorsque je sentis le désir de l’embrasser grimper le long de mon dos et, alors de gâcher cet instant formidable, ‘Mini Moi’ se réveilla :
    ‘AUTODISCIPLINE MATTHEW SCHUMACHER !!!!! Vous avez du boulot, au lieu de rêvasser ! Et plus vite vous le ferez, plus vite vous reviendrez vers votre chère et tendre !’
    Je me redressais lentement, tout en fixant mon étoile. Elle était troublée et avait rougi. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser que j’y étais pour quelque chose, et pas forcément dans le mauvais sens du terme. Peut-être ressentait-elle aussi quelque chose pour moi ? Je pris le balai et tout l’attirail de nettoyage. En passant, je changeais la piste sur l’ordinateur qui gérait la musique du bar.
    Je ne mis que quelques secondes à trouver la chanson qui correspondait le plus à mon humeur :
    Tito and Tarantula, ‘Strange Face of Love’.

    Je jetais un coup d’œil par-dessus mon épaule et constata qu’Ashley n’avait pas encore bougé. Elle semblait fixer mon dos avec hébétude. Je portais alors ma main à ma bouche, y déposait un baiser dessus et lui envoyais, d’un souffle. Je ne vis pas son expression. J’avais du boulot, mais je serais de retour dans quelques instants.
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MessageSujet: Re: Habitude ou dépendance? [Pv Ashley- Matthew] Sam 10 Oct - 6:56

Ashley afficha un sourire effacé lorsque Matthew évoqua sa médiocrité en tant que danseur. Peut-être n'était-il pas le meilleur au monde, et parfois elle aurait préféré oublier, mais n'empêche que c'était Matt et qu'elle ne l'aurait pas aimé s'il avait été autrement. Sebastian savait danser lui, mais ce n'était pas contre sa petite copine qu'il se frottait lorsqu'il sortait. "Des soirées de gars", pif, n'importe quoi. Chaque fois, c'était plus difficile de sentir le parfum d'une autre sur la peau de son compagnon. Elle ignora totalement les dire de son bel âtre, bloquer sur les mots; tout seul. N'avait-elle pas dit dansé avec toi? Matt avait toujours été ainsi, aveugle et bête, mais dans un bon sens, le sens mignon quoi. Tellement de fois elle l'avait vu se faire draguer, doutant de la perspicacité de son Roméo. Pour lui, toutes les femmes sont souriante, pour Ashley, les femmes sourient à Matt. Malgré tout, elle n'avait jamais douté de lui et c'est d'ailleurs ce qui la maintenait aussi longtemps dans l'espoir. La façon que ses beaux yeux marrons la regardaient suffisait à rassasier son besoin d'amour. Avec lui, elle était une princesse.

Voilà pourquoi c'était toujours ici qu'elle le rejoignait, un saoulons qui débarque dans la conversation sans prévenir, détruisant ainsi le petit moment lourd de tension qu'il y avait entre eux. L'homme devint rapidement une bête de travail, celle là même qui lui avait volé son grand Amour. La curiosité de Matthew semblait toutefois avoir été piqué, il la mise en garde de sa voix roque et ferme qu'elle ne se défilerait pas cette fois. Elle plissa les yeux lorsqu'il fit référence à sa mou, arriverait-elle un jour à lui mentir? Probablement pas. Il était les ailes qui lui permettaient de s'envoler, impossible avec M. Schumacher de rester les deux pieds sur terre. Elle releva les yeux avec l'intention de lui sourire et ainsi le rassurer, ses iris étaient une mer sans fond où elle se perdait très facilement. Quand il se pencha doucement sur elle, elle aurait cru que son coeur allait s'arrêter, il débattait si fort dans sa poitrine que s'en était presque douloureux. Elle du fermer les yeux, serrant sa lèvre entre ses dents pour résister difficilement à la tentation. Son odeur, sa chaleur et le timbre apaisant de sa voix, il n'en fallait pas plus pour émoustiller ses sens. S'imaginer seule ici, avec lui, une bonne chanson dans les haut-parleurs et un regard complice, il n'en faudrait pas plus pour qu'elle devienne la plus déchu de toutes les femmes. S'il y avait une raison pour laquelle elle braverait les enfers, c'était pour ces douces lèvres. Elle frissonnait de l'envie féroce qu'il lui avait transmit, réalisant qu'il n'y avait rien au monde qu'elle désirait plus que d'être retenu prisonnière ici toute la nuit avec lui.


Matt chantait à tue-tête une chanson qui n'avait maintenant plus rien du tube qui avait joué à la radio durant le trajet en taxi. Un bras contre les épaules d'Ashley, l'autre tenait le sac à main de sa douce alors que celle-ci, déborder par le poids de sa bête qu'elle devait retenir de ses frêles bras, avançait difficilement. Heureusement que le brun ne s'était pas rendu au stade de s'écrouler, autrement elle aurait été très mal barré. Le chemin avait été périlleux de la rue à son lit, néanmoins c'était un travail acharné qu'elle se faisait un plaisir d'accomplir chaque fois qu'il en avait eu besoin. Il tomba dans son lit aussi lourdement qu'une pile de briques tout en persistant à chanter se refrain éternel.

« 'Cause I'm T.N.T., I'm dynamite, T.N.T and I'll win the fight. T.N.T I'm a power load, T.N.T watch me explodeeeee. »

Disons simplement qu'il était aussi doué en danse qu'en chant, donc un gros zéro pointé. Ashley souriait patiemment tout en essayant vainement de retirer les souliers du molosse. Une fois fait, il ne restait plus qu'à l'embrasser et lui souhaiter bonne nuit. Elle grimpa finement sur lui, s'asseyant sur son torse alors qu'il ruminait toujours les mêmes paroles. Un petit baiser bien déposer dans le creux de son cou était suffisant pour le faire taire. Un second contre la ligne parfaite de sa mâchoire et enfin, elle captura tendrement ses lèvres. Après quelques minutes, elle était étendue contre lui, la tête posée contre son pectoraux à écouter le doux son de son coeur qui battait. Matt s'était endormi. À contrecoeur, Ashley avait dû se relever, délaissant la chaleur du lit pour se diriger à la cuisine. Elle avait eu à peine le temps de passer à la salle de bain que son gros ours se trouvait planter au milieu du salon.

« Tu ne dors pas? » Demanda t-elle en se dirigeant vers lui
« Où son mes cigarettes? » Répondit-il à moitié endormi
« Tu les auras demain. Pas question que tu incendies le bel appartement que j'ai mis des mois à décorer! Maintenant va dormir. » Le réprimanda t-elle avant de l'embrasser
« Mais, et toi? » Dit-il d'une petite voix croquante. Ashley ne puis s'empêcher de sourire devant la dépendance de son homme.
« Va y, j'arrive dans deux minutes. »

Elle posa un baiser contre le bout de son nez et fit volte-face, Matt s'éloigna lentement. Elle rejoignit la porte, la verrouilla tout en retirant ses souliers. Un petit quatre-vingt-dix et elle reposa les yeux sur son amour qui s'était assit sur le canapé, dédaignant son grand lit vide. Elle souriait de nouveau, retournant ensuite à la toilette pour se débarbouiller. Elle en ressortait habiller uniquement du grand t-shirt de Matt qu'il avait laissé sur le crochet de la porte, celui-ci s'était assoupit durant les quelques minutes qu'elle avait prises pour se démaquiller. Un baiser contre son front et il ouvrit les yeux. Elle pris sa main, le tirant difficilement vers la chambre. Il n'y avait rien qu'elle préférait que d'être couché contre lui, son gros bras protecteur l'entourant amoureusement à la taille.

« C'était une belle soirée » Chuchota t-elle
« Oui. Tout le monde c'est bien s'éclater... »
« Elle est si mignonne la petite Naty » Ajouta t-elle avec un peu trop d'enthousiasme
« C'est vrai mais, c'est tout de même dommage pour Candace. Elle a manqué la petite fête au bar... »
« Ça ne me dérangerait pas de passer mes soirées à chouchouté moi... »
« Ashleyyy. »
« Quoi?! »
« Pas ce soir d'accord. Je suis saoul et je suis bien, je n'ai pas envie de me prendre la tête avec toi. »
« D'accord, mais je disais juste que... »
« Ash! »
« Okay, okay. » Acquieça t-elle gentiment, évitant ainsi la catastrophe

C'était toujours un sujet de grands froids entre eux, elle se retourna donc vers lui, pouvant maintenant poser son nez dans le creux de son cou. Une main contre son torse, celle de Matt poser contre sa fesse. Elle l'embrassa une dernière fois avant de fermer les yeux.


« Je t'aime. »
« Je t'aime aussi mon ange. »

Il n'y avait qu'un baiser de Matthew pour l'extirper d'un souvenir aussi doux. Quoi? Un instant! Venait-il juste de poser ses douces lèvres contre sa peau? Pendant un court moment, elle avait cru rêver. Mais la satisfaction, la chaleur qui émanait toujours de sa tempe lui prouvait qu'il avait bien agi ainsi. Ashley pressa légèrement sa joue contre celle de Matt, s'abstenant par tous les moyens de poser ses lèvres contre lui. C'était plus facile de se retenir quand il était loin que lorsque son contacte la brûlait d'étincelle. Il se détacha beaucoup trop tôt, sa tête lui criait de le retenir, de l'embrasser, mais elle ne pouvait pas. Elle ne devait pas. Quoi que la seule chose qui l'en avait toujours empêché semblait maintenant faire défaut, à savoir la réticence de Matt à son égard. Elle devint écarlate juste aux pensées qui lui traversaient l'esprit, elle l'aurait dévoré sur place, sur ce bar, si ça n'avait été de ce petit côté pudique qu'elle avait toujours eu ancré en elle. L'attention de Matthew se détourna rapidement vers le travail qu'il avait à accomplir, heureusement pour elle ou c'était la déchéance assurée. Ce sont les premières notes de la chanson qui lui fit réalisé que le temps avait passé, elle continuait de le regarder sans savoir quoi faire. Elle aperçu son petit signe de tendresse, par chance lui ne vit pas à quel point elle en avait été troublée. Ça n'était pas l'évidence de leur complicité exposée sous les yeux de tous qui la dérangeait, c'était plutôt l'envie brûlante qui la consumait lentement. Quel genre de femme était-elle? Elle embrassait Sebastian de la même façon depuis maintenant presque un an, à savoir, les yeux fermés et le coeur sèche. Elle se donnait à lui chaque fois qu'il en avait envie, alors qu'elle n'éprouvait du plaisir que lorsqu'elle rêvassait d'un passé mort. Elle avait laissé un autre que Matthew toucher ce qui lui appartenait, elle se dégoûtait elle-même. Elle posa une main contre son sac à main, la voix de Matt résonna lourdement dans sa tête; Ne pars pas. Comme à l'habitude, il avait lu son esprit avant même que celui-ci ne pense. N'en profites pas pour m'inventer une histoire. La gorge serrer, les yeux plisser, elle n'avait aucune issue maintenant. Pourquoi n'avait-elle pas pu se la fermer? Pourquoi était-elle là? Ha oui, hier soir.

Sebastian était entré très tard ce soir-là, Ash n'était même pas étonné de sa surprise lorsqu'il était arrivé. Elle ne pouvait même pas dire ses journées de congé sur le bout des doigts, en fait, il y avait un tas de choses dont ils ne parlaient jamais. Il était avec un copain, tout aussi saoul que lui. La petite blonde les avaient totalement ignoré, terminant tranquillement de nettoyer sa vaisselle. Il l'avait enlacé par derrière, posant un baiser contre sa nuque. Ashley plissait les yeux de sentir un parfum épicer agresser son petit nez sensible.

« Lâche moi. » Lui avait-elle ordonné d'un ton autoritaire
« Quoi?! Mais bébé... »
« Lâche moi! » Répéta t-elle tout en se défaisant de son étreinte
« C'est quoi ton problème?! »
« Je n'ai pas envie d'en parler maintenant » Répondit-elle en lançant un regard à l'étranger
« On s'en fout. Quand ma femme ne me laisse pas l'embrasser, elle me doit une explication... »

Ashley se retourna vers lui, une rage qui lui était inconnue colorait ses petites joues dodue. Le tout probablement aider par le terme femme qu'elle n'approuvait aucunement avec lui.

« Tu veux le connaitre mon foutu problème? C'est toi mon problème! Tu pus le Mariah Carey à plein nez et tu oses venir te coller à moi! »
« Quoi? T'est cinglée ou quoi? On a été prendre un verre au bar et c'est possible que... »
« Ta gueule! Je ne veux plus t'entendre! Ferme là! » Cria t-elle.
« Ashley. Tu sais que c'est toi que j'aime. La seule que j'aime... »

Docile et soumise, Ashley avait plissé les yeux, se blottissant dans les bras que Sebastian lui ouvrait. Quelle honte c'était pour elle d'agir ainsi devant un étranger. Elle était la femme la plus pathétique au monde, à la voir, on aurait cru une femme battue. Silencieuse et sans expression. Elle posa sa tête contre son corps, le laissant sagement poser ses lèvres sur le sommet de sa tête. Un défaut contre le parfait de sa chemise attira son oeil. Elle se décolla lentement, remontant son bras jusqu'à emprisonner l'intrus entre ses doigts.

« Je rêve ou c'est un putain de cheveux noir ça?! »

Elle releva les yeux vers Sebastian, celui-ci la regardait sans glisser un mot. Plus le temps passait et moins il se souciait de ce genre de détail. Ashley posa ses deux mains contre lui, le repoussant violemment.

« Je te déteste! Tu n'es qu'un sale menteur! Je te haie! »

L'orgueil plus que le coeur en miette, elle se dirigea vers la chambre, claquant fortement la porte derrière elle. Sebastian tenta vainement de la suivre, mais avant qu'il n'ait eu le temps de refermer à son tour, elle le poussait déjà hors de la pièce avec toute l'énergie dont son petit corps était capable.

« Va t'en! Dégage! Sort! Je ne veux plus te voir! »

C'était la dernière fois qu'elle l'avait vu. Il n'avait pas couché à la maison ce soir-là, il n'était pas non plus revenu durant la journée. Après le boulot, Ashley c'était empressé de venir au Nouvelle-Angleterre. C'était la première fois qu'elle se prenait la tête là-dessus avec Sebastian et à vrai dire, elle n'avait pas très envie de lui en glisser un mot. Elle avait déjà du mal avec l'idée que Matthew devait avoir d'elle, elle ne voulait en aucun cas empirer les choses. Elle n'était plus la femme indépendante et forte qu'il avait autrefois aimé, elle était maintenant une masse vide qui errait chaque jour que dieu lui imposait. Don't look back, don't look back. Ces mots clés semblaient se répéter incessamment et ce, juste pour elle. Elle avait encore un vague souvenir de sa mère lui pointant du doigt les dix pires défauts de Matt, quelques années plus tard, son bel âtre était trop bien pour elle et ça n'était d'aucune surprise pour la vieille peau qu'il ait été attiré ailleurs. Pourquoi Ashley aimait-elle Matthew? Même elle ne pouvait répondre à cette question. Peut-être ce regard qui l'élevait du sol, ou son odeur qui la rendait complètement folle. Ses mains qui lui donnaient des envies perverses ou sa voix qui pour elle était la plus douce des berceuses. Elle avait toujours désiré Matt, mais même lorsqu'elle pensait à son futur mariage, elle ne réalisait pas à quel point elle l'aimait. C'était une fois dehors, son sac au dos, qu'elle avait réaliser qu'elle venait de faire la plus grosse bourde de sa vie. Pourquoi n'avait-elle pas rebrousser chemin? Simplement parce que Matt n'avait pas bougé, il ne lui avait pas même envoyé ce petit regard qui lui aurait fait oublier toutes ses folles idées.

Boire. Voilà ce dont elle avait envie. Elle se releva légèrement, apercevant le verre vide que Matt avait délaissé sur le bar. Elle était Ashley Cooper non d'un chien! Elle se glissa contre le bois verni, faisant ballotté ses jambes du côté interdit. Naturellement, personne n'en fit une affaire. Non seulement elle était une V.I.P ici, mais certains habituer aux yeux louches pouvaient presque espérer qu'elle se déhancherait debout sur le comptoir comme elle l'avait souvent fait. De plus, le colosse n'était pas là pour la faire redescendre et l'embrasser sous les yeux envieux des clients. Une fois posé derrière, elle se sentait étrange. Il y avait si longtemps qu'elle n'avait pas traversé cette barrière. Elle posa les yeux sur les ranger de bouteilles assortis, sans toutefois trouver ce qu'elle convoitait. Pas étonnant, c'était une liqueur et non un fort. Combien de fois avait-elle utilisé cette excuse avec Matt pour avoir droit à un dernier verre. Elle s'Accroupit derrière le bar, ouvrant les portes à la recherche de son or liquide.

« Ha. Je le savais. Rien ne change jamais avec toi. » Dit-elle silencieusement en attrapant la bouteille de Limoncello

Tout en se redressant, les mots qu'elle prononçait lui décrocha un sourire. Elle n'avait pas été à l'appartement depuis des lustres, mais elle se doutait bien que rien n'avait changé. Son sable cubain devait toujours être embouteiller tout près de l'évier de la salle de bain, son requin aux yeux globuleux prônant sur la bibliothèque du salon, sans oublier sa grenouille à grande bouche qui minutait à perfection les cuissons dans la cuisine. Tant de petites choses qu'elle avait laissé là-bas. En fait, elle n'était partie qu'avec un simple sac, c'était Matt qui lui avait peu à peu ramener ses effets. Évidemment, elle avait refusé certaines choses, proclamant que c'était à lui. C'était une sorte de sécurité pour elle, un fil invisible qui la ramènerait un jour à son paradis. Elle se souvenait encore du mal qu'elle avait eu à ranger son cadre lorsque Sebastian était arrivé dans sa vie. La photo avait été prise durant l'anniversaire d'Ashley. Son visage était embrouiller par l'alcool et l'éclairage était très sombre, mais de regarder Matt posé un baiser contre sa joue alors qu'elle éclatait de rire, c'était sans doute ce qui l'avait empêché de faire une grosse bourde. Merci à Lance d'avoir pris cette photo, il ne saurait jamais à quel point ça lui avait sauvé la vie.

Elle attrapa le verre que son Casanova avait délaissé, le remplissant à demi d'un liquide jaune parfumé à l'agrume. Elle se pressa de l'avaler d'un coup sec avant de se resservir une seconde fois. Elle répéta l'opération trois fois, posant les yeux sur un nouveau verre qui était probablement la réponse à ses ennuis. Elle releva les yeux vers la foule, posant aussitôt son regard sur Matt. Même parmi autant de gens, elle arrivait à le remarquer au premier coup d'oeil. C'était peut-être ses cheveux qui semblaient briller sous l'éclairage du bar ou alors ce teint parfait qu'il arborait toujours et ce, même s'il était un oiseau de nuit. Son visage grimaçait encore de la corvée qu'il avait accompli à contre-coeur, la preuve que le meilleur des boulots à lui aussi ses désavantages. Ça et les impôts qu'elle s'était toujours offert à l'y aider. Plus il se rapprochait et plus elle paniquait. Avec tout ça, elle n'avait pas pensé à ce qu'elle allait lui dire. Elle devait trouver quelque chose de plausible, la vérité n'était pas une option. Pas ce soir, pas dans son état. Elle porta de nouveau le verre à ses lèvres, le remplissant rapidement avant de poser la bouteille contre le bar, tentant de s'échapper le plus vite possible. Pas de chance, Matt l'attendait déjà devant la demi porte battante, le sourire aux lèvres. Il la connaissait assez pour savoir qu'elle ne se défilerait pas, autrement elle n'aurait pas avalé le quart de la bouteille pendant sa courte absence. De son grand corps d'apollon, il l'empêchait de passer, elle avait un mal fou à le regarder droit dans les yeux. Il la contourna avec précaution, se débarrassant de ce qu'il avait en main. Ashley restait immobile, espérant que le temps s'arrête, lui donnant ainsi la chance de réfléchir à tête reposer. Mais ça n'était pas une option, pas lorsqu'il la regardait de ses iris brillants, un sourire charmant plaquer au visage. Le verre en main, la tête légèrement penché sur le côté, elle n'arrivait pas à trouver quelque chose de censé à dire. ELle aurait pu déballé ses problèmes conjugales et s'en sortir avec facilité, mais elle ne voulait pas. C'est donc de son plein gré qu'elle accepta le mur vers lequel elle fonçait à tête baisser.

« Alors, de quoi ont parlait déjà? Ha oui, tu avais quelque chose à me dire... Ou plutôt à me répéter... »

La blonde baissa lentement la tête, mais ça n'était rien pour impressionner le grand Matthew. Il fit un pas en avant, Ashley releva les yeux vers le regard de son beau chevalier. Elle n'avait pas le droit de faire ça. C'était elle qui était partie et il ne semblait pas mal en point de son absence. Il avait les couleurs d'un homme qui se nourrissaient exclusivement de viande rouge deux fois par jour, d'accord il avait peut-être besoin d'une femme pour lui acheter de nouvelles chemises, mais il n'était pas à la dérive, comme elle l'était depuis maintenant si longtemps. Matthew lui souriait, elle plissa les yeux de façon chagriner. C'était une mou que Matt ne supportait pas, et elle le savait. C'est peut-être pourquoi elle lui déballa tout aussi rapidement. C'était moins douloureux de souffrir que de le faire souffrir lui. Elle avait une voix brisée, mais elle essayait visiblement de se retenir. Son regard quitta celui de son amour, c'était plus aisé pour elle de s'adresser à une bouteille posée sur une tablette qu'à Matthew.

« Tu... Tu me manques Matt. Je m'ennuie de l'odeur du tabac qui me piquait la gorge chaque matin et de ta douce voix qui me réveillait pour allez travailler... De tes vieux t-shirt délavés et de ton café toujours trop fort... »

Un noeud dans la gorge, elle détourna la tête vers Matt, incertaine de l'effet que son aveu aurait eu sur lui. En fait, elle le regardait sans vraiment le voir. Ses yeux étaient brouiller des larmes qui se retenaient de couler le long de ses joues. Tant de lourdeur qu'elle gardait sur ses épaules depuis si longtemps. Juste cette chanson sur laquelle ils avaient autrefois dansé lui donnait envie de se blottir contre lui.

« Je ne veux plus mentir, je n'en ai plus la force. Chaque jour qui passe est pire que le précédent. J'ai du mal à me regarder dans le miroir le matin et ça me prend des heures pour m'endormir chaque soir... »

Elle se jeta sur lui, entourant sa taille de ses petits bras maintenant tremblant. Juste d'être collé à lui ainsi était plus soulageant que la plus corsé des alcools. D'avoir le nez coller contre lui, de sentir son odeur fraiche et épicer suffisait à la faire frissonner de satisfaction. Ses bras se contractait toujours plus contre lui, elle savait que la plus forte de ses caresses lui était facilement supportable. Toute et chaque petite chose étaient ainsi avec lui. Elle pouvait atteindre des limites inimaginables sans avoir peur de chuté.

« Je le ressens toujours aussi fortement qu'avant. C'est dans chaque pore de ma peau. Je... Je t'aime Matt. Je t'ai toujours aimé et rien n'a changé. Et je brûlerais en enfer pour ce que je t'ai fait. Je n'aurais pas dû t'abandonner. Tu avais besoin de moi et je suis partie. Je suis tellement désolée mon amour. Je suis désolée de t'avoir fait du mal... » Sanglota t-elle


Dernière édition par Ashley Cooper le Sam 17 Oct - 13:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Habitude ou dépendance? [Pv Ashley- Matthew] Ven 16 Oct - 3:36


    J’arrivais sur la scène de crime, qui venait d’être de nouveau arrosée sous mes yeux par un geyser de… Ouais, on a compris l’essentiel, merci. Bien. A mon tour de bosser maintenant. Je déposais tout mon attirail d’officier nettoyage première division, et entrepris de bouter hors du périmètre de sécurité et de la zone d’investigation, la cause principale des chantiers qui m’occupaient, ainsi que son complice. Au passage, ce dernier me tendit même un billet de 100 dollars ‘Pou’ payer l’note’, comme il disait, dans son patois de mec bourré. Pendant les quelques minutes qui suivirent, j’enclenchais le mode ‘Patron de bar’, pour être pleinement concentré sur mon premier chantier. Je ne devais pas laisser mon second chantier, émotionnel celui-ci plus que physique, prendre le pas sur mon métier. Pas pour le moment.

    ‘Mais nom de Dieu de bordel de merde ! Il en a vraiment foutu partout cette espèce de loque. Y’en a même derrière les toilettes… Faut vraiment que je creuse des tranchées pour l’évacuation, ou alors faut que je trouve des chiottes avec un trou plus gros, histoire qu’ils aient pas besoin de viser ! Vas-y ! Récure Gertrude ! T’as bien que ça à faire… OU PAS !!’

    J’avais certes peut-être enclenché le mode ‘Patron’, ça ne devait pas m’empêcher de sortir ma bordée d’injures rituelles expressément choisies pour ce type de situation. Et voilà ce que Candace appelait des injures fleuries. Autrement dit, des injures tellement grosses et inventées par mes bons soins – il y avait derrière chacune d’elle un petit R entouré, signe qu’elles étaient une marque déposée – que je devais m’efforcer de les garder pour moi, sous peine de passer pour un ignoble personnage. C’est d’ailleurs ce que j’étais avant, puisque ce genre de licences poétiques franchissait mes lèvres au bas mot 10 fois par jour. En bonne jeune fille fraîchement diplômée en Lettres, Ashley m’avait dompté là aussi.

    Flashback :

    « Non mais c’est pas vrai ! Mais qui m’a foutu un crétin des bois pareil entre les pattes pour faire un putain d’inventaire du stock ! Fuck et Merde ! De puta cabròn ! Conca e gazzu ! Arroga e Mmerda ! Putain de merde schieße ! »
    (Oui, je sais, je suis très fort pour les jurons en langue étrangère. D’ailleurs, si y’avait eu cette discipline au bac, j’y aurai probablement fait un carton !)

    « Matt ! »

    Ashley s’était couvert les oreilles de ses mains pour, soit empêcher à son pauvre cerveau de subir un assaut assez impressionnant de gros mots, soit pour empêcher à ses tympans d’exploser tellement j’avais crié fort ma rage. Que je justifie le pourquoi de ma rage : Jimmy, mon ancien barman - Krishna merci ! – avait tellement bien classé les bouteilles qu’il avait mélangé les spiritueux avec les softs, les vins et les liqueurs. Et moi qui lui avais juste demandé de compter combien il nous restait de bouteilles de Cola pour la petite fête qu’il devait y avoir ici en l’honneur de l’Independance Day. Je voulais une fête aussi bien familiale que pour jeunes et adultes. Je pensais à ma petite choupette Naty qui avait boudée quand je lui avais dit qu’un bar ne serait pas un endroit pour elle. Elle m’avait fait la tête pendant 10 minutes et s’était obstinée à me tourner le dos quand je tentais de lui expliquer pourquoi. La partie de moi qui avait encore 5 ans avait boudée aussi parce que sa copine Naty ne pourrait pas jouer avec elle. Je m’étais alors résigné à faire une petite réception dans l’arrière-cour, juste pour quelques invités et bien sur pour tous les amis, grands et petits. Naty avait alors sauté à mon cou et j’avais refermé mes bras sur elle, en un gros câlin. Ashley avait eu alors ce regard que je lui connaissais bien. Il voulait dire ‘Tu vois, tu ferais un papa plus que formidable ! Et moi, je serai la plus heureuse des femmes et des mamans du monde entier !’. Mais moi, Matthew Le Grand, L’Homo Sapiens Sapiens, ne voulait pas en entendre parler.

    Bref, cette triple buse décérébrée de Jimmy m’avait foutu le plus joyeux bordel dans ma sublimissime organisation du feu de Dieu. Je n’aimais pas qu’on change mon organisation, elle était comme ça et c’était tout ! POINT ! J’exprimais une nouvelle fois ma rage.


    « Mais viens voir Ash, au lieu de me faire les gros yeux et de commencer une putain de tirade de merde sur mon langage de charretier ! Viens voir ce que cet incompétent congénital a fait de ma belle réserve ! »

    Elle s’était approchée et avait vu. Elle n’avait rien dit, sauf :

    « Ouais, il y est vraiment pas allé avec le dos de la cuillère pour te mettre à sac ton stock. »

    Je la regardais, soufflé. Elle avait résumé en des mots beaucoup plus polis mais tout aussi efficace, le concept que je m’évertuais à mettre en relief grâce à mon langage pourri. Elle dû sentir mon regard sur elle car elle se retourna pour me dire :

    « Quoi ? T’as pas compris ce que je viens de dire ? Je suis d’accord avec toi, mais je le dis pas pareil, c’est tout. Et tu sais, un conseil, même avec tes clients tu devrais faire gaffe. Y’a des fois où tu dépasses les bornes de la vulgarité. Et y’en a pas mal qui parlent d’aller voir au ‘Bad Circus’ si la bière et le whisky n’y sont pas meilleurs, un peu comme l’accueil. »

    Je ne crois pas qu’elle aurait pu choisir un meilleur argument pour me faire changer de vocabulaire. Savoir que le ‘Bad Circus’ et sa fichue patronne s’enrichissaient à mes dépens, j’en avais l’estomac qui faisait des loopings. Elle avait toujours le chic pour appuyer là où ça faisait mal, pour me faire réagir vite et dans le bon sens, sans pour autant que je pense qu’elle m’ait forcé à changer. Voilà une grosse partie du talent d’Ashley, et elle savait l’utiliser sur moi, croyez-moi !

    Flashback : fin

    Même si j’avais décidé que mes deux chantiers ne devaient pas se télescoper dans l’ordre de mes priorités, ainsi que dans mon cerveau, ils l’avaient fait quand même. Ce qui donnait à peu près ce tableau : Moi, en train de balayer un endroit déjà propre depuis cinq bonnes minutes alors que le reste était encore une zone de combat post-pilonnage. ‘Allez Matt, secoue-toi. Tu dois avoir fini dans les cinq prochaines minutes. Top Chrono !’

    Eh bien, croyez-le ou non, mais dans les cinq minutes qui suivirent, j’avais fini de nettoyer. Mon côté ‘gosse de 5 ans’ s’était même exclamé « Ayééééé ! Jé fini !!!!! ».
    Je pensais repartir aussitôt mon rôle dans la pièce « Conchito fait lé ménache » fini, mais je me rendis compte que l’odeur persistai sur mes habits. En grognant, je filais dans mon bureau. J’y gardais toujours quelques affaires de rechange, au cas où quelque chose dans ce genre se produirait, ou quand il m’arrivait de dormir sur le divan de mon bureau, pour cause de grosse fatigue (entendez par là, de grosse cuite !). J’y avais même installé une petite cabine de douche assez exigüe, où je rentrais seulement par la venue de Saint Jimmy. Je fis donc usage des quelques changes dont je disposais et me refis aussi une beauté par la même occasion. Autant se faire beau pour ce qui m’attendait avec Ashley.

    Et d’ailleurs, qu’est-ce qui m’attendait réellement ? Peut-être rien. A peine avais-je formulé cette pensée que je fus obligé de m’asseoir trente secondes sur le divan.
    ‘Et si tu avais juste vu ce qui t’arrangeais Matt ? Si, en fait, elle était venue ce soir pour t’annoncer qu’elle ne viendrait plus jamais dans ton bar parce qu’elle n’en pouvait plus de voir ta tronche de cake et d’entendre tes blagues pourries ? Tu y as pensé ? Nooon ! Bien sur, Monsieur l’Egoïste a juste cru comme d’habitude que le monde tournait exclusivement parce qu’il était présent sur cette Terre et que Mlle Ashley Cooper était encore éprise de lui, qu’elle n’avait jamais cessé de l’aimer, même si il était le dernier des gros débile.’

    Il fallait que je stoppe ce flot de pensées négatives. Elles étaient vraies bien entendues, mais je ne devais, non ! je ne voulais pas leur donner d’importance. Je pris la seule chose capable de les faire taire : ma bouteille personnelle d’Absinthe. Pas besoin de verre, j’y allais au goulot. Aaahhhh !!!!! La brûlure et l’amertume décapèrent mon cerveau et mirent un coup dans le nez à mon unique neurone valide. Il partit donc faire la fête plus loin, laissant tout l’espace disponible de ma boîte crânienne à mon cœur. A cet instant, je pouvais entendre battre ce dernier à mes tempes, au rythme de ‘I Love Rock’n Roll’ de Joan Jett & The Blackhearts. Et j’aimais ça. Il se trouvait aussi que c’était précisément la chanson qui passait à la boîte en cet instant précis. J’avais pas une si mauvaise sélection de titres que ça finalement ! Même si je devais me plier aux exigences de la bouillasse commerciale du moment, j’arrivais à maintenir une certaine dose de Rock’n Roll attitude chez moi.

    Ces basses considérations musicales avaient fini par chasser les nuages noirs qui commençaient à me polluer l’esprit. On verrait ça demain pour les prises de tête. Pour l’instant, chaque fibre de mon corps réclamait une seule et même chose : Ashley et ce qu’elle devait me dire. Je décidais alors qu’il était plus que grand temps de me lever et d’aller la rejoindre. J’allais ouvrir la porte quand Stan, mon barman, le fit. Il me percuta presque mais eu un mouvement rapide de recul. Presque aussi grand que moi mais taillé comme une brindille, il ne faisait pas le poids contre mes 90kgs de muscles…et autre. Par contre, il était rapide et agile comme pas possible. C’était un magnifique jongleur aussi. Il était mon barman ‘à la Tom Cruise’, et son ‘Flair’ était une pure merveille. Je ne suis pas en train de dire qu’il a une truffe à la place du nez, non, loin de là ! Il sait ‘juste’ jongler avec les bouteilles tout en préparant les cocktails, et cette discipline s’appelle le ‘Flair’. Je l’avais engagé parce que, d’une il était ultra talentueux et il apportait une touche de spectacle à la boîte de nuit, et que de deux, il était le plus cool des gars que j’avais embauché jusque-là et nous nous entendions très bien.


    « Oups ! Euuh… »

    « Pardon Stan. »


    J’attendis quelques secondes qu’il se remette de ses émotions, puis me décidait à le réveiller. Mais en douceur, hein, je suis pas une brute !

    « Oui ? Qu’est-ce qui se passe ? Tu me cherchais ? »

    « Euuh, ouais ! Ouais, ça me revient. Y’a une fille canon, mais alors super canon qui vient de passer derrière le bar. Elle a fait une inspection de ton placard spécial ‘Arrache-Tripes’ et elle s’est sifflée deux-trois méga rasades de Limoncello. Je sais pas trop quoi faire, les trois habitués qui sont là ce soir ont l’air de la connaître parce qu’ils lui demandent de monter sur le bar pour faire sa petite danse. Mais je crois pas qu’elle les entende parce que… »


    Je le coupais d’un« Merci Stan, t’occupes, tout va bien, c’est Ash. » si rapide que je n’étais pas sur qu’il ait compris un traitre mot de ce que je venais de lui dire. Bref, je m’en foutais, c’était pas grave.

    Ashley avait fait une virée ‘expédition punitive’ dans ce qu’elle savait pertinemment être le placard des Tord-boyaux. Elle avait vraiment quelque chose à me dire. Elle ne faisait ce genre de chose que lorsqu’elle était à deux doigts de craquer.


    Flashback II :

    « Oh ! Vous êtes surement le fiancé d’Ashley ! Mattias, c’est ça ? »

    La mère d’Ashley était une femme tout aussi charmante qu’un troupeau de piranhas affamés et croisés avec des requins blancs génétiquement modifiés. Sympathique, n’est-ce pas ? Je me souviendrais toute ma vie de la tête d’Ash quand j’avais mis le haut-parleur du téléphone et qu’elle avait entendu la voix de sa mère. Elle s’était précipitée sur le bloc note posé sur le côté de l’appareil et sur un malheureux stylo.

    « Mme. Cooper ! Oui, c’est cela, je suis le fiancé d’Ashley et je ne m’appelle pas Mattias, mais Matthew. Toutefois, c’est une joie de pouvoir parler avec vous. Puis-je vous demandez comment vous vous portez ? »

    Je faisais des efforts presque surhumains pour ne pas faire honte à ma petite étoile, et pour ne pas avoir l’air d’une grosse brute épaisse, un Neandertal de base quoi. Ashley griffonnait à toute vitesse sur le bloc et je tentais de me pencher pour lire, mais sa mère me rappela à son bon souvenir.

    « Alors, comme ça, vous êtes patron de bar et de boîte de nuit à New Heaven ? »

    Je n’eus même pas le temps de répondre par l’affirmative qu’elle avait embraillé sur la suite.

    « Enfin, je suppose que je n’aurais pas dû m’attendre à mieux de la part d’Ashley. Elle n’a jamais su où était son intérêt, et encore moins choisir les hommes qui peuplent son lit. »

    A ces mots, mon poing se referma et une violente envie de démolir le râtelier de cette garce qui servait de mère à l’amour de ma vie me prit. A cet instant, Ashley leva le calepin dans ma direction. Elle avait écrit une simple phrase dessus « Je t’aime, ne l’oublie jamais. ». Je n’avais pas compris au début pourquoi elle me faisait un pareil déballage d’amour à l’écrit, puis en reportant mon attention sur le discours de la vieille harpie, j’avais alors eu une illumination.

    « …Ted, ou je ne sais quoi, son cinquième petit copain, n’était pas brillant non plus. Toujours à trainer avec ses amis dealers à droite à gauche, comme cet autre énergumène qu’elle avait ramené un soir à la maison, complètement drogué… »

    La vieille rombière était en train de me dresser la liste de toutes les conquêtes masculines de sa fille. Je tournais la tête vers Ashley. Elle avait les coudes posés sur ses genoux, dans une position purement défensive. Je m’assis sur le canapé à ses côtés et sans faire de bruit, je posais le combiné. Je la soulevais et la mis sur mes genoux. Elle se laissa aller contre mon torse et j’entourai ses épaules de mon bras, pour lui montrer que rien peu importait le discours dépréciatif que sa vieille folle de génitrice pourrait faire, je m’en contre balançais comme de la poussière sur une bouteille 100 ans d’âge de Whisky.

    Nous avions subi ensemble une longue, très longue liste de petits amis tous plus nuls les uns que les autres, puis celle des ‘nombreux’ défauts de sa progéniture, et ainsi de suite. Au bout d’une demi-heure, j’avais repris le combiné, enlevé le haut-parleur et j’avais déclaré à cette… bref, j’avais dit, l’interrompant très impoliment :


    « Bon, je crois avoir capté le message. Ashley, d’après vous, ne vaut pas plus qu’un clou rouillé sur une planche de bois vermoulu. Merci. Mais laissez-moi vous dire quelques petites choses : je n’ai que faire de votre avis, humble ou pas d’ailleurs. Ashley est la plus belle chose qui me soit jamais arrivée. Elle est plus que certainement la femme avec laquelle j’irais en maison de retraite, alors que vous n’avez pas été capable de lui offrir un cadre familial stable. J’entends par là aussi que la liste des hommes que vous m’avez faite avant mélangeais peut-être ses conquêtes et les vôtres. »

    Je marquais un temps d’arrêt, Ashley s’étant redressée brusquement sur son coude posé lui directement sur mon plexus. ‘Aïe !’

    « Enfin, sachez Mme. Cooper, qu’il est fort possible que vous ne m’appréciez jamais. Je vous demanderai donc de bien vouloir faire un effort lorsque l’occasion se présentera, de ne pas faire de remarque désobligeante à table sur ma façon de me tenir, de parler, de manger, etc. J’ai déjà suivi l’essentiel de vos reproches envers Ashley et sachez que vous avez de la chance de vous trouvez à l’autre bout de la ligne. Bref, nous savons tous maintenant que les moments familiaux seront une plaie d’un côté comme de l’autre. Alors, plutôt que de passer un repas pleins de reproche la prochaine fois, mettons les choses au point dès maintenant. »

    La vieille n’avait pas ouvert son clapet pendant une trentaine de secondes. On n’avait probablement jamais dû lui parler sur ce ton. 'Eh bah tiens ! Mange toi ça dans les dents ! Ça te fait les pieds !' J’avais alors très impoliment mis fin à son intervention téléphonique :

    « Bien, sur ces paroles que je considérerais comme des messages de paix et d’amour, je vous souhaite une bonne journée Mme Cooper. »

    Et j’ai raccroché.

    Ashley était pendue à mon cou et me serrait très fort, comme si j’allais lui échapper d’ici, oh ! 3 secondes. Je l’avais alors pressée contre moi et lui avait chuchoté :


    « Peu importe la vieille folle. Je t’aime et cela même si tu avais été Al Capone ou Ben Laden. Je t’appartiendrai jusqu’à ce que tu ne veuilles plus de moi. Et si tu me quittes, eh bien ! c’est que je l’aurais mérité. Mais moi, je ne te quitterai jamais. Je t’aime. »

    Je m’étais levé en la gardant dans mes bras, l’avais posée sur le comptoir de la cuisine et je nous avais servi un immense verre de Limoncello, un alcool que j’avais goûté lors d’un de mes voyages en Europe avec mes parents, en Italie pour être précis. Elle me regarda et dans ses yeux, je vis qu’elle était à deux doigts de s’effondrer. Mais je voyais aussi de la gratitude : j’avais dit ce qu’il fallait et j’avais agi comme elle l’attendait.

    Flashback II : fin.

    Tout en pensant à cet épisode, je me fis copieusement écrasé les pieds par une bande de garçons en folie. Mais c’était quoi le problème avec les gars ce soir ? Bref, pas le temps de me pencher là-dessus, j’avais beaucoup mieux à faire. Je fendais la foule pour arriver au bar, jusqu’à elle. J’avais capté son regard et je voyais qu’elle paniquait. Elle n’avait pas pensé au petit discours qu’elle me servirait en guise de contrefaçon de phrase. J’arrivais vers la porte ‘façon Saloon’ qui séparait le bar de l’arrière du comptoir et qui portait l’écriteau ‘T’es pas du staff ? Bah, retourne d’où tu viens !’. Je ne pus m’empêcher de lui sourire. Elle avait l’air d’une petite fille qu’on aurait surprise en train de fourrer sa main dans le pot de Nutella et qui ne savait pas quoi faire pour cacher les moustaches de chocolat qu’elle avait sur le visage. Je ramassais deux verres sur le comptoir avant que mes amis les clients ne les fassent tombés, sans pour autant détacher mon regard de mon étoile, ainsi que le sourire suspendu à mes lèvres. Je la contournais, et constatais que l’objet du délit (la bouteille quoi), était encore au trois quart pleine. Je la pris discrètement pendant qu’elle regardait partout sauf mon corps, chose qui se limitait à regarder par terre tellement j’étais près d’elle. Je décidais que puisque j’étais responsable de son malaise, il fallait que je redémarre la conversation.

    « Alors, de quoi on parlait déjà? Ah oui, tu avais quelque chose à me dire...Ou plutôt à me répéter... »

    Je me rapprochais instinctivement encore d’elle d’un pas. Mon cœur faisait des bonds de joie de 20 mètres de haut et ma conscience se serait bien tapé la tête contre un mur. Pourquoi rendais-je les choses si compliquées ? Aussi bien pour elle que pour moi d’ailleurs ! Elle hésitait, se bloquait, semblait argumenter dans telle ou telle direction à prendre pour tel ou tel mensonge ou vérité. Puis, elle fixa une bouteille vide ou presque posée sur le comptoir.

    « Tu... Tu me manques Matt. Je m'ennuie de l'odeur du tabac qui me piquait la gorge chaque matin et de ta douce voix qui me réveillait pour aller travailler... De tes vieux t-shirt délavés et de ton café toujours trop fort... »

    Mon petit cœur manqua un temps de sa longue rythmique. QUOI ?? Je restais bloqué pendant tout le temps où elle arrêta de parler. Hein ? Je lui quoi ? Manque ? Mais, mais… mais c’est ELLE qui ME manque, pas l’inverse ! Je montais déjà de sombres hypothèses dans ma tête quand elle continua. Je ne vis pas immédiatement les larmes qui coulaient sur ses joues, mais nous étions tellement proches l’un de l’autre qu’une d’entre elles tomba sur ma main. Elle me glaça tout en rallumant l’incendie que j’éprouvais chaque fois que je la voyais, et qui avait appartenu à un passé lointain, trop, beaucoup trop lointain à mon goût. Elle continua.

    « Je ne veux plus mentir, je n'en ai plus la force. Chaque jour qui passe est pire que le précédent. J'ai du mal à me regarder dans le miroir le matin et ça me prend des heures pour m'endormir chaque soir... »

    …Bip…Bip..Bip..Bipbip..Bipbipbibibppp.bibbpbibpibbipi…bipibibpibpibibibpibib……………biiiiiiippbibpibpibpipibpibpib..

    ‘Docteur Conscience ! Le cœur s’emballe !!’
    ‘Bien sur Infirmière Morale. Je le vois comme vous, mais ce n’est plus de notre ressort. J’ai bien peur qu’il n’y ait eu une rébellion ou un flot d’alcool dans la région cérébrale, parce qu’en cet instant, seul le cœur est aux commandes de la Bête !’
    ‘Qu’allons-nous donc faire Docteur Conscience ?’
    ‘J’ai une idée. Pendant ce temps, pourquoi n’irions-nous pas voir ce qui se passe du côté du Ranch des Ewing, à Dallas ?’
    ‘Oh oui ! Des vacances ! Comme vous êtes intelligent Docteur Conscience !’
    ‘Merci Infirmière Morale. Vous n’êtes pas mal non plus vous savez.’
    ‘Oh, Docteur !’




    « Je le ressens toujours aussi fortement qu'avant. C'est dans chaque pore de ma peau. Je... Je t'aime Matt. Je t'ai toujours aimé et rien n'a changé. Et je brûlerais en enfer pour ce que je t'ai fait. Je n'aurais pas dû t'abandonner. Tu avais besoin de moi et je suis partie. Je suis tellement désolée mon amour. Je suis désolée de t'avoir fait du mal... »

    Enfer et Paradis. Glace et Feu. Paix et Violence. Amour et Haine. Joie et Douleur. Donna Summer avait un titre qui s’appelait 'Upside Down'. Ouais, bah voilà. Je savais précisément ce que ça faisait d’être ‘upside down’ maintenant.

    Ashley avait prononcé les mots. Les bons, ceux que je rêvais toutes les nuits d’entendre. Ceux qu’en rêve je me voyais lui dire. Mais comme à sa bonne habitude, elle m’avait devancée. Je sentis alors ses bras autour de ma taille, et son effort pour me serrer le plus fort possible dans ses bras. Je ne bougeais pas, mes bras ballants sur le côté. J’étais KO. J’avais été mis HS par un poids
    ‘super mouche’ alors que je donnais dans le poids ‘baleine-après-un-repas-de-Noël’. Je ne réagissais plus pendant ce qui me sembla un temps infini. Les bras d’Ashley étaient la seule réalité que je percevais, ainsi que son petit nez qui me rentrait dans le plexus.
    Puis, comme si mon être en entier se souvenait finalement de ce qu’il convenait de faire dans pareilles situations, mes bras se refermèrent sur elle. Je la serrai fort, mais je me souvenais encore qu’elle était fragile, un peu comme du verre.

    Stan qui passait par là, observa notre couple pendant quelques secondes. Mon reste de cerveau se réveilla à cet instant.


    « Stan. Garde le bar ici pour moi. Envoie Juliette et Gabriel en bas à ta place. S’ils rechignent, tu leur dis que c’est un ordre du patron. Mais je ne veux personne autour de la réserve et de mon bureau jusqu’à la fermeture. Les problèmes, c’est ton affaire ce soir. Tu fermes quand tu sens qu’il n’y a plus rien à attendre de personne au bar et tu fermes la boîte avec Gabriel. Juliette part à minuit, soit dans 2 heures. On est en semaine, donc tu fermes la boîte à 1 heure du matin, 1h 30 au maximum. »

    En voyant l’air complice qu’il prenait avec moi, je l’arrêtais tout de suite.

    « Stan. Je te fais confiance pour le bar. Je ne le laisserai pas si ce n’était pas de la plus haute importance. J’ai une urgence, je rentre chez moi et je ramène ma voisine chez elle. Elle ne se sent pas franchement super super bien. Je ne reviens pas après. Tu es le patron de mon bébé ce soir. Après la fermeture, tu passes chez moi et mets les clés dans la boîte aux lettres. Ne sonne pas, de toute façon, je serais pas là. »

    Mais pourquoi est-ce que je me justifiais comme ça, moi ? Surtout devant un employé. Combien de personnes je voyais repartir en galante compagnie tous les soirs ? Aucun d’eux ne se justifiait comme j’étais en train de faire. Je sentis Ashley s’agiter dans mes bras. Elle semblait vouloir s’écarter. Eh bah, dommage pour elle, j’avais des choses à lui dire. Mais pas ici, pas dans un vulgaire bar et ce, même si c’était le mien. Ce que je voulais lui dire, je devais le lui dire dans un endroit à nous, quelque chose qui nous appartenait à tous les deux : et cet endroit, c’était chez moi. Les murs étaient à moi, mais la vie en était partie en même temps qu’Ashley. Les meubles avaient intégré le terrain avec son arrivée, sinon j’aurais continué à utiliser une vieille caisse en bois pour y poser la télé et un vieux canapé clic-clac un peu poussif. Le prétexte que j’utilisais pour ne pas meubler était que je n’avais pas le temps. Ashley était arrivée et elle avait pris l’initiative, me consultant évidemment pour les grosses choses. Le reste, pas besoin. Je faisais confiance, et j’avais raison car elle ne m’avait jamais rien ramené de rose ou à dentelle (sauf pour des petites choses qu’elle portait de temps en temps, mais jamais bien longtemps, soit dit en passant…).

    Je pris les bras d’Ashley et entrepris de les détacher de ma taille. Elle n’offrit aucune résistance. Elle ne leva même pas le regard pour croiser mon regard. Elle ne bougeait pas. On aurait dit qu’elle se sentait coupable de quelques crimes contre l’humanité et meurtres d’enfants. Mais non ! Elle n’avait rien fait de mal ! Elle avait seulement réveillé les sentiments d’un handicapé du cœur, elle avait ouvert le sien franchement, elle… Et la lumière fut. Elle avait TOUT fait, et j’avais été un putain de spectateur de merde ! Je n’avais pas réagis, j’avais organisé notre fuite comme si nous étions un couple à la Bonnie and Clyde. Je n’affrontais pas la réalité, du moins pas encore. Je voulais attendre d’être à la maison pour ça. Mais, et elle ? Peut-être n’attendrait-elle pas ? Peut-être ne voudrait-elle pas ?
    ‘Mais bon sang, merde Matt, un peu de courage ! Décide-toi, mais fait le MAINTENANT !’

    J’agis alors. Je glissais un doigt sous son menton et relevais sa tête. Elle avait le visage trempé de larmes. De ma main libre, doucement, j’entrepris de les sécher. Je la regardais, ou du moins cherchais à la regarder dans les yeux pour lui montrer le fond de mon âme, qu’elle était la seule pour moi et que je… mais je préférais attendre d’être à la maison, en sécurité, pour que le charme ne se brise pas. Je me penchais alors tout doucement vers elle et chuchotai au creux de son oreille :

    « Ma petite étoile, si tu savais depuis combien de temps je t’attends. On peut partir maintenant, si tu veux. On prend la moto et en 5 minutes, on est à la maison. Je veux te dire quelque chose et je n’ai pas très envie de le faire ici. C’est quelque chose que l’on doit dire dans un lieu approprié. Et même si c’est mon bar, ce n’est pas le bon lieu. Mais je ne te force pas. Je sais le courage qu’il t’a fallu ce soir. Mais crois-moi, si tu viens avec moi, il sera récompensé. Sinon, je saurai ce que tu ressens mais j’aurai la sensation d’avoir violé ton secret. Et je m’en voudrais jusqu’à la fin des temps. Alors, je t’en conjure, je t’en supplie, dis-moi oui. »

    Je déglutis avec peine. J’avais des fourmis dans le cœur, des papillons dans les jambes et les pieds en coton. A moins que j’ai des fourmis dans les pieds, les jambes en coton et des papillons dans le cœur… Oui, hein, mieux ! Je déposais un baiser tout doux sous le lobe de son oreille, puis sur l’arc de sa mâchoire et enfin je frôlais ses lèvres en lui demandant :

    « Ashley, veux-tu venir chez moi avec moi pour connaître la vérité ? »
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MessageSujet: Re: Habitude ou dépendance? [Pv Ashley- Matthew] Mer 21 Oct - 18:17

Once upon a memorie...

.:.
And when I close my eyes its you I see
Youre everything I know That makes me believe
Im not alone cause youre Everywhere to me
And when I catch my breath Its you I breathe
Youre everything I know and That makes me believe
Im not alone

Youre in everyone I see So tell me
Do you see me?


L'amour est un sentiment envers un être qui pousse ceux qui le ressentent à adopter un comportement plus ou moins rationnelles
entrainant principalement à rechercher une proximité pouvant être tendre, physique, passionnée, intellectuelle et ou spirituelle
vis-à-vis l'objet de cet amour
.



    C'était la fête chez les Cooper, une grande réception organisée en l'honneur de l'anniversaire d'Ashley. Le jardin était rempli de familles, d'amis et de compagnon de classes, la Dame Cooper veillait toujours à ce que règne l'ordre et le calme. L'immense gâteau rose venait tout juste d'être coupé et tout le monde semblait bien s'en délecter, c'est le moment qu'Ashley avait choisi pour tirer Matt à l'intérieur.

    « Hey! Mais qu'est-ce que tu fait?! Il est vachement bon ton gâteau! » Avait-il rechigner tout en refusant d'abandonner sa part de pâtisserie
    « J'ai quelque chose d'encore meilleur pour toi. » Avait-elle répondu tout en le tirant à sa chambre
    « Ici?! Avec toute ta famille?! Enfin pas toute la famille mais... Tu es sûr que c'est une bonne idée Ashley?! »

    Elle lui avait arraché l'assiette des mains, la déposant sur le coin d'un bureau avant de s'afférer à sa tâche quotidienne préférer, dompter la bête. Quelques baisers joliment déposé et une main baladeuse suffit à convaincre son amant qui entreprit aussitôt de la dévêtir. En moins de temps qu'il n'en faux, ils étaient allongés sous les draps à partager leur amour. Certaines fois c'était bestiale, d'autre jour passionné. Cette relation en avait été une plutôt amusante. Ashley ne pouvait s'empêcher de rire, Matt la réprimandant de sa grosse voix.

    « Arrête ça où j'y arriverais pas! »
    « Aurais-tu besoin d'un coup de main?! » C'était-elle moquer de plus belle
    « Merci, je sais comment ça fonctionne! Attends un peu tu vas voir! »

    Un bon coup de rein et la petite Ashley avait gémit bruyamment.

    « Chut!!! Pas si fort. »
    « Oh Matt, je t'en pris. Recommence. » L'avait-elle supplier
    « T'a pas entendu quelque chose?! »
    « C'est rien. Allez bébé. Encore. »

    Alors que la petite blonde suppliait son Apollon de la faire gémir de plus belle, la porte s'ouvrit dans un éclair, la vision de Mme Cooper se tenant devant eux était suffisant pour ébranler Matt qui se releva d'un bond, tirant le drap pour essayer de se couvrir. Ashley tira elle aussi son coin de la couverture, malheureusement pour le grand gaillard, elle était plus énergique que lui et remporta la manche. Matt ne trouva rien d'autre pour se couvrir d'une petite boite en bois qui était posé sur le bureau d'Ashley. Probablement dans un reflux de nervosité, il entreprit d'allumer la lampe, s'adressant à la dame sur un ton plus qu'embarrasser.

    « Maadame Cooper! Com... Comment allez vous?! »
    « M. Schumacher! Que faite vous dans la chambre de ma fille et nu par le fait même! »
    « Et bien... Je peux tout vous... Oh merde! V'là la cousine qui rapplique! »
    « Matt! Je t'avais dit de verrouiller la porte. »

    Le grand brun eu alors une mou plutôt rigolote. Le genre de joker qu'il utilisait en cas d'extrême urgence. Il ne faut pas lui en vouloir! Comment son esprit pouvait se concentrer sur cette foutu poignée alors qu'Ashley était en train de... De l'empoigner!

    « Et toi je t'avais demandé de la tenir éloigner! » Avait rager Ashley contre sa cousine. « Éli. Es... Est-ce que tu saignes du nez?! »

    En effet, la petite Elizabeth était de celles qui veulent plaire à tout le monde et dans le cas présent, elle venait de mentir à sa tante dans le but de l'éloigner tout en décevant royalement Ashley. Sans parler de l'anxiété de se trouver nez à nez avec un beau mâle adulte en tenu d'Adam.

    « Vous allez immédiatement sortir de chez moi, vous entendez! »
    « Mme Cooper, je crois qu'on devr... Attendez un peu, laisser moi donner quelque chose à cette pauvre fille, elle se vide littéralement de son sang. » Avait-il dit tout en fouillant dans le tiroir de la table de chevet
    « Tiens, prend ça. Oh t'en fais pas, j'en ai plein d'autre. Garde le... Donc, pour en revenir au problème primaire, je crois qu'on devrait tout simplement respirer un bon coup, surtout moi, et tous se calmer d'accord. Seigneur qu'il fait froid ici... »

    Matt avait ouvert la petite boite d'Ashley pour tenter de se couvrir davantage, inutile de vous décrire le visage d'Ashley lorsque le regard de sa mère croisa son bon ami Bob.

    « J'étais tout simplement en train de... Hey merde! Ashley, un petit coup de main! »

    La belle se terra sous les draps, signe qu'elle était suffisamment dans le pétrin pour ne pas venir au secours de son bel âtre.

    « Ça suffit comme ça! Je pars d'ici! » Avait poussé Mme Cooper d'une voix exaspérer en faisant volte-face

    « Je t'en pris, maman! »

    « Non, Mme Cooper. Je vous en pris. Je... Je crois qu'il est temps pour moi de partir. » Avait-il timidement approuvé

    Comme il se sentait mal à cet instant. Il se dirigea vers la porte, passant juste entre les deux demoiselles Cooper, quoi qu'aucune d'entre elle n'était son modèle à lui. La mère se racla la gorge, Matt lui afficha une mou perplexe.

    « Vos vêtements, M. Schumacher. »

    Putain! Il allait se balader à poil dans la maison alors que des tas d'invité pouvait débarquer à tout moment. Il rebroussa rapidement le chemin, attrapant ses effets qui jonchaient le sol avant de repasser entre les deux femmes pour se diriger vers la salle de bain. Pas question que ce bout de chêne bouge de là tant que ses grands yeux bleues sont posés sur moi!

    « Je t'aime! » Lui avait crié Ashley, consciente du mauvais quart-heure qu'elle allait bientôt passer


    Si tel est la vraie définition du mot amour, alors les sentiments d'Ashley envers Matt était indéniable. Uniquement de ses bras, il arrivait à rendre le monde moins menaçant. Ça faisait si longtemps qu'elle n'avait pas fermés les yeux pour s'oublier totalement. Plus il pressait contre son corps et plus elle se sentait légère. Quelques secondes qui s'écoulèrent si rapidement, beaucoup trop rapidement à vrai dire. Bien que le discours de Matt était pour le moins étonnant, elle n'arrivait pas à s'en détacher. Voulait-il vraiment quitter le bar? Un soir occupé comme aujourd'hui? Ce n'était pas dans ses habitudes. Où était donc passé cette bête de travail, celui-là même qui lui avait volé son grand Amour. Le titre de voisine l'ébranla inévitablement, mais elle était tout de même reconnaissante à Matthew de tenter de préserver son étiquette, Ash quant à elle, à quoi bon! Miss Cooper était collé contre son gros ours, les yeux noyer de larme sous l'étreinte de Matt et elle n'avait nul doute que sa mère allait l'appeler totalement scandalisé le lendemain matin pour l'accuser d'adultère et ce, même si la soirée prenait fin à l'instant. Tant d'yeux familier qui posait un lourd regard sur eux et pourtant, la petite blonde ne ressentait aucune once de culpabilité en elle. Pourquoi? Elle qui était depuis toujours une catholique pratiquante ayant des valeurs morales, elle venait tout bonnement de déclarer son amour à un autre que celui qui partageait sa vie. Bien sûr qu'elle aurait dû garder ses mots pour un moment spécial et important, mais il était si fluide dans sa bouche. Elle les avait gardés si longtemps en elle qu'elle était sur le point d'étouffer, maintenant elle pouvait inspirer profondément et confortablement. Ce n'était pas tant la satisfaction d'avoir prononcé les mots que le soulagement d'être persuadé qu'il n'en doutait pas. Elle aurait pu être marqué au fer pour son péché, c'était moins douloureux que de nier les sentiments qui l'habitaient.



    « Highway to Hell? »
    « Juillet 1979, produit par Robert Lange pour Atlantic Records. Le 6ème album d'Ac/Dc ET le dernier parce que... »
    « Parce que Bon Scott est mort en 1980 asphyxié dans sa Renault 5! »
    « D'accord. A Night at the Opera? »
    « Pif! Facile. Novembre 1975, produit par Roy Thomas Baker et Queen. 9.5 millions d'album vendus. Appetite for Destruction? »
    « Un classique! Juillet 1987, produit par Mike Clink pour Geffen Records. Premier album de Guns N' Roses et plus de 30 millions d'album vendus, ce qui rejoinds Back in Black d'Ac/Dc! »
    « Pas si mal pour une fille. » Lui avait-il lancé de son charmant sourire
    « Aie. Pour une jeune, c'est ce que tu voulais dire? » Avait-elle répliquer
    « Oh! Alors tu insinues que je suis vieux! »

    Voilà de quoi avait eu l'air l'un de leur nombreux rendez-vous. Barbant pour certaines, mais Ashley n'avait jamais eu autant de plaisir de toute sa vie. Ça n'était qu'un petit restaurant modeste, mais la nourriture y était bonne. Elle se rappelle encore qu'il portait une chemise noire, ça lui donnait un tout autre style que l'homme d'affaire qu'il affichait souvent. Il avait commandé une bouteille de vin et elle n'avait pas prétexter la salle de bain une seule fois de toute la soirée. La radio avait joué de vieux tubes dépassé, mais ça avait valu la peine simplement pour avoir pus le dévisager amoureusement sous l'air de Can't get Enough of you Love Baby. N'importe quel moment serait magique avec du Barry White, quoi que celui-ci n'en avait pas réellement eu besoin pour l'être.

    « Juste ce qu'il faut. » Avait-elle répondu timidement.

    Ses joues étaient devenus écarlates, ce qui avait fait sourire Matthew. La soirée avait continué ainsi, rock, bordeaux et petits compliments. Matt plaisait à Ashley, Ashley plaisait à Matt et pourtant, aucun d'entre eux ne semblais vouloir presser les choses. Ils leur étaient arrivés de se tenir par la main pour se rendre au cinéma, il s'était blotti l'un contre l'autre dans un taxi pour rentrée une fois, mais jamais rien de très officiel, au désespoir de la pauvre petite Ashley.

    « Il est très tard, je devrais peut-être te ramener chez toi... »
    « Déjà. » Avait-elle gémit d'une petite voix enfantine
    « Où alors on pourrait toujours aller prendre une bière, question de bien terminer la soirée... »

    Le sourire d'Ashley s'était excessivement étirer, signe qu'elle était encline à ce que la soirée continue. Elle avait plongé ses yeux dans les siens, son regard était si brillant. Nul doute que tous les spectateurs qui étaient présents avaient vu toute l'affection qu'elle lui portait dans le reflet de ses iris.

    « On pourrait aller au pub où... Où alors chez moi. »

    Terrain dangereux, Ashley avait pu le sentir dans le ton de sa voix. Il avait enfin brisé la glace et elle savait précisément ou cela allait les mener. C'était peut-être pourquoi elle s'était retenue aussi longtemps. Un seul baiser suffirait à allumer une braise ardente qu'elle ne serait plus en mesure de contrôler.

    « Chez toi serait parfait. »

    Et voilà, le sort en était lancé. Ils étaient sortis après que Matt ai galamment payé le repas. Ils étaient sautés dans un taxi, Ashley s'était difficilement retenue de se coller à lui durant le trajet. Les regards que Matt lui lançait était plein d'attention et d'affection, quelque chose qui la faisait rapidement craquer lorsqu'il s'agissait de M. Schumacher. Ils étaient entrés et Matt avait tout de suite feint la salle de bain, ce qui avait fait sourire Ash. Le grand soir était venu et il devais se préparer en bon homme qu'il était, elle, elle était prête chaque soir depuis très longtemps. Des dessous en dentelle assortie, une peau toujours ultra douce et satiné et sa brosse à dent qui sommeillait dans son sac à main, tout près du disque de Taj Mahal qu'elle trimbalait depuis peu. Elle ne s'était d'ailleurs pas refréner pour le glisser dans le stéréo tout en attendant Matt. Il était ressorti du cabinet, trouvant la petite Ashley qui dansait seule dans le salon. Ses hanches balançant au rythme plutôt lent de la musique, ses bras ballottant vers le ciel. Elle avait les yeux fermés, c'est pourquoi il avait pu se délecter de la vision quelques secondes avant qu'elle ne s'arrête en le dévisageant de son plus beau sourire. Il s'était avancé lentement vers elle alors qu'elle lui chantonnait affectueusement quelques paroles.

    « ... Oh I hold your picture to my breast. Love you, Mama now you know I'd do, Anything in the world for you... »

    Il s'était arrêté une fois devant elle. Sans ses souliers, elle devait se plier le cou pour soutenir son profond regard, quoi qu'elle devait s'y courbé même lorsqu'elle portait ses talons. Il avait délicatement déposé une main contre sa taille, glissant l'autre dans le creux de son cou. Elle se souviendra toujours du visage qu'il avait à cet instant. Le bonheur qu'on ressent lorsqu'on lit l'amour dans les yeux de celui qui fait battre notre coeur. Elle ne connaissait pas le moindre de ses défauts quotidiens, ni comment il gérait la situation lorsque la pression était trop lourde, mais elle savait tant d'autre chose. Elle savait qu'il était ce qu'il y avait de mieux lorsqu'elle avait besoin de rire un bon coup et qu'il n'y avait aucun parfum au prix exorbitant qui était plus aphrodisiaque que l'odeur qui imprégnait la veste de Matt. Elle aimait son rire et son côté parfois grognon. La façon qu'il avait de toujours dire ce qui l'embêtait et la gentillesse dont il était flanqué lorsqu'il était témoin d'injustice. Il était comme ses hommes de l'époque qu'Ashley contemplait dans les livres. Un épée à la main et un blason sur le coeur. Les yeux plonger dans les siens, le corps entre ses bras, il n'y avait plus d'autre issue possible.

    « Embrasse moi. » Lui avait-elle soufflé d'une voix pleine d'envie

    Il avait tendrement souri. Curieux qu'elle ait eu à quémander son premier baiser, pourtant elle avait vibré de ses propres mots. Elle avait attendu très longtemps d'être certaine qu'il était le bon et maintenant, elle n'avait plus aucun doute. Certes sa mère ne l'aimait pas et elle entrait tout juste dans la vingtaine alors que lui s'apprêtait à en sortir, mais le coeur à ses raisons et celle d'Ashley était très claire; son coeur battait au rythme de celui de Matt. Sa mère avait beau dénigrer son style de vie et ses copines le trouver trop vieux jeu, elle adorait chaque parcelle qu'elle découvrait de lui. Lorsqu'elle l'avait embrassé pour la première fois, elle réalisait qu'elle n'avait jamais vraiment aimé. L'attirance physique est une chose, la chimie à plusieurs degrés l'est aussi. Mais les genoux qui plient, le souffle court et le coeur qui explose, c'est totalement une autre sensation. Il avait délicatement posé ses lèvres contre sa bouche, c'est Ashley qui avait approfondit le baiser en entre-ouvrant la bouche la seconde fois. Une chose en entrainant une autre, elle était pendue à son cou, ses jambes entourant la taille de Matt qui l'empoignait divinement. Le coeur d'Ashley était tombée amoureux de Matt et son corps était maintenant devenu dépendant ses grandes mains. Pour les autres, Matt était une belle pièce d'homme, pour la mini Cooper, il était littéralement colossale. Il était son bouclier d'Achilles.

    *** Quelques heures plus tard... ^^ ***


    « Non! N'éteint pas! » S'était-elle exclamer

    Matt s'était retourné vers elle avec une expression perplexe au visage. Après leur premier baiser avait inévitablement suivi leur premier débat amoureux. Ashley était étendu sous les draps, le visage encore rouge d'effort, des yeux terrifier poser sur sa nouvelle conquête.


    « Quoi? Mais pourquoi? Maintenant que je t'ai ausculté je n'ai plus besoin de lumière. » Avait-il répondu en lui envoyant un sourire coquin
    « Tu vas surement vouloir fumer une cigarette et ça me laissera le temps d'appeler ma mère pour lui dire que je ne rentrerais pas couché ce soir... »

    Elle s'était bien défilé pour cette fois, Matt avait acquiescer d'un signe du pouce avant de se diriger dans la cuisine à la recherche de son veston. Ashley ne pouvait que sourire devant un si bel homme gambadant sous ses yeux en tenu d'Adam. Elle avait téléphoné, il avait trouvé ses clopes. Une brève conversation et ils étaient près pour une longue nuit bien blotti. Matt s'était levé du lit, Ashley s'était empressée de s'asseoir.

    « Qu'est-ce que tu fait?! »
    « J'éteins, on se couche. »
    « Déjà?! » Avait-elle couiner

    Il s'était retourné vers elle, fonçant les sourcils devant une attitude soudainement si gamine.

    « Je rêve ou tu ne veux pas que je... Ferme les lumières? »

    Alors que le beau ténébreux comprenait enfin la panique de sa douce, elle baissa la tête tout en avouant sa faiblesse.

    « J'ai... J'ai peur du noir. » Avait-elle timidement murmurer

    Comment atteindre le coeur d'un grizzly d'une seule balle. Il s'était avancé vers elle, s'assoyant tout près d'elle avant de poser sa main contre sa tête et la coller contre son torse.


    « Tu n'as qu'à le dire pour ses choses là. Je comprends tu sais, je ne suis pas totalement idiot. »
    « Je n'ai jamais dit que tu étais idiot! » S'était-elle exciter d'un ton soumis avant de déposer un baiser contre sa peau
    « Je sais, mais si tu veux rester ici avec moi, tu devras me faire confiance. Je ne peux pas dormir avec de la lumière, mais tu sais ce que je peux faire. Je peux te prendre dans mes bras et te protéger jusqu'à ce que le jour se lève. Je promets qu'il ne t'arrivera rien tant que tu seras avec moi. » Lui avait-il murmurer

    Avec de simples mots, Matt avait réussi à effacer une peur bien ancré. Bien entendu, ce genre de confiance aveugle avait des inconvénients. En effet, Ashley n'était maintenant plus en mesure de dire qu'elle n'avait plus peur du noir. Son bouclier d'Achilles lui avait glissé entre les mains et elle était à présent démuni devant le néant qu'était l'obscurité.




    Alors qu'Ashley s'était envolée vers la première promesse d'une longue série, Matt la détacha délicatement de lui. C'était trop dur à endurer pour la pauvre Ashley qui refusait de confronter le regard de son Homme. Qu'allait-il faire? La ramener chez elle, après tout ce qu'elle lui avait dit. Ou alors la ramener chez sa mère, question qu'elle ait le temps de faire un grand balayage de sa vie. Aucune de ses options ne consolait son coeur en peine. Elle aurait voulu s'agripper à lui et ne plus jamais s'en séparer. Tant de choses qu'elle aurait aimé faire, mais qui ne semblait pas sur le point de se réaliser. Ce n'était qu'un baiser Ashley. Pas sur les lèvres, sur la tempe! Comme un bisou qu'il ferait à une bonne amie. Voit ça comme un simple baiser sur la joue, rien de plus. Elle s'était emportée au premier signe d'affection, quelle honte.

    La peau épaisse et rude de Matt glissa comme du satin contre son visage et la força à relever les yeux. Sa main était si douce contre ses joues, elle ne pouvait qu'en sourire bêtement. Un seul contacte était plus satisfaisant que tout ce qu'un autre pouvait lui offrir. Durant si longtemps elle avait cherché l'affection alors qu'elle réalisait maintenant qu'il n'y avait que celle de Matt qui la soulageait. Peut importe qui elle déciderait d'utiliser pour le remplacer, son coeur resterait toujours aussi froid devant autant de déception. Le regard de Matt était comme un mirage dans un désert. Ashley le voyait, sans vraiment y croire. C'était sans aucun doute son esprit qui lui montrait le Matt d'autrefois. Celui pour qui elle était tout et à qui elle se donnait sans aucune restriction. Il se pencha lentement sur elle, à ce moment, elle pouvait presque espérer avoir droit à un dernier baiser de bonne soirée.


    Ma petite étoile. Ces mots avaient l'effet d'une bombe sur Ashley. De tous les surnoms qu'elle avait eu, celui-ci était sans doute son favori. Peut-être parce qu'elle avait toujours eu l'étrange sensation que c'était celui qu'il préférait. Il était en quelque sorte réservée au moment important.

    Si tu savais depuis combien de temps je t'attends. Hein?! Quoi? Matt attendre après Ashley? Mais c'était elle qui attendait après ce gros bêta depuis toujours. Elle attendait qu'il se décide enfin à admettre qu'il avait besoin d'une petite femme dans sa vie et le jour venu, elle serait la meilleure candidate possible pour le poste.

    On peut partir maintenant, si tu veux. On prend la moto et en 5 minutes, on est à la maison. La maison. Cet endroit à l'abris de tout danger. Là où on peut être soi-même sans craindre l'opinion des autres. Le loft. Comme il lui manquait. C'était le plus bel endroit sur terre et pas uniquement pour son architecture, parce qu'un petit taudis minable aurait suffit si cela voulait dire partager l'espace avec Matthew. Elle n'avait jamais eu le coeur de vraiment décorer son nouveau chez elle. Absolument tout était médiocre à comparer à ce qu'elle avait autrefois. Le comptoir de marbre et le lavabo ancien. Ses coussins de cuirs et le tapis cotonneux du salon. L'entrepôt de tabac était pour elle un paradis terrestre et le lierre une magnifique forteresse contre les attaques du monde extérieur.

    Je veux te dire quelque chose et je n'ai pas très envie de le faire ici. C'est quelque chose que l'on doit dire dans un lieu approprié. Et même si c'est mon bar, ce n'est pas le bon lieu. Mais je ne te force pas. Ashley agrippa incontrôlablement la chemise de Matt sous l'impulsion. Peut importe ce qu'il avait à lui dire, elle était prête à écouter et dans tous les cas, encaisser et accepter. Comment pourrait-elle refuser alors qu'elle attendait depuis si longtemps qu'il ait quelque chose à lui partager. La spécification du lieu piqua sa curiosité. Le Nouvelle-Angleterre n'était pas le lieu approprier et ce, même s'il en avait de magnifique souvenir à se remémoré. Matt à raison, trop de gens, trop de restriction pour son corps qui bouillait déjà de passion pour lui.

    Je sais le courage qu'il t'a fallu ce soir. Mais crois-moi, si tu viens avec moi, il sera récompensé. Du courage? Ce n'était pas du courage, c'était de la faiblesse. Après deux longue années, elle avait enfin craqué. Il l'avait repoussé et elle était partie, mais son coeur était resté là-bas, avec lui. Sans Matt, elle était une enveloppe vide qui errait sur Terre. Chaque bon moment qu'elle avait des vingt-quatre derniers mois se résumait au soirée qu'elle avait passé ici avec lui.

    Sinon, je saurai ce que tu ressens mais j'aurai la sensation d'avoir violé ton secret. Et je m'en voudrais jusqu'à la fin des temps. Un secret qu'elle transpirait par chaque pore de sa peau. Un secret qui rougissait ses joues et faisait battre son coeur. La culpabilité est une chose horrible, mais de l'infliger à la personne qu'on aime, c'est pire que tout. Alors, je t'en conjure, je t'en supplie, dis-moi oui.

    Malgré tous ses efforts, sa tête ne semblait pas hurler encore assez fort. Comme lorsqu'on a tellement envie de crier qu'on n'arrive même pas à ouvrir la bouche. Tant d'émotion qui la traversait alors qu'elle restait là, totalement immobile. Elle n'avait pas eu besoin de cette nouvelle tendresse pour la convaincre, malgré tout ça lui arracha un sourire attendrit. C'était naturel puisque Matt savait depuis longtemps où elle était sensible au caresse. Un second près de la joue, c'était presque une ironique déception pour Ashley. Il n'y avait plus aucun doute maintenant, soit elle était couchée dans son lit et rêvait une millionième fois de leur réconciliation, soit elle était toujours accrochée à Matt, les joues mouiller de larmes à se réfugier dans le seul endroit sans soucis, à savoir son coeur. Elle détourna légèrement le nez vers lui, quelle sensation étourdie qu'était ses lèvres tout près des siennes. Pas assez pour les goûter, mais suffisant pour lui rappeler à quel point elles étaient douces.

    Ashley, veux-tu venir chez moi avec moi pour connaître la vérité ? La vérité? Il n'y avait qu'une vérité et c'était qu'elle avait failli. Elle avait échoué à la seule chose à laquelle elle était douée; Prendre soin de Matt. Elle n'avait pas supporté son côté sauvage et solitaire, sa dépendance affective l'avait donc poussé à rechercher l'affection ailleurs. Elle l'avait abandonnée alors qu'elle aurait dû persévérer et continuer d'espérer.

    Ses lèvres étaient un feu ardent qui se brûlait de son bel âtre. Elle aurait tellement voulu l'embrasser, mais ça n'était pas le lieu approprié et qui plus est, elle avait un truc à faire avant d'être totalement prête à se dévouer à son Amour. Elle lui offrit donc un sourire en guise de réponse. Elle pris sa grosse patte entre ses mains, la posant de nouveau contre sa joue avant de se détourner et de déposer un tendre baiser contre la paume de sa main. Ça n'était pas comme l'embrasser de pleine bouche, mais s'était soulageant de pouvoir lui transmettre une parcelle des sentiments qu'elle éprouvait. Elle n'était pas aussi douée que Matt pour la restriction, elle savait pertinemment que si elle l'embrassait ne serait-ce que sur la joue, la tigresse avide qu'elle enfermait en elle serait libérée et par le fait même, déchainer.


    « Donne-moi cinq minutes et je suis toute à toi. » Lui murmura t-elle comme un secret

    Se défaire de Matt était la chose la plus difficile qui soit pour Ash, mais elle trouva tout de même la force de le faire. Peut-être parce qu'elle n'avait qu'une idée en tête, faire un grand ménage et être ainsi prête à l'accueillir. Elle délaissa Matt pour attraper son sac à main et se diriger vers la salle des Dames. Inutile de vous compter le nombre de fois où elle s'est retournée pour sourire à son beau cavalier. Elle entra enfin dans les toilettes des femmes, se ruant aussitôt sur son portable dissimuler parmi les millions de trucs que pouvais contenir le sac d'une femme. Matt l'avait toujours réprimander; C'est pas normal que ta sacoche pèse plus lourd que toi. Ashley composa mécaniquement les dix touches qui composait le numéro de téléphone de Sebastian. Peut-être serait-elle vu comme une infidèle sans scrupule, elle aurait au moins la conscience tranquille. Merde, aucun réseau! La petite blonde ragea quelques secondes sur sa compagnie téléphonique qui chargeait des prix exorbitant pour un service médiocre. Elle termina sa lancé debout sur la cuvette d'une toilette, le corps penché vers l'unique fenêtre de la pièce qui se trouvait à l'autre bout complètement.

    « Allô Seb?... C'est Ash... Oui, enfin non. Où es-tu?... Non écoute je... Seb... Je m'en contre fou d'accord! Je t'appelais pour... Allô?... Sebastian?... Allôoo?... Merde! »

    Le destin semblais vouloir retenir Ashley à cette prison qu'était sa vie. C'est fou comme un petit signale pouvait foutre en l'air une soirée. Elle rappela aussitôt, sans réponse. Alors, au diable le petit ami! Peut-être aurait-elle plus de chance avec l'amie. Elle composa un second numéro, le répondeur. Elle laissa un message semi-anxieux semi-paniqué à celle qu'elle appelait autrefois sa meilleure amie avant d'abandonner son mobile dans son sac et se diriger vers les lavabos.

    « Rends toi à l'évidence ma pauvre Ashley. Tu ne serais pas ici si tu n'avais pas envie qu'il te fasse couiner comme une petite souris. » Dit-elle en s'adressant à son propre reflet

    C'était vrai, mais le pire, c'est que tout le monde était au courant et que tout le monde s'en contre fichait. Était-ce vraiment une si mauvaise chose? Après mure réflection, c'était peut-être un don du ciel. Les choses n'auraient pas pu tourner autrement. Elle était là où elle devait être, sur le point de pousser le destin dans la direction vers laquelle il avait toujours avancé. Elle pris quelques minutes pour se retoucher le visage légèrement, retirant par le fait même le gloss collant qui faisait briller ses lèvres. Elle n'avait pas de bâton à appliquer, mais le naturel était toujours nettement plus vendeur avec Matt. Un coup de peigne et un jet de son parfum
    Black Star, elle était fin prête à affronter son dessin.

    Ashley revint au bar avec une confiance maintenant inébranlable. Matt n'était pas de ceux à aguicher simplement pour démanger. Il l'avait câliner et elle ne doutait pas qu'avant que sonne minuit, la petite souris serait transformée en un magnifique cheval. Non, était-ce une citrouille changée en carosse? Peut importe, le petit canard serait changé en cygne par le baiser de son crapaud... Son prince! Elle traversa la piste de danse, souriant enjolivement à tous ceux qui pouvaient croiser son regard. Elle posa enfin les yeux sur Matt qui l'attendait près du bar, son veston enfilé et prêt à disparaitre dans la chaude brume de New Heaven. Lorsqu'elle arriva finalement à lui, elle ne put s'empêcher de poser sa main à plat contre le corps de son bel Hercules. Simplement de pouvoir le toucher à sa guise l'emplissait d'un bonheur sans nom. Elle se releva sur ses pieds, se rapprochant dangereusement de Matt sans toutefois chercher à capturer ses lèvres.


    « Ramène moi, Matt. Ramène moi à la maison. » Lui chuchota t-elle d'une voix suppliante

    Jamais elle n'avait osé appeler le loft sa maison depuis leur séparation, mais que Matt le cite ainsi, c'était un baume à son coeur. C'était redevenu l'antre de la bête solitaire et Ashley n'y avait plus sa place, bien qu'elle avait souhaité qu'aucune femme digne de ce nom ai pris sa place du côté gauche du lit. Quelle égoïste elle était d'espérer la couronne alors qu'elle avait prêté allégeance à un autre royaume. Elle était Hélène et Matt était son beau Paris. Elle aurait préféré regarder une cité brûlée plutôt que se détacher de lui. Si seulement ils auraient pu prendre un bateau et voguer là où personne ne les retrouverait. Isolé et totalement seule avec lui dans une petite embarcation flottant sur les côtes Australiennes.
    Ashley! Concentration! Tu n'es pas sur un paquebot, tu es au bar en train de humer le doux parfum de Matt qui s'échappe de son col devant une bonne trentaine de personnes. Allez! Bouge! Réagit! Garde les pieds sur terre!

    Ashley releva les yeux, posant ses prunelles cristallines dans le sombre regard de son Apollon. Elle pris sa main entre la sienne, attendant patiemment qu'il ait lancé ses salutations avant de le tirer impatiemment vers l'extérieur. Elle était aussi fébrile qu'un enfant lors de son premier Noël. Une soirée avec Matt avait toujours été signe de beaucoup de plaisir et d'une tonne de petites attentions à son égard. Évidemment, elle ne se berçait pas trop d'illusion. Elle ne fréquentait plus Matt depuis bientôt deux ans. Beaucoup d'eau avait eu le temps de couler sous les ponts, beaucoup trop d'eau. Certes elle avait entretenu une amitié dévouée à Matt, mais ça n'était rien comme partagé sa vie avec lui. Avait-il changer? Pourtant, il semblait le même gros nounours qu'elle avait aimé et qu'elle aimait toujours. L'air était frais, Ashley retroussa le nez de façon mignonne sous l'engelure. Quelques pas et il se retrouvait près de la ruelle ou reposait leur moyen de transport. La plus belle bécane de toute la ville et, bien évidemment, tout le monde savait que c'était celle du Grand Matthew Schumacher. Elle avait eu souvent l'occasion de le surprendre dans un lieu public en se référant à sa moto. C'était d'ailleurs un plaisir de voir que peut importe où il se trouvait, avec qui et en train de faire quoi, il avait toujours l'air aussi joyeux de la rencontrer par un hasard forcé. Matthew Schumacher et sa motocyclette.



    Ashley était prisonnière de son lit, le menton poser sur ses genoux, les jambes replier contre son corps. On aurait dit un petit chiot qui se faisait gronder, ce qui était le cas, quoi qu'ici c'était une gamine écervelé et non un chien. Sa mère était debout dans sa chambre, les bras en l'air s'agitant dans tous les sens. D'accord, lui avouer sa relation sur un coup de tête n'était pas ce qu'il y avait de mieux. Surtout si cela impliquait qu'elle lui annonçait que Matt l'avait invité à emménager avec lui. Après un peu moins de vingt ans d'attention, de caprices et de dépense; Sa fille voulait emménager avec son petit ami. Lequel avait près de six ans de plus qu'elle et un choix de vie plutôt discutable. Mme Cooper avait déjà rencontré Matthew, mais malheureusement pour lui, c'était après l'avoir vu sur son "engin de la mort". La petite avait droit à un long et douloureux discours qui n'en finissait plus, acceptant docilement chacun des mots que sa mère prononçait.

    « À cet âge, les hommes ont besoin de se sentir jeune et vigoureux. Tu lui donnes l'impression d'avoir encore vingt ans et ça lui fait tourner la tête. Dans quelques années, lorsqu'il sera enfin prêt à construire quelque chose de solide et à avoir des enfants, il voudra quelqu'un de plus mature et de plus expérimenté que toi. Alors, il perdra son intérêt pour la petite poupée que tu es et avec un peu de chance, tu ne seras pas trop vieille pour te trouver un autre homme qui voudra bien t'épouser... »

    Sa mère s'était retournée vers elle, ce petit sourire familier au coin des lèvres. Ashley n'avait jamais compris ce qui se cachait vraiment derrière cet air. Peut-être de l'exaspération ou alors de la déception. Sa mère s'était alors assise sur le lit, poussant un soupir avant de tenter de jouer les mères intéressées.

    « Je te connais Ashley. Tu es ma fille et... Tu places beaucoup trop d'espoir sur une relation plutôt éphémère. Tu as tendance à t'emporter et tu ne distingues plus le bon du mauvais. Je ne dis pas que Matthias »
    « Matthew, maman! Ma-tthew! » C'était exclamer la petite blonde d'une voix énervée
    « Matthew, pardon! Je ne dis pas que Matthew est un mauvais garçon mais, tu devrais peut-être réfléchir avant de clamé tout haut que c'est l'homme de ta vie... »
    « J'ai plus dix ans. Tu ne peux plus me contrôler comme tu le faisais avant. Je pars chez Matt et il n'y a rien que tu peux y faire! »
    « Et tu crois vraiment qu'il pourra subvenir à tous tes caprices de petite princesse? »
    « Il travaille comme maçon sur un chantier à l'extérieur de la ville et je viens tout juste de terminer mon stage à la bibliothèque. Je serais payée plein salaire et Matt arrive déjà à payer son loft. »
    « Je vois que tu avais déjà réfléchit à tous tes arguments. » Avait-elle sèchement répliquer

    En effet, elle s'était préparée longtemps pour cette affrontement. Deux semaines. Depuis deux semaines elle attendait docilement le bon moment, quoi qu'il n'y en avait pas vraiment pour ce genre de situation. Deux semaines qu'elle traînait en douce l'un à un ses vêtements chez Matt. Si sa mère n'avait pas été aussi occupée à être une femme de quartier, elle aurait probablement remarqué que sa brosse à cheveux, ses disques préférés et même son oreiller avait disparue. Mais au lieu de cela elle se préoccupait de ses réceptions et de ses bals de charité, ce qui la menait inévitablement devant une femme adulte qui ne lui demandait pas sa permission, mais plutôt qui la mettait devant le fait accomplit.


    « Tu crois vraiment qu'il prendra soin de toi quand tu seras malade et qu'il endurera chaque jour ton caractère si spécial? Qu'arrivera t-il lorsque tu te disputeras avec lui? Tu n'auras nulle part ou fuir et tu devras affronter tes problèmes au lieu de te défiler comme tu le fais à présent. »
    « Je ne te fuis pas maman. Mais j'aime Matt. Je l'aime vraiment beaucoup et j'ai envie de partager ma vie avec lui. Je me sens si bien quand il est là et tu devrais l'entendre! Je suis sûre que si tu baissais ta garde rien qu'un petit peu tu l'apprécierais toi aussi... »
    « Je t'en pris Ashley. Tout ça tourne au ridicule! Tu veux n'en faire qu'à ta tête? Très bien, mais lorsque tout ça sera fini, et croit moi ma fille ça ne sera pas éternel!, ne crois pas que tu reviendra ici, dans cette chambre. »
    « Si je comprends bien, tu me laisses partir tout en me menaçant. »
    « Ashley je »
    « Non! Tu sais quoi. Tu rends les choses tellement plus facile! Moi qui me sentait presque mal vous abandonner toi et Kyle. Mais si tu n'as plus besoin de moi ici, alors plus rien ne me retient de partir à présent. »
    « Ashley. »
    « Au revoir maman. »



    Les joues rougit par le froid et les cheveux balançant au vent, Ashley était aussi nerveuse que le premier soir où ils étaient sortis. C'était étrange de revenir au point de départ avec lui. À ses yeux, il était impossible qu'ils se soient inconnus. Jusqu'au dernier jour de sa vie, elle se souviendrait de chaque trait, de chaque grain de beauté qu'il pouvait avoir! Elle l'avait vu tant de fois sans se lasser de le contempler, de l'examiner. Le jour où elle lui avait trouvé sa première ridule était un coup au ventre à la petite Ashley. Matt ne donnait pas l'impression de vieillir, comme s'il avait été touché du syndrome de Peter Pan lui-même! Mais son corps lui le voyait tout autrement. Le temps passait et bientôt, il serait trop vieux pour un tas de trucs, enfin c'est ce qu'il penserait en tout bon homme d'un certain âge. Mais son coeur n'était pas au regret ni aux rêveries. Matt avait fait le premier pas, à elle de lui montrer que cela avait valu le coup. Elle aurait bien aimé avoir une super phrase toute faite à lui cité pour le faire craquer, mais la vérité était que; Elle était totalement désemparée devant cette situation. Allait-elle avoir droit à une sérénade à la guitare? Où alors une clarification sur la situation plus que dérangeante. Elle était tout de même à l'aguicher tous les soirs de son petit minois sans jamais lui donner satisfaction. Peut-être en avait-il assez de la regarder se donner à un autre. Il l'aurait simplement excité pour lui fermer la porte, ou dans ce cas-ci son lit, au nez? Tant de questions qui lui passaient par la tête alors qu'elle n'avait au fond qu'une envie, être avec lui. Même si cela voulait dire avoir le coeur en bouille et la tête sur le point d'exploser.

    « Elle aussi elle me manquait. » Murmurra t-elle d'un sourire en faisant référence à sa motocyclette

    Il n'y avait pas de sensation comme être assise sur se banc de cuir à étreindre Matt, le vent fouettant son visage alors qu'ils se dirigeaient à toute allure vers chez lui. Matt n'avait jamais eu besoin d'avoir le pied léger avec Ashley, quoi qu'elle doit toujours rechigner pour qu'il aille plus vite. Probablement son côté protecteur qui agissait encore face à la fragilité de sa douce. Ashley avait une peur bleue des hauteurs et donc, de rouler ainsi avec Matt était ce qu'il y avait de plus près de voler sans avoir une sensation angoissante qui la rongeait.


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Habitude ou dépendance? [Pv Ashley- Matthew]

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